Images de page
PDF
ePub

ger, membre de l'Institut. Paris, imprimerie de E. Donnaud, librairie de A. Durand et Pedone Lauriel, 1869, 1 vol. in-12 de viii-504 pages.

«L'étude d'une langue, dil avec raison l'auteur dans son introduction, n'est pas « seulement l'analyse de son mécanisme logique, c'est aussi la recherche de ses ori. «gines, l'histoire de sa formation et de son développement, » On commence à reconnaître aujourd'hui l'utilité qu'il y aurait à introduire avec une sage mesure dans l'enseignement secondaire l'élude, non plus seulement simultanée, mais historique el comparative des trois langues classiques, et par conséquent l'analyse élymologique de leurs mots et de leurs flexions. Le Jardin des rucines grecques de PortRoyal, dont le seul objet était d'aider la mémoire à retenir un grand nombre de mots grecs simples, ne pouvait aucunement servir à une élude de ce genre : la philologie comparative n'est d'ailleurs constituée comme science que depuis un demi-siècle environ. M. Anatole Bailly, ancien élève de l'École normale, professeur au lycée d'Orléans, en a mis à profit les résultals les mieux établis dans ce manuel, à la fois scientifique et élémentaire, pour l'élude comparée des racines grecques et latines et de leurs principaux dérivés français. Il nous paraît avoir on ne peut mieux réussi dans son entreprise, qui n'avait pas de précédents el n'était pas sans difficulté, l'auteur ne devant pas perdre de vue les nécessités de l'ensei. gnement. Il ne pouvait se borner à dresser une liste des racines grecques et latines avec leurs dérivés, telle que l'admettent aujourd'hui les philologues les plus autorisés, Poit, Bensey, Curtius ou Meyer; les rapprochements qui en résulteraient paraîtraient souvent inacceplables et seraient de peu de fruit sans la connaissance des lois phoniques qui président aux transformations des sons. De là, dans l'ouvrage de M. Bailly, deux grandes divisions : la Phonétique et les Racines. La première partie comprend d'abord une étude des sons et l'indication des lois de permutation, d'affaiblissement ou de renforcement afférentes à chacun d'eux; puis une élude des phénomènes divers (déplacement, suppression, contraction de lettres, etc.) qui se produisent dans l'organisme des mols. La seconde partie comprend une nomenclaiure des racines indo-européennes représentées en grec et en latin ; à chaque racine sont rallachées, sous des numéros distincts, les séries de mots simples grecs, puis latins, qui en sont is:us. A la suite et à part sont indiqués les dérivés français les plus importants. Un Avant-propos de M. Egger, une Introduction de l'auteur et des Notions historiques préliminaires sont placés en tête du volume; trois index pour les mots grecs, latins el français le lerminent. Ce serait sans doute se flatter qui d'espérer voir la majorité des élèves arriver à la connaissance complète de cet ecellent manuel; mais, éludié par les professeurs et mis entre les mains des me: leurs élèves des classes supérieures, il ne peut manquer d'exercer l'influence bent heureuse sur l'enseignement des langues anciennes.

ANGLETERRE.

Rig-Veda-Sanhita, the sacred hymns of the Brahmans, translaled and en F. Max Müller, I'' volume. London, 1869, CLII-263 pages, in-8°. – M. Eest peut-être, de lous les indianistes, celui qui était le mieux prépar. difficile d'une traduction du Rig-Véda. Voilà plus de vingt ans qu: d'en publier le lexte original avec le commentaire de Såyana, el cie Jumes ont paru de cette magnifique édition faite aux frais du gouverne L'ouvrage que publie acluellement M. Max Müller n'est pas, à prose

[graphic]

*** belohon ryplinaire (et plutôt noe interprétation longuement et savamment **olen pener hirap le sens encore bien obscur d'une foule de mols et de pas.

