Images de page
PDF

recevra une récompense, car Dieu est reconnaissant et sait tout.

154. Ceux qui dérobent à la connaissance des autres les signes évidents et la vraie direction, depuis que nous les avons fait connaître aux hommes dans le Livre (le Pentateuque), seront maudits de Dieu et de tous ceux qui savant maudire.

155. Ceux qui reviennent à moi, qui se corrigent et font connaître la vérité aux autres, à ceux-là je reviendrai aussi ; car j'aime à revenir au pécheur converti, et je suis miséricordieux.

156. Ceux qui mourront infidèles, sur ceux-là, la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes!

157. Ils en seront éternellement couverts; leurs tourments ne «'adouciront point, et Dieu ne tournera point vers eux ses regards.

158. Votre Dieu est le Dieu unique; il n'y en a point d'autre, il est le Clément et le Miséricordieux.

159. Certes, dans la création des cieux et de la terre, dans la succession alternative des jours et des nuits, dans les vaisseaux qui voguent à travers la mer pour apporter aux hommes des choses utiles, dans cette eau que Dieu fait descendre du ciel et avec laquelle il rend la vie à la terre morte naguère, et où il a disséminé des animaux de toute espèce, dans les variations des vents et dans les nuages astreints au service entre le ciel et la terre, dans tout cela il y a certes des avertissements pour tous ceux qui ont de l'intelligence.

160.11 est des hommes qui placent à côté de Dieu des associés qu'ils aiment à l'égal de Dieu; mais ceux qui croient aiment Dieu par-dessus tout. Oh I les impies reconnaîtront, au moment du châtiment, qu'il n'y a d'autre puissance que celle de Dieu, et que Dieu est terrible dans ses châtiments.

161. Lorsque les chefs ' seront séparés de ceux qui les suivaient, lorsqu'ils verront le châtiment, et que tous les liens qui les unissaient seront rompus,

162. Ceux qui suivaient leurs chefs s'écrieront : Ah! si nous pouvions retourner sur la terre, nous les fuirions comme ils nous fuient maintenant2. C'est ainsi que Dieu leur fera voir leurs œuvres. Ils pousseront des soupirs de regret, mais ils ne sortiront point du feu.

163. O hommes si nourrissez-vous de tous les fruits licites et

1 Mot à mot : ceux qui ont été suivis.

* Mot à mot : nous en serions libres, nous romprions avec eux comme, etc.

* Voyez, sur la valeur de cette allocution, la note du v. 19.

bons. Ne marchez point sur les traces de Satan, car il est votre ennemi déclaré.

164. Il vous ordonne le mal et les turpitudes ; il vous apprend à dire de Dieu ce que vous ne savez pas.

165. Lorsqu'on leur dit : Suivez la loi que Dieu vous a envoyée, ils répondent : Nous suivons les usages de nos pères. Mais est-ce que leurs pères n'étaient pas des gens qui n'entendaient rien, et qui n'étaient point dans la droite voie?

166. Les infidèles ressemblent à celui qui crie à un homme qui n'entend que le son de la voix et le cri (sans distinguer les paroles). Sourds, muets, aveugles, ils ne comprennent rien.

167. O croyants! nourrissez-vous des mets délicieux que nous vous accordons, et rendez grâce à Dieu, si vous êtes ses ado rateurs.

168. Il vous est interdit de manger les animaux morts, le sang, la chair de porc, et tout animal sur lequel on aura invoqué un autre nom que celui de Dieu. Celui qui le ferait, contraint par la nécessité, et non comme rebelle et transgresseur, ne sera pas coupable. Dieu est indulgent et miséricordieux.

169. Ceux qui cachent aux hommes des parties du livre envoyé d'en haut, et achètent par là un objet d'une valeur infime, remplissent de feu leurs entrailles. Dieu ne leur adressera pas la parole au jour de la résurrection et ne les absoudra pas. Un supplice douloureux les attend.

170. Ceux-là sont des hommes qui échangent la vraie direction contre l'égarement, et le pardon de Dieu contre ses châtiments; comment supporteront-ils le feu?

171. Ils y seront condamnés, parce que Dieu a envoyé un livre vrai, et que ceux qui disputent à son sujet forment une scission qui les met bien loin de la vérité.

