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connue ? Pourquoi ne fut-elle publiée par l'Observateur autrichien, qu'après la reclusion d'Hypsilantis dans le château de Montgatz ? Voilà, je pense, une remarque qui milite en faveur d'un officier maintenant sans défense, pour l'absoudre d'un délit qu'il n'avait pas besoin d'accumuler sur sa tête afin de n'être plaint de personne. On peut donc croire, sans l'affirmer, que l'ordre du jour daté de Rimnik est apocryphe, et ne le fût-il pas, il serait encore moins odieux que la conduite d'Udricky, chancelier du consul autrichien en Valachie *. Frappé de l'aveuglement du ministre auquel il obéissait, il avait à son exemple oublié qu'un homme, quelque élevé qu'il soit en dignité, est souvent accablé sous le poids du despotisme qu'il édifie ; tandis que la compassion est toujours la première des vertus, parce qu'elle contribue le plus puissamment au bonheur de l'humanité.

" « Chacun s'accorde à dire, ajoute M. Laurençon, auquel j'emprunte une partie de ces détails, que le chancelier de l'agence d'Autriche en Valachie, le sieur Udricky, est seul cause des malheurs de Bukarest. Chaque jour, à chaque minute, on venait s'informer près de lui de la marche des Turcs, et il renvoyait tout le monde tranquille, en assurant qu'ils étaient éloignés et n'avaient aucune envie de venir à Bukarest. Ce ne fut qu'au moment où ils entraient en ville qu'il annonça leur arrivée, ce qui causa la perte de beaucoup d'individus qui, se fiant à ses paroles trompeuses, étaient dans un état de sécurité parfaite. C'était dans le même but que cet agent envoyait courrier sur courrier à Milosck, chef des Serviens, » pour empêcher ce peuple de s'insurger; qu'il pressait sous main les pachas de » Silistria et de Rutchuk d'accourir en Valachie, pour écraser au plus vite des » rebelles. » — Nouvelles observations sur la Valachie, page 124, n° 9. Paris, 1822,

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CHAPITRE III.

Armements maritimes des Grecs. – Jacques Tombasis nommé amiral. – Se

serment. — Proclamation adressée aux Hellenes. – La flotte grecque aborde i Ténos. - Cérémonie de l'insurrection. - Psara. - Son adhésion à l'épanastase - L'amiral grec devant Chios. - Proclamation qu'il adresse aux habitants. Resus qu'ils font d'y adhérer. - Représailles exercées contre les Tures. - Vas sacres des chrétiens dans l'Asie mineure. - Charité recommandable des Paaress – Adresse des insurgés au clergé orthodoxe. — Ordre du jour. – Pavillon are: sa devise. - Confédération des iles de l'Archipel ; leurs préparatifs de defees

- Mycone. - Enthousiasme de Modena Mayrogénie. - Contingents en vaissean des Cyclades.

L'homme, que Pindare appelle le fils insensé et malheureur de la lumière, ne s'élève jamais plus haut dans l'ordre social, que lorsquil se dévoue à la défense de sa patrie. C'est alors que les guerriers, qui peuvent se glorifier même dans leurs revers, parce qu'on ne commande pas à la fortune, devraient, à l'exemple des antiques héros de Sparte, sacrifier aux Muses avant de combattre, parce que les plus grandes actions, sans leur secours, seraient condamnées à un éternel oubli. Les Hydriotes avaient satisfait à ce devoir, en portant à la connaissance de l'Europe leur acte d'insurrection contre le seul gou- ; vernement tyrannique, et par conséquent illégitime, existant au dir- ; neuvième siècle, quand l'amirauté reçut, le 28 avril 1821, le serment, du navarque Tombasis, conçu en ces termes :

* « Je jure, au nom du vrai Dieu, protecteur souverain de la justice, » effroi des méchants et des ennemis de sa loi, sur le livre sacré de >> ses évangiles; au nom de la liberté, par la régénération de la patrie, >en présence des capitaines d'Hydra, de remplir les engagements » suivants que me sont imposés par le sénat.

» J'accepte le titre provisoire d'archinavarque d'Hydra, pour la » campagne décrétée d'après le suffrage unanime de mes concitoyens

' Précis des opérations de la flotte grecque, publié par Agrati. Paris, imprimerie de Trouvé, 1822.

» les capitaines, et je promets de me comporter avec tout le patriov tisme et l'ardeur dont je suis capable..

