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1846 Edit imperial donné le 20 Février 1846 à

Peckin en faveur de la religion chrétienne.

Ki-Ing, membre de la famille impériale, sous-précepteur du prince héritier, vice-grand-chancelier, directeur du ministère de la guerre, membre du censorat, gouverneur-général de Kwan-Tung et Kwangsi, etc., etc.;

Et Hwang, membre du ministère de la guerre, gouverneur de Kwang-Tung, etc., etc.,

Promulgent, après l'avoir respectueusement copié, le décret impérial suivant, porté le 25. jour de la première lune de la 26. apnée de Taokwang (20 février 1846), en réponse à un mémoire présenté devant le trône, dans le but d'assurer l'immunité à ceux qui professent la religion du seigneur du ciel.

Edit. „Dans une circonstance antérieure, Ki-Ing et autres nous ayant soumis une pétition demandant que ceux qui professent par des actes vertueux la religion du seigneur du ciel, fussent exempts de punition, et que ceux qui élèvent des églises, qui s'y assemblent pour prier, vénèrent la croix et les images, lisent et expliquent les livres sacrés, ne fussent point empêchés d'agir de la sorte: tout cela fut accordé. La religion du seigneur du ciel instruisant et guidant les hommes à bien faire, différe immensément des sectes illicites et hétérodoxes, et, partout, on lui avait déjà accordé une pleine tolé

Il est juste, de même, qu'on accorde en sa faveur ce qui nous est demandé dans la circonstance présente.

„Que toutes les anciennes églises; donc, qui furent construites dans le temps de Kang-Hi, et qui ont été conservées jusqu'à présent, soient rendues aux chrétiens des lieux respectifs, après que l'autorité en aura fait l'examen, et reconnu clairement le fait. Nous en exceptons les églises qui ont été converties en pagodes ou en maisons bourgeoises. „Si, après la promulgation de ce décret dans les

provinces, les autorités locales poursuivent illégalement et arrêtent des chrétiens qui ne soient pas malfaiteurs, les justes châtimens fixés par la loi seront infligés à ces magistrats réfractaires.

„Mais si on prend prétexte de la religion pour faire

rance.

le mal, ou que l'on assemble les populations des villes 1846 éloignées pour les, séduire, ou que les malfaiteurs d'une autre secte, en empruntant le nom de la religion du seigneur du ciel, créent du désordre, transgressent les lois ou excitent à la rébellion, leurs crimes respectifs devront être punis d'après les lois existantes de l'empire.

„Egalement, afin de mettre plus en évidence les distinctions convenables, il demeure établi que, d'après les réglemens en vigueur, les étrangers des différentes nations sont sous la défense de pénétrer dans l'intérieur du pays pour y propager la religion.

„C'est pour ces motifs que ce décret est porté. Faites-le connaître.

De par l'Empereur." En conformité avec notre droit (continuent les commissaires impériaux), nous avons copié ce décret, et le promulguons maintenant. Que tous les magistrats, l'armée et le peuple y prêtent l'obéissance qui est due, sans apporter le moindre obstacle.

Proclamation Spéciale. Canton, le 21. jour de la 2. lune de la 26. année de Taokwang (c'est-à-dire le 18 mars 1846).

1

Les Archives du commerce à Paris font les remarques suivantes sur le précécent Edit de l'empereur de

Chine :

En examinant attentivement ce bill d'émancipation, on y trouve trois dispositions de la plus haute importance pour la sécurité des chrétiens dans la vaste étendue de l'empire de Chine:

La première, c'est le renouvellement pur et simple des concessions que M. de Lagrenée avait obtenues du commissaire impérial Ki-Ing, sous des restrictions mal sonnantes empruntées aux édits qui avaient proscrit la religion chrétienne en Chine.

La seconde, c'est la restitution des églises chrétiennes qui ont échappé à l'injure du temps et à la profanation des Bouddhistes; concession immense qui n'a pas besoin de commentaires.

Enfin, les peines portées contre les magistrats qui, entraînés par de vieilles haines ou par une cupidité plus coupable encore, continueraient de poursuivre les Tome IX.

E

Recueil gén.

1846 chrétiens pour cause de religion. Les journaux de Chine

regardent cette dernière disposition comme fondamentale pour l'exécutiou des volontés suprémes de l'empereur céleste, et s'étonnent que la France ait eu un ascendant assez puissant pour l'obtenir.

Pour nous, nous croyons que l'empire du milieu a voulu nous donner par là un témoignage irrécusable de sympathie, et on doit lui savoir gré d'avoir compris qu'en dehors des transactions commerciales, il existe pour la France un ordre d'idées auquel elle est glorieuse de s'intéresser, même lorsqu'il s'agit des peuples les plus lointains.

10. Correspondance diplomatique entre le ministre des affaires étrangères du Mexique et M. Slidell plénipotentiaire des Etats-unis d'Amérique. A. S. E. Don Joaquin Castillo y Lanzas, Ministre des affaires étrangères et de l'intérieur à Mexico.