172. La piété ne consiste point à tourner vos visages du côté du levant ou du couchant. Pjeux est celui qui croit en Dieu et au jour dernier, aux anges et au Livre, aux prophètes, qui, pour l'amour de Dieu donne de son avoir à ses proches, aux orphe^ lins, aux pauvres, aux voyageurs et à ceux qui demandent; qui rachète les captifs, qui observe la prière, qui fait l'aumône, remplit les engagements qu'il contracte, qui est patient dans l'adversité, dans les temps durs et dans les temps de violences. Ceuxlà sont justes et craignent le Seigneur.

173. O croyants! la peine du talion vous est prescrite pour le meurtre. Un homme libre pour un homme libre, un esclave pour un esclave, et une femme pour une femme'. Celui auquel une remise de cette peine (du talion) sera faite par son frère2 doit être/ traité avec humanité, et il doil à son tour s'acquitter généreuse-' nient envers celui qui lui fait une remise 3.

174. C'est un adoucissement* de la part de votre Seigneur et une faveur de sa miséricorde; mais quiconque se rendra coupable encore une fois d'un crime pareil sera livré à un châtiment douloureux.

175. Dans la loi du talion est votre vies, ô hommes doués d'intelligence! Peut-être flnirez-vous par craindre Dieu.

176. Il vous est prescrit que lorsqu'un d'entre vous est près de mourir, il doit laisser par testament quelque bien à ses père et mère et à ses proches d'une manière généreuse. C'est un devoir pour ceux qui craignent Dieu.

177. Celui qui, après avoir entendu les dispositions du testateur au moment de sa mort, les aura altérées, commet un crime s. Dieu voit et entend tout.

178. Celui qui, craignant une erreur ou une injustice de la part du testateur, aura réglé comme il convient les droits des héri~ tiers, n'est point coupable. Dieu est indulgent et miséricordieux.

179. O croyants I le jeûne vous est prescrit, de même qu'il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés. Craignez le Seigneur.

180. Le jeûne ne durera que pendant peu de jours. Mais celui qui est malade ou en voyage (et qui n'aura pas pu accomplir le jeûne dans le temps prescrit) jeûnera dans la suite un nombre de jours égal Ceux qui, pouvant supporter le jeûne, le rompront, donneront à titre d'expiation la nourriture d'un pauvre. Quiconque accomplit volontairement une œuvre de dévotion en retire

'Le Koran, en général, est très-bref dans ses dispositions législatives tant civiles que pénales. La Sonna ou la tradition a dû y suppléer de bonne heure. C'est ainsi qu'en développant le sens de ce verset, on applique la loi du talion a l'homme meurtrier d'une femme. Dans l'application de la peine, on a encore égard a la religion du coupable : un esclave croyant n'est pas puni de mort pour le meurtre d'un homme libre, mais infidèle.

'Par frère, il faut entendre ici un autre homme, un Arabe, surtout un croyant.

'C'est là, d'après les commentateurs, le sens de ce passage très-concis.

'A la rigueur de la loi du talion.

'Cela veut dire que la crainte des représailles contient les hommes, et les éloi» gne du meurtre.

* Le texte porte : «on crime retombe sur ceux qui les dénaturent, c'est-à-dire qu'on ne saurait faire un reproche au testateur des dispositions défavorables, Qu'on lui attribue, mais bien à celui qui les a altérées en les rapportant.

on avantage. Avant tout, il est bien que vous observiez le jeûne si vous connaissez la loi.

181. La lune de Ramadan, dans laquelle le Koran est descendu d'en haut pour servir de direction aux hommes, d'explication claire des préceptes, et de distinction entre le bien et le mal, c'est le temps qu'il faut jeûner. Quiconque aura aperçu cette iune se disposera aussitôt à jeûner. Celui qui sera malade ou en voyage jeûnera dans la suite un nombre de jours égal. Dieu veut votre aise, il ne veut pas votre gêne. 11 veut seulement que vous accomplissiez le nombre voulu, et que vous le glorifiiez de ce qu'il vous dirige dans la droite voie; il veut que vous soyez reconnaissants.

182. Lorsque mes serviteurs te parleront de moi, je serai près d'eux, j'exaucerai la prière du suppliant qui m'implore; mais qu'ils m'écoutent, qu'ils croient en moi, afin qu'ils marchent droit.

183. Il vous est permis de vous approcher de vos femmes dans la nuit du jeûne. Elles sont votre vêtement et vous êtes le leur1. Dieu sait bien que vous vous trompez vous-mêmes 2. Il est revenu à vous et vous a pardonné. Voyez vos femmes dans le désir de recueillir les fruits qui vous sont réservés. Il vous est permis de manger et de boire jusqu'au moment où vous pourrez déjà distinguer un fil blanc" d'un fil noir. A partir de ce moment, observez strictement le jeûne jusqu'à la nuit. Pendant ce temps n'ayez aucun commerce avec vos femmes; passez-le plutôt en actes de dévotion dans les mosquées. Telles sont les limites de Dieu3. N'en approchez point, de peur de les franchir. C'est ainsi que Dieu développe ses signes4 aux hommes, afin qu'ils le craignent.

