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soudain, laissant les hommes dans les ténèbres, ils ne sauraient toir.

17. Sourds, muets et aveugles, ils ne peuvent plus revenir sur leurs pas'.

18. Ils ressemblent à ceux qui, lorsqu'un nuage gros de ténèbres, de tonnerre et d'éclairs, fond du haut des cieux, se bouchent les oreilles avec leurs doigts à cause du fracas du tonnerre et par crainte de la mort, pendant que le Seigneur enveloppe de tous côtés les infidèles.

19. Peu s'en faut que l'éclair ne les prive de la vue; lorsque Féclair brille, ils marchent à sa clarté, et lorsqu'il les plonge dans les ténèbres, ils s'arrêtent. Si Dieu voulait, il leur ôlerait la vue et l'ouïe, car il est tout-puissant. O hommes2! adorez votre Seigneur, celui qui vous a créés, vous et ceux qui vous ont précédés. Craignez-moi.

20. C'est Dieu qui vous a donné la terre pour lit et qui a élevé lès cieux comme un édifice au-dessus de vos tètes; c'est lui qui fait descendre l'eau des cieux, qui par elle fait germer les fruits destinés à vous nourrir. Ne donnez donc point d'associés à Dieu. Vous le savez.

21. Si vous avez des doutes sur le livre que nous avons envoyé à notre serviteur, produisez un chapitre au moins pareil à ceux qu'il renferme, et appelez, si vous êtes sincères, vos témoins, ceux que vous invoquez à côté de Dieu3.

'Les commentateurs donnent a ces mots le sens de : ilt ne se convertiront point.

'Lorsqu'un prédicateur, dans la mosquée, ou un orateur arabe, harangue le peuple, il se sert, dans son allocution, des mots : ô hommes ! c'est-à-dire, 6 vous qui mï coûtez. De même, dans le Koran, ces mots ne s'adressent pas à tous tes hommes, aux mortels, mais aux Mecquois, ou aux Médinois, que prêchait Mahomet. C'est le caractère propre à tous les discours tenus par Mahomet et à toute; ses institutions et préceptes, d'avoir une application actuelle et restreinte aux peuples de l'Arabie, sans embrasser les autres peuples, le genre humain. Les commentateurs font observer cependant que les mots: 6 hommes! s'appliquent plus particulièrement aui Mecquois, tandis que les Médinqis sont interpellés par les mots : o croyants, 6 vous qui croyez. Les habitants de la ville de Mahomet persévéraient dans l'idolâtrie lorsque les Médinois avaient déjà accueilli chez eut le nouveau prophète.

* Les mots : min douni-'llahi, sont traduits ordinairement par : à ('exclusion it Dieu. Cependant min duuni est une locution adverbiale qui exprime qu'avant de parvenir à tel objet, on en rencontre un autre sur son chemin ; ainsi, dans ce passage, et dans les passages analogues du Koran, elle veut dire que dans le oulte idolâtre il y avait, entre les hommes et le Dieu unique, des êtres, des iliviniti's intermédiaires. Mahomet n'accuse pas les Arabes d'adorer des divinités exclusivement et absolument, mais de mfler au culte de Dieu celui d'autres divinités. De même les païens de l'antiquité classique consentaient volontiers a placer le Dieu des chrétiens parmi les divinités de l'Olympe, mais non pas à sacrifier entièrement leur polythéisme. C'est ce qui résulte de beaucoup de passages du Koran, où les idolâtres sont réputés reconnaître l'action du Dieu suprême.

S2. Mais si vous ne le faites pas, et à coup sûr vous ne le ferez pas, redoutez le feu préparé pour les infidèles, le feu dont les hommes et les pierres ' seront l'aliment.

23. Annonce à ceux qui croient et qui pratiquent les bonnes «euvres, qu'ils auront pour demeure des jardins arrosés de courants d'eau. Chaque fois qu'ils prendront quelque nourriture des fruits de ces jardins, ils s'écrieront : Voilà les fruits dont nous nous nourrissions autrefois »; mais ils n'en auront que l'apparence '. Là, ils trouveront des femmes exemptes de toute souillure, et ils y demeureront éternellement.

24. Dieu ne rougit pas d'offrir eu parabole, soit un moucheron, soit quelque autre objet plus relevé *. Les croyants savent que c'est la vérité qui leur vient de leur Seigneur; mais les infidèles disent : Qu'est-ce donc que Dieu a voulu nous dire en nous offrant cela comme sujet de comparaison? Par de telles paraboles, il égare les uns et dirige les autres. — Non, il n'y aura d'égarés que les méchants,

25. Les méchants, qui brisent le pacte du Seigneur conclu antérieurement, qui séparent ce que Dieu avait ordonné de conserver uni, qui commettent des désordres sur la terre : ceux-là sont des malheureux5.

