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120 DE L'ESPRIT DES LOIX; 6c.

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4 situation la plus heureuse où l'on puisse êtreà n'y ayant rien de ss commode pour un prince que d'être auprès d'un autre qui reçoit pour lui tous le's coups 8c tous les outrages de' la fortune. Et il est rare que par la conquête d'un pareil état, on augmente autant en puissance réelle. qu'on a perdu en puissance relative.

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I, V R E X.

,Des Lair, dans le rapport qu'elles ont avec la fizrce Offzrzsive. *Sœ———~—~W——=iä CHAPITRE PREMIER.

De la force offênsz've.

iL A force offenstve est réglée par le droit des gens , qui est la loi politique des nations considétécs dans le rapport qu'elles ont les unes avec les autres.

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*ï—'JÛ—.WŒ'ñ—-Iï C H A P I T R E I I. De Ia guerre.

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ILA vie des états est comme celle des homme” Ceux- ci ont droit de tuer dans le cas clé-"ll défense naturelle ; ceux-là ont droit de faire !a guerre pour leur propre conservation. Dans le cas de ladésense naturelle, j'ai droiv

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nz DE L'ESPRIT DES LOIX,

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de tuer; parce que ma vie est à moi, comm. la vie de celui qui m'attaque est à lui : de même un état fait la guerre , parce que sa consen'ation est juste comme toute autre conservation. ,

' Entre les citoyens , le droit de la défense naturelle n'emporte point avec lui la néceffité de l'attaque. Au lseu d'attaquer, ils n'ont qu'à recourir aux tribunaux. lls ne peuvent donc exercerle droit de cette défense , que dans les cas momentanés , 0-2r l'on seroit perdu fi l'on atten'loit le secours des loix Mais entre les sociétés , le droit dela défense naturelse entraine quelquefois la nécesssté d'attaquer , lorsqu'un peuple voir qu'une plus longue paix en mettroit un autre en état de le détruire ; 8c que l'attaque est , dans ce moment, le seul moyen d'empêcher cette destrufiion.

Il suit de là que les petites sociétés ont plus souvent le droit de faire la guerre que les grandes . parce qu'elles sont Plus souvent dans le tas de craindre d'être détruites

Le droit de la guerre détive donc de la nécesstté 8c du juste rigide. Si ceux qui dirigent la conscience , ou les conseils des princes , ne se tiennent pas là , tout est perdu ; 8c lorsqu'on se fondera sur des principes arbitraires de gloire, -de bienséance, d'utilité, des slors de sang inon— deront la terre. ~ '

Que l'on ne parle pas sur-tout de la gloire

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du prince; sa gloire seroit son orgueil ; e'est 'une paffion, 8c non pas un droit légstime.

- li est vrai que la réputation de sa puissance pourrait augmenter les forces de son état; mais la réputation de sa justice les augmenterait tout: de même. a

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DU droit de la guerre détive celui de consi quête, qui en est la conséquence; il en doit donc suivre l'esprit. ... Lorsqu'un peuple est conquis, le droit que le -conquétant a sur lui, suit quatre sortes de loix; la loi de la nature, qui fait que tout tend à la conservation des espèces-; la loi de la lumière narure'le, qui veut que nous faffions à autrui _ce que nous voudrions qu'onnous fit; la loi qui forme les sociétés politiques . qui sont telles que la nature n'en a point borné la-durée; ensin la loi tirée de la chose même. La conquête est une acquifition z l'esprit d'acqut fition porte avec lui l'esprit de conservation 8c d'usage , &2 non pas celui de deslruction.

Un état qui en a conquis un autre , le traite

d'une des quatre manières suivantes. Il continue

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il le gouverner selon sesloix, 8c ne prend pour lui que l'exercice du gouvernement politique 8C' civil ; ou il lui donne un nouveau gouvernement politsque 8c civil, ou il détruit la société 8c la disperse dans d'autres , =ou ensin il extermine tous les citoyens.

La première manière est conforme au droit

des gens que nous suivons aujourd'hui; la quatrième est plus conforme au droit des gens des Romains : sur quoi ie laisse à juger à quel point nous sommes devenus meilleurs. ll saut rendre ici hommage à nos tems modérnes , à la raison présente, à la religion d'aujourd'hui , à notre philosophie, à nos moeurs. î" Les auteurs de norre droit public, sondés sur les histoires 'anciennes , étant sortis des cas rigides, sont tombés dans de grandes erreurs. Ils ont donné dans l'arhitrairez‘ils ont supposé dans les conquérans un droit, je ne sais quel, _de tuer : ce qui leur a fait tirer des conséquences terribles‘mmmo le principe; 8c établir des maximes que~ les conquétans eux-mêmes , lorsqu'ils ont eu 'le moindre sens , n'ont jamais prises. Il est clair que, lorsque la conquête est faire, le conquétant n'a plus le droit de tuer; puisqu'il n'est plus‘dans le cas de la défense naturelle , 8c de sa propre conservation.

Ce qui les a fait penser ainsi , c'est qu'ils ont

' cru que se conquétant avoit droit de détruire la

iüciété : d'où ils ont conclu qu'il avoit celui

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