*** I, wateur m'r pe arrivi l'ordre habituel des hymnes, tel qu'il est reçu dans Iloide note that are mi meme l'a donne dans son édition. Il a réuni les hymnes selon V i ventae nellma ils sont consacrés, et c'est ainsi que le premier volume ne Initinni qo'mney ceptuin nombre de chanig adressés aux Marouts, les dieux de la !" fla Vovinion quelques mots la méthode du nouvel interprète. Il transcrit d'abord Pilota proche de l'hymne puis il place en regard la version qu'il croil pouvoir en

Iris Dan4 leg moleu u bas des pages, il reprodait les versicos antérieures de Wilson, on hanglois et de M. Benfey, et enfin il ajoute sur chaque inot un com19antnire free développé que l'ait penetrer a fond le sens du texte sacré. L'auleur a

* vnnlem julement d'etre le premier Lraducteur exact du Rig Veda, et ce tramil, puitteele la science la plus vaste et la plus précise, est fait certainement pour

jouter encore beaucoup a la gloire deja si grande de M. Max Müller. Nous nous proposone, ellenre, de revenir sur cette imporlante publication dès qu'elle sera tеrnее,

The four ancient books of Vales, containing the cymric poems attributed to the barde of the sixth century, by William F. Skene. Edimbourg , imprimerie de R. Clerk, orairie d'Edmonton *Douglas, 1868, deux volumes in-8° de xiv-600 et de xiv196 pages, aver planches.-- Les quatre manuscrits auxquels l'importante publication la Skene dont son titre sont : le Livre noir de Cuermarthen, dont l'écriture est du *** secie, le Luered Aneurin, de la seconde partie du xu siècle, le Livre de Taliesin, de commencement du xiv siecle, et le Livre rouge de Hergest, écrit à différentes fpoques au XIV* et au xv* siècle. Les trois premiers font partie de diverses collections particulieres du pav. de (alles; le quatrième est conservé à la bibliothèque du collège de Jesus a Oxford. Ces quatre manuscrits contiennent principalement un grand nombre de poemes attribués par la tradition à quatre bardes, qui paraissent avoir vécu an vi siecte: Livwarch Hen. Taliesin, Aneurin et Myrddin ou Merlin. Edouard Llwyd en lit connaitre pour la première fois quelque chose au monde savant en 1707, dans son Archeologia Britannica; ces poêmes furent publiés, en 1803, in extenso, mais sans traduction, en même temps que beaucoup d'autres morceaux d'ancienne littérature valloise, dans le grand recueil connu sous le nom de Myfyrian Archæology of Wales. En 1850, V. de la Villemarqué donna au public français un Excellent choix des plus anciens et des plus importants de ces textes avec une (raduction et de savants commentaires. Cependant de nombreuses discussions s'étaient élevees parmi les erudits de la Grande Bretagne sur l'époque à laquelle on devait faire remonter la redaction primitive de ces poésies, écrites avec l'orthographe et, en général, dans la langue de l'epoque à laquelle appartiennent les manuscrits, et sur le degre de confiance qu'on pouvait leur accorder au point de vue, soit de l'histoire, soit de l'etude des anciennes croyances de la race celtique. Au commencement de ce siècle, Sharon Turner, l'historien des Anglo-Saxons, et plus récemment, M. Thomas Stephens, se sont particulièrement fait remarquer dans cette polémique qui n'avait amené de resultats decisifs que sur un petit nombre de poinls.

M. Skene, dont les travaux estimés avaient eu, jusqu'ici, pour objet l'ancienne histoire de son pays, l'Ecosse, a voulu reprendre à nouveau l'examen de ces questions si controversées; il a voulu aussi, et cela est plus important encore, donner å ses lecteurs le moyen de contrôler ses jugements, et fournir aux recherches ulté. rieures de la critique une base désormais solide en publiant avec loule l'exactitude possible le texte des quatre plus anciens manuscrits, accompagné d'une traduction

