Images de page
PDF
ePub

CXCIII.

sent avec

mir.

[ocr errors]

de Pologne, de 1556, qu'il n'y avoit que peu d'années qu'on avoit reçu dans ce royaume-ces refugiés de Bohéme (1).

Quelque temps après on fit l'union des trois Ils s'y unis- sectes des Protestans de Pologne, c'est-à-dire des Luthériens Luthériens, des Bohémiens et des Zuingliens. L'acte et les Zuin- d’union fut passé en 1570 au synode de Sendomir, gliens, dans

et il est intitulé en cette sorte : « L'union et conl'assemblée de Sendo- » sentement mutuel fait entre les Eglises de Po

» logne, à savoir, entre ceux de la Confession 1570

» d'Ausbourg, ceux de la Confession des Frères

de Bohême et ceux de la Confession des Eglises » helvétiques (2) », ou des Zuingliens. Dans cet acte les Bohémiens se qualifient : Les Frères de Bohéme, que les ignorans appellent Vaudois (3). Il paroît donc clairement qu'il s'agissoit de ces Vaudois, qu'on nommoit ainsi par erreur, comme nous l'avons fait voir, et qui aussi désavouoient cette origine. Car pour ce qui est des anciens Vaudois, nous apprenons d'un ancien auteur qu'il n'y en avoit presque point dans le royaume de Cracovie, c'est-à-dire dans la Pologne, non plus que dans l'Angleterre, dans les Pays-bas, en Danemarck, en Suède, en Norwège et en Prusse (4); et depuis le temps de cet auteur ce petit nombre étoit tellement réduit à rien, qu'on

n'en entend plus parler en tous ces pays. CXCIV. L'accord fut fait en ces termes : pour y expliraccord de quer le point de la Cène, on y transcrivit tout Sendomir.

(1) Syntag. Gen. II. part. p. 212. - (2) Ibid. p. 218. — (3) Ibid. p. 219. - (4) Pylicd. cont. Vald. c. 15, t. IV,

Bibl. PP. II. partu p. 785.

Termes de

entier l'article de la Confession saxonique où cette matière est traitée. Nous avons vu

que

Me| lancton avoit dressé cette Confession en 1551 pour être portée à Trente (1). On

у
disoit

que Jésus-Christ « est vraiment et substantiellement » présent dans la communion, et qu'on le donne » vraiment à ceux qui reçoivent le corps et le » sang de Jésus-Christ ». A quoi ils ajoutent par une manière de parler étrange, « que la pré» sence substantielle de Jésus-Christ n'est pas » seulement signifiée, mais vraiment rendue pré» sente, distribuée et donnée à ceux qui man» gent; les signes n'étant pas nus, mais joints » à la chose même selon la nature des sacre» mens (2) ».

Il semble qu'on presse beaucoup la présence CXCV. substantielle, lorsqu'on dit pour l'inculquer avec

gliens sont plus de force, qu'elle n'est pas signifiée, mais vrai- ceux qui se ment présente : mais je me défie de ces fortes ex- relâchent le

plus dans cet pressions de la Réforme, qui plus elle diminue la

accord. vérité du corps et du sang dans l’Eucharistie, plus elle est riche en paroles ; comme și par-là elle prétendoit réparer la perte qu'elle fait des choses. Au reste, en venant au fond, quoique cette déclaration soit pleine d'équivoques , et qu'elle laisse des échappatoires à chaque parti pour conserver sa propre doctrine; toutefois ce sont les Zuingliens qui font la plus grande avance, puisqu'au lieu qu'ils disoient dans leur Confession que

le

corps de notre Seigneur, étant dans le (1) V. sup. I. vil, n. 18. Synt. Conf. I. part. p. 166, II. part. p. 72. - (2) Ibid. p. 146.

Les Zuinment des Lu

sauyer.

ciel absent de nous, nous devient présent seulement par sa vertu ; les termes de l'accord portent, que Jésus-Christ nous est substantiellement présent : et malgré toutes les règles du langage humain, une présence en vertu devient tout-à-coup

une présence en substance. 'CXCVI. Il y a des termes, dans l'accord, que les LuthéRelâche- riens auroient peine à sauver,

si on ne s'accoututhériens, et

moit dans la nouyelle Réforme à tout expliquer comment ils comme on veut. Par exemple, ils semblent s'élois'en peuvent

guer beaucoup de la croyance qu'ils ont que le corps de Jésus-Christ est pris par la bouche , et même par les indignes, lorsqu'ils disent dans cet accord, que les signes de la Cène donnent par

la foi aux croyans ce qu'ils signifient (1). Mais outre qu'ils peuvent dire qu'ils ont parlé de la sorte, parce que la présence réelle n'est connue que par la foi, ils pourront encore ajouter qu'en effet il