» Je promets d'obéir aux ordres du conseil, de diriger les bâtiments v qu'il m'a confiés partout où il jugera convenable, de respecter à » bord des vaisseaux ennemis les propriétés de nos compatriotes, celle » des Européens et même des Turcs, lorsque ceux-ci amèneront leur » pavillon sans opposer de résistance. »

Le lendemain de cette cérémonie, l'archinavarque Tombasis, ayant réuni à bord du Thémistocle les capitaines de l'escadre, leur communiqua les instructions du sénat, portant que, l'insurrection ayant pour but la conquête des droits imprescriptibles de la Grèce, on devait s'appliquer à mériter le suffrage des nations civilisées de l'Europe, en respectant leurs priviléges. A ces fins, on déclarait que le pavillon neutre couvrait et défendait même les marchandises appartenant à l'ennemi; qu'il fallait, d'après ce principe, s'abstenir de visiter par force les vaisseaux marchands des puissances chrétiennes et de les molester, sauf le cas où , nolisés par le gouvernement turc, ils seraient chargés de munitions de guerre ou de soldats mahométans. Alors on devait s'opposer à leur navigation, s'emparer des munitions, en payant aux capitaines le nolis stipulé par leur contrat, et les obliger de reconduire les troupes ennemies embarquées sur leurs vaisseaux dans les échelles où ils les auraient reçues, sans permettre qu'elles fussent inquiétées.

Rien n'était plus loyal qu'un droit maritime énoncé de la sorte. L'amirauté de Spetzia, informée qu'un de ses capitaines, nommé Argyras Stémitziotis, avait capturé une goëlette autrichienne, chargée de soldats turcs destinés à combattre les Grecs, qu'il avait conduite à Ténos, résolut d'appliquer au capteur la décision que nous venons de rapporter. Le navarque Tombasis reçut en conséquence l'ordre d'ouvrir la campagne par le redressement de ce grief, en donnant satisfaction à qui de droit, sans réserve ni modification 2.

Le 2 mai, l'amiral ou archinavarque, ayant reçu avec cette injonction un pli qu'il ne devait ouvrir qu'après avoir mis à la voile, fit af

' Ces capitaines étaient : Lazare Lalécos; Anastase Tchamados; Éleuthère Jean Gezoné; Jean Doutas; Démétrius Antoine Bycon; Lazare Papa Manuel; Jean D. Bulgari; Jean Gkelés.

: Voyez le Précis des opérations de la flotte grecque, précité. Appendice, nos y el vi.

ficher au grand mât de chaque vaisseau la proclamation suivante, adressée aux insulaires de l'Archipel.

" « Hellènes généreux, enfants de la liberté, nos larmes ont cessé de couler. Les siècles d'injustice, d'injure, et d'opprobre que nous

ses regards sur son peuple. Le Dieu vivant a soufflé dans tous le cœurs l'enthousiasme brûlant de sa vengeance contre nos tyrans impies ! Suivi de myriades de chrétiens soulevés à sa voix, déjà lo prince Alexandre Hypsilantis s'avance, à pas de géant, des bords dt Danube contre Constantinople, afin de renverser de fond en comble le repaire de nos oppresseurs. Le Péloponèse, la Hellade entière, ont proclamé l'indépendance, et la croix triomphe maintenant dans ces contrées. Levez-vous donc, religieuse postérité de nos braves ancêtres, insulaires, peuples du continent, qui gémissez dans les fers, courez aux armes. La liberté vous appelle, montez sur vos vaisseaux, réunissez-vous aux escadres d'Hydra, de Spetzia et de Psara, qui s'avancent pour délivrer l'Archipel. Descendants de Miltiade et de Thémistocle, paraissez, montrez-vous dignes de vos destinées, nous combattons pour la religion et la patrie. Rappelezvous ce que vous avez enduré de la part des Turcs, et le sort qui » vous attend s'ils vous surprennent désarmés. Ne regrettez aucun » sacrifice, car c'est votre vie même qu'il faut défendre... que dis-je! » il s'agit du salut de vos âmes, que vous devez rendre pures à l'E» ternel en mourant pour la plus juste des causes; car celui qui refuse» rait de l'embrasser, serait en horreur aux siens, maudit et abominable M) X)

