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Sous ce rapport, il n'offre rien de bien neuf dans cette partie de la vie du Bouddha dont le Lalitavistâra s'est occupé. On se rappelle que cette biographie du Tathagata cesse avec la première prédication à Bénarès. L'ouvrage birman a la prétention de raconter la vie complète de Gotama; il le suit sans interruption jusqu'à sa mort, et même il va au delà, en traitant des trois Conciles, de la conversion de Ceylan, des voyages de Bouddhaghosa, et enfin en fournissant quelques détails intéressants, mais trop succincts, sur l'établissement du bouddhismeau Birman et au Pégu. Malheureusement on ignore la date réelle du Lalitavistâra; et des recherches récentes portent à croire qu'il est beaucoup moins ancien qu'on ne l'avait d'abord supposé. Ce récit, à quelque époque qu'il appartienne, a fait fortune parmi les peuples bouddhiques, et les Thibétains l'ont adopté tout aussi bien que les Chinois. Les Birmans l'ont également goûté, quoique sous une forme différente; et la légende qu'a traduite Me Bigandet plaît à l'imagination de ces peuples méridionaux non moins vivement qu'aux croyants du Népal, du Thibet et de l'Empire du Milieu.

Nous ne nous arrêterons pas sur les parties de l'ouvrage birman qui ne font que répéter le Lalitavistâra; mais vous noterons avec soin les détails qui s'en éloignent ou le continuent; ceux-là, quelle qu'en soit la source, ajoutent quelque chose à ce que nous savons, et ils composent la valeur particulière de la légende birmane, qui n'ofire qu'un assez petit nombre de ces additions. D'ailleurs, le ton général du récit est à peu près le même, c'est-à-dire celui d'un enthousiasme sans bornes et d'une superstition qui entasse les prodiges les plus extravagants à la gloire de l'être qu'elle adore, sans que la raison la retienne un seul instant non plus que le bon goût. On sent partout les efforts d'une rhétorique qui tâche de renchérir sur les formules précédentes, et qui s'épuise en une vaine recherche. Il n'y a rien là de la naïveté des monuments primitifs; et, si déjà le Lalitavistâra porte cette fâcheuse empreinte, elle est bien plus sensible encore dans la forme adoptée par la légende birmane. Évidemment, c'est un lettré qui l'a rédigée; et, tout en étant fort dévot, il pense au moins autant à son style qu'à sa foi. II en résulte de temps à autre des peintures assez brillantes et des morceaux à effet, dont voici par exemple un échantillon.

Le Bouddha vient de toucher le cour de ses cinq disciples, qui l'avaient quitté d'abord et qui se donnent à lui de nouveau avec un sincère repentir, quand ils le rencontrent à Bénarès, dans le bois de l'Antilopel.

The life or legend of Gaudama, etc. p. 112 et suivantes , 2° édition. Voir aussi mon ouvrage Le Bouddha et sa religion, p. 36.

vestu 1974 mu te Bouddha se trouvait à Mrigadåva qu'eut lieu Povestaminn dimorable l'un jeune laïque. Il habitait le pays de Friart ! La le fils d'un homme fort riche. Il s'appelait Ratha. !.!.! charmant : aimable. Son père lui avait fait construire trois

Win 11.11Arla sour les trois saisons de l'année, et dans chacune de o smarte puidences, in essaim de jeunes filles n'étaient occupées Hos lo tinur par les sons d'une musique enchanteresse. Ratha conTiinatt son temps at sa vie au milieu des plaisirs et des divertissements fe forte aorte. In pour qu'il était entouré de ce cortege de chanteuses of str stanseuses, si lomba dans un profond sommeil; et les musiciennes, if !stant stier 1 non exemple, quittèrent leurs instruments et s'enformirent meme ni. Les lampes remplies d'une huile abondante rontinuaient i inonder . palais de tots de lumière. S'éveillant un · peu plus tot inte ordinaire. Latha vit les musiciennes endormies tout litour ile !11, as it positions ies plus diverses et les plus étranges.

3 tines dormaient, i Douche toute grande ouverte; d'autres avaient 'r !lyaure enouee et parse; celles-ci ronflaient à grand bruit;

les "enaient encore leurs instruments dans la main, ou les avaient I spent les stait une vaste scene de confusion et de désordre. 29518 € sok II. LES croise , le jeune homine promenait ses regards 'Irpris eigoules sur le spectacie singulier qu'il avait sous les yeux, - not w il. cineul.

corps. :+CH Nature et id condition qui lui sont faites, est un en-u !'ledu. Cette a tie de notre ètre nous cause bien du Ww. -4 anwillittuli

* minselle uomme se leva precipitamment de sa couche; .. !!!- 9 w tuiluales cures et se rendit a la porte de ses appartements. 1.3.2016",o pot v sulaient une garde vigilante de peur que des

Ipuis ad sent utreter dans sa sainle résolution, lui ouvria tebe note Lipescutul ies portes du palais et ensuite les portes de la

"L. 113 cutter jucun obstacle, Ratha dirigea ses pas vers la wa killuc ve virgadava... ce moment même, le Bouddha, qui s'était leve

or womne heure ei avait quitte le lieu de son sommeil, se promelatin devait lù maison. Il aperçut de loiu le jeune homme, qui venait en vih, sans apo stus ù il marchail lui-même. Aussitôt il arrêta sa , 'l Uniculace; an, revenant à ses appartements, il y reprit son siége pour Literbone jeune ctranger, qui ne tarda point à paraître, et qui, avec

milanie sivuisue', exposa l'objet de sa visite. Le Bouddha lui dit : 1)

R e d Voin du Nirvana est la seule vraie; car elle est la seule qui u soil waldsida (aumpte de douleur et d'affliction. O Ratha, ne crains pas de t'approcher de moi. Prends ce siége, et je vais te révéler la plus u parfaite et la meilleure des Lois.)