Jalapa, 1 Mars 1846. Le Soussigné, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire des Etats-unis d'Amérique près la république du Mexique, a eu l'honneur d'adresser à S. E. Don Manuel de la Pena y Pena alors Ministre des affaires étrangères, à la date du 8 Décembre dernier, une copie de ses lettres de créance, en le priant de vouloir bien l'informer de l'époque à laquelle il lui serait permis de présenter l'original au président de la republique du Mexique. A la date du 16 Décembre 1845 le Soussigné reçut avis de M. Pena y Pena que la teneur de ses lettres de créance soulevant des difficultés, il était urgent de consulter le conseil du gouvernement, et le 20 du même mois il lui fait notifié par M. Pena y Pena, que le gouvernement mexicain avait arrêté de ne pas le reconnaitre en sa qualité d'Envoyé extraordinaire et de Ministre plénipotentiaire.

A la reception de ces dépêches du Ministre des affaires étrangères, le soussigné a répondu à la date des 20 et 24

Décembre, en réfutant les argumens à l'aide desquels on 1846 prétendait soutenir le refus de le reconnaitre, et en justifiant la conduite de son gouvernement; il annonçait en même temps sa résolution de se rendre à Jalapa, pour y attendre des instructions en rapport avec des circonstances aussi inopinées. Il a déja reçu ses instructions.

Le président des Etats-Unis approuve complètement la conduite observée par le Soussigné, ainsi que les termes de sa correspondance avec le gouvernement Mexicain. Si les autorités qui dirigeaient alors les affaires existaient encore, il n'y aurait plus d'autre alternative que d'ordonner au soussigné de prendre ses passeports, et dans ce cas, le président des Etats-Unis aurait fait connaître au congrès tout ce qui s'était passé en en appelant à la nation pour défendre la justice de ses droits et de son honneur outragé. Mais, à partir de cette époque, les destinées de la république mexicaine ayant été confiées à d'autres mains, le président ne veut pas adopter une mesure, de laquelle résulterait infailliblement la guerre, saps tenter un nouvel effort

pour

éviter une si grande calamité; il veut épuiser tous les moyens honorables de conciliation, afin de prouver au monde civilisé que si la paix est troublée, la faute en doit retomber sur le Mexique. Il désire donc sincérement la paix; mais l'attitude hostile du Mexique n'est pas compatible avec la dignité ni l'intérêt des Etats-Unis, et c'est au Gouvernement mexicain à décider s'il entend faire succéder des négociations amicales, ou s'il préfère en venir à une rupture ouverte.

Il est inutile de reproduire les argumens que le soussigné a eu l'honneur de développer dans ses notes des 22 et 24 décembre, et auxquelles il a déjà été fait allusion; il n'a rien à y ajouter; mais il a ordre de soumettre ces notes à l'attention du président intérimaire de la république mexicaine, le général Mariano Paredes y Arrillaga.

Le soussigné prend la liberté de rappeler respectueusement à V. E. qu'après avoir eu tout le temps nécessaire pour réfléchir avec maturité sur tant de graves intérêts impliqués dans la question de sa reconnaissance officielle, on doit lui permettre d'espérer que dans le plus bref délai possible, il lui sera notifié la résolution définitive de S. Ē. le président intérimaire, et il se flatte de l'espoir que cette résolution sera telle qu'il en résul

1846 tera le rétablissement d'une cordiale et perpétuelle ami

tié entre les deux républiques.

Le soussigné saisit cette occasion d'offrir à S. E. D. Joaquin Castillo y Lanzas, l'assurance de sa considération distinguée.

Signé: JOHN SLIDELL.

A. S. E. M. John Slidell.

Mexico, le 12. mars 1846. Le soussigné, ministre des affaires, étrangères et de l'intérieur de la république, a l'honneur d'accuser réception de la note que S. E. M. John Slidell, ministre plénipotentiaire et envoyé extraordinaire des Etats-Unis d'Amérique, a bien voulu lui adresser de Jalapa à la date du 1. présent mois. Aussitôt

que

la note ci-dessus mentionnée a été remise entre les mains du soussigné, il s'est empressé de la communiquer à S. E. le Président intérimaire, qui, après en avoir étudié attentivement la teneur, et après mûres réflexions sur cette affaire, a bien voulu ordonner au soussigné de faire savoir en réponse à M. Slidell, comme il en a l'honneur, que le Gouvernement mexicain ne peut le recevoir comme envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire près du Gouvernement.

Ici, le soussigné devrait considérer sa note comme close; mais les motifs les plus graves lui font regarder comme une nécessité de soumettre quelques réflexions à ce sujet, et il les soumet, non par crainte des conséquences que doit entraîner cette mesure décisive , respect pour la raison et pour la justice.

Il est bien certain que tout ces appareil de guerre de l'Union américaine, la présence de ses escadres dans nos mers et sur les deux rivages de la côte; la marche des troupes d'invasion qui envahissent nos frontières du nord, et la présence d'un plénipotentiaire qui prétend adresser au Gouvernement mexicain des propositions de paix et de conciliation, suffiraient pour ne rien écouter, tant que notre Gouvernement y verrait une menace et tant qu'on ne désavouerait pas jusqu'à ces apparences d'hostilité. Mais il faut passer outre, et le Gouvernement de la république consent à une discussion franche

mais par

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