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polonais, né en 1534 de parents catholiques au temps où la Réforme s'introduisit en Pologne, Il embrassa la foi calviniste à laquelle se rattachaient la plupart des membres de la noblesse polonaise. En 1557, il alla étudier à Strasbourg, à Bale, à Berne, à Genève, à Zurich, et entreprit dans la suite une série de voyages, soit en qualité de précepteur de jeunes nobles polonais, soit comme envoyé politique. Nous le trouvons en cette qualité en France en 1558, en Italie en 1560, à Heidelberg en 1563, à Genève en 1564, à Paris en 1567, en 1571 et 1572 à Heidelberg et à Francfort en 1579. En 1570 et 1571, Lasicki confère avec les philippistes à Wittemberg et à Leipzig. Le roi Etienne Bathory l'accrédita en qualité d'ambassadeur à diver-ses cours. Puis il se retira dans sa patrie pour s'occuper de travaux littéraires, et mourut probablement en l'année 1599. Lasicki, dont ses contemporains vantent la piété et l'érudition, prit une part importante au mouvement religieux de son temps, en particulier à la propagation de la doctrine évangélique en Pologne. Il polémisa avec vigueur contre les jésuites d'une part, contre les anabaptistes antitrinitaires de l'autre, et se sentit vivement attiré parla communauté des Frères de Bohème qui étaient établis en Pologne depuis 1548 et représentaient l'élément unioniste au sein du protestantisme polonais. Outre un certain nombre d'ouvrages purement littéraires, on a de Lasicki : 1° Veræ religionis apologia el falsæ confulatio, Spire, 1582; 2° Cantionale ad usum confessionnis Bohemicæ, Thorn, 1611 ; 3° Epistola ad Volanum, in qua de judice controversiarum fidei, an sil Scriptura, disserit, 1620; 4. Historia ecclesiastica de disciplina moribus, et institutis fratrum Bohemorum, Amsterd., 1640 et 1660, son ouvrage principal ; 5° De Russorum Moskovitarum et Tartarorum religione, sacrificiis, nuptiarum ac funerum ritu, e diversis scriptoribus, Spire, 1582. – Voyez Comenius, dans la préface de l'édition de l'Histoire des Frères de Bohême ; Gindely, Gesch. der bæhm. Brüder, II, 90 ss. ; Lukaszewicz, Gesch. der reform. Kirchen in Litthauen, II, 182 ss., et l'article de Wagenmann, dans la Real-Encykl. de Herzog, XIX, 770 ss.