A ces douces et insinuantes paroles, Ratha sentit son cœur inondé « de la joie la plus pure. Sur-le-champ, il quitta ses pantoufles; et, s'apo prochant du Bouddha, il s'inclina trois fois devant lui. Puis il se retira « à une distance convenable et se tint dans une respectueuse attitude. Le a Bouddha commença donc à lui enseigner la Loi, lui exposant succes« sivement tous les mérites de l'aumône, l'accomplissement de tous les « devoirs que la Loi recommande, et, par-dessus tout, le renoncement « aux plaisirs de ce monde. Durant cet entretien, le cæur du jeune a visiteur s'ouvrait peu à peu et se dilatait d'une manière merveilleuse. a Il sentait tous les liens qui naguère l'enchaînaient au monde se détaücher et se rompre sous l'influence irrésistible des paroles du Bouddha. « De son côté, le Bouddha observait les bonnes dispositions de son u jeune auditeur ; et il continuait à dérouler devant lui toutes les miu sères sans nombre dont l'existence est accablée, les passions qui ty. a rannisent l'âme, les moyens par lesquels on peut se préserver de leurs u fatales étreintes, et la roule admirable qui conduit à la perfection. « Après avoir écouté toutes ces instructions, Ratha, pareil à la toile « blanche qui reçoit les couleurs diverses dont on veut la teindre, se a sentit délivré de toutes les passions; et sur-le-champ il atteignit l'état « de Grota âpatti'.»

Voilà la conversion du fils. Mais le narrateur bouddhiste ne se contente pas de si peu; il lui faut, en outre, la conversion de la mère, du père et de toute la famille. Il poursuit donc.

« La mère de Ratha, ne voyant pas son fils à l'heure matinale où elle « avait l'habitude de le voir, se rendit à son appartement. Elle fut très« surprise de ne point l'y trouver; et elle ne manqua pas de remarquer u tous les indices d'un départ subit et inopiné. Elle se hâta d'aller trouver u son mari et de lui conter la fâcheuse nouvelle. En apprenant cet «événement, que rien ne faisait prévoir, le père envoya des messagers a dans les quatre directions de l'espace, en leur recommandant bien « de rechercher activement son fils et de ne rien négliger pour le découa vrir. Quant à lui, il résolut de s'en aller visiter la solitude de Mriga«dâva, espérant bien y découvrir quelques marques de son fils échappé. «Il avait à peine parcouru une faible distance dans le bois qu'il y

'The life or legend of Gaudama, etc. page 114. Ce récit, assez bien fait sous le point de vue littéraire, ne peut appartenir qu'à une époque postérieure; il n'a rien de la simplicité et de la rudesse des temps primitifs.

a reconnut les pas de son fils; il suivit ces traces avec soin, et bientôt il a se trouva en face du lieu où résidait le Bouddha. A ce moment même, « Ratha écoutait avec la plus profonde attention les paroles du grand ( précepteur; mais, par le pouvoir du Bouddha, il demeurait caché « aux yeux de son père, qui demanda avec anxiété au Tathagata s'il i n'avait pas aperçu son fils. Gotama lui offrit de s'asseoir et de se re(poser de la course qu'il venait de faire; et, tout en le priant de s'arrê. u ter, il lui promettait qu'il reverrait bientôt son enfant. Tout joyeux de a cette assurance, le père de Ratha accepta l'invitation qui lui était faite.

Le Bouddha prêcha la Loi à ce noble auditeur, et lui fit obtenir tout « à coup le rang de Çrota âpatti.

«Rempli de joie, le néophyte s'écria : Ö illustre Phra', votre doctrine vest la plus excellente de toutes les doctrines. Quand vous prêchez la

Loi, vous êtes semblable à celui qui replace sur sa base une coupe si renversée; vous êtes semblable à celui qui met au jour les choses « précieuses cachées jusque-là dans les ténèbres; vous êtes celui qui (ouvre les yeux et l'esprit, afin qu'ils puissent voir la pure lumière. « A dater de ce moment, j'adhère à votre parole et à votre sainte Loi. «Veuillez me compter parmi vos disciples et vos partisans les plus dé« voués. »

Le père de Ratha est, si l'on en croit l'auteur birman, le premier laïque qui soit devenu disciple du Bouddha en qualité d'oupâsaka2. Mais nous n'en avons pas fini avec la conversion de Ratha lui-même; si elle est commencée, elle n'est pas complète. Voyons comment elle s'achève.

«Pendant que le Bouddha instruisait ainsi le père de Ratba, le jeune « bomme était entré dans une profonde et solennelle méditation, que “provoquaient en lui quelques-unes des pensées les plus haules de son u admirable maître. Il examinait avec le plus grand soin toutes les « choses de ce monde en elles-mêmes; et plus il avançait dans ce grave « examen, plus il sentait qu'il perdait toute affection pour elles. Cepen«dant il n'était pas encore devenu un arhat, et il n'avait pas pris le a costume religieux. Le Bouddha, qui observait attentivement toutes les « émotions dont était agité le cæur de son élève, prévoyait, d'après « les dispositions où il le voyait, qu'il n'y avait pas de crainte qu'il re

Phra ou Phra-laong est le nom que le Bouddha porle en langue birmane. -' Le mot d'oupâsaka ne signifie pas autre chose, selon toute apparence, que serviieur. Il y avait des oupâsakas, hommes, et des oupâsikás, femmes. Voir l'Introduction à l'histoire du bouddhisme indien, d'Eugène Burnouf, page 279. En note, MF Bigandet raconte, d'après un document qu'il ne nomme pas, la conversion d'un nat ou génie, tout à fait analogue à celle de Ratha.

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