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Baudoin est élu empereur.

1204-6.

mille marcs pesant d'argent. Murtzuphle se sauva avec ce qu'il put emporter des richesses du palais.

Le trône resta vacant. Il ne fut plus question entre les vainqueurs de le faire remplir par des Grecs. On convint que l'empereur seroit Français, et le patriarche Vénitien. La couronne échut à Baudoin, comte de Flandres. Boniface , marquis de Monférat, avoit été sur les rangs ; mais les Vénitiens n'en voulurent pas , dans la crainte

que

s'il survenoit quelque discussion avec lui , il ne fût aidé contre eux par les princes d'Italie, la plupart ses alliés ou ses parens. Boniface se dédommagea par le royaume de Thessalie, qu'il acquit en épousant la veuve de l'empereur Isaac, Un Lascaris, seigneur Grec, s'empara de la Natolie, et sous le titre d'empereur, établit son siège à Nicée. Alexis Comnène, petit-fils d'Andronic I, se retira à Trébizonde , sur les bords du Pont-Euxin, vers la Colchide et y fonda un petit état , qu'il décora du nom magnifique d'Empire de Trebizonde. Beaucoup d'autres, tant Grecs que Français, se firent des principautés Les Vénitiens se donnèrent l'ile de Crète ou Candie, avec la liberté dont ils usèrent amplement, de joindre

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leurs états tout ce qui s'offroit à leur

120.6. convenance. Ainsi se démeinbra l'empire Grec, auquel il ne resta qu'un territoire fort circonscrit, exposé à être envahi par le premier agresseur qui présenteroit ; ce qui ne seroit pas arrivé, si la politique des Vénitiens n'eut empêché de mettre à sa tête un empereur qui auroit pu compter sur les secours voisins.

L'empereur Baudoin succomba à Sort de cot une première attaque des Bulgares. Ils empire. le tinrent seize mois prisonnier , et le firent mourir dans de cruels supplices. Il eut cinq successeurs qui tous ensemble régnèrent cinquante-six ans : les Français perdirent Constantinople sous un empereur nommé Baudoin comme le premier, mais d'une autre maison ; de celle de Courtenay, parvenue au trône, par alliance avec celle de Flandres. Cette ville tomba alors entre les mains des Paléologués qui la gardèrent encore cent quatre • vingttreize

ans; ils en furent après ce terme dépossédés par les Turcs. [.

Jusqu'alors il n'avoit été publié en Albigeois. France de croisades que contre les infidèles. Le commencement du treizième 1307-8. siècle en vit éclore une contre des chrétiens : titre, cependantdont on

1207–8. ne doit pas honorer les Albigeois,

s'ils ont réellement été coupables des erreurs et des vices que les historiens du temps leur reprochent. Il n'y avoit pas de point de religion qu'ils n'attaquassent, les sacremens, les mystères, et jusqu'à la divinité de J. C. Le paradis, l'enfer étoient , pour la plupart d'entre eux, des dogmes ridicules; le purgatoire , sur-tout, une invention des prêtres, pour obtenir des fondations et des aumônes abondantes. On sait trop combien l'irréligion peut enfanter de désordres parmi le peuple , quel bouleversement de tous les principes , même civils, quelle corruption dans les moeurs, l'affranchissement de toute crainte pour l'avenir , introduit chez des hommes grossiers, eti combien elle les rend propres à lever l'étendard de l'insubordination, et à violar toutes les lois. · On ne doit donc pas être étonné des

abominatiops en tout genre que les historiens rapportent des Albigeois : ils ont été ainsi nommés, paroe que c'est dans le canton d'Alby, ville du

Haul-Languedoc, qu'ils formérent leurs iguan

premiers rassemblemens, et que se tint . ข.

un premier concile contre eux. De l'Albigeois, ils se répandirent dans le reste du Languedoc ,, le Toulousain, la Provence jusqu'aux Pyrénées, pays 207–8. alors occupé par beaucoup de petits seigneurs retirés dans leurs montagnes, hérissées de châteaux très-propres à recéler les pillards et leur butin. On -tenta de les gagner par la douceur et la persuasion ; les évêques y employèrent tous leurs soins. Ils joignirent à leur clergé des prédicateurs qui eurent d'abord des succès. Le pape nomma des légats , chargés d'appuyer leurs efforts par les foudres de l'église , ou par l'indulgence, selon les circonstances.

Peut-être ces bandes se seroientelles dissipées , si elles n'avoient trouvé un appui dans Raimond VI, comte de Toulouse. Ce prince, d'une foisuspecte, dans le dessein de réhabiliter sa réputation à cet égard, appelle auprès de lui Pierre de Château-Neuf, un des légats. La conférence entre eux ne fut pas pacifique. Raimond chassa le légat, avec menace de le punir, sans doute des reproches qu'il lui avoit faits. En route Pierre fut tué

par

des assassins apostés à ce qu'on crut, par le comte de Toulouse. Le

pape

l'excommunia, el mit ses états en interdit : les évêques de Languedoc allèrent prier le roi de venir au secours de l'église , et d'ap

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Croisade

infamante por

و

1207-8. puyer les armes spirituelles par les teni

porelles.

Cependant Jean - sans - Terre n'oucontre eux. blioit

pas

la sentence tée contre lui dans la cour des pairs et la confiscation de la Normandie qui en avoit été la suite. Il travailloit sourdement à susciter des ennemis à la France. L'alliance qui existoit entre lui et l'empereur Othon IV , fils de sa sæur Mathilde; lui donnoit des espérances d'une vengeance sure, et à

Philippe , au contraire, des craintes ** d'une aggression dangereuse. Il répon

dit donc aux évêques de Languedoc que, dans la situation douteuse ou il se trouvoit , il ne pouvoit prudemment quitter le centre de son royaume ; mais il confisqua les terres du comte de Toulouse , sur lesquelles le pape avoit jeté l'interdit, les abandonna au premier occupant, exhorta les barons à contribuer à la défense de l'église, arma pour cet objet quatre mille hommes qu'il promit d'entretenir , et permit qu'on prêchât une croisade dans tout le royaume. Les ecclésiastiques se montrèrent très - ardens à la publier; les laïcs nobles et roluriers prirent la eroix à l'envi. Ils la portoient sur la

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