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«rois se soit réunie sous la direction du IY Mansvet Riedl pour publier, en langue allemande, une Revue hongroise. Le premier volume, celui de 1869, vient de paraître. On y trouve d'abord, après une introduction qui expose le but et l'utilité du recueil, trois études d'histoire naturelle, qui se recommandent à l'attention du public compétent : un aperçu général de la géologie de la Hongrie, par Maximilien Haniken; un coup d'ccil sur la flore des pays unis sous la couronne de Hongrie, avec un mémoire spécial sur les diatomacées, par F. Haszlinsky; un article sur les traits caractéristiques de la faune hongroise, d'après Emerich Frivaldszky. Vient ensuite un mémoire développé et très-intéressant de M. Ludwig Kubiuyi sur la situation politique et économique de la Hongrie. Celte élude fournil de nombreuses données statistiques concernant la population et les productions du pays, ainsi que des renseignements sur la culture intellectuelle des différentes classes de la société el sur les proportions relatives des races diverses qui l'habilent. Les découvertes archéologiques faites récemment en Hongrie font l'objet d'un article du Dr Emerich Henszlmann. Ce savant mémoire est suivi d'une histoire résumée de l'Institut scientifique de Hongrie, avec un compte rendu sommaire des travaux de ses différentes classes, par M. Ludwig Kubinyi. Enfin une galerie des savants hongrois contemporains est inaugurée dans cette livraison par une longue élude sur les œuvres de Julius Schvarcz. On voit que la publication que nous annonçons présente, à plusieurs points de vue, le plus sérieux intérêt; mais un volume semblable chaque année serait sans doule insuffisant pour traiter, même sommairement, tous les sujets qu'embrasse le plan des éditeurs. 11 nous semblerait désirable qu'un recueil de ce genre publiât régulièrement une revue bibliographique de tous les ouvrages de quelque valeur parus en Hongrie, et mil le lecteur, par des analyses et des extraits, au courant du mouvement de la littérature nationale.

ITALIE.

Giornale di scienze naturali ed economiche, pubblicato per cura del consiglio cli perfezionamenlo annesso al R. Insliluto lecnico di Palermo. Anno 1868. Volume IV, fasc. IV. Palerme, imprimerie de Francesco Lao, librairie de Pedone Lauriel frères, 1868 (1869). In-4° de soixante et dix-huit pages et treize planches. — Ce fascicule complète le volume pour l'année 1868 du Journal des sciences naturelles et économiques, publié par les soins du conseil de perfectionnement annexé à l'Institut Royal de Palerme. Dans la première partie, consacrée aux sciences naturelles , on trouve d'abord la suite du mémoire où le professeur Inzenga décrit avec détail de nouvelles espèces de fungi découvertes en Sicile; le commencement de ce mémoire avait paru dans le volume de 1867. Le professeur Luigi Fasche fait connaître ensuite une expérience de physiologie d'où il résulte qu'ayant introduit du cinabre bien pulvérisé dans la veine jugulaire de plusieurs animaux, de chiens et de lapins, des grains de ce cinabre se sont retrouvés à l'épidémie, associés aux corpuscules blancs du sang, dans les cellules du tissu muqueux de Malpighi. M. Fasche s'appuie sur ce fait pour émettre l'hypothèse que les corpuscules blancs du sang pourraient être les véhicules des principes d'infection, et pour expliquer le mode de diffusion à l'épidémie des maladies constitutionnelles. Le professeur Gaétan George Gemellaro continue ses Etudes paléontohgiques par un mémoire sur la faune conchyliologique des terrains calcaires du nord de la Sicile. Enfin un autre mémoire très-étendu de M. Fasche décrit les parasites végétaux et animaux de l'homme. La seconde partie est consacrée à l'astronomie et à la météorologie. On y trouve, outre le résultat donné jour par jour des minutieuses observations météorologiques faites à Païenne pendant les trois derniers mois, divers articles intéressants, tels que la chronique journalière des taches solaires observées à l'equatorial de Merz en août et septembre 1868; des remarques sur la rapidité comparée d'évaporation des eaux de mer et des eaux douces, sur la température de la mer observée au collège nautique de Païenne, etc. De nombreuses planches, exécutées avec grand soin, ajoutent encore à l'utilité et à l'intérêt de cette importante publication.

