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DE L'AMANTE ROMAN., &c.

iij donne de la jalousie. Elle se décide enfin à terminer. Cependant, craignant qu'elle ne change encore de résolution , on lui fait signer son cona, trat, comme à Pantalon, sans qu'ils s'en doua tent, sous prétexte de les engager, l'un et l'autre, dans un Ordre de Chevalerie, dont Trivelin passe pour le Maître des Cérémonies,

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« C'est le sort des Auteurs, de s'intéresser davantage à ceux de leurs Ouvrages qui réussissent le moins : la tendresse paternelle se réveille et devient plus vive à mesure des infortunes qu'ils éprouvent, disent l'Historien du Théatre Italien, tome premier, page 292, et Parfaict , dans son Dictionnaire des Théatres de Paris, tome premier , page 84 et suivantes. Ce petit défaut étoit très-marqué chez Autreau , qui ne

V

JUGEMENS ET ANECDOTES. parloit jamais de son Amante Capricieuse que comme de son chef - d'auvre. Il annonçoit qu'il l'avoit retouchée , et que si les Comédiens vouloient la jouer, elle auroit un succès des plus marqués sur leur Théatre. Il avoit raison d'estimer sa Capricieuse, dans laquelle , en effet , il y a beaucoup de choses estimables. Il essaya donc de la faire reparoître une seconde fois, et la reinit en trois actes, avec un Prologue , qui n'a point été imprimé. On la redonna deux jours après la premiere représentation, avec ces changemens, indiqués dans le Prologue, dont voici quelle est l'idée. »

« Lélio est assis auprès d'une table , et paroît travailler sur un manuscrit. Arlequin vient et lui demande à quoi il s'occupe ? Lélio lui répond qu'il corrige l’Amante Capricieuse , qu'il vient de réduire à trois actes , s'étant apperçu qu'il y avoit bien des choses à retrancher. Arlequin plaisante là-dessus, et dit que Lélio ne viendra jamais à bout de son dessein ; qu'il s'est bien apperçu lui-même que la Piece avoit déplu. Lélio insiste toujours à vouloir en donner une seconde représentation en trois actes, de la maniere dont il l'a corrigée. Ensuite , il se leve et fait un compliment au Parterre , pour l'engager à vouloir bien donner encore une fois son attention à cette Piece; ajoutant que pour peu qu'elle ne soit pas goûtée , on ne la jouera pas davantage. »

« Ce Prologue fit son effet. La Piece fut écoutée ; mais n'eut gueres plus de succès qu'à la premiere représentation , et ne fut rejouée depuis qu'une seule fois, sur le Théatre du Palais Royal. »

Charny, dans sa quatrieme Lettre sur la Comédie Italienne , pages 49 et so,

observe « que cette nouvelle Piece d’Autreau ne pouvoit pas réussir autant que son Port-à-l'Anglois : non que l'essentiel du sujet et le caractere n'y fussent bien traités ; mais parce que l'Auteur, l'ayant voulu étendre jusqu'à cinq actes, a été obligé de la remplir de choses étrangeres à son sujet , inême d’en alonger quelques scenes, qui au

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JUGEMENS ET ANECDOTES. vij roient produit un tout autre effet , si elles eussent été dans leur juste mesure outre que n'y ayant mis que trois Divertissemens , les deux actes qui en étoient dénués paroissoient vuides et avoient peu de proportion avec les autres. Ce que l'Auteur a si bien senti, qu'il l'a réduite à trois actes, dès la seconde représentation, qu'il en a retranché, entr'autres choses inutiles, une longue harangue et plusieurs statuts d'un ordre de table, qui remplissoient la meilleure partie du cinquieme acte , et qui étoient récités, tout de suite, par la même Actrice, au lieu d'être mis en Vaudeville , et chantés par les différens Acteurs qui sont sur la scene. »

Mouret fit la Musique des trois Divertissemens de cette Piece. Le premier est une espece d'Opéra bachique ; le second , une Pastorale, qui se représente dans une Foire de Village, et le troisieme est la réception des Chevaliers et Chevalieres d'un prétendu ordre du Thyrse, institué en l'honneur de l'Amour et de Baca chus.

Joly fit jouer, en 1726, sur le Théatre Italien,

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