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1129.

Louis.

buée furent parmi les ecclésiastiques; l'archevêque de Reims et les évêques de Langres, de Laon, de Beauvais de Châlons-sur Marne et de Noyon les trois premiers avec le titre de duc, et les trois autres avec celui de comte : et parmi les laïcs; les trois ducs de Bourgogne, de Normandie et de Guyenne, et les trois comtes de Champagne, de Flandres et de Toulouse. Mariage de Quelques années après le sacre de son fils, Louis eut une belle occasion 1130-36. de satisfaire un de ses plus chers desirs, c'est-à-dire d'augmenter son royaume, sans coup férir , par un mariage. Guillaume IX, duc d'Aquitaine, possesseur de ce duché, qui comprenoit une grande partie du midi de la France, touché de repentir des cruautés qu'il avoit exercées sur ses sujets et sur ses voisins, fit vou d'un pélerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Avant de partir, il reconnut, par son testament Eléonore, sa fille, son héritière et la recommanda au roi de France. Louis crut ne pouvoir mieux répondre aux intentions du duc, son ami, qu'en la mariant à son fils, partageant déjà le trône qu'il devoit bientôt occuper seul. Ce mariage étoit bien assorti pour l'âge et les biens, heureux

s'il l'eût été également pour les carac-1130-36. tères. Eléonore apporta en dot la Guienne, le Poitou, la Gascogne, la Biscaye, et plusieurs autres domaines au-delà de la Loire jusqu'aux Pyrénées. Par la réunion de ces belles provinces, Louis-le-jeune se trouva plus puissant que tous ces grands vassaux qui luttoient auparavant, et souvent avec avantage, contre le roi leur suzerain.

Gros.

1137.

Louis-le-Gros jouit peu du plaisir, Mort de d'avoir procuré cette belle fortune à son fils. Il étoit depuis quelque temps attaqué d'une langueur, suite de ses fatigues. Elle le conduisit au tombeau à l'âge de soixante ans. Il laissa sa femme, Adélaïde de Savoie assez jeune, pour qu'après lui avoir donné six princes et une princesse, elle eût encore une fille de Mathieu de Montmorenci, auquel elle se remaria. Louis donna en mourant cette leçon à son successeur : Mon fils! souvenez-vous que la royauté est une charge, dont vous rendrez un compte rigoureux à celui qui seul dispose des sceptres et des couronnes.

vernement et

Le règne de Louis-le- Gros fait Etat du gonépoque dans notre histoire. On y trouve, des sciences. comme il a été dit, le commencement d'usages qui ont été le germe d'amélio

1137.

ration dans le gouvernement: la création de justices royales, qui ont donné lieu aux communes, d'où est né le tiers-état; les partages de fiefs plus fréquens; les affranchissemens encouragés, une nouvelle manière accréditée de lever les troupes, et leur solde établie : toutes innovations dont on ne sentit pas alors l'importance, mais qui ont été le fondement de la grandeur et de la puissance auxquelles les rois de France sont parvenus.

On avoit, avant Louis - le - Gros, des lois civiles et ecclésiastiques; mais ces réglemens n'étoient pas rangés dans l'ordre qui en fit alors une science. La théologie eut aussi le même avantage, à l'aide des collections de passages de l'Ecriture sainte et des pères, qui devinrent communes. Insensiblement le latin fut relégué dans les écoles et dans le barreau; la langue vulgaire s'enrichit et se perfectionna par l'usage; la poésie ou la manie de la versi fication devint commune, et la lutte qu'elle exigeoit contre les mots rebelles à la rime ou à la mesure, épura le langage à la longue. De même les subtilités scolastiques, sources de beau→ coup d'erreurs, et la fureur de la dispute, vice dominant du douzième siècle,

accoutumérent cependant à mettre plus d'ordre et de clarté dans le raisonnement.

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On n'ose dire qu'il y eût proprement de la poésie, de la musique de l'astronomie; que la peinture, la sculpture, l'architecture fussent des arts et non de pures routines sans règle; qu'enfin, la médecine fût une science; mais on commençoit à sentir les inconvéniens de l'ignorance, et à tâcher d'y remédier par l'imitation des anciens, dont les ouvrages se prêtoient ou se transmettoient comme des dons précieux. Ce crépuscule, qui est devenu dans la suite un jour éclatant, s'entrevoyoit alors dans les écoles du clergé et des moines: celle de St. - Denys étoit fort célèbre. Louis-le-Jeune y Cavoit été élevé comme son père : tous deux portoient, à ce monastère " un grand respect à double titre comme dépôt des sciences et comme le sanctuaire du premier patron du royaume. Sa bannière, sous laquelle combattoient les vassaux de l'abbaye, devint l'étendard de la France. Louis-le-Gros et ses successeurs alloient dévotement la prendre sur l'autel quand ils partoient pour une expédition, et la reportoient avec pompe à la fin de la guerre. On l'appeloit oriflame, parce

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1137.

Louis VII,

42.c roi de

la reine.

1137-40.

que le bâton étoit couvert d'or, et le bas de l'étoffe découpé en forme de flammes.

LOUIS VII, le Jeune,

ágé de dix-huit ans.

Sitôt que Louis eut rendu les derdit le Jeune niers devoirs à son père, il alla cherFrance. cher Eléonore, son épouse en Guienne, Arrivée de où il tenoit sa cour avec elle depuis son mariage.L'arrivée d'une jeune reine, Troubles. et la pompe des fêtes qui l'accompagnèrent, eurent bientôt fait disparoître les crêpes funèbres dont la France étoit couverte. Il y eut quelques mouvemens populaires presque séditieux dans ce changement de monarques. Il paroît aussi que quelques seigneurs voulurent éprouver le jeune roi, qui n'avoit que dix-huit ans. Un de ceux qui se montrèrent les plus turbulens, étoit le châtelain de Montgeai. Louis battit ses troupes, assiégea son château, le prit et le fit raser, conservant néanmoins la tour ou donjon. On remarque que, dans leurs plus grandes animosités, les seigneurs respectoient réciproquement ce type de leur domination. C'étoit là qu'ils recevoient la

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