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NOTES

DU TOME NEUVIEME.

(c) P. 3. Il est question dans Job (a) de plusieurs constellations , telles que aiscb. cliima, kesil, theman et desmazzarotli. Les interprètes sont partagés sur celle de nos constellations auxquelles ces noms conviennent,mais ils s'accordent tous à les regarder comme différentes étoiles qui présidaient aux saisons. Voyez la dissertation de M. Goguet (t. i,p. 39a, Origine des lois). Plusieurs entendent par aischles étoiles de l'ourse; d'autres arcturus. Pour moi, je pense avec M. Hyde (Commentaire d'Ulugbeigh, p. 20, etc.) que cet aisch est l'aisk ou Ai? des Grecs, la chèvre et ses chevreaux, une des constellations septentrionales, qui, par son lever du matin, annonçait le printemps, 4 Una vocatur AiÇ, quœ mater est; duœ verô nimis lacidw, hœduli (Theon, p. 123).

Homère (J) nomme l'ourse ou chariot le bootès, et Orion etSirius Plusieurssavans, tels que Cratès, pensent qu'Homère était astronome (c)

Les pleiades, Orion, l'arcture, Sirius sont nommés par Hésiode dans son poème sur les travaux et les jours.

Toutes les traditions des plus anciens peuples s'accordent à attribuer l'invention de l'astronomie aux premiers fondateurs de leurs empires; les Atlantes à Uranus, les Chinois à Fohi, les Babyloniens à Bélus, les Juifs à Seth, les Grecs à Hercule et à Atlas. Ce qui prouve que son origine remontaitau-delàdes temps connus et aux siècles my tuologiques

Le Gentil (d) prétend que l'astronomie des Indiens offre des preuves d'une antiquité très-reculée , et que les Brames d'aujourd'hui ne possèdent que les débris d'une science cultivée avec succès bie» des. siècles avant notre ère.

la) Job., c. 38. v.3i et 32. — (4] Odjss., 1. i. — c AchUI. T»t. Uranol. Pcluv., 74.— ti) Voy. aux loti., t. 1, p. 3n.

(d) p. 3. Théon assure que les Grecs reçurent leur astronomie des Egyptiens et des Chaldéens (a). Ce fut, dit-on, Thaïes qui apporta d'Égypte en Grèce les premiers élémens de la géométrie et de l'astronomie, qui y fit connaître la division de la sphère, qui marqua les points des tropiques et des équinoxes, qui expliqua les éclipses; les prédit et les calcula (b). Strabon prétend (c) que ce furent les Phéniciens qui firent connaître aux Grecs la petite ourse. Le même Strabon ajoute (d) qu'avant lesvoyages de Platon et d'Eudoxe en Egypte, les Grecs ignoraient la véritable durée de l'année, ainsi que beaucoup d'autres choses. Je crois que ces témoignages ont besoin d'une explication. Les Grecs, sans doute, voisins des siècles de Platon, pouvaient être fort ignorans dans cette partie, et c'est pour cela qu'ils n'entendirent point les anciens poèmes que leur avaient laissés leurs pères, et que nous avons expliqués. MaislesGrecs de la haute antiquité connaissaient l'astronomie, puisqu'ils faisaient des poèmes astronomiques. L'astrologie est de la plus grande antiquité, surtout dans l'Orient. C'est un fait qu'on ne peut révoquer eu doute; or, l'astrologie n'est qu'une astronomie dégradée, etque l'abus d'une science plus ancienne. La meilleure preuve qu'elle est bien postérieure à l'invention des caractères ou figures astronomiques, et des emblèmes d'animaux tracés dans les cieux, c'est qu'elle-même tire tous ces pronostics de la nature des animaux symboliques figurés sur les constellations ;.et qne les influences célestes portent toujours sur la terre les caractères des animaux ascendans au ciel. Si un homme naît juste, c'est qu'il vient au monde sous l'aspect des étoiles de la balance:

« Meniura tribuet vires et policiers rerum, 'a

« Et licitum scint, et vetitum quœ poena sequatur.
« Perpetuus populi privato in liroine prœtor. »

dit Manilius.

Pour qu'on pût tirer ce pronostic, il fallait déjà que la figure d'une balance eût désigné ce groupe d'étoiles, et que la main de l'astronome eût tracé dans les sphères ce symbole allégorique. Car certainement la Nature ne l'avait pas fait, et les étoiles, figurées par les animaux, célestes , ne forment nullement entre elles les différentes configurations qui circonscrivent les constellations. Il en était de même du lion sous l'aspect duquel naissaient les hommes braveset courageux. Laviergedonnait les mœurs chastes et un caractère modeste, etc. ; ainsi des autres constellations qui fournissaient à l'homme qui naissait sous leur aspect

(«) Theon ad Arat. Phen., p. 187. — (b) Hcrod., 1. 1. Diog. Laert. vit. Tbal. — c) Strab., 1. 1, p. 3. — (<i) d. 1. 17, p. So3.

des inclinations et un caractère analogues à la nature des emblèmes qu'on y avait tracés ; à moins qu'on ne supposât que les observations faites sur le caractère et les goûts de ceux qui naissaient sous certains astres, avaient constaté qu'ils étaient toujours analogues à la nature de certains animaux, et que c'est pour cela que les figures d'animaux, qui exprimaient la douceur, comme l'agneau ; le courage, comme le lion; la cruauté, comme le loup, avaient été tracées dans les cieux. Cette opinion est amplement réfutée par Saumaise (Ann. clim. p. 5), et est beaucoup plus invraisemblable que l'autre, d'autant plus que l'observation n'a jamais pu conduire l'homme à ce résultat, au lieu que l'inspection des figures symboliques a bien pu faire créer ces rapports chimériques, chez les hommes persuadés que le ciel aimait toujoursàreproduire enbaslesformes supérieures et engendrer des êtresanalogues à la nature de ses différentes parties. D'ailleurs, si on eût cherché à peindre ainsi les caractères de l'homme par ceux des animaux, on n'y verrait que des animaux qui existent réellement dans la nature, et qui ont un caractère connu, et non pas des monstres qui n'ont nulle part de type, tels que les centaures, etc. (Salmas, p. u).

