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puisqu'elle l'a été pour la compenser. On voit donc encore ici une nouvelle preuve de la nécessité indispensable d'appliquer la clef astronomique à la théologie ancienne, et que sans elle le sanctuaire des Dieux est fermé pour nous. La mythologie, dans son origine, est l'ouvrage de la science; la science seule l'expliquera.

SEPTIÈME SIGNE.

BALANCE.

La balance fut placée souvent entre les serres du •scorpion, qui de son vaste corps parait couvrir deux signes. Le premier de ces signes porte le nom de maçnœ chelœ 1 ou des grandes serres du scorpion et de balance 5; car il a eu ces deux noms. Virgile, dans ses Géorgiques, les emploie tous deux *, ainsi qu'Eratosthène '. Ilipparque se sert du mot zugon ou balance c. On mettait souvent aussi cette balance entre les mains de la vierge, sous les pieds de laquelle elle est placée et qu'elle semblait tenir suspendue D'autres fois on mettait une figure humaine dans ce signe, et elle paraissait soutenir une

1 Hyg., 1. '3, c. a5. Arat., v. 89. Germ., c. 6. Theon, p. 117. — 2 Erat., c. 7. —"3 Hyg., 1. 2, c. 27. Sloffler, c. 14, p. 91. — 4 Georg., 1. 1. —- 5 Emt. Urnnol., p. —(1 Hipp., I. :i, c. 1, p. i34. — 7 Theon, p. 117.

balance l. C'est pour cela que le centaure, voisin de la balance, et la vierge céleste, prirent le nom d'astres justes. Car Chiron était autant recommandable par sa justice que Thémis \ Cicéron donne aussi le nom de balance à ce signe \

Voici les noms différens qu'on lui a donnés. Les Arabes l'appellent al-mizam 4, mizan, mtzin, nidsanon.

Les Chaldéens, mesathre.
Les Syriens, mesatho 5.
Les Perses, terazu.

Les Turcs, mizan en arabe, et dans leur langue, tartagiek alati 6.

Les Indiens, tarazou en pelhvi ', tolam en brame 8.

Les Hébreux, madzenim, momazane9, miznaiml Les Grecs, zugos, stathmos, litra, stater10, mochos, chélai.

Les Latins, jugum, Ubra.

Les plats de la balance s'appellent vazneganubi et zuben el-genubi, c'est le plat austral; vazne schemali ou zuben eschemali, c'est le plat boréal"; on les appelle al-zubanân.

Ulugbeigh u appelle le plat austral al-kiffa algenubia, et le plat boréal al-kiffa al schemalia. On

1 Man., 1, a, v. 5»7. — 2 Hyg., 1. a, c. a6-3g. — 3 Cic. de Div., 1. a, c. a. Stoffler, c. i/|. — 4 Caes., c. 7, p. 80. Kirker. OEdip.,t. a, part. a, p. 198. Hyde, p. 4o.—5 Ricciol., p. 127. —- « Hyde, p. 40.—' Anquetil.— 8 Le Gentil.— 9Epiph. adv. Hseres. Ricciol., p. 1a7.— 10 Hyde, p. 40. Caes., c. 7, p. 8o. — 1' Rica, p. ia8. Sca!., p. 436. Bay., tab. a8.— taUlug., p.84.

les appelle en général al-kiff'atân '. Mizan ou almizan, ou zubane, forme la seizième station de la lune. Algrafè, placé près le plat droit ou près mizan-al-iemin, en est la quinzième 2. Ce signe est le lieu du domicile de Vénus, de l'exaltation de Saturne, le siège de Vulcain dans la distribution des signes entre les douze grands Dieux; il est affecté à l'élément de l'air.

Columelle marque au A des ides d'avril le commencement du coucher de la balance au lever du soleil 3, avec indication de tempête; aux ides, le coucher total, avec froid. Ovide place au 7 de ces mêmes ides le coucher cosmique de la balance \ à la suite du coucher d'Orion. Il marque au 13 des calendes d'octobre 5 le passage du soleil dans la balance, et le lever héliaque de la coupe. Théon 6 fixe l'équinoxe au 25 du mois thot, sous la balance.

