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Georges-Ernest Stahl, né en 1660, mort en 1733. Herman Boerhaave,

né en 1663, mort en 1739. En nous reportant à la chimie de Stahl, telle que nous l'avons envisagée (cahier de mai 1856), et en nous rappelant que son célèbre auteur n'a admis que trois éléments dans les plantes et les animaux, le phlo. gistique, l'eau et la terre vitrifiable, nous verrons l'impossibilité où il s'est trouvé d'expliquer la composition d'aucune série des principes immédiats des corps vivants; ceux de leurs principes appelés aujourd'hui organiques, ne contenant pas de terre vitrifiable, ne devaient contenir, selon sa doctrine, que du phlogistique et de l'eau. D'un autre côté, l'air étant à ses yeux un élément auquel il refusait la propriété de s'unir à aucun corps,

l'azote se trouvait exclu de l'organisation. Toute théorie sur la composition élémentaire des principes immédiats organiques était donc impossible, et, d'ailleurs, Stahl ne s'occupa pas de l'analyse immédiate.

Cependant nous ne poserons pas en principe que la théorie dite du phlogistique était incompatible avec l'analyse organique immédiate; car de véritables découvertes, concernant cette analyse, furent faites pendant la période de temps qui commence à Stahl et finit à Lavoisier. C'est ce que démontrent les faits que nous exposerons plus bas; mais, auparavant, nous ferons remarquer qu'un des contemporains de Stahl, Boerhaave, dont la réputation de célèbre médecin contribua beaucoup d, lui donner celle de grand chimiste, n'a rien fait pour l'analyse orga: nique. Ses éléments de chimie, où il traite successivement du feu, de l'air, de l'eau, de la terre, des menstrues, des instruments et des opérations chimiques, sont écrits au point de vue du physicien bien plus qu'à celui du chimiste; car les propriétés physiques de la matière fixent plus son attention que ses propriétés chimiques, et, en outre, il ne s'occupe guère de présenter les corps comme se subdivisant en types spéciaux, que nous nommons des espèces chimiques. En un mot, l'esprit spécial de la chimie n'a point été senti par Boerhaave.

E. CHEVREUL.

(La suite à un prochain cahier.)

1710, Hist. p. 44. Examen chimique de la laque.

2719, p. 173. Réflexions physiques sur le défaut et le peu d'utilité des analyses ordinaires des plantes et des animaux.

1720, p. 38. 2° mémoire.
P. 166. 3o mémoire.
1721, p. 22. 4° mémoire.

NOUVELLES LITTÉRAIRES.

INSTITUT IMPÉRIAL DE FRANCE.

ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS. L'Académie des Beaux-Arts a tenu, le samedi 2 octobre, sa séance publique annuelle sous la présidence de M. Robert Fleury.

Après l'exécution d'une ouverture de M. Barthe, grand prix de l'année 1854, élève de M. Leborne, M. Halévy, secrétaire perpétuel, a lu un rapport sur les travaux des pensionnaires de l'Académie impériale de France à Rome.

Ensuite a eu lieu la distribution des grands prix.

GRANDS PRIX DE PEINTURE. Le sujet donné par l'Académie était: Adam et Ève trouvant le

corps

d'Abel. Le premier grand prix a été remporté par M. Henner (Jean-Jacques), né à Bernwiller (Haul-Rhin), le 5 mars 1829, élève de feu M. Drölling et de M. Picot.

Le second grand prix a été remporté par M. Ulmann (Benjamin), né à Blotzheim (Haut-Rhin), le 24 mai 1829, élève de MM. Drölling et Picot.

Une mention honorable a été accordée à M. Lefebvre (Jules-Joseph), né à Tournan (Seine-et-Marne), le 14 mars 1834, élève de M. Léon Cogniet. GRANDS PRIX DE SCULPTURE. — - Le sujet donné par

l'Académie était : Achille saisissant ses armes.

L'Académie n'a pas décerné de premier grand prix.

Le second grand prix a été remporté par M. Watrinelle (Antoine-Gustave), né à Verdun (Meuse), le 24 oclobre 1828, élève de M. Toussaint.

Le deuxième second grand prix a été remporté par M. Delaplanche (Eugène), né à Belleville (Seine), le 28 février 1836, élève de M. Duret. GRANDS PRIX D'ARCHITECTURE. Le sujet donné par

l'Académie était: Un Hotel impérial des Invalides de la Marine.

Le premier grand prix a été remporté par M. Coquart (Ernest-Georges), né à Paris, le 9 juin 1831, élève de M. Le Bas.

Le second grand prix a été remporté par M. Thierry (Charles-Alphonse), né à Paris, le 1 janvier 1830, élève de M. Le Bas.

Une mention honorable a été accordée à M. Train (Eugène), né à Toul (Meurthe), le 25 mai 1832, élève de MM. Jay et Questel.

GRANDS PRIX DE GRAVURE EN TAILLE-DOUCE. Sujet : 1° Une figure dessinée d'après l'antique; 2° une figure dessinée d'après nature et gravée au burin.

