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espèce d'impulsion au système universel du monde? Ila dû être dans la sphère céleste, puisque c'est lui qui en dirige le mouvement. Il a dû être à la porte des Dieux, à l'orient, au moment où le temps mesuré par le soleil va commencer. Il s'y trouve : il s'élance dans les cieux, et traîne à sa suite l'ordre duodécimal des génies qui forment le cortège du Dieu-lumière au moment où le temps se renouvelle. Son vaisseau, son père Icare et sa mère l'accompagnent. Peut-on croire que le hasard ait ainsi arrangé les choses? Et, si l'on voit évidemment du dessein, convenons que toute son histoire est allégorique et liée au système astronomique. Les noms seuls de ses frères achèvent de démontrer l'allégorie. Faustus et Félix étaient les deux mots consacrés pour les voeux chez les Romains : Quod faustum, felixque sit. Hymnus signifie chant, et rentreici dans le sens de voeux exprimés dans les chants; de manière que tout se réduit à peu près à ceci : « Je la souhaite bonne et heureuse; » et l'on sait que les anciens Romains faisaient en ce jour-là des voeux et des souhaits de bonne année comme nous, suivant Ovide (Fast. l. 1, v. 175):

At cur læta tuis dicuntur verba calendis

Et damus alternas, accipimusque preces.

Tout ici est personnifié; ainsi le fut Janus; ainsi le fut l'année elle-même, sous le nom d'Anna perenna. Tel était le goût de toute l'antiquité religieuse.

Ainsi le Dieu aux clefs et à la barque, dont nous

avons fait notre saint Pierre, le plus ancien génie qu'ait consacré la religion des anciens Romains comme première divinité tutélaire; celui dont ils unirent le culte à celui du temps et du Dieu-lumière qui circule dans les douze signes, dont Janus ouvrait la marche, comme saint Pierre est le chef des douze compagnons du soleil-Christ, est une intelligence céleste qui brille dans les astres, et nullement un bon prince qui ait régné autrefois dans le Latium. Ceci est la fable qui masquait toujours l'idée théologique dont les prétres seuls avaient le secret. Ils étaient chargés de rédiger le calendrier et l'ordre des fêtes, dont la succession était marquée par des levers et des couchers d'étoiles, comme le prouvent les Fastes d'Ovide. A la tête des constellations dut être celle qui fixait la première fête, celle de Janus ou du Dieu qui ouvrait la marche de l'année. On tirait, pour ainsi dire, l'horoscope de l'année, qui, suivant Firmicus (L. 2, C. 30), ab horoscopo semper sumit exordium ; et l'horoscope lui-même, suivant le même auteur (L. 2, C. 18), ab orientali parte primus exurgit. Il était totius genituroe fundamentum , cardo primus , totius genituroe compago atque substantia, quæ reliquis aditum praebet. Ce fut sur ces principes que les pontifes astrologues composèrent le thème de l'année, et formèrent la parure symbolique du génie chronocrator qui en commençait la marche. Comme les révolutions célestes sont connues et réglées, la méthode géométrique a pu être employée pour décomposer cette fable,

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puisqu'elle l'a été pour la compenser. On voit donc encore ici une nouvelle preuve de la nécessité indispensable d'appliquer la clef astronomique à la théologie ancienne, et que sans elle le sanctuaire des Dieux est fermé pour nous. La mythologie, dans son origine, est l'ouvrage de la science; la science seule l'expliquera.

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SEPTIÈME SIGNE.

BALANCE.

La balance fut placée souvent entre les serres du .scorpion, qui de son vaste corps paraît couvrir deux signes. Le premier de ces signes porte le nom de magno chelæ' ou des grandes serres du scorpion", et de balance ®; car il a eu ces deux noms. Virgile, dans ses Géorgiques, les emploie tous deux *, ainsi qu'Eratosthène '. Hipparque se sert du mot zugon ou balance o. On mettait souvent aussi cette balance entre les mains de la vierge, sous les pieds de laquelle elle est placée et qu'elle semblait tenir suspendue '. D'autres fois on mettait une figure humaine dans ce signe, et elle paraissait soutenir une

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balance '. C'est pour cela que le centaure, voisin de la balance, et la vierge céleste, prirent le nom d'astres justes. Car Chiron était aulant recommandable par sa justice que Thémis ?. Cicéron donne aussi le nom de balance à ce signe '.

Voici les noms différens qu'on lui a donnés.

Les Arabes l'appellent al-mizam *, mizan, mizin, widsanon.

Les Chaldéens, mesathre.
Les Syriens, mesatho 5.
Les Perses , terazu.

Les Turcs, mizan en arabe, et dans leur langue, tartagiek alati 6.

Les Indiens, tarazou en pelhyi', tolam en brame&.

Les Hébreux, madzenim, momazané, miznaim.

Les Grecs, zugos, stathmos , litra , stater 10, mochos, chélai.

Les Latins, jugum, libra.

Les plats de la balance s'appellent vazneganubi et zuben el-genubi, c'est le plat austral; vazne schemali ou zuben eschemali, c'est le plat boréal "'; on les appelle al-zubanán.

Ulugbeigh "appelle le plat austral al-kiffa algenubia, et le plat boréal al-kiffa al schemalia. On

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les appelle en général al-kiffatán '. Mizan ou almizan, ou zubane , forme la seizième station de la lune. Algrafė, placé près le plat droit ou près mizan-al-iemin, en est la quinzième ". Ce signe est le lieu du domicile de Vénus, de l'exaltation de Saturne, le siége de Vulcain dans la distribution des signes entre les douze grands Dieux; il est affecté à l'élément de l'air.

Columelle marque au 4 des ides d'avril le commencement du coucher de la balance au lever du soleil ', avec indication de tempête; aux ides, le coucher total, avec froid. Ovide place au 7 de ces mêmes ides le coucher cosmique de la balance , à la suite du coucher d'Orion. Il marque au 13 des calendes d'octobre • le passage du soleil dans la balance, et le lever héliaque de la coupe. Théon fixe l'équinoxe au 25 du mois thot, sous la balance.

HUITIÈME SIGNE.

SCORPION.

Ce scorpion est fameux dans la mythologie par sa haine contre Orion qu'il fait toujours coucher à son lever. C'est ce qui a donné lieu de dire qu'il

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