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mer le loup dans la bergerie : sa beauté est extrême, sa parure est comme sa beauté, et sa gaîté comme sa parure. Le Chevalier de Nogenta nommé le Baron au Roi, au nombre de trois ou quatre qui ont fait au-delà de leur devoir, et en a parlé encore à mille gens. M.de Louvois est revenu; il n'est embarrassé que des louanges, des lauriers et des

approbations qu'on lui donne. Je crois que Vardes vous menera le Grand-Maître, qui s'en va reeueillir une petite succession de quatre cents mille écus (1). Vardes l'attendra au Saint-Esprit, et j'ai dans la tête qu'il le menera à Grignan; peut-être aussi qu'ils n'y penseront point. La bonne d'Heudicourt a été dix jours dans la gloire de Niquée; mais comme on ne lui avoit donné un logement que pour ce tems-là, elle est revenue, et on Pa trouvé très-bon. Le tempérament et le détachement de vos Pichons règnent assez dans ce bon pays - là. M. du Maine est un prodige d'esprit; premièrement, aucun ton, aucune finesse ne lui manque; il en veut, comme les autres, à M. de Montausier; c'est sur cela que je dis l'iniqua corte : il le voyoit passer un jour sous ses fenêtres avec une petite baguette qu'il tenoit en l'air; il lui cria: Monsieur de Montausier, toujours le

(1) T'oyez ci-dessus, la Lettre du 31 Juillet.

bâton haut. Mettez-y le ton et l'intelligence, et vous trouverez qu'à six ans on n'a guère de ces manières-là : il en dit tous les jours mille. Il étoit, il y a quelques jours, sur le canal dans une gondole où il soupoit fort près de celle du Roi : on ne veut point qu'il l'appelle mon papa; il se mit à boire, et follement 's'écria , à la santé du Roi mon père ; et puis se jeta , en mourant de rire, sur Madame de Maintenon. Je ne sais pourquoi je vous dis ces deux choses-là; ce sont, je vous assure,

les moindres. Le Roi a donné à un fils de M. le Grand la belle Abbaye de M. d'Alby, de vingtcinq mille livres de rente (1). Mon zèle m'a conduite à parler moi-même à M. Picon de votre pension ; il me dit que l'Abbé de Grignan tenoit le fil de cette affaire, de sorte queje ne ferai plus que réveiller le bel'Abbé, sans me vanter d'avoir été sur ses brisées : c'est que je me défie toujours des allures des gens paresseux. Je ne suis paresseuse que pour moi , j'aimerois qu'on fût de même. Il a interrompu ma lettre, ce bel Abbé, et il m'a promis.de faire si bien , que je ne puis douter que nous n'ayons notre pension. Ecrivez-lui un mot sur ce sujet, afin de l'animer à faire des merveilles; il fera raccommoder (1) L'Abbaye des Chastelliers.

nos

nos lettres de Marquisat de la manière que je vous l'ai dit. Parère me promet tous les jours l'expédition de ces lods et ventes; c'est un plaisant ami; il me bredouilla l'autre jour mille protestations ; je croyois cette affaire faite, et je ne tiens encore rien. J'ai vu ce que l'on mande au bel Abbé sur cette réconciliation du père et du fils, cela est écrit fort plaisamment. Cette retraite dans le milieu de l'Archevêché, et cette Thébaïde dans la rue Saint-Honoré, m'ont extrêmement réjouie. Les retraîtes ne réussissent pas toujours; il faut les faire sans les dire : mais on a promis à l'Abbé de lui conter le sujet de cette belle réconciliation dont je suis si édifiée. Je vous prie, ma fille, que ce soit par vous que je l'apprenne.

On attend des nouvelles d'Allemagne avec trémeur; il doit y avoir eu un grand combat, Je m'en vais cependant à Livry; qui m'aimera me suivra. Corbinelli m'a promis de venir m'apprendre à voir jouer, comme je vous disois l'autre jour : cela me divertit.

TOME V.

LETTRE 445.

A la méme.
Commencée à Paris le 11, et finie à Livry

mercredi 12 Août 1676. Le vieux de Lorme, Bourdelot et Veson me défendent Vichi pour cette année; ils ne trouvent pas que cette dose de chaleur si près l'une de l'autre fût une bonne et prudente conduite : pour l'année qui vient, c'est une autre affaire, nous verrons; mais quoi que dise notre d'Hacqueville, on n'oseroit entreprendre ce voyage contre l'avis des mêmes médecins qui m'y avoient si bien envoyée : je n'ai nulle opiniâtreté, et je me laisse conduire avec une docilité que je n'avois pas avant que d'avoir été malade. Vous me trouverez en état de vous donner de la joie; ce qui me reste d'incommodité est si peu de chose que cela ne mérite ni votre attention, ni votre inquiétude.

D'Hacqueville doit encore parler à M. de Pompone, et discourir à fond sur vos affaires; il vous en écrira, et vous enverra aussi l'expédition de vos lods et ventes que Parère me promit hier très-positivement. Je vous écris ceci avant que d'aller à Livry , où je serai demain matin, et où j'acheverai cette lettre.

Je voudrois que vous vissiez de quelle façon vous m'avez écrit de la taille du Pichon; je suis fort aise que ce soit une exagération causée par votre crainte; à la fin, il se trouvera que c'est un fort joli petit garçon qui a bien de l'esprit; et voilà sur quoi vous me faites consulter les matrones. Rien , en vérité, n'est plus plaisant que ce que vous dites de la Si...... quelle tête! ose-t-elle se montrer devant la vôtre ? Ce que disent les Dames de Grenoble est si plaisant et si juste, que je crois que c'est vous qui l'avez dit pour elles. Je trouve à cette folie tant d'imagination, que je n'y reconnois point le style de la Province.

On a donné Alby à M. de Mende (1), mais a douze mille francs de pension ; trois mille livres au Chevalier de Nogent,

trois mille livres à M. d'Agen notre ami , et six mille livres à M. de Nevers; je ne vois pas bien pourquoi, si ce n'est pour une augmentation de violons dont il se divertit tous les soirs. Ah ! que je suis aise que vous ayez achevé ces Visirs ! N'est-il pas vrai que

(1) Hyacinthe Serroni, Évêque de Mende, fut le premier Archevêque d'Alby. Il étoit Religieux de l'Ordre de St.Dominique, lorsqu'il passa d'Italie en France avec Michel Mazarin, Cardinal et Archevêque d'Aix , lequel avoit été Religieux et Général de ce même Ordre,

B a

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