L'Académie n'a pas décerné de premier grand prix.
Le second grand prix a été remporté par M. Miciol (Pierre), né à Lyon, le 19

décembre 1833, élève de M. Vibert.

Une mention honorable a été accordée à M. Nargeot (Jean-Adrien), né à Paris, le 9 mars 1837, élève de MM. Nargeot, Gleyre et Dubouloz.

GRANDS PRIX DE COMPOSITION MUSICALE. Le sujet du concours était une cantate à trois personnages, intitulée Jephté, dont les paroles sont de M. Emile Cicile.

Le premier grand prix a été remporté par M. David (Samuel), né à Paris, le 12 novembre 1836, élève de MM. F. Halévy et Bazin.

Le second grand prix a élé remporté par M. Cherouvrier (Edmond-Marie), né à Sablé (Sarthe), le 7 février 2831, élève de M. Leborne.

Une mention honorable a été accordée à M. Pillevesse (Jules-François), né à Belleville (Seine), le 11 novembre 1837, élève de MM. Carafa et Reber.

PRIX FONDÉ PAR MADAME Veuve LEPRINCE. Madame veuve Leprince a légué à l'Académie une rente annuelle pour être distribuée, à titre de récompense, entre les concurrents qui ont remporté les grands prix de peinture, de sculplure, d'architecture et de gravure. L'Académie déclare que ces récompenses sont décernées cetle année : pour la peinture, à M. Henner; pour l'architecture, à M. Coquart.

Prix Aguille Le CLÈRE. — Mademoiselle Esther Le Clère, au nom de son frère, feu M. Achille Le Clère, membre de l'Académie, a sondé un prix, de la valeur de 1,000 francs, en faveur du jeune artiste, élève de l'École impériale et spéciale des beaux-arts de Paris, qui aura oblenu le second grand prix d'architeclure. Ce prix est décerné cette année à M. Thierry.

Prix DESCHAUMES. M. Deschaumes a fondé, par un lestament, un prix annuel de 1,080 francs, à décerner, au jugement de l'Académie des Beaux-Arts, à un jeune architecte. L'Académie décerue ce prix à M. Coquart. PRIX FONDÉ PAR M. GEORGES LAMBERT. Ce prix est destiné

par

le testateur, ancien compositeur et professeur de musique, à être décerné, chaque année, simultanément par l'Académie Française et par l'Académie des Beaux-Arts, à un homme de lettres ou à un artiste, ou à la veuve d'un artiste honorable, comme marque publique d'estime. L'Académie décerne ce prix, dans les conditions du testament, à M. Elwart, compositeur de musique.

PRIX BORDIN. - M. Bordin, ancien notaire, a fondé des prix distribués annuellement

par

chacune des Académies. L'Académie avait proposé pour sujet du prix qu'elle devait décerner en 1858 le sujet suivant :

Histoire de la sculpture statuaire et d'ornementation, en France, depuis le « vi' siècle jusqu'à la fin du règne de Louis XIV. Déterminer, par l'appréciation des « monuments de sculpture, les caractères qui distinguent les différentes époques de « l'art; indiquer les causes des diverses transformations. Faire connaître les artistes dont les travaux, dans les diverses époques, ont eu le plus d'influence sur leurs

contemporains ; indiquer, autant qu'il est possible, les ouvrages qui existent en«core et ceux qui sont détruits. »

Ce prix est décerné à M. Henry D'Escamps.

L'Académie rappelle qu'elle a proposé, pour sujet du prix qu'elle doit décerner en 1859, la question suivante :

« Histoire de la peinture en France depuis le x° siècle jusqu'à la fin du xvni'. « Comprendre dans ce travail :

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« Les miniatures qui décoraient les manuscrits, en remontant, pour cette partie « de l'ouvrage, jusqu'au vo siècle ;

« La peinture sur verre et sur émail;

« Une appréciation de l'influence qu'ont exercée les écoles étrangères sur la peina ture française, et une étude sur les caractères généraux de cet art en France aux « principales époques. »

L'Académie propose, pour sujet du prix qu'elle décernera en 1860, la question suivante :

« Histoire de la gravure d'estampes en France depuis le milieu du xv siècle jusqu'à la fin du xvui'.

«Faire connaître l'origine et les progrès de cet art, l'infinence que les travaux « des artistes élrangers ont exercée sur la gravure française, et celle que nos artistes a ont ensuite exercée sur les graveurs étrangers.

Citer les principaux ouvrages, en nommer les auteurs, et, dans la mention qui a sera faite de ces ouvrages, indiquer les numéros qui les désignent dans les cataalogues les plus accrédités. »

Les ouvrages destinés à ces deux concours devront être adressés au secrétariat de l'Instilut, le 15 juin 1859 et le 15 juin 1860, termes de rigueur.

Chacun de ces prix consistera en une médaille d'or de la valeur de 3,000 francs.

Les étrangers pourront prendre part aux concours, pourvu que leurs Mémoires soient écrits en langue française.

PRIX FONDÉS PAR M. LE BARON DE TRÉMONT. M. le baron de Trémont a légué à l'Académie des Beaux-Arts deux sommes annuelles de 1,100 francs, pour la fondation de deux prix d'encouragement, l'un destiné à un jeune peintre ou à un jeune statuaire, l'autre à un jeune musicien.