Docamenti di Sloria italiana pubblicati a cura délia R. deputazione sugli sltidi di Storia paria per le provincie di Toscana, dell' Umbria et délie Marche. Commission! di Rinaldo degli Albizzi per il comune di Firenze dal MCCCXCIX al MCCCCXXXUITomo secundo (i4a4-i4a6). Florence, imprimerie de M. Gellini et C", 1869, in-i" de 613 pages. — Nous avons annoncé dans notre cahier de juillet dernier (p. 448) la publication du tome premier des Commissioni di Rinaldo degli Albizzi, qui a inauguré, en 1867, la grande collection de documents historiques relatifs aux provinces de Toscane, d'Ombrie et des Marches. Dans ce premier volume, les pièces historiques, relations et dépêches diplomatiques concernant les diverses missions confiées par la république de Florence à Renaud d'Albizzi s'arrêtaient à l'année i4a3. Le tome second, qui vient d'être publié, contient la suite de ces pièces importantes depuis l'an i4a4 jusqu'en i4a6. Les documents inédits, réunis au nombre de près de mille dans ces deux volumes, offrent incontestablement un intérêt de premier ordre pour l'histoire de la Toscane au moyen âge; mais, pour en apprécier toute la valeur, il convient d'attendre l'achèvement de l'ouvrage, qui. dans le volume restant à paraître, nous donnera les textes se rapportant aux dernières missions de Renaud d'Albizzi (i4a6-i433). Nous devons néanmoins signaler dès à présent les soins éclairés qu'apporte à cette publication la Commission roynle, et particulièrement son savant président, M. le marquis Gino Capponi. On annonce comme devant paraître prochainement un autre ouvrage faisant partie de la même collection Chronache délia città di Ferma dali anno l UU1 al 1551, avec un appendice contenant plusieurs documents très-anciens.

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Renaissance de la physique cartésienne ( 1" article de M. J. Bertrand.)

Histoire de la philosophie cartésienne, par Francisque Bouiller. (I" article de

Vf. Ad. Franck.) d9'

La vie ou la légende de Gotama. ('i' article de M. Barthélémy Saint-Hilaire )

Collection des historiens auciens et modernes de l'Arménie, etc. par Victor Langlois. ( 1" article de M. Ed. Oulaurier.)

Nouvelles 'itldraircs

K1N DK LA TAUI.E.

b26 638

DES SAVANTS.

NOVEMBRE 1869.

Mebaugis De Portlesguez, roman de la Table ronde, par Raoul de Houdenc, publié pour la première fois par H. Michelanl. Paris, >869.

PREMIER ARTICLE.

Analyse du poème.

Il faut donner, dans le genre des poèmes d'aventure et de Table ronde, une bonne place à Meraugis de Portlesguez. C'est, dit l'auteur:

contes de courtoisie.

Et de biax motz et de (ilaisanz.
• Nuls, s'il n'est cortois et vaillanz,

N'est dignes du conte escouter,
Dont je vous voil les motz conter. (P. 2.)

Ce témoignage, qu'il se rend, ne surfait point l'œuvre; elle est de courtoisie, les mots en sont beaux et plaisants; et, si, dans le temps, elle a réjoui les courtois et les vaillants, elle peut plaire encore aujourd'hui aux curieux de la vieille langue et de la vieille imagination.

Raoul de Houdenc vivait à la fin du xn° siècle et au commencement du xme; il était de Picardie, d'un village nommé Houdenc. Il y a aujourd'hui, en Picardie, trois villages de ce nom : Hodenc-l'Evêque, Hodenc-en-Vimeu et Hodenc en Bray; on ne sait auquel de ces trois Hodenc appartient notre trouvère. Picard d'origine, il ne l'est pas de langage; il use du dinlecte de l'Ile de France, et du beau français, au témoignage d'un trouvère à peu près contemporain. En effet, Huon de Mery, dans son Tournoiement de l'Antéchrist, écrivit, vers 1228:

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Moult mis granl force à eschever
Les dis Raoul et Crestien,
Qu'onques bouche de creslien
Ne disl si bien comme il disoient.
Mais quant il distrenl, il prouvoient
Le biau frauçois Irestoul à plain. . .