très-littérale. Le texte du Myfyrian, que l'on réimprime en Galles en ce moment, élant peu correct et souvent reproduit d'après des manuscrits plus modernes, il est facile de juger la valeur du service rendu aux éludes celtiques par le savant éditeur. La Traduction anglaise, qui suit fidèlement le texte jusque dans ses obscurités, a été confiée à deux philologues gallois distingués, MM. Silvan Evans et Robert Williams. C'est dans le second volume que se trouve le lexle des poēmes, reproduits selon l'ordre, arbitraire d'ailleurs, qu'ils suivent dans les manuscrits; on y trouve aussi de nombreuses noles dues à MM. Skene et Silvan Evans, et des index. Le premier volume renferme, outre la traduction, divisée en vingt-cinq parties, selon la nature du sujet auquel appartient chaque poëme, une introduction qui est à elle seule une euvre considérable. Après avoir énuméré et apprécié les ouvrages qui ont eu les anciens poëmes gallois pour objet, l'éditeur prépare le terrain sur lequel doivent s'appuyer ses conclusions, en étudiant successivement les sources de l'ancienne histoire de la Cambrie, la géographie, l'histoire et l'ethnographie de l'ile de Bretagne au vi' siècle. Il discule ensuite les récents travaux critiques de MM. Nash et Stephens et donne enfin ses jugements sur la véritable place que doivent occuper ces poëmes dans l'ancienne lillérature bretonne. Après avoir éliminé ceux qui ont été écrits à une époque contemporaine, ou peu s'en faut, des manuscrits, il établit que les autres ont été composés non point en Galles, mais dans les royaumes bretons du Nord, sur les rives de la Clyde, et il s'attache à prouver que les plus anciens remontent av viie siècle. Toute cette introduction est le résultat de recherches con sidérables et renferme les renseignements les plus précieux. On remarquera entre autres points la rectification que fait M. Skene de la chronologie de Gildas et de Bède, ses déterminations du lieu des douze batailles d'Arthur, ses recherches sur le mode de distribution des dénominations topographiques en Ecosse, et sur le dialecte parlé par les Pictes, qu'il regarde comme plutôt gaélique que kymrique, etc. Ses conclusions, qui nous paraissent généralement justes, motivent cependant certaines réserves et donneront lieu sans doute encore à bien des discussions; mais tout le monde s'accordera à reconnaître la grande valeur de ce consciencieux el savant travail dont l'étude est désormais indispensable à ceux qui voudront écrire sur l'histoire politique ou littéraire des Bretons insulaires au moyen âge. Ces deux volumes, d'une très-belle exécution lypographique, sont accompagnés d'une carte et de plusieurs fac-simile.

The Irish in America , by John Francis Maguire, M. P. Londres, librairie de Longmans , Green et C, 1868, in-8° de xvi1-653 pages. — On sait quel nombre considérable d'émigrants quitle chaque année l'Irlande pour chercher une nouvelle demeure aux États-Unis, et quelle est l'importance loujours croissante de l'élément irlandais dans la grande république américaine. M. J. Maguire, si bien connu déjà comme le défenseur éloquent de la cause irlandaise dans le Parlement britannique, a voulu étudier par lui-même la situation morale et matérielle de ses compatriotes dans le nouveau monde; il a parcouru les possessions anglaises de l'Amérique du nord et surlout les États-Unis. C'est le résultat de l'enquête consciencieuse à laquelle il s'est livré qu'il présente au public dans ce livre, très-digne d'attention. L'auleur nous fait parcourir avec lui la Nouvelle-Écosse , l'Ile du prince Edouard, le Nouveau-Brunswick, le haut et bas Canada, Terre-Neuve, et enfin les parties les plus importanles des Etats-Unis au nord, au sud, à l'ouest. Il décrit d'une façon saisissante les premières épreuves des émigrants, el montre comment, dans ces conditions nouvelles, le travail et la sobriété, même sans l'aide du plus pelit capital, conduisent le plus souvent au succès. M. Maguire ne s'occupe pas avec moins de soin des intérêts religieux et moraux de ses compatriotes. Il fait vive.
ment ressortir leur attachement à leur foi et nous fait assister au développement
progressif du catholicisme aux États-Uunis. Le rôle joué des deux côtés par les
İrlandais dans la grande guerre civile, leurs tendances politiques, leurs sentiments
à l'égard de l'Angleterre, l'organisation féniane, tout cela est ensuile étudié succes-
sivement par l'auteur. L'ouvrage abonde en précieux renseignements statistiques,
puisés aux meilleures sources; en informations variées, données par les étrangers
aussi bien que par les Irlandais eux-mêmes, recueillies dans la cabane de troncs
d'arbres du selller aussi bien que dans la demeure de l'évêque, ou dans la maison
du riche marchand des grandes villes. Souvent aussi un court mais émouvant ré-
cit, un Trail de mæurs frappant, vient appuyer des considérations soit morales
soit économiques, ou mellre en lumière le caractère original de la race irlandaise.
Le livre de M. Maguire est l'æuvre d'un patriotisme éclairé et présente, sous des
rapports divers, un très-grand intérêt.