L'Académie a partagé le prix destiné à un jeune peintre ou à un jeune statuaire entre MM. Chifflart et Leroux, peintres d'histoire, et elle décerne celui destiné à un jeune musicien à M. Deffès.

PRIX OFFERT PAR M. ÉDOUARD RODRIGUES. L'Académie a décerné le prix de 1,500 francs offert par M. Édouard Rodrigues pour le meilleur ouvrage dans le style choral, tel que oratorio, messe ou motet, à l'oratorio de M. Barthe, lauréat de 1854, dont le sujet est Judith.

L'Académie a arrêlé, le 15 septembre 1821, que les noms des élèves de l'École impériale et spéciale des beaux-arts qui auront, dans l'année, remporté les médailles des prix fondés par M. le comte de Caylus et par M. de Latour, et les médailles dites autrefois du prix départementalet de paysage historique, seront proclamés annuellement, à la suite des grands prix, dans la même séance publique.

Le prix de la tête d'expression , en peinture, a été remporté par M. Jules-Joseph Lefebvre, de Tournan (Seine-et-Marne), élève de M. Léon Cogniet.

Le prix de la demi-figure peinte a été remporté par M. Léon-Basile Perrault, de Poitiers , élève de M. Picot.

Le prix de la tête d'expression n'a pas été remporté en sculpture. Au concours de paysage historique dit concours de l'Arbre, dont le sujet était : Jésus maudissant le figuier, une première médaille a été accordée à M. Jules Chamerlat, d'Avesnes (Nord), élève de M. Cogniet.

LA GRANDE MÉDAILLE D’ÉMULATION DE 1858,, ACCORDÉE AU PLUS GRAND NOMBRE DE succès DANS LA SECTION D'ARCHITECTURE DE L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS a été remportée par M. Charles-Alphonse Thierry, de Paris, élève de M. Le Bas, avec trente-huit valeurs de prix et trois valeurs de concours spéciaux.

noms

Un premier accessit a été accordé à M. Ernest Moreau, de Paris, élève de MM. Garrez et Le Bas, avec trente-deux valeurs de prix et trois valeurs de concours spéciaux.

Un second accessit a été accordé à M. Marie-Lucien-Michel Douillard, de Nantes, élève de MM. Morey, Blouet et Gilbert, avec seize valeurs de prix et deux valeurs de concours spéciaux.

Prix ABEL Blouet. - Ce prix, de la valeur de 1,000 francs, est décerné, chaque année, à l'élève de première classe de la section d'architecture qui a remporté la grande médaille d'émulation.

M. Charles-Alphonse Thierry est appelé cette année à jouir du bénéfice du prix.

GRANDES MÉDAILLES D'ÉMULATION POUR LES SECTIONS DE PEINTURE ET DE SCULPTURE. — Les professeurs de l'École impériale et spéciale des beaux-arts ayant institué une grande médaille d'émulation pour la peinture et pour la sculpture, l'Académie a décidé

que

les des élèves qui auraient obtenu cette médaille seraient proclamés en séance publique.

Ce sont, pour la peinture, M. Louis-Hector Leroux, de Verdun (Meuse), élève de M. Picot, avec trente-deux valeurs de prix.

Un premier accessit a été accordé à M. Léon Job, de Paris, élève de M. Léon Cogniet, avec vingt valeurs de prix.

Un deuxième accessit a été accordé à M. Charles-Olivier de Penne, de Paris, élève de M. Léon Cogniet, avec dix-neuf valeurs de prix.

Et, pour la sculpture, M. Jean-André Delorme, de Sainte-Agathe (Loire), élève de M. Bonoassieux, avec vingt-six valeurs de prix.

Des premiers accessits ont été accordés à MM. Antoine-Gustave Watrinelle, de Verdun, élève de M. Toussain); Ernest-Eugène Hiolle, de Paris, élève de M. Jouffroy, et Auguste Lechesne, du Mans (Sarthe), élève de MM. Duret, Simart et Jean De Bay, chacun avec vingt-deux valeurs de prix.

Un second accessit a été accordé à M. Louis-Léon Cugnot, de Vaugirard, élève de M. Diébolt, avec dix-neuf valeurs de prix.

Après la proclamation et l'annonce des prix, M. Halévy, secrétaire perpétuel, a lu une Notice historique sur la vie et les ouvrages de M. Paul Delaroche.

La séance s'est terminée par l'exécution de la scène qui a remporté le premier grand prix de composition musicale, et dont l'auteur est M. Samuel David.

LIVRES NOUVEAUX.

FRANCE.

Mélanges scientifiques et littéraires, par J. B. Biot, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie française, membre libre de l'Académie des inscriptions. Paris, imprimerie de A. Wittersheim, librairie de Michel Lévy frères, 1858, trois volumes in-8° de 472, 462 et 532 pages.

Les études dont ces volumes se composent ont principalement pour objet des idées, des opinions, des systèmes, qui ont successivement occupé les savants et le public français, dans le cours des cinquante dernières années.

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