«(Que faut-il entendre par là? dit M. Michelant. S'agit-il seulement K de la pureté du langage? Pour nous, nous sommes porté à croire que « le beau français comprenait toutes les qualités qui constituent le talent «de l'écrivain. Raoul occupait donc parmi ses contemporains, de leur «aveu, un rang distingué comme poëte, et sa naissance doit jeter « quelque lustre sur le pays, sur la province qui l'ont vu naître. »

Raoul mena une vie errante et vagabonde; car il dit dans le Songe d'enfer:

je vieng de Sassoigne

Et de Champaingne el de Bourgoingne,
De Lombardie et d'Engleterre;
Bien ai cercliie toute terre.

Telle est sa réponse aux interrogations de Belzébuth; et, lors même qu'il y aurait quelque exagération dans ces paroles, on peut facilement admettre, dit M. Michelant, qu'il fut un de ces ménestrels errants qui s'empressaient de visiter les cours, et les châteaux où. se célébraient des fêtes et des tournois. C'est là, et à ces occasions, que s'exerçait la libéralité des seigneurs à l'égard des trouvères, des ménestrels, des jongleurs. Aussi la libéralité est-elle une vertu particulièrement célébrée dans les vers; et Raoul ne fait qu'exprimer ce que tout ménestrel ressentait quand il dit:

Largesce est tiex que de lui meuvent
Li bien; biauté, sens ne proesce
Ne valent noient se largesce
I faut; que largesce enlumine
Proesce; largesce est medeine
Por quoi proesce monte en haut.
Nuls ne puet, se largesce i faut,
Conquerre pris par son escu. (P. 171.)

Avant de raconter le poëme, je ne peux mieux faire que d'en exprimer le caractère par les paroles de M. Michelant : « Lorsque Raoul écri«vit Meraugis, les récits de la Table ronde, soit en vers, soit en prose, «avaient rejeté au second plan toutes les productions ne se rattachant «pas à ce cycle, qui réalisait d'une façon si merveilleuse l'idéal de la «chevalerie errante. Rien n'était plus naturel que d'aller y chercher des «inspirations; quant au modèle, on ne pouvait en trouver de meilleur «que Chrestien de Troyes, et c'est celui dont Raoul se rapproche le «plus. Son choix, il est vrai, ne lui laissait plus la liberté absolue des «caractères; ils avaient été tracés d'une manière si frappante, qu'il fal«lait absolument les adopter tels qu'ils avaient été présentés d'abord. « Raoul tourna la difficulté habilement en plaçant au second rang les «personnages qu'il ne pouvait modifier, et qui gardèrent leur origina«lité. Keux ne cessa pas de se montrer vantard et médisant; Gauvain « fut toujours le plus vaillant des chevaliers de la cour d'Artus; mais les «héros du roman, Meraugis, Gorvein Cadrus, Laquis, l'Outredouté, « Lidoine et Avice, sont des créations neuves; et l'imitation, lorsqu'elle «parait, se déguise sous des traits particuliers. Si l'aventure de Gauvain «rappelle par quelque côté celle du Chevalier au Lion, elle se termine « d'une manière tout imprévue; et l'on pourrait en dire autant des autres « épisodes pris séparément. En puisant dans ce fonds commun d'aven«tures, dites de la Table ronde, Raoul leur a donné le tour propre à son «imagination.» (P. xn.)

Le commencement et en même temps le nœud du roman est original et ingénieux. De même que les chevaliers étaient des modèles de vaillance et de courtoisie, de même les dames qui présidaient à leurs exploits resplendissaient de beauté et de sagesse; et la prouesse, au sens ancien, n'était pas moins l'apanage des dames que des chevaliers. C'est ainsi qu'à un tournois parut Lidoine, princesse de Carnalon. Deux chevaliers de haut renom y vinrent aussi, Meraugis de Portlesguez et Gorvein Cadrus. Une étroite amitié les unissait; tout était commun entre eux, gains et pertes. Gorvein, le premier, voit Lidoine, et il en devient éperdument amoureux; peu après, Meraugis est frappé d'un trait non moins pénétrant. Bientôt les amis, qui ne connaissent pas la passion l'un de l'autre, se rencontrent; et ils se font réciproquement des confidences dangereuses pour leur amitié. Tous deux aiment, mais ils aiment tout différemment; Gorvein vante sans mesure la beauté de la dame; à quoi Meraugis répond que, si, en elle, 1 honneur n'était égal à la beauté, en vain serait-elle plus belle encore, elle ne mériterait pas d'être aimée. Gorvein n'accepte pas cette restriction, et il s'écrie:

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