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D E S L 0 I‘X. , ;c—- —-~—*—~ 2wc=2———d.. LIVRE PREMIER. DES LOIX EN GÉNÉRAL. '

. *>7. . -<4îi CHAPITRE PREMIER.

- Deí'sslàix , dans le rapporç «ju-'clies mit" '.3‘ avec les divers e‘tres.

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II E s loix , dans la' signisication la piu's étendue, ' son( les tapports nécessaires qui détive” de la' nature des choses ; 8c dans ce sens tous les être; ont leurs loft.: la divinité a ses loix , le mouçlï_ matériel a sei loix , les intelligences supétieures si. Toma I. 'A ' _ ‘

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l'homme ont leurs loix , les bêtes ont leurs lois, I'hom'm'effl‘a' ses'loix. r h _ ' ';JCeux qui ont dit qu'une fatalité aveugle ï" produit tous les effets que nous voyons dans le 'monde , ont dffune grande absurdité ; car quelle' plus grande absurdité, qu'une fatalité aveugle qui auroit produit des êtres intelligens?

11~y a donc une raison primitive; &les loix sont les rapports qui se trouvent ent‘r‘elle 8c les dissétens êtres ;8c les rapports de ces divers être* entr'eux. ' " . ss

Dieu a rlu-nappe” avec l'univers , comme cí'éateur 8c comme conservateur z les loix selon lesquelles il a _crée, sont celles selon lesquelles Il conserve. Il agit selon ces rè'gles , parce qu'il les connoi‘t; illes connoit , parce qu'il les a faites; il les a Takes, parce qu'elleson-t du rapport avec sa sagesse 8c sa puissance.

Comme nous voyons que le monde , formé par le mouvement de I‘ematière , 8c privé d'intelli— gen‘ce subsiste toujours, il fautque ses mouvemens aient des loix invariable; :m8: 'si l'on pouvoig âr'naginsse.r un autre 'monde que celui-gi , il aurait des règles constantes , ou il seroit détruit.

Ainss la création , qui parait être un acte arbitràire, suppose des règles auffi invatiables que lä‘fiitâlité des athées. ll seroit absurde de dire que le créateuc, sans ces règles , _pourroit gou— ierner le monde, puisque le monde ne substfleza'xï [in sans elles.

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Ces règles sont un rapport constamment !SL-'Uli~Entre un corps mu 8c un autre corps mu , c'est suivant les rapports de la masse 8c dela vitesse que tous les mouvemens sont reçut; augmentés , diminuée, perdus; chaque diverfité est uniformisé, chaque‘ changement est con/lance.

Les êtres particulierà intelligent peuvent avoir des loix qu'ils ont faites: mais ils en ont aussi qu'ils n'ont pas faites. Avant qu'il y eût des êtres intelligens , ile étoient poffibles , ils avoient donc des rapports poffibles , 8c par conséquent des loix poffsbles. A-vant qu'ilÿ eût des loix faites , il y avoit des rapports de justice poffibles. Dire qu'il~n'y a rien‘de juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou défendent les lois‘pofitives ; c'est dire qu'avant qu'on eût tracé de cercle, tous les rayons n'étoient pas égaux.

Il faut donc avouer des rapports d'équité antéñ rieurs à la loi pofitive qui les établit: comme par exemple, que, supposé qu'ily eût des sociétés d'hommes , il serait juste de se conformer à leurs loix; que s'il y avoit des êtres intelligens qui eussent reçu quelque bienfait d'un autre être , il» devraient en avoir dela reconnoissance; que si un être intelligent avoit créé un être intelligent, le créé devrait rester dans la dépendance qu'il a

Lzv. I. CHAP. I;

eue dès son origine; qu'un être intelligent qui

.a fait du mal à un être intelligent, métite de

recevoir le même mal; 8c ainsi du rcsie. Main il s'en faut bien que le monde intelligent A z

ï: -ï 4 DE L'ESIJRITDÆS LOIX,

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soit auffi bien gouverné que le monde physique. Car quoique celui-là ait auffi des loix qui par leur nature sont invariables , il ne les suit pas constamment comme le monde physique suit les ssennes. La raison en est , que les êtres particu- \ licrs intelligens sont boraés par leur natuge, 8c par conséquent sujets à l'erreur; 8c d'un autre côté, il est de leur nature qu'ils agissent par eux-mêmes. lls ne suivent donc pas constamment leurs loix primitives, 8c celles même qu'ils se donnent, ils ne les suivent pas toujours. - . On ne sait ss les bêtes sont gouvernées par les loix génétales du mouvement, ou par une morion particulière. Quoi qu'il en soit, elles n'ont point avec Dieu de rapport_ plus intime que le reste du monde matétiel; _8c le sentiment ne leur sert que dans le rapport qu'elles ont eutr'elles, ou avec d'autres êtres particuliers , ou avec ellesmêmes. ‘ t Par l'attrait du plaisirgelles conservent leur -être.particulier; 8c par le même attrait , elles conservent leur espèce. Elles ont des loix natu— -telles parce qu'elles sont unies par le sentiment; elles n'ont point de loisposttives , parce qu'elles ne sont point unies par la connoissance. Elles ne suivent pourtant pas invariablement leurs loir( naturelles; les plantes, en qui nous ne remar— ‘ quons ni‘ connoissance, ni sentiment, les suivent mieux. Les bêtes n'ont point‘les suprêmes avanZ ages que nous avons; elles en ont que nou]

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