L'image mentale: (Evolution et dissolution)

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F Alcan, 1903 - 151 pages
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Page 29 - à droite et à gauche, un peu partout »; ce sont des résidus d'autres perceptions du même genre que celle à laquelle se rapporte notre image, mais pourtant foncièrement différentes. Ces additions se font-elles au hasard? « Nullement », ajoute le même observateur, « car l'esprit semble bien suivre ici ce même besoin d'ordre et de symétrie dont nous parlions plus haut et qui paraît nécessaire à son orientation à travers nos pensées ». Nous en sommes ici, malgré les réserves notables...
Page 56 - ... devenue secondaire. Je vois du noir et du blanc, de petites lettres (indistinctes) : si j'essaie de voir les lettres, il faut que j'invente : je vois en réalité de petites choses, comme de loin des wagons accrochés, des mots plus longs, d'autres d'une ou deux lettres; mais je ne puis fixer le début de la ligne, parce que je sais que toujours il ya un intervalle blanc, qui précède la majuscule; mais je crois que ce passage est la suite d'un autre, et alors je ne sais pas si la ligne débute...
Page 99 - ... chaque fois avec une telle netteté que j'aurais cru pouvoir la dessiner de mémoire. Au reste, l'année suivante, je la décrivis telle que je l'imaginais alors, à des voisins de table en quête d'excursion : je revoyais très nettement, adossé au mur de chevet de la vieille église, un autel de style Louis XV, avec des ornements rocaille d'un travail assez fin, les dorures un peu rougies par le temps, mais le tout d'un bel aspect. — En réalité (je m'en aperçus lorsque je refis l'excursion)...
Page 88 - J'ai d'abord une image qui date de 1882. Je la vois au Louvre : j'arrive en face : elle est dans une espèce d'hémicycle, avec des tentures derrière. La lumière vient de gauche, parce qu'il ya là une grande fenêtre : je vois la statue de grandeur nature. Elle est penchée sur sa hanche du côté droit, comme un cavalier; le cou est légèrement penché du côté gauche, et la figure regarde de ce côté : je vois de ce côté gauche le moignon qui s'enlève ; la jambe droite est rigide et porte...
Page 89 - J'ai cité d'abord celle du Louvre parce que vous avez ajouté : comme vous l'avez vue au Louvre. Sans quoi j'aurais vu d'abord celle de chez moi, puis celle du Louvre, parce que c'est un souvenir de provincial qui vient à Paris : même avant do l'avoir vue au Louvre, j'avais l'idée de la Vénus du Louvre. :' Ensuite je vois une petite statue eu brouze, de 30 cent., qui appartient à un avocat de Marseille qui l'avait sur son bureau. Je l'ai vue en 188" : on venait de la lui donner.
Page 94 - Plus lard je la vois très maigre, le teint un peu pale, vers 1881, la figure un peu fatiguée. J'étais au régiment : elle était venue me demander au quartier, et entrait avec une autre personne dans la cour : j'ai demandé la permission de sortir en ville. 4° Enfin je la revois comme maintenant, la figure presque jeune, mais les cheveux blancs : cela se reporte sur plusieurs années, car elle n'a pas changé depuis. Je la vois à la gare...
Page 116 - Dans le premier cas, l'image disparaît par confusion ou par abstraction, en devenant vague et indécise au point de ne pouvoir être dessinée, ou bien en se vidant de tous ses détails au point de n'être plus qu'un schème de l'objet à représenter. Dans le second cas, nous la voyons au contraire remplacer par d'autres les détails qui lui donnaient son individualité propre et se transformer ainsi en une image qui ne cesse pas d'être concrète, mais passe peu à peu à un type différent. Enfin...
Page 5 - ... que L'image mentale ne présente pas d'unité objective. « Aucune image, dit l'auteur, n'a été façonnée de toutes pièces au moment où naquirent en nous les contours de son objet.
Page 94 - Je cherche à me souvenir : je crois en avoir vu comme lettres ornées, mais je ne nie rappelle pas quelles elles sont. Pas da'utres images, ni de mes lectures, ni d'ailleurs : si j'avais à dessiner un A, je dessinerais l'A banal, le triangle à deux côtés prolongés. Parmi les A banals aucun ne me reste : je ne puis pas dire : j'en ai vu un à tel endroit. V. Visage maternel. — Je me rappelle trois figures : 1°...
Page 85 - Et c'est de ce perpétuel échange que vivent nos images, formant ainsi une série où tout se tient et se fond dans un ensemble général : et ce phénomène s'accentue à mesure que s'accroît le nombre des images. Il en résulte que si l'on fait le total d'un groupe d'images représentant un objet déterminé, on les trouve d'autant moins nombreuses qu'elles résultent d'une somme plus considérable de représentations antérieures.

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