La brousse calédonienne: transformations et enjeux : actes du XXe colloque CORAIL

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Harmattan, 2010 - 202 pages
Dans la langue française, il existe bien des termes à la fois fort usités et fort imprécis : le mot " brousse " en fait partie. La polysémie du terme tient avant tout à la multiplicité des représentations. Un des sens les plus anciens fait référence à des types particuliers de végétation, notamment à cette fameuse " brousse tigrée " d'Afrique. Du sens biogéographique à une consonance mettant en avant l'aspect " sauvage " de certains espaces, il n'y a qu'un petit pas à franchir. La brousse est alors représentée comme un domaine inculte, dans lequel un petit nombre d'hommes, tombe sous l'emprise d'une Nature dans laquelle la faune est hostile et les esprits chatouilleux. Le mot fait d'ailleurs passer un petit frisson d'aventure dans les romans où il est employé. La brousse s'oppose alors au monde " civilisé " qui constitue la norme. Dans de nombreuses acceptations du terme, la brousse apparaît d'abord comme un espace " loin de la ville " sans être synonyme de campagne, cette dernière apparaissant comme " civilisée ". En Nouvelle-Calédonie, la connotation péjorative vulgarisée en Europe (" venir de sa brousse ", voire " de sa cambrousse " n'est guère laudatif) laisse place à une revendication identitaire incarnée par le personnage haut en couleur du " broussard ". Dans ce pays et dans bien d'autres, la brousse, du fait qu'elle correspond à des espaces précis, est devenue territoire et toponyme. On l'a alors habillée d'une majuscule. Le XXe colloque CORAIL a été l'occasion de donner la parole à divers spécialistes de la brousse et de la Brousse calédonienne, issus de différentes disciplines. Ce colloque était l'aboutissement d'un programme financé par le Ministère de l'Outre Mer, consacré à " La Brousse calédonienne face au développement économique. Programme d'aide à la décision de mise en place de projets de développement ". Aujourd'hui, la Brousse n'est-elle pas en train de mourir ? N'en déplaise aux nostalgiques du passé, il s'agit là d'une transformation irrémédiable. Par contre, il semblerait important que les valeurs qui lui sont attachées ne disparaissent pas.

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