HUITIEME SIGNE.

SCORPION.

Ce scorpion est fameux dans la mythologie par sa haine contre Orion qu'il fait toujours coucher à son lever. C'est ce qui a donné lieu de dire qu'il

1 Hyde, p. 4o. — a Alfrag., c. 22. — 3 Colum., 1. 11, c. a, p. 425. — * Fast., 1. 4, y. 536. — * Colum., ibid., p. 43o. — 6 Theon, p. i5i.

n'était né que pour faire périr Orion, et que celuici était mort de la morsure de cet animal placé aux cieux en opposition avec lui de manière qu'Orion se couchât toujours au lever du scorpion 2. Orion, dit Aratus, parait toujours fuir effrayé de sa vue \ Orion s'était vanté , vis-à-vis Diane et LatoneT d'être assez habile chasseur pour exterminer4 tous les animaux que la terre pourrait produire. La terre indignée produisit le scorpion, qui devait le faire périr lui-même. Jupiter, par admiration pour la force de ces deux rivaux, plaça le scorpion aux cieux avec Orion pour qui Diane sollicita cette faveur.

D'autres disent que c'était Diane elle-même * qui avait donné naissance à ce scorpion sur le mont Chélippius, dans l'île de Chio, où Orion avait coutume de chasser et de braver sa puissance. La Déesse irritée suscita un scorpion qui fit périr Orion, et elle obtint ensuite que le reptile qui avait servi sa vengeance fût placé au nombre des signes. Son énorme grandeur lui en fait occuper presque deux entiers. Eratosthène prétend qu'Orion avait voulu violer Diane, et que le scorpion, défenseur de la Déesse, fut placé aux cieux par Jupiter parmi les astres les plus brillans, afin d'apprendre à la postérité sa force et sa puissance °. C'est ce monstre qui effraie aussi les chevaux du cocher Phaè'ton

1 German., c. 6. — 2 tiyg., 1. 2, c. 27. — 3 Arat., v. 585. — 4 Hyg., 1. 2, c. 27. — 5 German., c. 6. — 6 Eratosth., c. 7. Horace, 1. 3. Od. 4> v. 70. A.rat., v. 593.

placé au-dessus d'Orion , et qui se couche peu de temps après lui 1. C'est lui qui dévore les testicules du taureau placé entre le cocher et Orion, et qui se couche avec eux, comme on peut le voir dans le monument de Mithra.

On aperçoit aisément l'origine de ces diverses fictions.

On l'appelle d'un nom générique la grande bête 2, le monstre effroyable. Orion était surtout observé des matelots 5 comme un des astres qui donnaient le plus de tempêtes; et son ennemi le scorpion passait pour être d'une redoutable influence dans les naissances *.

On lui donne divers noms.

Les Arabes le nomment acrab, alacrab et par corruption, alairab 5 alacrabo.

Les Hébreux, acrab.

Les Syriens, alcrevo.

Les Perses, ghezhdûm.

Les Turcs, koirugi et uzûn ktrirughi *.

Les Indiens, gazdom en pelhvi 7, ouron chikam en brame 8.

Les Grecs, scorpios, mega thêrion.

Les Latins , scotpius, nepa 9, fera magna, rétrogradas.

On distingue dans le scorpion plusieurs parties;

1 Ovid. Metam , 1. i. 2 Arat., v. 84-402. Tlieon, p. 116. — 8 Tkeon, p. 181. — ''Hor.,1. 2. Od. 1/,, T. 17. — 11 Bay., tab. 29. Comm. Alfrag., p 108. Cses., c. 8, p. 82. —8 Hyd. Comm. ad Ulug., p. 40. —7 Anquetil. — 8 Gentil. — 9 Cic.

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