LATIMER (Hugh), fils d'un fermier du comté de Leicester, naquit à Thurcastone vers 1485. Envoyé à Cambridge en 1506, pour s'y préparer à la prêtrise, il se montra si attaché aux doctrines papistes, qu'il fut nommé porte-croix de l'université, honneur « réservé à ceux qui surpassaient tous les autres, par la sainteté de leur vie. » Les idées réformées comptant à Cambridge de pieux représentants, comme Bilney, Stafford, etc., Latimer les combattit avec violence et se fit contre eux le champion de l'Eglise et des vieilles traditions universitaires. Il avait atteint l'âge de quarante ans (1524), lorsqu'à l'occasion de sa promotion au baccalauréat en théologie, il prononça un virulent discours contre Mélanchthon et les réformateurs. Bilney, qui l'entendit, fut touché du zèle sans connaissance déployé par Latimer. Il se rendit auprès de lui, lui raconta comment il était arrivé à la foi évangélique, et toucha si fort son adversaire par cette confession, que celui-ci se mit aussitôt à étudier les Ecritures. Cette conversion soudaine fit grand bruit, mais nul n'en contesta la sincérité. Latimer demeura néanmoins, comme ses amis, au service de l'Eglise. Seulement dès lors abandonnant les cuvres mortes et les vaines pratiques, il s'appliqua à visiter les pauvres, les malades, les lépreux, les prisonniers et prêcha la justification par la foi. Grâce à la protection de Wolsey, les novateurs jouirent d'une grande liberté. L'évêque d'Ely lui-même les autorisa à prêcher dans son diocèse, mais Latimer ayant insisté un jour devant lui sur les devoirs des pasteurs, il lui ferma ses chaires et l'accusa devant Wolsey qui, satisfait de ses réponses, lui donna licence de prêcher dans toute l'Angleterre. Latimer profita de cette autorisation pour combattre ouvertement l'idolàtrie papale, la simonie et la conduite immorale du clergé. Durant trois ans, par sa parole ferme, pratique et populaire, il gagna dans la jeunesse de l'université de nombreux adhérents à la Réforme. En décembre 1929 il prononça ses fameux sermons sur les « cartes du Christ, » et apprit à ses auditeurs que le moyen certain de gagner toujours, c'était de suivre la règle du Christ et pour la connaître d'étudier les Ecritures, selon la lettre et selon l'esprit. Buckenham, prieur des dominicains, répondit à ses prédications par le « jeu de dés de Noël » et chercha à prouver par quatre docteurs de l'Eglise et par cinq passages du Nouveau Testament, que la lecture de la Bible était dangereuse et inopportune. Latimer n'eut pas de peine à réduire son adversaire au silence, et la renommée de son talent étant parvenue jusqu'au roi, Henri VIII l'invita à prêcher à la cour pendant le carême de 1530. Les prédications du réformateur plurent fort au monarque qui le nomma l'un de ses chapelains, malgré une lettre pressante que celui-ci lui avait adressée, en vue d'obtenir la libre circulation des Ecritures. — Bientôt fatigué de la vie de cour, Latimer demanda et obtint le rectorat de West-Kington, petite localité près de Bristol. Quelque paisible que fùt cette retraite, elle ne le demeura pas longtemps pour Latimer dont les prédications irritèrent ses voisins ignorants et superstitieux. Une prédication qu'il fit à Londres en 1531 lui attira aussi le mauvais vouloir de l'évêque Stokesley qui le fit mander en 1532 devant la Convocation. Après de longs débats Latimer consentit à rétracter ses principes évangéliques; mais bientôt rendu honteux de sa lacheté, il reprit plus énergiquement ses prédications contre les superstitions romaines. En 1534 et en 1535, Latimer prècha de nouveau devant le roi et dans plusieurs villes du sud de l'Angleterre. Son renom ne cessait de grandir, aussi en septembre 1533 fut-il nommé évêque de Worcester. Dans cette haute situation, qu'il dut en partie à l'amitié d'Anne de Boleyn, de Cranmer et de Cromwell, il se montra pasteur zélé et de plus en plus désireux de réformer l'Eglise. Il se lia avec les réformateurs du continent et prit une part active aux grands débats de son temps. Mais en juillet 1539 ayant refusé d'accepter les six articles d'uniformité de Henri VIII, articles plus connus sous le nom «d'articles de sang, » il crut devoir donner sa démission d'évêque sur le faux avis que le roi la désirait. Henri vit au contraire dans cette retraite un blâme non déguisé de ses actes. Il retira à Latimer toute licence de prêcher, et le fit enfermer

