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fêtes. Achille Tatius nous dit que les Egyptiens autrefois, voyant le soleil quitter le solstice d'été, descendre jusqu'au solstice d'hiver, et par sa retraite diminuer la longueur des jours, avaient craint que le flambeau du monde ne les abandonnât pour toujours. Ils se livraient en conséquence à la douleur et aux larmes; mais aussitôt qu'ils le voyaient s'arrêter dans sa fuite pour remonter vers eux et leur accorder plus long-temps le bienfait de la lumière, ils célébraient son retour en prenant les habits de fête, et ils se couronnaient de fleurs ?. Il n'est donc pas étonnant que ce retour, qui formait l'objet de leur impatience, ait été spécialement désigné dans les cieux; et ils ne pouvaient même choisir de symbole plus sensible que celui qu'ils y ont mis. Il est vrai que Macrobe, dans son explication, supposait que c'était au solstice d'été que l'écrevisse avait été originairement placée. Mais cette supposition tombe d'elle-même, quand l'on prouve que le lion a occupé le solstice d'été avant l'écrevisse; et il est certain que, lors de l'invention du zodiaque, le cancer ne fut pas destiné à peindre ce solstice, puisqu'alors il n'y répondait pas.

Mais outre que nos explications mythologiques ont déjà prouvé cette existence du zodiaque, antérieure au temps où l'écrevisse occupait le solstice d'été, nous ferons quelques réflexions qui prouvent l'erreur de Macrobe. Il sait , par les traditions anciennes, que l'écrevisse avait été origi

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nairement destinée à peindre la marche rétrograde du soleil ; et comme au temps de Macrobe, ce signe était près du solstice d'été, il imagina que c'était pour peindre ce solstice où il était alors. Cette erreur était d'autant plus naturelle à un Romain, que l'année des Romains commençait au solstice d'hiver, ils pouvaient regarder ce point comme le commencement de la carrière du soleil, et le solstice d'été comme l'époque de son retour. Mais Macrobe devait considérer que le mot rétrograde est une expression relative dont le sens dépend du point de départ; de manière qu'un corps ne peut jamais être censé rétrograder, à l'instant où l'on suppose qu'il commence à se mouvoir. Or, pour les anciens Egyptiens, qui commençaient leur année et leur grande période au solstice d'été, au lever de Sirius', le point de départ du soleil dut être le même que celui de l'année, mesurée par sa révolution. Il était censé rétrograder lorsqu'après avoir parcouru la moitié du ciel par son mouvement en déclinaison, il revenait sur ses pas et parcourait une seconde fois le même espace, mais en sens contraire.

Il paraît d'ailleurs qu'on a dû placer originairement le commencement des signes, ou la première maison du soleil, au solstice d'été, avant de la fixer à l'équinoxe. La méthode qu'on a dû suivre dans la première division des cieux, semble favoriser cette conjecture. Les observations des ombres solsticiales et celles des amplitudes ont été vraisemblablement

1 Porphyre de Ant. Nymph., p. 26/s.

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les premières qu'on ait faites, parce qu'elles étaient les limites naturelles du mouvement en déclinaison, et qu'il a été plus simple de commencer à diviser par une des extrémités de ce mouvement, que par le point du milieu : c'est l'opinion de M. Goguet ?. Olaus Rudbeck, dans son Atlantide ?, nous apprend que c'était suivant cette méthode que les anciens Suédois réglaient leur année. Enfin Simplicius - atteste que ce fut par des observations sur ces apparences du coucher et du lever du soleil que les premiers hommes reconnurent son mouvement.

