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II en étoit resté derriere un fort petit nombre pour bloquer les 26 Bataillons, & les quatre Régimens de Dragons, qui dès le commencement de l'Action s'étoient retirés à Pleintheim , & s'étoient rendus Prisonniers de guerre , aussitôt qu'ils avoient vu que leur Armée avoit été battue.

Les deux ailes se joignirent ensemble, auprès du Bourg de Merlingen , & elles s'y camperent le mieux qu'elles purent.

Mr. le Maréchal de Tallar4 sut fait prisonnier , aussi bien que plusieurs autres Officiers-Généraux & subalternes de l'aiïe gauche, & 9000 hommes avec eux.

On ne peut pas savoir encore bien positivement le nombre des Drapeaux, & Etendarts, l'Artillerie, ni les Munitions qui ont été pris.

Nous avons perdu beaucoup de monde dans cette Action; il n'y a aucun Battaillon , ni Escadron qui n'ait été plusieurs fois à la charge.

On enverra au plutôt un état précis des morts, blessés & prisonniers.

Les Ennemis font assez connoître d'eux mêmes , que leur perte monte en morts, prisonniers ou blessés à 25000 hommes, parmi lesquels font plusieurs de leurs Généraux.

Le Le 14, l'aile gauche de l'Arrae'e vint à Steimheinb, & la droite à Mildeslingen, ayant devant elle la petite Riviere d'Ege.

On occupa aussi le même soir DilUngen9 que les Ennemis avoient abandonné, & où il y avoit plusieurs de leurs blessés., on s'empara aussi d'un Pont de Radeaux qu'ils avoient fait.

La Garnison d'HochJlett se rendit Prisonniere de Guerre, le 15. Les Ennemis abandonnerent Lawingen, après avoir brûlé le Pont du Danube. On s'en, empara & de quelques pieces dé Canon , des Munitions & des Provisions. II y avoit aussi plusieurs de leurs blessés.

Tous nos Espions confirment qu'ils marchent à Ulm, & que la consternation est extraordinaire parmi eux.

Mr. le Maréchal de Marsin à Mr. de Chamillart^zí Camp près d'Uìm, le 15 Août 1704.

Mr . le Maréchal de Tallard vous ayant informé, Monsieur, par ses dernieres Lettres des raisons qui l'avoient engagé à prendre le Pçste où l'Armée arrivai Tom, I. O

le 12 de ce mors, je me trouve présentement chargé, après le malheur qui lui est arrivé, de vous rendre compte du déplorable succès de la journée du 13.

Comme jë -n^ai pas le loisir de vous en faire le détail présentement, j'aurai seulement l'honneur de vous dire que l'Armée ennemie fous les ordres de Mr. le Prince Eugene & de Milord MarìboroUgh , ayant attaqué les Armées du Roi, dont celle de Mr. le Maréchal de Tallard étoit à la droite , & celle que j?ai shonneur de commander à la gauche, après plusieurs charges de Cavalerie heureuses ou malheureuses de part & d'autre, .& un Combat d'Infanterie dans trois Villages, opiniâtre depuis midi jusqu'à 6 heures du soir, toute la Cavalerie de Mr. le Maréchal de Tallard, & quelques Escadrons qui la joignirent à la droite de notre Armée, surent obligés de céder à celle des Ennemis, qui étant supérieure en nombre de plus de 50 <Escadrons, les poussa & les obligea de se retirer jusques sous Hochstett, de forte que l'Infanterie de Mr. le Maréchal de Tallard, n'étant plus soutenue de la Cavalerie, & étant ainsi séparée de notre Armée, 25 Bataillons & 4 Régimens de Dragons , que Mr. le Maréchal de Tallard- avOit établis dans le Village de Pleintheitn, qui étoieric à la tête de fa droite qu'il avoit fait retrancher, se trouvant coupés & investis par les Ennemis, prirent le parti de ca

Îutuler, & de se rendre Prisonniers, dans e tems qu'il alloit au Village pour les en Tetirer. Le reste de l'Infamerie de son Armée, qui joignoit le dit Village, se trouvant abandonné de la Cavalerie, sut entiérement accablé.

Voilà ce qui est venu à ma connoissan<e, de ce qui s'est passé à la droite, qui étoit à l'Armée de Mr. le Maréchal de Tallard. Le Combat se soutenoit cependant à la gauche, & même avec avanta* ge, & depuis le Village d'Oberklawn quî étoit à la tête de la droite de notre Armée , notre Infanterie avoit non seulement soutenu l'essort de celle des Ennemis , mais les avoit même repoussés pat delà le Ruisseau & le Marais, qui couvroient la tête du Camp, & la Cavalerie de notre gauche avoit par une derniere charge pareillement repoussé celie des •Ennemis jusqu'au Bois, après lui avoir fait repasser le Ruisseau & le Marais, derriere lequel elle les contint toujours jusqu'à la fin du Combat; de sorte que depuis ie Village d'Oberklawen qui écoit à la tête de ma droite, comme il est dit ci-devant, jusqu'à celui de Lutzingen, qui étoit au flanc de ma gauche, toutes choses étoient en bonne disposition..

La droite des Ennemis composee des Troupes de l'Empereur avoit cependant attaqué vigoureusement ce Village, qui couvroit le flanc de notre gauche, où il se passa un Combat très rude & très opiniâtre, & soutenu toujours avec avantage de notre part, jusqu'à la fin de l'Action.

Ainsi l'Affaire se maintenoit en bon état, & l'on auroit pu en espérer une bonne issue, sans que notre Armée se trouvât absolument séparée de celle de Mr. le Maréchal de Tallard, comme j'ai eu l'honneur de vous le marquer au commencement de cette Lettre, voyant que le Combat étoit fini au Village, qui étoit à la droite de son Armée, dans laquelle étoit la plus grande partie de son Infanterie , comme il est dit ci-dessus, & d'ailleurs ayant lieu de craindre que les Ennemis supérieurs en nombre, & n'ayant plus à faire qu'à une des deux Armées, ne prissent le parti de s'allonger derriere les hauteurs qui étoient au flanc de ma gauche, & de se mettre par-là entre DU

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