Le dernier jour d'un condamné

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Laurent, 1835 - 263 pages
 

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Page 175 - Avez-vous fini? me disait-elle, que j'avais à peine commencé. « Cependant, nos têtes se touchaient, nos cheveux se mêlaient, nos haleines peu à peu se rapprochèrent et nos bouches tout à coup. « Quand nous voulûmes continuer notre lecture, le ciel était étoilé. « — Oh ! maman, maman, dit-elle en rentrant, si tu savais comme nous avons couru.
Page 260 - Donnez au peuple qui travaille et qui souffre, donnez au peuple pour qui ce monde-ci est mauvais, la croyance à un meilleur monde fait pour lui. Il sera tranquille, il sera patient. La patience est faite d'espérance. Donc ensemencez les villages d'évangiles. Une Bible par cabane.
Page 173 - Elle pleurait; je disais : c'est bien fait! et nous allions tous deux nous plaindre ensemble à nos mères, qui nous donnaient tort tout haut et raison tout bas. Maintenant elle s'appuie sur mon bras, et je suis tout fier et. tout ému. Nous marchons lentement, nous parlons bas. Elle laisse tomber son mouchoir ; je le lui ramasse. Nos mains tremblent en se touchant. Elle me parle...
Page 4 - ... les jurys, toutes les justices. Ce livre est adressé à quiconque juge. Et, pour que le plaidoyer soit aussi vaste que la cause, il a dû, et c'est pour cela que le Dernier Jour d'un Condamné est ainsi fait, élaguer de toutes parts, dans son sujet, le contingent, l'accident, le particulier, le spécial, le relatif, le modifiable, l'épisode, l'anecdote, l'événement, le nom propre, et se borner (si c'est là se borner) à plaider la cause d'un condamné quelconque, exécuté un jour quelconque,...
Page 180 - Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée. Eh! qu'est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s'écoule si lentement et si vite ? Qu'est-ce que cette échelle de tortures qui aboutit à l'échafaud ? Apparemment ce n'est pas là souffrir. Ne sont-ce pas les mêmes convulsions, que le sang s'épuise goutte à goutte, ou que...
Page 174 - J'avais sur moi le tome second des Voyages de Spallanzani. J'ouvris au hasard, je me rapprochai d'elle, elle appuya son épaule à mon épaule, et nous nous mîmes à lire chacun de notre côté, tout bas, la même page. Avant de tourner le feuillet, elle était toujours obligée de m'attendre.
Page 46 - Dernièrement une autre voix s'est élevée et a crié : Les rois s'en vont ! Il est temps maintenant qu'une troisième voix s'élève et dise : Le bourreau s'en va ! Ainsi l'ancienne société sera tombée pierre à pierre ; ainsi la providence aura complété l'écroulement du passé. A ceux qui ont regretté les dieux, on a pu dire : Dieu reste 25.
Page 172 - Nos mères nous ont dit d'aller courir ensemble ; nous sommes venus nous promener. On nous a dit de jouer, et nous causons, enfants du même âge, non du même sexe. Pourtant, il n'ya encore qu'un an, nous courions, nous luttions ensemble. Je disputais à Pepita la plus belle pomme du pommier; je la frappais pour un nid d'oiseau.
Page 130 - ... c'est la prison incarnée , c'est Bicêtre qui s'est fait homme. Tout est prison autour de moi ; je retrouve la prison sous toutes les formes , sous la forme humaine , comme sous la forme de grille ou de verrou. Ce mur, c'est de la prison en pierre; cette porte, c'est de la prison en bois, ces guichetiers , c'est de la prison en chair et en os. La prison est une espèce d'être horrible , complet , indivisible, moitié maison, moitié homme. Je suis sa proie ; elle me couve , elle m'enlace de...
Page 259 - A elle le dur travail, les fardeaux à pousser, les fardeaux a traîner , les fardeaux à porter. Examinez cette balance : toutes les jouissances dans le plateau du riche, toutes les misères dans le plateau du pauvre. Les deux parts ne sont-elles pas inégales? La balance ne doit-elle pas nécessairement...

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