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M. de Mazade a recueilli, pour former ce volume, les articles qu'il a consacrés aux crises politiques de l'Espagne pendant ces quinze dernières années, depuis l'insurrection de 1854 jusqu'à celle de l'année dernière exclusivement. 11 les reproduit sans y rien changer, dit-il dans sa préface, ou, du moins, sans modifier les jugements , sans altérer les impressions. Le titre du livre avertit assez le lecteur qu'il n'y doit point chercher une histoire suivie de l'Espagne pendant cette période. L'auteur se borne, en général, à étudier les causes et à faire connaître le caractère des révolutions ministérielles qui se sont succédé si fréquemment dans ce pays. Il nous donne cependant un récit détaillé et très-intéressant de l'expédition du Maroc en 1860. Son ouvrage ne sera certainement pas consulté sans fruit pour la connaissance des hommes et des choses de l'Espagne contemporaine.

Le Mystère des Bardes de l'Ile de Bretagne, par M. Henri Martin. Paris, imprimerie de Pillet, librairie de Didier et C", 1869, in-8" de 3g pages.— Ce nouveau travail du savant historien M. Henri Martin, a pour objet declaircir certaines questions relatives à un petit traité gallois de philosophie religieuse, réimprimé il y a quelques années sous le titre de Mystère des Bardes de Vile de Bretagne, par M Adolphe Pictet, et qui avait élé publié pour la première fois, à Londres, en 1794, par un érudit gallois, Edward Williams, plus connu sous le nom dlolo Morganwg. Dans la Revue archéologique, un jeune professeur, enlevé récemment à ses études par une fin prématurée, M. Leflocq, émettait l'opinion qu'Edward Williams, en faisant connaître ce traité, n'avait eu pour but que de mettre en lumière un côté inconnu de la littérature galloise, et n'a jamais prétendu initier ses lecteurs à un système particulier de doctrines religieuses. Une note manuscrite de l'archéologue gallois désigne cependant le Mystère comme renfermant « la mythologie et la théologie « druidique, > ce qui signifie simplement les doctrines des bardes gallois du moyen âge. M. Henri Martin montre que, si la première partie de ce petit traité porte des traces évidentes et considérables de l'influence chrétienne, tout le reste est l'exposé d'un système de la destinée humaine, fondé sur une série ascendante d'existences aboutissant, plus tôt ou plus tard pour chacun, de la transmigration des âmes à l'immortalité, doctrine assurément fort éloignée des dogmes chrétiens. Il cite ensuite plusieurs pièces analogues et empreintes du même esprit. L'une des plus importantes est due à Sion Cent .célèbre barde gallois de la fin du xiv* siècle. Un curieux fragment sur les'sacrifices humains et une pièce de vers tirée d'un vieux manuscrit gallois, le Livre de Taliesin, sont cités et commentés à la fin de cette intéressante étude. M. Henri Martin annonce son intention de reproduire dans un volume spécial les principaux documents secrets des bardes, de joindre à ces textes une élude sur les questions qui s'y rattachent, et de retracer la vie et la physionomie originale d'Iolo Morganwg. On doit vivement souhaiter la réalisation de cette promesse.

Grammaire de la langue latine raison me et simplifiée, etc., par M. Rabbinowicz, docteur en médecine. Paris, 1869; librairie Delagrave, xxiu, 4oo pages in-8°. — Cette nouvelle grammaire est revêtue des approbations les plus flatteuses, signées par MM. Maury, de Saulcy et Bréal. L'auteur, loin de présenter les règles grammaticales comme des lois arbitraires, cherche, au contraire, à en faire comprendre les causes, la raison d'être et les mutuelles relations; il est d'avis qu'on doit insister plutôt sur les règles qui servent à traduire le latin en français que sur celles qui aident à traduire le français en latin; en d'autres termes, il tient pour la version contre le thème, mais peut-être d'une façon un peu trop absolue. M. Rabbinowicz a joint à la discussion des règles de la syntaxe, c'est-à-dire à l'exposition théorique, l'application pratique de ces règles par l'analyse grammaticale des fragments d'au»--«r* latin*. Plusieurs autres modificaiions de détail ont été introduites par l'auteur: fà»*s sont nettement indiquées dans la préface : aussi nous n'v insisterons pas. '-■Mu--.^? toute* le* crammaire*, celle-ci comprend le nom et les accessoire* du nom. «e verbe, et. de plus, une bonne table des verbe* irrérn'iers avec leurs parfaits t. .T-ar> participes parfaits ou tmftuu. Ls syntaxe est la partie la plus développ-ee et h

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DES SAVANTS.

AVRIL 1869.

LE SENTIMENT RELIGIEUX EN GBECE.

[Le sentiment religieux en Grèce, d'Homère à Eschyle, par M. Jules Girard, in-8°, Hachette, 1869.)