26. Comment pouvez-vous être ingrats envers Dieu, vous qui étiez morts et à qui il a rendu la vie, envers Dieu qui vous fera mourir, qui plus tard vous fera revivre de nouveau, et auprès duquel vous retournerez un jour?

87. C'est lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre; cette œuvre terminée, il se porta avec fermeté vers le ciel et en forma avec toute la perfection sept cieux, lui qui s'entend en toutes choses '.

1 Les pierres, c'est-à-dire les statues en pierre des fausses divinités.

'C'est-à-dire dans l'autre monde, sur la terre.

1 C'est-à-dire que ces fruits seront d'un goût bien plus exquis que ceux de la terre, quoique semblables en apparence à ces derniers^ et ce, pour causer aux bienheureux une surprife agréable.

'Les Arabes faisaient un reproche à Mahomet de mêler aux enseignement» graves et sérieux des paraboles tirées de choses viles, comme des insectes, de parler de l'abeille, de l'araignée et de la fourmi. Mahomet répond ici à ce reproche.

'Le mot du texte e! khaçiram veut diie proprement ceux qui perdent à quelque marché, à quelque spéculation ; déçus, frustrés dans leurs calculs.

28. Lorsque Dieu dit aux anges : Je vais établir un vicaire sur la terre, les anges répondirent : Vas-tu placer sur la terre un être qui y commettra des désordres et répandra le sang, pendant que nous célébrons tes louanges et te glorifions et proclamons sans cesse ta sainteté? — Je sais, répondit le Seigneur, ce que vous ne savez pas.

29. Dieu apprit à Adam les noms de tous les êtres; puis, les amenant devant les anges, il leur dit : Nommez-les-moi, si vous êtes sincères.

30. Loué soit ton nom 1 répondirent les anges; nous ne possédons d'autre science que celle que tu nous as enseignée; tu es le savant, le sage.

31. Dieu dit à Adam : Apprends-leur les noms de tous les êtres; et lorsqu'il (Adam) l'eut fait, le Seigneur dit : Ne vous ai-je pas dit que je connais le secret des cieux et de la terre, ce que vous produisez au grand jour et ce que vous cachez?

32. Lorsque nous ordonnâmes aux anges d'adorer Adam, ils l'adorèrent tous, excepté Eblis; celui-ci s'y refusa et s'enfla d'orgueil, et il fut du nombre des ingrats2.

33. Nous3 dîmes à Adam : Habite le jardin avec ton épouse; nourrissez-vous abondamment de ses fruits, de quelque côté du jardin qu'ils se trouvent; seulement n'approchez pas de l'arbre que voici, de peur que vous ne deveniez coupables.

34. Satan a fait glisser leur pied, et les a fait bannir du lieu où ils se trouvaient. Nous leur dîmes alors : Descendez de ce lieu; ennemis les uns des autres *, la terre vous servira de demeure et d'usufruit temporaires.

35. Adam apprit de son Seigneur des paroles de prière; Dieu

'Le ciel ne formait d'abord qu'un tout; Dieu l'a partagé en septcieui posés les uns au-dessus des autres, comme les pellicules de l'oignon.

* On peut aussi traduire :du nombre des infidèles, car en arabe le mol kafir signifie proprement celui qui enduit et recouvre la surface d'un objet avec quelque chose pour faire disparaître une écriture, etc.; de la l'ingrat et l'infidèle, l'homme qui efface de son souvenir les bienfaits de Dieu.

1 Dans le verset précédent, c'est Mahomet qui raconte lui-même ou répète les paroles de l'ange Gabriel ; dans celui-ci, c'est Dieu qui est censé parler lui-même. Ce changement subit de narrateur se reproduit à chaque instant dans le Koran, non-seulement dans les différents versets, nais dans la même période. Le lecteur jngera par la du désordre que ces changements de personnes jettent dans les phrases ; le traducteur a cru devoir respecter à cet égard la contetture de l'originaL

'C'est-à-dire hommes et démons.

revint à lu!; il aime à revenir à l'homme qui se repent; ii est le miséricordieux.

36. Nous leur dîmes : Sortez du paradis tous tant que vous êtes; un livre destiné à vous diriger vous viendra de ma part ; la crainte n'atteindra jamais ceux qui le suivront, et ils ne seront point affligés.

37. Mais ceux qui ne croiront pas, qui traiteront nos signes ' de mensonge, seront livrés au feu éternel.

38. O enfants d'Israël ! souvenez-vous des bienfaits dont je vous ai comblés; soyez fidèles à mon alliance, et je serai fidèle à la vôtre; révérez-moi, et croyez au livre que j'ai envoyé pour corroborer vos Écritures; ne soyez pas les premiers à lui refuser votre croyance; n'allez point acheter avec mes signes un objet de nulle valeur. Craignez-moi.

