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kar dès que le peuple avoit la législation , i pouvoit au moindre caprice anéantir la royauté , comme il stt par-tout.

Chez un peuple libre , &squi avoit le pouvoir législatif: chez un peuple renfermé dans une ville , où tout ce qu'il y a d'odieux devient plus odieux encore, le chef—d'œuvre de la législation est de savoir bien placerla puissance

_de juger. Mais elle ne le pouvoñ être plus mal

que dans les mains de celui qui avoit déià la ,puissance exécutrice. Dès ce moment , le mo* narque devenoit terrible. Mais en même tems, comme il n'avoir pas la législation . il ne pou— voit pas se défendre contre la législation ; il avoit ,trop de pouvoir, 8 c il n'en avoit pas assez.

On n'avoit pas encore découvert que la vraie fonction du prince étoit d'établir des juges, 8c non pas de juger lui-même. La politique contraire rendit le ~gouvernement d'un seul insupportable. Tous c‘es rois furent chassés. Les Grecs n'imaginèrent point la vraie distribution des trois pouvoirs dans le gouvernement d'un seul; lls ne l'imaginèrent que dans le gouvernement de plusieurs , 8c ils appellèrent cette sorte de constitution, police.

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—~Η- ñçñ 376 'DE L'ESPRIT .DES LOIX,

CHAPITRE XII.

Du gouvernement des rois de Rome ; 6' comment les trois pouvoirs y fizrent distribués. '

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'L'E gouver’nement des rois de Rome avoit quelque rapport à celui des rois des tems. hétoiques chez les Grecs. ll tomba comme les autres par son vice génétal; quoiqu'en lui-même, -& dans sa nature particulière ,il fût très-bon. '

Pour faire connoitre ce gouvernement, je dlstinguerai celui des cinq premiers rois , celui ae Servius Tullins, 8 c celui de Tarquin.

La couronne étoit élective; 8c sous les cinq premiers rois ,le sénat eut la plus grande part à l'élection.

Après la mo'rt du roi, le sénat examinoit E l'on garderoit la forme du gouvernement qui étoit établie. S'il jugeoit à propos de la garder, il nommoit un magistrat , tiré de son corps, qui élisoit un roi ; le sénat devoit approuver l'élection ; le peuple , la coastrmer; les au spices, la garantir Si une de ces trois condition] manquait, il falloir sai-rc une autre élection.

' La constitution étoit monarchique , aristocra?que 8‘ l’opulaire ',-tel fut l'harmonie du pouz

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Lzv.'XI. CHAP. XII. 2” a

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p— voir, qu'on ne vit ni jalousie , ni dispute, dans les premiers règnes. Le roi commandoit les armées . 8c avoitl‘intendance des sacrisices ; il avoit la puissance de jugerles assaires civiles

.8c criminelles; il convoquoit le sénat ; il assem

bloit le peuple ; il lui portoit de certaines assaires, 8c régloitles autres avec le sénat.

Le sénat avoit une grande autorité. Les rois prenoient souvent des sénateurs pour juger avec eux; ils ne portoient point d'assaires au peuple, qu'erles n'eusi'ent été délibétées dans le sénat.

Le peuple avoit la droit d'ésire les magistrats, de consentir aux nouvelles loix; 8c lorsque le roi le permettoit, celui de déclarer la guerre 8c de faire la paix. Il n'avoit point la puissance de juger. Quand Tullus Hostilius renvoya le jugement d'Horace au p-uple , il eut des raisons particulières , que l'on trouve dans Denys d'Halicarnasse. ‘

La constitution changea sous Servius Tullins. 'Le sénat n'eut point de part à son élection; il sc ht proclamer par le peuple. ll se dépouilla des jugemens civils, 8c ne se réserva que les criminels; il porta directement au peuple toutes les assaires; il le soulaga des taxes, 8cen mit tout le fardeau sur les patriciens. Ainss , à mesure qu'il assoiblissoit la puissance royale 8c l'autorité du sénat, il augmentoit le pouvoir du peuple.

- Tarquin nc se stt élire ni par le sénat ni par ls peuple z il regarda Servius Tullius comme

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1.78 DE L'ESPRIT DES LOIX,

:-nun usurpateur, 8c prit la couronne comme un droit hétéditaire; il extermina la plupart des sénateurs; il ne consulta plus ceux qui restoient, &L ne les appella pas même à ses jugemens. Sa puissance augmenta; mais ce qu'sl y avoit d'adieu: dans cette puissance , devint plus odieux encore: il usurpa le pouvoir du peuple; il stt des loix sans lui; il en stt même contre lui. ll auroit réuni les trois pouvoirs dans sa personne; mais le peuple se souvint un moment qu'il était législateur, 8c Tarquin ne fut plus.

_.-.._.- ..HALDE—UAH:
CHAPITRE XIII.

Reflexions générales si” l'état de Rome ~, après l'expulsion des Rois.

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ON ne peut jamais quitïer les Romains: c'est ainsi qu'encore aujourd'hui, dans leur capitale, on laisse les nouveaux palais pour aller chercher des ruines ; c'est ainsi que l'œil qui s'est reposé sur 'l'émail des prairies, aime à voir les rochers 8c les montagnes.

Les familles patriciennes avoient eu de tout tems de grandes prétogatives. Ces distinctions , grandes' sous les Rois , devinrent bien plus '"'Pfflœntes après leur expulsson. Cela causa la ...W59 des plébéiens , qui voulurent les abaisser.

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... , W Lzv. XI. CHAP. XIII. 279

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Les contestations frappoient sur la constitution , sans assoiblir le gouvernement: car , pourvu que les m'gistratures conservalient leur auiorité, il étoit assez indissétent de quelle famille étoient les magistrats.

Une monarchie élective , comme étoit Rome, suppose nécessairement un corps aristocratique puissant, qui la soutienne, sans quoi elle se change d'abord en tyrannie ou en état populaire.Mais un état populaire n'a pas besoin de cette distinction de familles pour se maintenir. C'est ce qui stt que les patriciens, qui étoient des parties nécessaires de la constitution du tems des rois , en devintent une partie superslue du tems des consuls; le peuple put les abaisser sans se détruire lui-même , 6c changer la constitution _sans la corrompre.

Quand Setvius Tullius eut avili les patriciens , Rome dut tomber des mains des rois dans celles du peuple. Mais le peuple, en abaissant les patriciens, ne dut point craindre de retomber dans celles des rois.

Un état peut changer de deux manières , ou parce que la' constitution se corrige ,_ ou parce qu'elle se corrompt. S'il a conservé ses principes , 8c que la constitution change , c'est qu'elle se corrige : s'il a perdu ses principes, quand la constitution vient à changer, c'est qu'elle se corrompt. ;

Rome , après l'expulsson des rois , devoit être

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