M. Girard est un des membres de l'école d'Athènes qui ont le plus vivement goûté la Grèce et qui sont restés le plus fidèles aux impressions de leur jeunesse. Sa carrière est le développement suivi et logique de ses premières prédilections. Il a aimé la littérature grecque, chéri l'Attique et admiré le génie athénien. Ses thèses, ses mémoires, ses livres, ses cours à l'Ecole normale et à la Sorbonne sont l'expression d'un même sentiment et un perpétuel hommage aux lettres grecques. Au début, pour se conformer au programme tracé par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, M. Girard avait exploré Y Ile d'Eubée1, dressé sa topographie, décrit son aspect et ses ruines, signalé et fait dessiner un temple primitif du mont Ocha. Ensuite il écrivit, en latin, une monographie sur Mégare, où il appréciait surtout le génie mégarien [De Megarensium ingenio). Mais il ne se trouva vraiment heureux qu'au milieu d'Athènes et en face de sujets attiques. Ses études sur l'orateur Lysiasi montrent avec quelle intuition, quel tact, quelle émotion sobre, mais juste, il s'appliquait à ces études préférées. Ses propres pensées et

1 Archives des missions scientifiques, t. II, p. 635. —' Des caractères de l'atticisme chez Lysias, in-8".

leurs latins. Plusieurs autres modifications de détail ont été introduites par l'auteur; elles sont nettement indiquées dans la préface : aussi nous n'y insisterons pas. Comme toutes les grammaires, celle-ci comprend le nom et les accessoires du nom, le verbe, cl, de plus, une bonne table des verbes irréguliers avec leurs parfaits el leurs participes parfaits ou supins. La syntaxe est la partie la plus développée et la plus neuve.

ANGLETERRE.

Some account of the irish manuscript deposited by the Président de Robien in the public library of Rennes; by James Henlhorn Todd. Dublin, librairie de Hodges et Smitb, 1868, in-8° de 18 pages. — M. le Dr Todd, qui s'est acquis par ses ouvrages une grande et légitime réputation dans la science des antiquités irlandaises, ;i prolité d'un récent voyage en France pour étudier un manuscrit irlandais couservé à la bibliothèque de Rennes. Les Rénédictins avaient décrit, dans le Nouveau traité de Diplomatique, tome III, un manuscrit irlandais appartenant alors à M. de Robien, président au parlement de Rretagne, et ce livre avait été identifié par M. Champollion Figcac [Paléographie universelle, t. IV) avec un manuscrit irlandais de la Ribliothèque impériale de Paris. M. Todd, qui a décrit ce dernier il y a <iueiques années, dans les Proceedings of the Royal Irish Academy, vol. III, s'est assuré que le volume dont ont parlé les Rénédictins se trouve à la bibliothèque de Rennes, à laquelle M. de Robien laissa par testament tous ses livres. 11 complète et rectifie les indications du Nouveau traité de Diplomatique sur ce livre et donne des extraits du texte irlandais avec traduction anglaise. Le manuscrit de Rennes est de plusieurs mains et ne remonte pas plus haut que la fin du xv' siècle. Il contient «l'abord divers traités religieux, dont quelques-uns se retrouvent dans le manuscrit île Paris, puis une traduction irlandaise des fameux voyages de Mandeville, datée 'le 1^72 , et, par conséquent, antérieure à la plus ancienne édition imprimée, c'està-dire à la version italienne de Pietro di Cornero (Milan, 1^80). La publication de cette traduction inédite aurait l'avantage de fournir de précieuses additions aux dictionnaires irlandais. On trouve encore dans ce manuscrit une liste des chefs des principaux clans de l'Irlande en 1^72 , et une vie de saint Colman^iils de Luachan. qui n'a pas été connue de l'hagiographe Colgan et paraît ne point exister en Irlande.

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Annales de l'école normale supérieure, publiées sous les auspices du ministre de l'instruction publique, par M. L. Pasteur, membre de l'Institut. (Article de VI. Bertrand.) 129

Les lionnétes gens sous Néron. (Article de M. Beulé.) 140

Philosophie religieuse de Lévi-ben-Gcrson, par Isidore Weil, rabbin. (Article de

\l. Ad. Franck.) 157

Le Mahàbhàrala, par M. Hippolyte Fauche. — Fragments du Mahâbhàrata, par

M. Th. Pavie. (14' article de M. Barthélémy Saint-Hilaire.) 171

Nouvelles littéraires 188

?IN DE LA TABLE.

DES SAVANTS

AVRIL 1869.

LE SENTIMENT RELIGIEUX EN GRECE.

(Le sentiment religieux en Grèce, d'Homère à Eschyle, par M. Jules Girard, in-8°, Hachetle, 1869.)

M. Girard est un des membres de l'école d'Athènes qui ont le plus vivement goûté la Grèce et qui sont restés le plus fidèles aux impressions de leur jeunesse. Sa carrière est le développement suivi et logique de ses premières prédilections. 11 a aimé la littérature grecque, chéri l'Attique et admiré le génie athénien. Ses thèses, ses mémoires, ses livres, ses cours à l'Ecole normale et à la Sorbonne sont l'expression d'un même sentiment et un perpétuel hommage aux lettres grecques. Au début, pour se conformer au programme tracé par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, M. Girard avait exploré Vile d'Eubée1, dressé sa topographie, décrit son aspect et ses ruines, signalé et lait dessiner un temple primitif du mont Ocha. Ensuite il écrivit, en latin, une monographie sur Mégare, où il appréciait surtout le génie mégarien (De Megarensium ingenio). Mais il ne se trouva vraiment heureux qu'au milieu d'Athènes et en face de sujets attiques. Ses études sur l'orateur Lysias"1 montrent avec quelle intuition, quel tact, quelle émotion sobre, mais juste, il s'appliquait à ces études préférées. Ses propres pensées et

1 Archives des missions scientifiques, t. II, p. 635. —' Des caractères de Y atticisme chez Lysias, in-8".

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