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dans la postérité. Levez-vous donc, marchez, écrasez vos tyrans, et conquérez l'indépendance, objet de vos vœux. » Que la présente proclamation soit répandue en tous lieux par » notre flotte. » Le 3 mai, la division navale grecque, portant le pavillon de la croix, que les îles de la mer Egée n'avaient pas vu flotter depuis la prise de Constantinople, appareilla du mouillage de Métochi, en portant le cap vers l'île de Ténos*, où elle arriva au coucher du soleil. Le navarque

· voyez le Précis des opérations de la flotte grecque, précité.Appendice, n° Ix. 2 Tenos, ou Tine, doit son importance à une population de seize mille habitants, repandus sur un territoire de seize lieues de circuit.Un sol qui répond assez constamment aux soins du laboureur, surtout dans la Katomerie, ou partie basse de l'ile, où il est arrosé par le Lazaros et le Grizas, rivières qui forment, à leur embou

avons endurés, sont accomplis. Le Rédempteur a daigné abaisse

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cu la piécrivit aussitôt aux primats pour les inviter à une conférence, qui fut

fixée au lendemain. Ceux-ci s'y étant rendus furent reçus au bruit de liberté, ourl'artillerie du vaisseau amiral, où ils assistèrent à la séance d'une cour jure, et de martiale, dans laquelle Argyras Stémitziotis fut accusé et entendu édempter dans sa défense relativement à la prise de la goëlette autrichienne. Il vivant est en résulta que le consul de S. M. Apostolique, qui avait recouvré le engeance on navire, ainsi que les Turcs et leurs propriétés qu'il portait, n'ayant à os soulevé ir réclamer que trois cent cinquante piastres turques (233 fr. 33 c.), et à nas de mon n'exigeant rien de plus, la somme lui fut comptée. Ainsi fut réglée à renverser des Donese, la chure, des marais qu'on assainit par la culture du lin, des melons et des pastèques;

rompt re sol fait la richesse des iosulaires. Dans l’Apanomérie, ou partie haute, et jusque

sur les escarpements de l'Oxomerie ', qui est la région la plus élevée, on trouve religieuse des sources et des ombrages ?. De toules parts croissent les amandiers, les abricoontinent au tiers, la vigne rampante qui étale ses pampres sur des coicaux schisteux à côté des

liguiers, des mûriers et des grenadiers. Partout règnent des maurs douces, un long

printemps, et des arbres sur lesquels les hivers multiplient en vain les années. d'Hydra, & C'est là aussi qu'on reconnait encore les restes de ce temple, regardé comme un des Archimel. De plus anciens asiles de la Grèce ", qui fut tour à tour consacre à Apollon, à Nep

e tune, et que les habitants acluels ont remplacé par l'église Saint-Nicolas, auquel ils montrez-form in

altribuent les mêmes prérogatives qu'au dieu détrôné 6. Il a donné son nom au ion et la petite port le plus frequente de leur ile : mais il a resigné la faculté qu'il avait de guérir les des Tutos, a maladies, à la Sainte-Vierge, toujours propice à ceux qui s'abstiennent de mauger

hel des figues jusqu'au 15 août, chose facile à concevoir : car leur crudité expose, avant -més. Nema

ce temps, aux fièvres intermittentes. Quant au pouvoir d'Apollon Sauroctone, aut defendre..

il est maintenant dévolu à saint Jean Prodrome, exterminateur des serpents, dont il

il est maintenant dévoles soin derez rendre est aussi grand ennemi que sainte Ursule l'est des carmagnols ou mulois devasmese di taleurs des moissons; ce puissant protecteur a donné son nom au seul port tenable

de l'ile, qui est appelé Saint-Jean. Ainsi les dénominations seules ont change; car il est probable que les habitants, dès le lenips même où leur ile s'appelait Hydrussa, buvaient, en infusion theiforme, la sauge odoriferante de d'Osomerie, que leurs

enfants cueillent au mois de mai avec des cérémonies toutes païennes. Les villages æui.

d'Arnados et d'Hiochorion vantent toujours aussi les veus de leurs paysannesa oréades, dont la beauté fait le désespoir des familles restées à Ténos, aprés que Venise eut perdu celle colonie, pour y perpétuer l'exemple de la morgue et de l'indolence des castes patriciennes de Saint-Marc. Ces dernières, plus satisfaites de ramper sous le bâton des Turcs, que de vivre en rapports d'égalité avec les Grecs, furent, ainsi que les gens de Xioara, les seules qui virent avec aversion le commencement d'un nouvel ordre de choses.

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pandue en toutes

zant le parle de Hlotter depasili étochi, ea parte

er du soleil. Les

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