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mon aile; & je l'ai fait sur l'espérance de me voir bien-tôt délivrée du barbon que je prens. C'est un homme qui mourra avant qu'il soit peu, & qui n'a, tout au plus, que six mois dans le ventre. Je vous le garantis défunt dans le temps que je dis; & je n'aurai pas longuement à demander pour moi au ciel l'heureux état de veuve.

(à Sganarelle qu'elle aperçoit.).
Ah! Nous parlions de vous, & nous en disions tout
le bien qu'on en sauroit dire.

LYCASTE.
Eft-ce là Monsieur ...

DORIMENE.
Oui, c'est Monsieur qui me prend pour femme.

LYCASTE.
Agréez, Monsieur , que je vous félicite de votre ma-
riage , & vous présente en même temps mes très-hum-
bles férvices. Je vous assure que vous épousez-là une
très-honnête personne; & vous, Mademoiselle , je me
réjouis , avec vous aussi, de l'heureux choix que vous
avez fait. Vous ne pouviez pas

mieux trouver & Monsieur a toute la mine d'être un fort bon mari. Oui, Monsieur , je veux faire amitié avec vous, semble un petit commerce de visites & de divertisse

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& lier en

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mens.

DORIMEN E.
C'est trop d'honneur que vous nous faites à tous deux.
Mais allons , le temps me presse , & nous aurons tout
le loisir de nous entretenir ensemble.

SCENE XÌ I I.

S GAN AR E L L E seul.

M

E voilà tout-à-fait dégoûté de mon mariage;

& je crois que je ne ferai pas mal de m'aller dégager de ma parole. Il m'en a coûté quelque argent; mais il vaut mieux encore perdre cela, que de m'exposer à quelque chose de pis. Tâchons adroitement de nous débarrasser de cette affaire. Holà.

( Il frappe à la porte de la maison d'Alcantor.)

SCENE X I V.

ALCANTOR, SGA NARELLE,

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ALCANTOR.
H! Mon gendre, soyez le bien venu.

SGA NARELL E.
Monsieur , votre serviteur.

ALCANTOR. Vous venez pour conclure le mariage ?

SGA NARELLE. Excusez-moi.

ALCANTOR. Je vous promets que j'en ai autant d'impatience que

vous.

SGAN A RELL E. Je viens ici pour un autre sujet,

ALCANTOR

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AICANTOR. - J'ai donné ordre à toutes les choses nécessaires

poúr cette fête.

SGANARELLE.
Il n'est pas question de cela.

ALCANTOR.
Les violons sont retenus le festin est commandé
& ma fille est parée pour vous recevoir.

SGANARELLE.
Ce n'est pas ce qui m'améne.

ALCANTOR.
Enfin, vous allez être satisfait; & rien ne peut retar-
der votre contentement.

SGANARELL E.
Mon Dieu ! C'est autre chose.

ALCANTO R.
Allons. Entrez donc, mon gendre,

SGANAR ELLE.
J'ai un petit mot à vous dire.

ALCANTOR.
Ah, mon Dieu ! Ne faisons point de cérémonie. En-
trez vîte, s'il vous plaît.

SGA NARELLE.
Non, vous dis-je. Je veux vous parler auparavant.

ALCANTOR.
Vous voulez me dire quelque chose ?

SGANARELL E.
Oui.

ALCANTOR.
Et quoi ?

SGANARELLE.
Seigneur Alcantor , j'ai demandé votre fille en ma-
riage, il est vrai, & vous me l'avez accordée; mais.
je me trouve un peu avancé en âge pour elle , & je.
considére que je ne suis point du tout son fait.

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vous.

ALCANTOR. Pardonnez-moi. Ma fille vous trouve bien comme vous étes ; & je suis sûr qu'elle vivra fort contente avec

SGANARELL E. Point. J'ai par fois des bizarreries épouvantables, & elle auroit trop à fouffrir de ma mauvaise humeur.

ALCANTOR. Ma fille a de la complaisance , & vous verrez qu'elle s'accommodera entiérement avec vous.

SGA NARELLE. J'ai quelques infirmités sur mon corps, qui pourroient la dégoûter.

· ALCANTOR. Cela n'est rien. Une honnête femme ne se dégoûte jamais de son mari.

SGANARELL E. Enfin, voulez-vous que je vous dise? Je ne vous conreille point de me la donner.

ALCANTOR. Vous moquez-vous ? J'aimerois mieux mourir, que d'avoir manqué à ma parole.

S. GA NARELLE. Mon Dieu! Je vous en dispense, & je...

ALCANTOR. Point du tout. Je vous l'ai promise; & vous l'aurezy en dépit de tous ceux qui y prétendent.

S.GA NARELLE à part. Que di able !

ALCANTOR. Voyez-vous ? J'ai une estime, & une amitié pour vous toute part iculiére; & je refuserois ma fille à un prince, pour vous la donner.

SGA NARELL E. Seigneur Alcantor, je vous suis obligé de l'honnext

que vous me faites, mais je vous déclare que je ne veux point me marier.

ALCANTOR. Qui? Vous?

SGANARELL E. Oui, moi.

ALCANTOR. Et la raison?

SGANARELL E. La raison ? C'est que je ne me sens point propre pouc le mariage; & que je veux imiter mon pere, & tous ceux de ma race, qui ne se sont jamais voulu marier.

AL CANTOR. Ecoutez. Les volontés font libres; & je fuis homme à ne contraindre jamais personne. Vous vous étes engagé avec moi , pour épouser ma fille , & tout est préparé pour cela ; mais, puisque vous voulez retirer votre parole, je vais voir ce qu'il y a à faire; & yous aurez bien-tôt de mes nouvelles.

SCENE X V.
SGA NARELL E seul.

Ncore est-il plus raisonnable que je ne pensois, E

& je croyois avoir bien plus peine à m'en dégager. Ma foi, quand j'y songe , j'ai fait fort sagement de me tirer de cette affaire; & j'allois faire un pas , dont je me serois peut-être long-temps repenti. Mais; voici le fils qui me vient rendre réponse.

de

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