Cette conjecture, née de la nature même des choses, se trouve confirmée par l'ordre que mettent plusieurs auteurs anciens dans l'énumération qu'ils font des douze signes*. C'est presque toujours du solstice d'été qu'ils commencent à compter. Plutarque nous donne une division du zodiaque, dans laquelle il met le cancer à la tête des autres signes, ensuite le lion', etc. Le calendrier de Géminus, qui est une description du mouvement annuel du soleil dans le zodiaque, déterminé par des levers et des couchers d'étoiles, fixe pareillement le point de départ du soleil au solstice d'été ". Le calendrier de Ptolémée part également du mois Thot' qui répondait originairement au solstice d'été où commençait l'année égyptienne au lever de Sirius. Hip

1 Goguet , t. 1, p. 223. — 2 Olais-Rudbeck, t. 1, c. 5.3 Simpl. de cælo, l. 2, c. 46. — 4 Aratus Hygin, I. 4, c. 5. 5 Plut. de Placit. Phil., l. 1, c. 6. Theon. ad Arat. Phonom., p. 164.46 Gemin., c. 16. Uranol. p. 36. — 7 Ptolem. Uranol. Petav., p. 403.

parque' commence aussi sa distribution du zodiaque par le cancer, lelion, etc.; c'est-à-dire, qu'il la fait partir du solstice d'été. Le commentaire sur Aratus, attribué à Eratosthène, fixe aussi au solstice d'été le premier signe du zodiaque". Le premier des travaux d'Hercule était sa victoire sur le lion solsticial. Enfin, Achille Tatius dit positivement que c'est au solstice d'été que commence le zodiaque '. En voilà assez pour prouver que le solstice d'été a dû être originairement le point de départ du soleil et le commencement du zodiaque, et que conséquemment on n'a pas pu dire que le soleil, qui commençait là sa carrière, eût rétrograde ou revînt sur ses pas. Nous avons insisté sur la détermination du lieu où le soleil a été censé commencer à rétrograder, afin de faire voir que la place que nous assignons au cancer est celle qui lui convenait le plus naturellement. De tous les emblèmes astronomiques, c'est celui dont le sens se présente le plus à découvert, et où l'équivoque est moins à craindre. Il était donc important de bien fixer sa place, puisqu'elle seule , bien déterminée, règle nécessairement celle des autres.

Un mois après que le soleil a quitté le solstice d'hiver, et qu'il commence à se rapprocher du peuple égyptien, il reprend alors la force qu'il avait perdue; les productions de la terre acquièrent cette vigueur qui précède la maturité ; déjà les campagnesjaunissantes attendent la faux du moissonneur. On peignit dans les cieux un lion', soit comme le symbole de la force que la végétation a déjà acquise, soit parce que la couleur de cet animal est celle des moissons dorées : fulvi leones, flavoc aristoe ().

1 Hipp. Uranol. Petav., p. 120—2 Eratosth. Urano). Petav., p. 142. - 3 Achill. Tat. Uranol. Petav., p. 96.

Il ne s'écoule tout au plus que quatre mois en Egypte entre les semailles et les moissons; c'est ce qu'attestent Diodore et tous les autres voyageurs. Les blés sont fermés dans la haute Egypte dès le mois de mars ou au commencement d'avril. Dans notre système, le signe de la vierge répondait alors à la plus grande partie du mois de mars, et les moissons commençaient tous les ans sous ce signe, éloigné précisément de quatre signes du commencement de l'année rurale ou du temps des semailles. On ne crut pouvoir mieux déterminer cette époque intéressante de l'agriculture égyptienne qu'en peignant dans le ciel trois épis, nombre égal à celui des décans , ou en y dessinant une jeune moissonneuse qui tient à sa main un épi (s). Voilà donc encore un des emblèmes les plus sensibles des opérations agricoles. Le défaut d'accord de la moissonneuse avec l'état de l'Egypte dans les derniers âges, avait fait refuser à ce peuple l'honneur de l'invention du zodiaque et de l'astronomie, quoique la voix presque unanime de toute l'antiquité lui en eût attribué la gloire, et qu'il ait , plus qu'aucun autre peuple , laissé des monumens de sa

1 Diod , l. 1. - 2 Ibid.

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