dans le palais de l'évêque de Chichester à Londres, puis plus tard à la Tour. Cette détention dura jusqu'à l'avènement d'Edouard Vien 1547. Vainement la Chambre des communes offrit à Latimer de lui rendre son évêché; il refusa, estimant avec raison qu'il était plus apte à édifier l'Eglise qu'à l'administrer. Ayant de nouveau obtenu le droit de précher, il se fit entendre à Londres, à la cour et dans divers comtés de l’Angleterre, devant des foules considérables. Prédicateur pratique, il combattait les abus de la religion romaine, les faux miracles, le luxe et l'insolence des prêtres ; il revendiquait le droit des pauvres et se faisait le censeur des grands et des petits. Par cet enseignement qui reposail sur une étude constante des Ecritures et dont la forme pittoresque, incisive et variée le rendait accessible même aux plus ignorants, Latimer devint un pouvoir dans l'Etat et une colonne dans l'Eglise. Les pauvres regardaient à lui, comme autrefois les Israélites à leurs prophètes; ils le considéraient comme un protecteur que leur avait donné la Providence pour les défendre contre la rapacité des riches et la tyrannie des juges. Dans la résidence de Lambeth où il vivait souvent auprès de son ami Cranmer, la foule des opprimés l'assiégeait chaque jour. Il ne pouvait, disait-il, se retirer avec ses livres tant le nombre des victimes des délais de la loi était considérable. Mais il s'en consolait dans la pensée du grand ministère qu'il avait ainsi à accomplir. — Jusqu'en 1548, Latimer, qui n'était point théologien, avait cru à la transsubstantiation. Cranmer le convertit aux idées calvinistes sur la cène, mais il repoussait la doctrine de la prédestination du réformateur de Genève et croyait à l'universalité de la rédemption. Il était en tournée de prédication dans le comté de Warwick lorsqu'on lui apprit qu'un émissaire de Marie la Catholique, qui avait succédé à Edouard VI en 1553, cherchait à s'emparer de sa personne. Il aurait pu fuir, mais il ne le voulut pas. Il déclara au messager qu'il se rendrait librement à Londres, pour y confesser sa foi. Le 13 septembre 1533 il comparut devant le Conseil et fut enfermé à la Tour d'où on le transféra en mars 1554 à Windsor, puis à Oxford. Son procès s'engagea devant la Convocation. Comme on l'invitait à discuter les articles qui lui étaient opposés, il déclara qu'il se contenterait d'exposer sa foi, laissant ensuite à ses juges le soin de disposer de lui. Après sept mois d'attente, il fut condamné au feu le 1er octobre 1556 et brûlé vif seize jours après. Ses souffrances furent très courtes, tandis que son compagnon de martyre, Ridley, lutta longtemps dans d'affreuses tortures. Latimer a laissé en Angleterre le renom d'une nature simple, honnête et cordiale. Fermement attaché à la foi évangélique, il se montra conciliant dans les questions secondaires ; peur instruit, il fut puissant par sa connaissance pratique des Ecritures, qui fit de lui l'un des plus grands prédicateurs populaires de langue anglaise. Un choix de ses Sermons a été publié par la Soc. des Traités relig. de Londres et par la Parker Society. Voyez : Foxe, Martyrologium, et surtout Demaus, Hugh Latimer, Londres, 1869. L. RUFFET.

LATINE (Eglise). Voyez Eglise catholique.
LATITUDINAIRES, nom tiré du latin latitudo, largeur, et donné, à

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l'édition des cuvres du grand orateur rin (Bale, 1553, in-fo).

l'an 1475, à Cambron, dans le Hainaut, ii 1344, fut un des théologiens scolase son époque. Docteur et professeur en Louvain, il écrivit contre Luther et contre violence. Savant, du reste, il écrivait le dition était fort étendue, mais son style grossier. Appelant sur ses adversaires les éculière, il blåmait en outre l'étude des cture des saintes Ecritures. Il a donné un ité de l'étude de la théologie, dans lequel il lastique. Tous ses livres de controverse qui 'ecueillis par son neveu Jacques Latomus, parut à Louvain en 1550.

(Henri de), vicomte de Turenne, fils de ‘rgne, duc de Bouillon (voir ce mot) et d'Elilu prince d'Orange, naquit à Sedan en 1611. spositions pour l'étude, et, à peine agé de "pprentissage des armes sous ses oncles Maude Nassau. Il revint à l'âge de dix-neuf ans et reize années plus tard il était maréchal de des plus grands capitaines de son siècle. La Condé avait quelque chose de plus brillant; la ence et de calcul, comme il convenait au preJe, était plus sûre et plus féconde en résultats. Rhin de 1643 et 1644 montra tout ce que peut ennemi supérieur en nombre. Bien que battu à Mercy, il le força cependant à reculer. A Nordommandait en chef, le félicita sur le champ de véritable vainqueur. L'année suivante, par des

la prise de places importantes, il contraignit e à demander la paix. Celui-ci l'ayant violée arenne retourna en Allemagne, défit Melander et merhausen, s'empara de presque toute la Bavière ni le traité de Westphalie (1648). — Au commenes de la Fronde, Mazarin s'efforça de s'attacher le e; mais les charmes de Mile de Longueville l'emoffres du ministre. Turenne rentra en France avec naçantes et ne s'ensuit en Hollande qu'après avoir ses troupes, adroitement débauchées par Hervart. de Ruel (1649), il embrassa ouvertement le parti de l'arrestation des princes (1650), arma avec l'argent

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