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- 17.

difficiles, lui envoya aussi un puissant 1216
renfort. Avec ces secours il tint quelque
temps

la
campagne ; mais il fut

à la fin repoussé et resserré dans la ville de Londres. Toute ressource manquoit du côté de la France. Le peuple anglais se montroit mal disposé à son égard; les seigneurs qui lui avoient donné la couronne l'abandonnoient. ll consentit d'abdiquer, mais sans aucune démonstration humiliante. Il lui fut libre de ramener tous les guerriers qui s'étoient dévoués à son service. On lui donna même quinze mille marcs d'argent pour le rachat des otages qu'il avoit exigés, quad on lui offrit le trône. Quant à l'excommunication, elle fut levée pour le prince et ses adhérens , à condition que les laïcs qui l'avoient suivi en Angleterre, payeroient pendant deux ans à l'église le revenu de leurs biens; le prince lui-même fut taxé au dixième. Les ecclésiastiques qui l'avoient aidé devoient aller en pélerinage à Rome y recevoir la pénitence qui leur seroit imposée , et s'en acquitter dans ce lieu même; ou venir l'accomplir dans la cathédrale de leur pays, s'y présenter un jour de grande fête, confesser publiquement leur faute , et faire le tour du chour , tenant en main des verges

1216-17.

dont ils seroient fustigés par le chantre. Telle étoit la rigueur de la pénitence canonique , dont certainement, dit Mézeray, on ne s'accommoderoit pas aujourd'hui.

Cette expédition dura dix-huit mois. On reproche à Philippe-Auguste de la pusillanimité dans cette occasion, et une foiblesse qui fut la cause du mauvais succès de l'entreprise. En effet, si le père eût montré moins de crainte d'être enveloppé dans l'anathême de son fils , peut-être les seigneurs francais l'auroient-ils secouru avec plus d'ardeur. On rejette aussi les malheurs de l'entreprise sur la jactance française qui déplut aux Anglais , et détacha de Louis ceux qui avoient été ses plus zélés partisans ; mais la vraie cause du désastre fut la mort de Jean - sans

Terre. Augmen : Philippe - Auguste , délivré de ce

prince , qu'il regardoit comme un en

nemi personnel, passa le reste de sa 1217-22.

vie à faire régner la justice et la paix dans son royaume , qu'il avoit prodigieusement agrandi. Il conquit la Normandie, le Maine, l'Anjou , la Touraine et le Poitou, sur le roi d'Angleterre ; Ja Picardie sur Philippe d’Alsace, comte de Flandres , régent de

tation du royaume.

و

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pape le

France au commencement de son règne; l'Auvergne et Chatellerault, sur les 1217-22, comtes qui en étoient possesseurs ; et réunit encore à la couronne, l'Artois par son mariage avec Isabelle de Hainaut, à laquelle Philippe d'Alsace , son oncle

en avoit fait don ; et un grand nombre de villes et de châteaux en Berri et dans d'autres provinces , par divers achats. Il s'appliqua à pacifier et restaurer les malheureuses contrées ravagées pendant la guerre des Albigeois. On a vu que les croisés lui offrirent leurs conquêtes ; le pressoit de les accepter; mais touché par les prières du jeune comte de Toulouse, après la mort de Raimond VI, son père, il rendit au fils le comté et la plus grande partie de ses Etats. Egalement généreux à l'égard des autres seigneurs de ce pays, il se contenta de l'hommage qui les incorporoit au royaume, dont ils s'étoient distraits par la foiblesse et l'inattention des monarques ses ancêtres. Ses acquisitions furent autant l'ou

Qualités de vrage de sa politique que de sa va- Philippe. leur. Il y a peu de vies qui aient été aussi actives que la sienne. Toujours il fut occupé de

guerres, de traités, de réglemens, de réforme , de lois sur les

121;-22 propriétés , les fiefs, les droits des sei.

gneurs, les devoirs des vassaux. Le premier de nos rois, il mit un ordre constant dans cette matière abandonnée jusqu'alors à l'arbitraire. Les moeurs attirérent aussi son attention, quoique, outre son divorcé, on puisse lui reprocher bien des écarts. On lui reconnoît un fils et une fille illégitimes. Le fils devint évêque de Noyon , selon la coutume de ce temps qui destinoit ces enfans, dès leur naissance, à l'état ecclésiastique.

On reconnoît à Philippe - Auguste du génie pour les siéges, du goût pour les machines, dont il récompensoit noblement les inventeurs. Il paroît aussi que sous son règne la tactique a fait des progrès , et qu'on ne combattoit plus tumultuairement comme auparavant. Il étoit plus maître de ses soldats, parce qu'il les payoit. C'est pour cet emploi, ou sous ce prétexte , qu'ont été établis par lui les premiers impôts permanens. On remarque sous lui trois armemens maritimes très-considérables ; il fortifioit ses places et réparoit promptement les villes qu'il avoit prises; ainsi il ne négligea aucune des parties de l'art militaire.

Il aimoit les bâtimens. On a déjà vu mens de son qu'il ferma Paris de murailles. Il construisit des halles; entoura de cloîtres le

Etablisse

temps.

1217-22. cimetière des Innocens, pour procurer un abri à ceux qui venoient y pleurer leurs parens et leurs amis. Ce roi donna à la capitale un prévột chargé de la police , bâtit un palais autour de la grosse tour du Louvre, contribua à l'édifice de la cathédrale déjà commencée, et à l'accroissement de l'Université. On appela ainsi une société d'hommes appliqués à l'étude de toutes les sciences, qui se forma insensibleblement. Philippe lui donna de grands priviléges. Malgré les lumières qu'il s'efforça de répandre, de son temps ont été pratiqués les rites grossiers , connus sous les noms de Fête de l'Ane et de Féte des Fous. Dans la première, chaque antienne ou oraison étoit terminée par l'imitation éclatante du braiement de cet animal. Dans la deuxième, les ministres inférieurs de l'église , chantres et enfans de coeur , se permettoient des danses et des chansons lascives jusques dans le sanctuaire, et contrefaisoient ridiculement, sur l'autel même, les plus saintes cérémonies sans dessein cependant de profanation, tant' étoit grande la simplicité des mours !

Les circonstances procurèrent l'éta

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