(e) p. 5. Avant de donner des noms aux divisions du zodiaque et aux autres parties du ciel, on y traça des figures symboliques dont ces divisions prirent ensuite leurs dénominations (a). Ainsi on appela signes du bélier, du taureau, etc. , les divisions dont les étoiles étaient groupées sous les images de ces animaux symboliques .

(y) P- 5. Sextus Empiricus (J) observe avec raison que ce n'est pas sur un fond de ressemblance qu'ont été inventés les symboles astronomiques; mais qu'ils sont comme des caractères emblématiques de la science , comme des signes d'instruction.

« Occani sitiens cïini jam canis liauserit unclam,
« Et paribus Titan orbem librnvcrit boris, etc.

( Columcllc, 1. Io, V. 4l- )

-(g) p. 8. Lesystcme zodiacal présentait le tableau del'année entière, considérée dans ses rapports avec l'état de la lumière et de la végétation, et avec les travaux du cultivateur. Les noms des mois, dont les signes célestes furent originairement l'expression hiéroglifique, furent, chez lesjslandais, imaginés d'après leur comparaison avecl'état de la nature dans chacun des mois. Nous en sommes revenus là nousmêmes dans notre nouveaucalendrier républicain. Les Allemands ap- . pellent juin le mois des foins, juillet celui des moissons, septembre,' ie

(«) Gémis., p. 7. — (4) Sci. Erop ady. Meltb. 1. 5. p. n5.

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mois du vent, octobre le mois du vin, etc. Les peuples duCurdistan ont leur mois des roses on galan, qui répond à mai ; leurs mois debâc et eilân, dont les noms désignent la chaleur et la sécheresse (a). Tels sont aussi les mois du calendrier royal d'Yezdeghêrd chez les Perses et ceux du Catay (b). Ces calendriers sont presque tous météorologiques.

(h) p. 9. « Non dubium quin coeteras pecudesbos honoresnperare debeat, quod ille Athenis Cereris et Triptolemi fertur minister; quod inter fulgentissima sidera particeps cœli; quod deindè laboriosissimus adhuc homini socius in agriculturâ , cujus tanta fuit apud antiquos veneratio , ut tam capitale esset necare bovem quam civem. » (Colum. , 1. 6 , ex prœm. ;Varro de Re rusticâ , 1. 2, c. 5).

( i ) p> 9. Je crois devoir répondre à ceux qui prétendent que les -sphères grecque» chaldaïque et égyptienne ne se ressemblent point , «t qu'ainsi on ne peut tirer une induction générale d'après notre sphère et d'après les animaux qui y sont tracés. Voici ce que dit Sanmaise ( Ann. Clira. Praaf. p. 20 ): « Easdem figurationes , ut res est, videntur habuisse Chaldœi, AEgyptiique cum Grœcis, sed alias historias causasque eorum inter astra relationis comment! sunt; atque indèextitit differentia grœcanicas spherœ et bai-baricœ, sicut à Wigidio diversis volurainibus pertraclata:fuere. In grœcanicâMuQoXsyiaa poeticœ Grœcorum astronomise persecutus fuerat, in barbaricâ œgyptiacaî. Fluvium cœlestem Grœci Eridanum esse asserebant, AEgyptii Nilum (c;. Capricorni alia est historia Grœcis, alia AEgyptiis. Quaedam videntur Grœci ot à Syris accepisse , sive à Chaldaeis, ut piscium figurationem cum suâ causâ et historiœ rationem , etc. » On voit sur.des fragmens d'obélisques égyptiens le sagittaire et les poissons tels qu'ils sont dans notre zodiaque (d).

(h) p. 1.2. Origène, dans ses Commentaires sur Saint Jean, fixe à la fin du mois nisan la récolte chez les Juifs. Plusieurs peuples moissonnent, dit Varon (e), durant le temps qui s'écoule depuis le printemps jusqu'au solstice d'été.

(/) p. 13. L'empereur Julien,danssonhymne ausoleil, p.290,parlant dd ceux qui commencent leur année au solstice d'été, donne pour raison qu'alors les récoltes sont faites et serrées, et les fruits prêts à cueillir. Hypparque cite les vers d'Aratus sur le passage du^oleil au lion (f), où il estdit qu'alors les campagnes sont vides d'épis. Théon, jtp. 123, feit la même observation.

(a) Ilyâ. 4e Vel. Pcrs. Re%.; p. lB3 p. 197-X14. — W H»<*-> V- W Pook ',"*

« eripl., t. a, pnrt. a, p. 307. - (<<) De Re rurtic, I. I, c. 3a. — {") Hipp., I. 1, e." î r j>. 119. — (/) Strnb., I. 17, p. 617.

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