у des biens dans la Cène qui ne sont donnés qu'aux seuls croyans, comme la vie éternelle et la nourriture des ames; et que c'est de ceux-là qu'ils veulent parler , lorsqu'ils disent que

les signes donnent par la foi ce qu'ils signifient. CXCVII. Je ne m'étonne pas que les Bohémiens aient Disposition

souscrit sans peine à cet accord. Séparés depuis des Frères de Bohême. quarante à cinquante ans de l'Eglise catholique, et réduits à ne trouver le christianisme

que

dans le coin qu'ils occupoient en Bohême, quand ils virent paroître les Protestans, ils ne songèrent qu'à s'appuyer de leur secours. Ils surent gagner · Luther

par

leurs soumissions : on avoit tout de (1) V. sup. l. yıl, n. 18. Synt. Conf. I. part. p. 164.

í

a

Bucer par des équivoques : les Zuingliens se laissoient flatter aux expressions générales des Frères, qui disoient, sans néanmoins le pratiquer, qu'il ne falloit rien ajouter aux termes dont notre Seigneur s'étoit servi. Calvin fut plus difficile. Nous avons vu, dans la lettre qu'il écrivit aux Frères Bohémiens réfugiés en Pologne (1), comme il y blâme l'ambiguité de leur Confession de foi, et déclare qu'on n'y peut souscrire sans ouvrir la porte à la dissension ou à l'erreur. Contre son avis tout fut souscrit, la Confession CXCVIII.

Réflexions helvétique, la bohémique et la saxonique, la présence substantielle avec la présence par la union. seule vertu, c'est-à-dire les deux doctrines contraires avec les équivoques qui les flattoient toutes deux. On ajouta tout ce qu'on voulut aux paroles de notre Seigneur; et en même temps on approuva la Confession de foi où l'on posoit pour maxime qu'il n'y falloit rien ajouter : tout passa, et par ce moyen on fit la paix. On voit comment se séparent et comment s'unissent toutes ces sectes séparées de l'unité catholique : en se séparant de la chaire de saint Pierre, elles se séparent entre elles et portent le juste supplice d'avoir méprise le lien de leur unité. Lorsqu'elles se réunissent en apparence, elles n'en sont pas plus unies dans le fond ; et leur union, cimentée par des intérêts politiques, ne sert qu'à faire connoître par une nouvelle preuve qu'elles n'ont pas seulement l'idée de l'unité chrétienne, puisqu'elles n'en

sur cette

(1) Ep. ad Vald. p. 317.

CXCIX.
Réflexions

toutes ces

sectes.

viennent jamais à s'unir dans les sentimens , comme saint Paul l'a ordonné (1).

Qu'il nous soit maintenant permis de faire un générales sur peu de réflexion sur cette Histoire des Vaudois, l'histoire de des Albigeois et des Bohémiens. On voit si les Pro

testans ont eu raison de les compter parmi leurs ancêtres; si.cette descendance leur fait honneur; et en particulier s'ils ont dû regarder la Bohême depuis Jean Hus comme la mère des Eglises formées (2). Il est plus clair que le jour, d'un côté, qu'on ne nous allègue ces sectes

que

dans la nécessité de trouver dans les siècles passés des témoins de ce qu'on croit être la vérité; et de l'autre, qu'il n'y a rien de plus misérable que d'alléguer de tels témoins, qui sont tous convaincus de faux en des matières capitales, et qui au fond ne s'accordent ni avec les Protestans, ni avec nous, ni avec eux-mêmes. C'est la première réflexion que doivent faire les Protestans.

La seconde n'est pas moins importante. Ils

doivent considérer que toutes ces sectes si difféque des sec- rentes entre elles, et si opposées à la fois tant à

nous qu'aux Protestans , conviennent avec eux dent toutes du commun principe de se régler par les Ecrisur l'éviden- tures; non pas comme l'Eglise les aura entendues ce de l'Ecri

de tout temps, car cette règle est très-véritable; mais comme chacun les pourra entendre par luimême. Voilà ce qui a produit toutes les erreurs et toutes les contrariétés que nous avons vues.

CC. Autre réflexion sur ce

tes si contraires se fon

ture.

(1) Philip. 11. 2. - (2) Jur. Avis aux Protest. de l'Europe, i la tête des Préj. légilimes, p.9.

« PrécédentContinuer »