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ïïngen & moi, m'embarrassant le Chemin, & m'empêchant de repaflèr le Marais, ce qui eût été la perte entiere de cette Armée, n'ayant d'autre retraite & d'autre passage sur le Danube que celui de Lawingen , je pris le parti avec l'ordre de S, A. E., & l'avis de tout le monde, de retiFer notre Armée vers les 7 heures du soir , qui contenoit encore les Ennemis de l'autre côté du Ruisseau, comme j'ai eu l'honneur de vous le marquer.

Cette Retraite se fit sur trois colomnes', une d'Infanterie entre deux de Cavalerie , & en fi bon ordre , que les Ennemis non seulement n'en oserent jamais attaquer l'Arriere-garde; mais quelques

de ces colomnes , conduisant deux Bataillons de l'Electeur qu'ils avoient faits Prisonniers, ils furent chargés par quelques-uns de nôtres qui les mirent en suite , & les obligerent de lâcher les deux Bataillons des Troupes de S. A. E., qui furent ainsi retirés de leurs mains.

L'on vint camper le même soir entre Dillingen & Lawingen, & n'étant plus en état de résister contre une Armée ausli nombreuse, que celle des Ennemis, après la perte entiere de l'Infanterie de celle de Mr. le Maréchal de Tallard, Mr,

Escadrons des leurs

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assé à la tête l'Electeur, de l'avis de tous les OfficiersGénéraux , résolut de se retirer sous Ulmt où l'Armée vient d'arriver le ij, ayant campé hier 14 à Leipheim.

Je manquerois au témoignage que je dois à la vérité, fi je ne vous disois pas, Monsieur, avant de finir cette Lettre, que tous les Officiers-Généraux & particuliers de cette Armée se sont aquittés de leur devoir avec toute la distinction possible, ayant fait chacun dans leurs Eostes, tout ce que l'on peut attendre de gens dont la valeur & la capacité font aussi connues.

Je remers pour vous en rendre compte, Monsieur, en détail à un tems où je serai moins accablé, & où j'aurai un peu plus de soifin Je ne puis cepen». dant différer de vous dire que généralement toutes les Troupes tant Cavalerie qu'Infanterie de cette Armée, ont agi dans cette occasion avec toute la valeur, & la fermeté que l'on pou voit desirer; que notre Infanterie n'á jamais rien perdu de son avantage contre les Ennemis, & que toute la Ligne de Cavalerie depuis le Village d'Oberklawen, qui étoit à la tête de ma droite, jusqu'à celui de Lutzingen qui étoit au flanc de ma gauche , les a toujours repoussés& les a contenus. âè, l'autre côté dp Ruisseau jusqu'à la fin de; l'Action , dont il m'est impossible quand: à présent, de. vous rendre compte plus en détail: Je ne puis non plus vous informer de ce qui s'est passé à la droite , composée- de l'Armée Je- Mr. le Maréchal de Tallard, & je n'ai pu m'y transporter, étant plus que suffisamment occupé Italie que j*ai: l'honneur de commander , dans laquelle il se trouve 30 Drape-aux ou Etendarts pris sur les Ennemis dans cette Action.

Nos forces n'étant plus suffisantes pour se maintenir dans ce Pays, après la perte de l'Infanterie de T Armée de Mr. le Maréchal de Tallard, & étant facile aux Ennemis de nous ôter ses moyens de nous retirer, en ruinant entiérement la nôtre, après avoir assemblé par l'ordre de Mr. l'Esecteur & en fa présence, tous les Officiers-Généraux , pour- se déterminer au parti que l'on devoit prendre dans cette occasion, on est convenu incessamment que le plus conforme aux intérêts du Roi étoit de rapprocher cette Armée de celle de Mr. le Maréchal de Villeroy , pour la conserver à S. M. , étant le seul moyen de sauver sa perte totale, tant par la grande supériorité des Ennemis en aombre, que par le défaut de subsistance.

En Conséquence de quoi, après avoir «hsppsé ici les Vivres pour la Marche , il a été résolu d'en partir dans un jour ou deux, pour s'approcher des Montagnes, en attendant les ordres du. Roi.

Mr. l'Electeur a pris le parti de suivre 3'Armée, laissant sa Femme & sa Famille à Munich, & menant avec lui le peu qu'il avoit de ses Troupes à l'Armée, le reste étant dispersé dans son Pays, comme vous en avez été informé ci-devant, & par conséquent hors d'état de pouvoir <nous joindre.

Comme il nous est resté un grand nomire. de blessés de considération & autres dans la Ville à'Ulm, & que cette Place , quoique mauvaise, ne laisse pas de coûter un stege considérable aux Ennemis, on a trouvé à .propos d'y faire rester une Garnison de 3 à.4000 hommes, composée pour la plus grande partie des Troupes de Mr. l'Electeur, & de 4 des moindres Bataillons de l'Armée de Mr. le Maréchal de Tallard, qu'il y avoit laissés en passant, qui ne font au plus que 10 ou 1200 hommesce qui est suffisant pour procurer en cas de siege une Capitulation pour nos blessés, & les préserver d'être Prisonniers de Guerre.

Comme je ne puis encore rendre. la justice stice qui est due à chacun de ceux qui se sont distingués dans cette Action, en vous en informant en détail, je vous supplie cependant, Monsieur, de ne pas rendre cette Lettre publique par cette raison, en attendant que je puisse vous en rendre compte plus exactement , dans un tems où je serai plus particuliérement instruit, & moins accablé d'em* barras, & de douleur de la perte que le Roi vient de- faire. Je suis, &c*

Mr. de Laubanie à Mr. de Chamillart * à Landaw, le 17 Août 1704..

JVÍonscigneur j sur se bruit des triples làlves de Mousquetterie & de Canon que l'on a entendu la nuit passée, j'ai envoyé un Postillon à Spire, à Mr- de Garimond, pour savoir de Mr. le Baron àe Ravilie, à quel sujet elles. étoient faites. II lui a écrit la Lettre, dont je joints ici l'origiiial qui mérite confirmation; je ne crois pas que l'on y doive ajouter foi, lans en avoir un détail. Dieu veuille que le contenu en cette Lettre soit faux, & que l'Actionse soit passée à l'honneur &î'a,

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