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défend, la nourrit et sert à naviguer ' ; d'autres, la Sicile; ceux-là, la terre divisée anciennement en trois parties représentées par sestro is angles'. - Quelques-uns enfin y voyaient la lettre initiale du nom de Jupiter, ou du mot Dios que Mercure avait placée sur la tête du bélier, qui fournit à Jupiter ses cornes sous le nom d'Hammon'. .

Le triangle, suivant Eudoxe , est une très ancienne constellation*: il est placé dans l'hémisphère boréal.

Ulugbeigh R appelle la précédente de la base ras almoth'allath.

Les Arabes le nomment muthlatum ?, al-muthaleth®, muthlatum", al-mullato".

Les Latins l'appellent triquetrum , tricuspis, Nilus, Ægyptus, Sicilia , Trinacria".

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L'ANTIQUITÉ a place dans cette constellation le fameux Erichthonius , fils de Vulcain ou de la Terre, suivant les uns" , ou de Minerve selon d'autres ". Jupiter admira le génie inventif d'Erichthonius , qui le premier imagina sur la terre le char à quatre che

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vaux , comme Apollon l'avait inventé aux cieux. Il imagina en effet un attelage de quatre chevaux blancs, à l'imitation de ceux du soleil. Pour perpétuer le souvenir et l'admiration de sa découverte, Jupiter le plaça aux cieux '. Il institua aussi le premier les sacrifices de Minerye, les fêtes panathénées, et construisit le temple et la citadelle d'Athènes. Voici ce qu'on raconte de sa naissance.

Vulcain, épris des charmes de Minerve, Déesse qui a son siège au bélier avec lequel se lève le cocher, et où les anciens plaçaient l'élément du feu auquel préside Vulcain, lequel a lui-même son siège dans la balance opposée au bélier et au cocher, que la balance par son coucher fait lever , voulut obtenir les faveurs de la Déesse ; mais ce fut inutilement. Minerve se cacha dans un lieu appelé Vulcanien à cause des amours de Vulcain pour elle. Vulcain l'y poursuivit et essaya de lui faire violence. La Déesse le frappa de sa lance et l'obligea de lâcher prise'; mais, dans les transports de sa passion, des germes de fécondité tombèrent sur la terre, et Minerve, en rougissant, les couvrit de poussière. De ces germes naquit Erichthonius : , dont le nom retraçait leur dispute. C'était un jeune enfant qui avait la partie inférieure du corps terminée en serpent ou terminée par les formes de la constellation du serpentaire qui se lève à son coucher. On dit que Minerve l'enferma

des

'Germ. , ibid. Hygin, I. 2, c. 14. Eratosth. ibid. Isidor. Orig., 1.3, c. 47. –? Eratosth., c. 13. — 3 Fulgent. Myth.,

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dans une corbeille bien couverte qu'elle confia à la garde des filles d'Erechthée, avec défense de l'ouvrir, Mais ces filles, cédant à la curiosité naturelle à leur sexe, irritées encore par la défense, ouvrirent la corbeille et n'y trouvèrent qu'un serpent. C'est celui d'automne consacré dans les mystères de Bacchus. Celte vue les effraya au point que dans leur folie elles se précipitèrent du haut de la citadelle d'Athènes'. Le serpent fut se cacher sous le bouclier de Minerve, et la Déese l'éleva’. D'autres traditions portent qu'Erichthonius n'avait de serpent que les jambes; que dans sa jeunesse il institua les panathénées en honneur de Minerve ; qu'il y courut monté sur un char qu'il avait-inventé; et que ce sont là les traits de sa vie qui lui ont mérité l'honneur d'être placé aux cieux. Il avait dans ses courses, pour compagnon, Heniochus ou le cocher assis à côté de lui, tenant dans sa main un bouclier et ayant sur sa tête un casque à triple aigrette. Quelques auteurs prétendent que Vulcain ayant forgé la foudre de Jupiter, ce Dieu lui promit de lui accorder ce qu'il lui demanderait; et que Vulcain lui demanda la main de sa fille Minerve. Le Dieu la lui accorda ; mais en même temps il enjoignit à Minerve de défendre sa virginité. C'est dans cette lulte que les germes féconds du Dieu du feu tombèrent sur la terre; allusion manifeste à l'équinoxe de printemps annoncé par le lever du cocher. De cette semence naquit Erichthonius. Mi

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la marier, parce que l'oracle lui avait prédit qu'il serait tué par son gendre. En conséquence, il proposait une condition à tous les amans qui se présentaient; c'était de se mesurer avec lui dans une course de chars, dont sa fille serait le prix, s'ils étaient vainqueurs; et dont la mort serait la peine, s'ils étaient vaincus. Il ne proposait ce défi que parce qu'il était sûr de la bonté de ses chevaux, qui étaient plus légers à la course que le vent. Après qu'il eut ainsi fait périr beaucoup d'aspirans à la main de sa fille, vint enfin Pélops, fils de Tantale ou du serpentah-e constellation opposée au cocher, et qui le fait coucher par son lever. Pélops, ayant aperçu sur les portes du palais de ce prince féroce les têtes des amans malheureux qu'il y avait fait clouer, se repentit de sa démarche imprudente. Craignant de succomber aussi, il mit dans ses intérêts le cocher d'OEnomaiïs, Myrtile, à qui il promit la moitié de ses Etats s'il le servait dans son entreprise. Le traité se conclut, et Myrtile, attelant le char, eut soin d'ôler les chevilles qui contenaient les roues. En conséquence, à ' peine les chevaux se furent-ils élancés dans la carrière, que le char se sépara en plusieurs pièces, et les coursiers fougueux en dispersèrent çà et là les débris. Pélops, vainqueur par cette ruse , retourna chez lui avec Hippodamie et Myrtile; mais il ne tint pas parole à ce dernier; au contraire, il le précipita dans les flots afin d'ensevelir avec lui le secret de son artifice. Hippodamie ,

'Tbeon, p. 116.

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