39. Ne revêtez pas la vérité de la robe du mensonge; ne cachei point la véritéa quand" vous la connaissez.

40. Acquittez-vous exactement de la prière, faites l'aumône, et courbez-vous avec ceux qui se courbent devant moi3.

41. Commanderez-vous les bonnes actions aux autres pendant que vous vous oublierez vous-mêmes? Vous lisez cependant le livre * ; ne comprendrez-vous donc jamais?

42. Appelez à votre aide la patience et la prière- la prière est une charge, mais non pas pour les humbles,

43. Qui pensent qu'un jour ils reverront l"ur Seigneur et qu'ils retourneront auprès de lut

1 Le mot arabe aie signifie signe, mais surtout un signe d'avertissement da ciel, et par conséquent miracle, prodige; il signifie en outre verset du Koran, chaque verset étant la parole de Dieu, et regardé comme un miracle et un avertissement. Pour nous rapprocher autant que possible du texte arabe, nous avons conservé partout l'expression de signe; et c'est à cause de cela qu'on trouvera dans cette traduction les mots: réciter ou relire les signes de Dieu, c'est-à-dire les versets du Koran révélés à Mahomet.

"Mahomet reproche aux juifs, et souvent aux chrétiens, d'altérer le sens des Écritures pour en ôter ou éluder les passages dans lesquels la venue de Mahomet a dû être prédite selon lui.

'Les commentateur ajoutent : de la prière musulmane, l'aumône musulmane, rtc'est pour éviter toute équivoque, qu'il est dit: Courbez-vous, etc., car les .jénuflerions [rik'at) so:it particulières aux musulmans.

'Le livre, pris absolument, vent dire : tout livre révélé, les Écritures : le Pentateuque, en parlant aux juifs; l'Évangile, en parlant aux chrétiens; il s'applique aussi au Koran. Nous ferons observer, à ce sujet, que, dans ses prédications, Mahomet distingue les idolâtres ou les ignorants de ceux qui ont, è quelque époque que ce soit, reçu des livres sacrés; ces derniers sont appelés : famille du livre, gens des Écritures.

44. O enfants d'Israël I souvenez-vous des bienfaits dont je vous ai comblés, souvenez-vous que je vous ai élevés au-dessus de tous les humains.

45. Redoutez le jour où une âme ne satisfera point en quoi que ce soit pour une autre âme, où aucune intercession ne sera acceptée de sa part, où aucune compensation ne sera reçue d'elle; où les méchants ne seront point secourus.

46. Souvenez-vous du jour où nous vous avons délivrés de la famille de Pharaon qui vous infligeait de cruels supplices; on immolait vos 'fils et l'on n'épargnait que vos filles '. C'était une rude épreuve de la part de votre Seigneur.

47. Souvenez-vous dit, jour où nous avons fendu la mer pour vous; où nous vous avons sauvés, et noyé Pharaon sous vos yeux.

48. Du jour où nous formions notre alliance avec Moïse peadant quarante nuits; vous avez pris,• pendant soin absence, un veau pour objet de votre adoration, et vous avez agi iniquement.

49. Nous vous pardonnâmes ensuite, afin que vous nous soyez reconnaissants.

50. Nous donnâmes à Moïse le livre et la distinction 2, afin que vous soyez dirigés dans la droite voie.

51. Moïse dit à son peuple : Vous avez agi iniquement envers Vous-mêmes en adorant le veau. Revenez à votre Créateur, ou bien donnez-vous la mort; ceci vous servira mieux auprès de lui. Il reviendra à vous [il vous pardonnera), car il aime à revenir vers celui qui se repent : il est miséricordieux.

52. Souvenez-vous du jour où vous dîtes à Moïse : O Moïse, nous ne t'accorderons aucuue créance que nous n'ayons vu Dieu clairement. Le feu du ciel vous frappa pendant que vous y portiez vos regards.

* Cette phrase se retrouve textuellement toutes les fois qu'il s'agit des persécutions que les Israélites éprouvaient en Egypte ; on dirait que Mahomet cherche à la mettre en relief. Si l'on se rappelle que les Arabes idolâtres regardaient comcte une calamité la naissance d'une tille, il faudra convenir qu'on ne pouvait jeter plus de défaveur sur un prince idolâtre et impie (dont Pharaon est le type), qu'en insistant sur cette espèce de préférence donnée aux filles sur les garçons.

'La distinction : el-forkan, s'apphque ici au Pentateuque comme, dans d'antres passages, au Koran. Ce mot désigne tout livre de révélation divine en tant qu'il distingue le licite de l'illicite. On peut dire que, dans chaque livre divin, la partie qui traite des usages, des aliments, etc., s'appelle el-forkan (distinction), de même que la partie dogmatique al-houda (direction).

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