ITALIE.

Documenti di storia Italiana pubblicati a cura della R. deputazione sugli studi di
Storia patria per le provincie di Toscana, dell'Umbria et delle Marche. Commissioni
di Rinaldo degli Albizzi per il commune di Firenze dal 1399 al 1433. Tomo primo
(1399-1423). Florence, imprimerie de Cellini, librairie de Vieusseux, 1867, in-4°
de xx111-592 pages. — La commission instiluée en Italie il y a quelques années
pour la publication de documents historiques relatifs aux provinces de Toscane,
d'Ombrie et des Marches, a dignement inauguré cette collection, en 1867, en fai-
sant paraître le premier volume des Relations inédites de Renaud Albizzi, aunbassa-
deur de la république de Florence depuis 1399 jusqu'en 1433, mort exilé à Vé.
rone en 1452. Après une savante introduction qui a pour objet de faire ressortir
l'intérêt des manuscrits de Renaud d'Albizzi au point de vue de l'histoire et de la
philologie, ce premier volume contient les textes des quarante premières missions
diplomatiques de cet ambassadeur (1399.1423), accompagnés d'un grand nombre
d'aulres documents extraits, pour la plupart, des archives de Florence el princi-
palement des registres de la chancellerie. On annonce que le second volume de cel
ouvrage a paru cette année. Nous allendrons qu'il nous soit parvenu pour parler
avec quelque détail d'une publication si importante pour l'histoire d'Italie au moyen
âge.

TABLE.

Pages.
335
403

Histoire de la fausse Élisabeth II. (2° et dernier article de M. Mérimée.)......
Pietro Pomponazzi. (2° et dernier article de M. Ad. Franck.). .......
Corpus inscriptionum italicarum antiquioris ævi, etc. (1° article de M. Alfred

Maury.) ..................
Nouvelles littéraires....

[ocr errors]
[merged small][ocr errors][merged small]

DES SAVANTS.

AOÛT 1869.

869.

TAE LIFE OR LEGEND OF GAUDAMA, the Badha of the Burmese, with

annotations, etc. by the R'. Rev. P. Bigandet,'etc. La vie ou la légende de Gotama, le Bouddha des Birmans, avec des notes sur les voies de Nirvana et sur les Phongis, ou moines Birmans, par Mgr Bigandet, évêque de Ramatha et vicaire apostolique d'Ava et de Pégu, Rangoun, 1866, in-8°, X1-538 pages.

ves.

PREMIER ARTICLE.

La première édition de l'ouvrage de M8Bigandet a paru en 1858; el elle était épuisée déjà depuis quelques années, lorsque l'auteur en fit une seconde en 1866. Une circonstance heureuse l'a déterminé à ce nouveau travail. M8 Bigandet avait pu se procurer à Rangoun un manuscrit beaucoup plus complet que celui dont il s'était d'abord servi; et c'est avec ce précieux secours qu'il a pu améliorer sa traduction d'une façon inattendue. L'ouvrage birman avait été traduit lui-même du påli par un moine ou phongi, il y a moins de cent ans, dans la ville de Dibayen ou Tabayin, sur le fleuve Mu? L'original pâli, rédigé d une époque inconnue, portait le titre de Malla-Linkara-Voutton, c'est-à-dire l'Histoire de la seur merveilleuse. Le nouveau manuscrit, dont Me Bigan

Il paraît que la ville de Dibayen ou Tabayin, dans la province de même nom, est actuellement en ruines. Elle était jadis la résidence du gouverneur, qui maintenant réside à Yeou. M6 Bigandet ne donne pas de détails sur ce sujet.

« PrécédentContinuer »