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L'auteur de ces Causeries a marqué plus d'une fois le désir de les clore au moins sous forme de recueil distinct; et toujours l'impulsion qu'il s'était donnée l'a entraîné plus loin qu'il n'avait prévu. Aujourd'hui voici un douzième volume qui sera bien probablement le dernier à ranger sous le titre actuel, car les éditeurs MM. Garnier ont acquis, à ce nombre déterminé de douze volumes, la propriété des Causeries du Lundi ; ils ne négligeront rien de concert avec l'auteur pour en perfectionner l'édition qui en ce moment recommence de nouveau par les premiers volumes. Celuici contient quelques articles qui pourraient s'appeler à plus juste titre Causeries du samedi, ayant paru d'abord à ce jour de la semaine dans l'Atheneum. On les a réunis à ceux que l'auteur a depuis donnés dans le Moniteur à son jour ordinaire, et ils n'en different en rien.

Janvier 1857.

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28 juillet 1855.

LES CHANTS MODERNES

PAR

M. MAXIME DU CAMP

Paris, Michel Lévy, in-8°, avec cette épigraphe :

« Ni regret du passé, ni peur de l'avenir. )

Il y a de la critique et de la bonne critique de nos jours pour les ouvrages de prose : il y en a peu et trèspeu pour les ouvrages de poésie. Cela tient à plus d'une cause, et surtout à ce revirement perpétuel des écoles poétiques qui se succèdent en s'efforçant de se détruire les unes les autres. Et non-seulement chaque école qui s'élève en veut à mort à l'école qui a précédé, mais les branches d'une même école n'ont rien de plus pressé que de se fractionner et de réagir contre leurs voisines et leurs parentes : on a hâte de faire secte. Cet esprit, le plus contraire à celui de la grande et intelligente poésie, produit des jugements systématiques, engouement et anathème, mais le tout se passant le plus souvent entre soi, entre artistes et gens du métier : le public, même celui qui s'occupe volontiers des lettres sérieuses, reste indifférent et regarde ailleurs.

L'ancienne tradition s'étant rompue, la nouvelle n'ayant pris ni le temps ni le soin de s'établir, il en résulte une grande incertitude dans les jugements : une très-belle cuvre, neuve et émouvante, saisirait sans doute et réunirait les esprits, mais de simples vers où il y a du talent n'ont plus ce pouvoir. Ce mot de talent couvre d'ailleurs trop de choses bien diverses, des qualités et des défauts qu'on ne se donne plus la peine de discerner. Essayons une fois, et par un exemple, de revenir à la vraie critique des poëtes, à la critique qui tient compte de l'ensemble, mais qui ne craint pas d'entrer dans le détail.

M. Maxime Du Camp nous en fournit l'occasion et le sujet. Dans le volume qu'il intitule Chants modernes, il a eu plus d'un dessein : il n'a pas voulu seulement recueillir les vers personnels et lyriques dans lesquels il a célébré ses rêves, ses désirs, ses amours, ses tristesses et ses souvenirs, il a prétendu ouvrir la route à des chants nouveaux, à l'hymne des forces physiques, des machines et de l'industrie. Il a fait précéder son recueil d’une Préface altière, militante, pleine de prédictions et de promesses, comme le sont les préfaces de poëtes. Lui aussi, il vient de lever à son tour son drapeau et de faire sa proclamation. Il mérite d'être examiné.

Et un mot d'abord sur l'école à laquelle il appartient et d'où il est sorti. Un homme qui depuis trente ans tient un des premiers rangs dans la poésie française, et qui a lui-même traversé bien des phases, a vu se rattacher à lui et s'en détacher, pendant cette longue durée plus d'un groupe, plus d'une colonie de disciples et d'imitateurs. Il y en a qui n'ont jamais pu suivre M. Victor Hugo au delà de ses premières Odes et Bal

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