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auteurs.

Ecu

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AVANT-PROPOS

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Ce qui frappe par-dessus tout, quand on étudie l'histoire des peuples pour rechercher les rapports qui régissaient entre elles les diverses nations, c'est la division saillante des siècles en époques distinctes, quoiqu'unies entre elles par d'indissolubles liens. Chacune de ces époques est marquée par un adoucissement lent mais progressif des mesures arbitraires et haineuses auxquelles les étrangers étaient soumis : on voit se former dans le droit international un principe d'action qui tend à prévaloir, qui rencontre autour de lui des obstacles plus ou moins héroïques ou désespérés, qui les surmonte, se fortifie et finit par l'emporter sur des théories fausses

et des notions barbares. Après bien des luttes, ce en principe de progrès et de civilisation est arrivé aujour

d'hui à imprimer aux relations que les nations entretiennent entre elles un caractère d'unité et de fraternité qui va chaque jour grandissant; et nous ne sommes guère éloignés du moment où nous pourrons dire : «Il n'y a plus de frontières!» et répéter, avec Alexandre-le-Grand, ce glorieux aphorisme, qu'il proclamait dans un Édit immortel : « Les honnêtes

: gens de tous les pays sont frères; les méchants sculs sont étrangers. »

A l'origine des sociétés, régnait, on le sait, le patriotisme le plus étroit, l'individualité la plus excessive. Renfermé obstinément dans les limites mesquines de sa souveraineté, chaque État bannissait l'étranger de son sol, ne voyant en lui qu'un être malveillant et dangereux du contact duquel il fallait à tout prix se garder. On comprend dès lors, comment, sous l'empire de ces sentiments égoïstes, les premiers peuples, tout entiers à leur haine contre les étrangers, n'aient entretenu avec eux que des relations empreintes de ruse et de perfidie.

L'histoire, quelle que soit la page que nous parcourions, nous signale cette hostilité barbare et irréfléchie; tantôt elle nous montre les sacrifices humains dont le roi Busiris ensanglantait son règne,

Quis inlaudati nescit Busiridis aras? — lorsqu'il immolait sur l'autel de ses dieux, les malheureux que l'infortune jetait sur le sol de l'Égypte; tantôt elle nous présente les Grecs reprochant à Iphicrate, à Antithée, ou à Périclès le sang étranger que leur a donné leur mère; tantôt enfin elle nous dit que les étrangers étaient considérés à Rome comme des ennemis et ne pouvaient pas porter les mêmes vêtements que les citoyens Romains.

Dans l'antiquité, l'exclusivisme religieux et politique était l'unique fondement des rapports internationaux, chaque peuple se proposant, comme but dernier, le triomphe de sa croyance, la suprématie de ses armes et de sa civilisation. La haine de l'étranger, en un mot, faisait partie de l'amour de la patrie.

Pour vaincre ces idées barbares, pour couper ces

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