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996–99. gognes (1) et veuve de Eudes, comite

de Champagne. Malheureusement ce mariage se trouva taché de deux vices. Berthe étoit parente de son époux au quatrième degré, et alors les empêchemens alloient jusqu'au septième. De plus, le roi avoit tenu sur les fonts de baptême , un enfant de la comtesse et l'affinité (contractée par cette cérémonie étoit encore un obstacle qu'il falloit lever par des dispenses, alors

difficiles à obtenir. Cérémonies Plusieurs évêques de France conde l’excom-sultés avoient pensé que l'avantage du et de l'inter- royaume permettoit de ne se pas laisser dit.

arrêter par ces deux difficultés ; mais le pape , Grégoire V, en jugea autrement. Il ordonna aux deux époux de se séparer., et sur leur refus, il les excommunia ; il mit le royaume en interdit. Selon une loi, publiée par Pepin dans le concile de Verberie ,

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(1) Le duché de Bourgogne ne faisoit point partie de ce royaume qui se composoit de la Bourgogne Transjurane ( la Suisse ), de la Cisjurane ( la FrancheComté), du Dauphiné et de la Provence. En 1032, a la mort de RoDoLPHE III, qui ne laissa pas d'enfans et qui institua pour son héritier l'empereur CONRAD-LESALIQUE, ce royaume se démembra par les usurpations des gouverneurs particuliers, et de-là vinrent les contes

de Provence, de Viennois et de Savoie.

de Bourgogne ,

en 755 : « Un excommunié ne devoit « pas entrer dans l'église , ni boire, ni

996–98. « manger avec les autres chrétiens. Sa« chez, disent les pères, dont le roi « n'est ici que l'organe , qu'aucun ne << peut ni boire, ni

manger avec lui , ni « recevoir ses parens , ni lui donner le « baiser de paix, ni se joindre à lui dans « la prière, ni le saluer; et si quelqu'un « coinmunique avec lui de plein gré, « qu'il sache qu'il est excommunié lui« même ». Pendant l'interdit , il étoit défendu de célébrer l'office divin, d'administrer les sacremens aux adultes d'enterrer les morts en terre sainte; le son des cloches cessoit; on couvroit les tableaux dans les églises; on descendoit les statues des saints, on les revêtoit de noir et on les couchoit sur la cendre et des épines. Tout prenoit un aspect lugubre. Il paroît qu'on n'avoit encore rien vu de pareil en France. Le peuple consterné déféra si humblement aux ordres du pape que le roi se vit généralement abandonné de ses courtisans et de ses domestiques. Il ne lui resta , dit-on, que deux serviteurs, qui faisoient passer par le feu les plats ôtés de dessus sa table , et jetoient la desserte aux chiens.

1000.

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Guerre pour

gne.

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Robert lutta trois ans contre les ana

thèmes , céda enfin, fut relevé de l'exSecond mariage de Ro- communication, et épousa Constance, bert. fille de Guillaume Taillefer, comte.

de Toulouse ; elle étoit très- belle mais fière , capricieuse , et si opiniâtre , que l'infortuné mari n'eut point de repos avec elle pendant son mariage. Elle voulut gouverner et gouverna, quel qu'effort que fit Robert pour se sous- , traire à sa domination.

Ce monarque étoit naturellement la Büurgo pacifique ; cependant il ne redoutoit

pas la guerre, quand l'intérêt de son royaume l'exigeoit. Le comte de Champagne,

fils de Berlhe , l'épouse dont il avoit été forcé de se séparer, déjà trop puissant par ses domaines et ses alliances, voulut encore s'agrandir ; Robert le resserra dans ses limites. La vacance du duché de Bourgogne lui fournit une autre occasion de guerre. Le duché devoit lui revenir comme héritier naturel de Henri-le-Grand , son oncle, qui étoit mort sans enfans. Son droit lui fut contesté par Ott-Guillaume, premier comte propriétaire de Bourgogne (de Franche-Comté), fils d'Adalbert, roi d'Italie, et beau-fils de Henri qui l'avoit adopté. Les hostilités entre eux durèrent douze ans, et se ter

10012

Autres

minèrent par par un traité qui adjugea à Robert le duché et à Guillaume le comté de Dijon, pour sa vie. Robert au lieu de fortifier son pouvoir de la possession d'une si belle province, ne s'en fut pas plutôt mis en possession, qu'il en fit l'apanage de Henri , son second fils.

Le monarque fut aidé dans cette conquête par Richard-le-Bon, duc de droits de Normandie, son cousin germain. Il fut suzeraineté. encore fortifié du secours du Normand, 1903-10. dans une guerre que des droits de suzeraineté sur la Flandres, firent naître entre lui et l'empereur Henri II. Ces princes, reconnus tous deux

saints dans les légendes , se firent la guerre , appelés par des vassaux, qui, selon leur intérêt, portèrent leur hommage à l'un au préjudice de l'autre. Cette cérémonie étoit alors importante par l'obligation déjà mentionnée, que contractoit le yassal , d'armer pour son suzerain ; de voler à son secours quand il en seroit requis ; de payer sa rançon et celle de ses fils, s'ils étoient faits prisonniers, enfin de ne point souffrir qu'il lui fùt jamais fait aucun tort dans sa personne , son honneur et ses biens. Tout cela se juroit sous peine de perdre son fief. Qutre l'avantage de priver

pour

l'empereur de ce vasselage intéressant, 1003-10

Robert trouvoit à satisfaire sa bonté naturelle, en cherchant à assurer le le Brabant à deux princesses, filles du malheureux Charles de Lorraine auxquelles l'empereur avoit enlevé cet héritage, pour en gratifier un Godefroy, déjà comte de Bouillon , de Verdun et d'Ardennes. Le roi de France parvint à faire rendre quelque justice à ces princesses. Elles satisfaites , par quelques terres qui leur furent concédées, Robert ne fut

pas

difficile sur les autres conditions , et la paix se conclut entre les deux suzerains.

Remarquons, en passant, que le Godefroy dont il vient d'être parlé eut pour petite pièce Ide de Bouillon mère du fameux Godefroy , chef de la première croisade ; et que celui-ci devenu roi de Jérusalem, ayant résigné le Brabant, dont il avoit été investi par l'empereur Henri IV ; ce duché fut donné par Henri V à la maison de Louvain , tige de celle Hesse d'aujourd'hui, par Henri de Brabant, dit l'Enfant,

qui fut premier Landgrave, en 1263. Couronne- A l'exemple de Hugues Capet, son

père, Robert résolut de faire sacrer et Hugues.

reconnoître de son vivant, Hugues, son 101-18

fils aîné, âgé de douze ans. Il paroît que cette précaution étoit un secret de

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nient de

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