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au Japon a et à la Chine b, où l'on ne vit presque que de poisson « Si cela étoit, de certaines règles monastiques, qui obligent de vivre de poisson, seroient contraires à l'esprit du législateur même.

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CHAPITRE X I V.

Des productions de la terre qui demandent plus

ou moins d'hommes.

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Les pays de pâturage sont peu peuplés, parce

que peu de gens y trouvent de l'occupation : les terres à bled occupent plus d'hommes, et les vignobles infiniment davantage.

En Angleterre d, on s'est souvent plaint que l'augmentation des pâturages diminuoit les habitants; et on observe en France que la grande quantité de vignobles y est une des grandes causes de la multitude des hommes.

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a Le Japon est composé d'isles; il y a beaucoup de rivages, et la mer y est très-poissonneuse.

b La Chine est pleine de ruisseaux.
c Voyez le P. du Halde, tome II, p. 129, 142 et suivantes.

d La plû part des propriétaires des fonds de terre, dit Bur. net, trouvant plus de profit en la vente de leur laine que de leur bled, enfermèrent leurs possessions. Les communes qui mouroient de faim, se soulevèrent : on proposa une loi agraire ; le jeune roi écrivit même là-dessus : on fit des proclamations contre ceux qui avoient renfermé leurs terres. Abrégé de l'histoire de la réforme , pages 44 et 83.

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CHAPITR È XV I.

Des vues du législateur sur la propagation de

l'espèce.

Les réglements sur le nombre des citoyens de

pendent beaucoup des circonstances. Il y a des pays où la nature a tout fait; le législateur n'y à donc rien à faire. A quoi bon engager par des lois à la propagation, lorsque la fécondité du climat donne assez de peuple? Quelquefois le climat est plus favorable que le terrain; le peuple s'y multiplie, et les familles le détruisent : c'est le cas où se trouve la Chine; aussi un père y vend-il ses filles et expose ses enfants. Les mêmes causes opèrent au Tonquin a les mêmes effets; et il ne faut pas, comme les voyageurs arabes, dont Renaudot nous a donné la relation, aller chercher l'opinion 6 de la métempsycose

pour cela.

Les mêmes raisons font que, dans l'isle Formose, la religion ne permet pas aux femmes de : mettre des enfants au monde qu'elles n'aient trentecinq ans : avant cet âge la prêtresse leur foule le ventre et les fait avorter.

á Voyages de Dampierre, tome III, p. 41.

Page 167.

c Voyez le recueil des Voyages qui ont servi à l'établissement de la compagnie des Indes, toine V, part. I, p. 182 et 188

CHAPITRE XVII.

De la Grèce et du nombre de ses habitants.

CET

ET, effet, qui tient à des causes physiques dans de certains pays d'Orient, la nature du gou-. vernement le produisit dans la Grèce. Les Grecs étoient une grande nation composée de villes qui avoient chacune leur gouvernement et leurs lois. Elles n'étoient pas plus conquérantes que celles de Suisse , de Hollande et d'Allemagne, ne le sont aujourd'hui. · Dans chaque république, le législateur avoit eu pour objet le bonheur des citoyens au dedans, et une puissance au dehors qui ne fût pas inférieure à celle des villes voisines a. Avec un petit territoire et une grande félicité il étoit facile que le nombre des citoyens augmentât et leur devînt à charge; aussi firent-ils sans cesse des colonies 6 ; ils se vendirent pour la guerre , comme les Suisses font aujourd'hui : rien ne fut négligé de ce qui pouvoit empêcher la trop grande multiplication des enfants.

Il y avoit chez eux des républiques dont la constitution étoit singulière. Des peuples soumis étoient obligés de fournir la subsistance aux citoyens : les Lacédémoniens étoient nourris par les Ilotes, les Crétois par les Périéciens, les Thessaliens

a Par la valeur, la discipline et l'exercice militaire.

b Les Gaulois, qui étoient dans le même cas, firent de même.

par les Pénestes, Il ne devoit y avoir qu'un certain nombre d'hommes libres, pour que les esclaves fussent en état de leur fournir la subsistance. Nous disons aujourd'hui qu'il faut borner le nombre des troupes réglées : or, Lacédémone étoit une armée entretenue par des paysans : il falloit donc borner cette armée, sans cela les hommes libres, qui avoient tous les avantages de la société, se seroient multipliés sans nombre, et les laboureurs auroient été accablés.

Les politiques grecs s'attachèrent donc particulièrement à régler le nombre des citoyens. Platon a le fixe à cinq mille quarante; et il veut que l'on arrête ou que l'on encourage la propagation selon le besoin, par les honneurs, par la honte, et par les avertissements des vieillards; il veut même que l'on règle le nombre des mariages, de manière que le peuple se répare sans que la république soit surchargée.

Si la loi du pays, dit Aristote , défend d'exposer les enfants, il faudra borner le nombre de ceux que chacun doit engendrer. Si l'on a des enfants au-delà du nombre défini par la loi, il çonseille d de faire avorter la femme avant que le foetus ait vie.

Le moyen infâme qu'employoient les Crétois pour prévenir le trop grand nombre d'enfants est

a Dans ses lois, liv. V.
b République, liv. V.

Polit. liv. VII, ch. XV4
Ibid.

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rapporté par Aristote; et j'ai senti la pudeur effrayée quand j'ai voulu le rapporter.

Il y a des lieux, dit encore Aristote a , où la loi fait citoyens les étrangers, ou les bâtards, ou ceux qui sont seulement nés d'une mère citoyenne; mais dès qu'ils ont assez de peuple, ilş ne le font plus. Les sauvages du Canada font brûler leurs prisonniers; mais, lorsqu'ils ont des cabanes vuides à leur donner, ils les reconnoissent. de leur nation.

Le chevalier Petty a supposé, dans ses calculs, qu'un homme en Angleterre vaut ce qu'on le vendroit à Alger b. Cela ne peut être bon que pour l'Angleterre: il y a des pays où un homme ne vaut rien; il y en a où il vaut moins que rien. .

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CHAPITRE XVII I.

De l'état des peuples avant les Romains.

L'ITALIE,

'ITALIE, la Sicile, l'Asie mineure, l'Espagne, la Gaule, la Germanie, étoient, à-peu-près comme la Grèce, pleines de petits peuples, et regorgeoient d'habitants : on n'y avoit pas besoin de lois pour en augmenter le nombre.

a Polit. liv. III, ch: III.

Soixante liv. sterlings.

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