184. Ne dévorez pas entre vous vos richesses en les dépensant en choses vaines5; ne les portez pas non plus aux juges dans le but de consumer injustement le bien d'autrui. Vous le savez.

1 Selon les commentateurs, cette expression signifie : vous vous rendez des services mutuels; ou bien : vous cachez les secrets les uns des autres; ou bien : en vous embrassant vous êtes comme un vêlement l'un pour l'autre.

* Mot à mot : que vous agissez en traîtres envers vous-mêmes, c'est-à-dire que vous finissez toujours par éluder les préceptes. ,

'Limites de Dieu, c'est-à-dire limites, barrières que Dieu a posées autour de sa loi: de là le mot limite, en arabe hadd, pluriel hodoud, se prend pour prescription de la loi ; cette expression rappelle celle de sepes legis, appliquée aux lois de Moïse. •

'Ou versets du Koran.

1 Ceci s'applique aux jeux de hasard, aux gageures, aux cadeaux à l'aide desquels on corrompt les juges.

185. Ils t'interrogeront sur les nouvelles lunes. Dis-leur : Ce sont les époques fixées pour Yutilité de tous les hommes et pour marquer le pèlerinage de la Mecque. La piété ne consiste pas en ce que vous rentriez dans vos maisons par une ouverture pratiquée par derrière1, elle consiste dans la crainte de Dieu. Entrez donc dans vos maisons par les portes d'entrée, et craignez Dieu. — Vous serez heureux.

186. Combattez dans la voie de Dieu2 contre ceux qui vous feront la guerre. Mais ne commettez point d'injustice en les attaquant les premiers, car Dieu n'aime point les injustes.

187. Tuez-les partout où vous les trouverez, et chassez-les d'où ils vous auront chassés. La tentation de l'idolâtrie est pire que le «arnage à la guerre. Ne leur livrez point de combat auprès de l'oratoire sacré, à moins qu'ils ne vous y attaquent. S'ils le font, tuez-les. Telle est la récompense des infidèles.

188. S'ils mettent un terme à ce qu'ils font, certes Dieu est indulgent et miséricordieux.

189. Combattez-les jusqu'à ce que vous n'ayez point à craindre la tentation, et que tout culte soit celui du Dieu unique. S'ils mettent un terme à leurs actions, alors plus d'hostilités, si ce n'est contre les méchants.

190. Le mois sacré pour le mois sacré, et les lieux sacrés sous ia sauvegarde des représailles3. Si quelqu'un vous opprime, op

'Lorsque les Arabes revenaient du pèlerinage de la Mecque, ils se croyaient sanctifiés; et, regardant comme profane la porte par laquelle ils entraient d'habitude dans leurs maisons, ils en faisaient ouvrir une du côté opposé. Mahomet «ondamne cet usage.

'Combattre dans la voie, dans le sentier de Dieu, est une expression consacrée pour dire : faire la guerre sainte pour la cause de Dieu. Les commandements renfermés dans les versets 186-190 sont des dispositions de circonstance; elles s'appliquent aux idolâtres de la Mecque, ainsi que les mots oratoire sacré, tentation de l'idolâtrie, le font voir. A cette époque, Mahomet n'était pas encore maître de la Mecque, et sa position lui prescrivait de se tenir sur la défensive : la guerre d'agression y est donc condamnée formellement. Il ne faut pas cependant conclure que ces commandements sont capables d'enchaîner la foi, la fidélité des musulmans. Les mots : tuex-les partout vout les trouvera, et chasset-let d'où ils vous auront chassés, ainsi que ces autres : jusqu'à-ce que tout culte toit celui du Dieu unique, laissent une telle latitude, qu'il n'est pas étonnant que l'islamisme se soit toujours cru libre de tout engagement envers les peuples d'une autre religion, lorsque ses forces ou les circonstances favorables lui ont permis de ressaisir les pays échappés à sa domination.

'C'est-à-dire que, si vous êtes attaqués dans un des mois sacrés ou dans les enceintes sacrées, il vous est permis d'user de représailles dans ces mêmes mois et ces mêmes lieux.

« PrécédentContinuer »