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mon particulier je vous serai plus sensiblement obligé, Monsieur, que je ne puis vous l'exprimer.

Je prends aussi la liberté dejoindre à cette Lettre, celle que Mr. le Comte deLannion se donne l'honneur de vous écrire, pour vous supplier de vouloir bien lui, accorder votre protection , pour obtenir le Régiment de Languedoc pour son Fsls ainé, vacant par la mort de Mr. de Marillac tué à l'Affaire du ijde ce mois.

Mr. le Comte de Lamìion est un si bon & si digne sujet, qui sert le Roi depuis fi longtems avec distinction, & qui vienc encore de s'acquitter si bien de son devoir à cette derniere Action , que je. crois que ce scroit lui faire tort que de ne pas joindre mes prieres aux siennes, pour obtenir cette grace. Je suis, &c.

P. S. j'o.ubliois d'ajouter que les séjours que nous avons faits à Duttlingen & ici, & celui d'un ou deux jours que nous serons vraisemblablement obligés de faire encore à l'entr.ée des Montagnes, donnent le loisir à nos Troupes de se raccommoder un peu de • la fatigue des grandes Marches qu'il a fallu faire pour gagner le Défilé de Moeskirck & les Lignes , fans compter que cela donne assez. de tems à quelques Troupes de Mr. FElecteur de joindre, fi elles se font mises en devoir de le faire, comme U lenr est ordonné, ce que je desire plus que je ne puis s'espérer.

Selon le calcul de S. A. E., elles doivent être parties de Munich le 17; cela étant, si nous n'en avons pas de nouvelles dans le 29, c'est s'abuser que de les attendre: ce qui jusques-là ne retarde en rien encore notre Marche.

Mr. de Laubanie à Mr. de Chamillart , áLandaw, le 28 Août 1704.

^Monsieur, je me donne l'honneur de vous envoyer une Lettre que m'a écrite Mr. de Fedrilbe Baillis de Guermeshcim » créature de Mr. se Prince Palatin. Je ne fais si c'est par ruse ou tout de bon. qu'il dit cela; mais il est sûr que si les Ennemis tournent de ce côté-ci, ils feroient leur possible pour s'emparer des Défilés, & avoir leur subsistance derriere eux; c'est ce qui me détermine à vous envoyer cette Lettre en diligence.

II y a sept grands Batteaux à Manheim chargés de toutes sortes de Munitions, y en a d'autres à Maytnce: je ne fais point qu'il soit encore revenu de Troupes dans les Lignes ni le long du Rhin.

On attendra à Mayence le Prince Palatin qui doit descendre à Dujseldorff par eau. J'ai l'honneur d'être, &c.

tSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSStSt

Mr. le Comte de Nassau à Mr. de Chamillart, à Sarbrick,/í 31 Août 1704.

_J*ai reçu hier, Monsieur, la Lettre qu'il vous a plu de me faire l'honneur de m'écrire da 25 de ce mois.

Je suis pénétré de reconnaissance de ce que vous voulez bien, Monsieur, me confier la Lettre pour Mr. le Maréchal de Tallard: je puis fi peu compter sur les personnes, que j'ai cru de mes amis en Allemagne, & j'en ai été si mal traité ;au Quartier-d'hyver , que les Troupes Falatines avoient établi sur ces Frontieres-ci, il y a deux ans , où le peu de bien que j'ai a pensé être abîmé par la grande exaction d'argent , que j'ai cru mieux réussir en me confiant à mon écuyer, qui faisant semblant d'achetter quelques Chevaux à Hanau, où je crois Mr-- le Maréchal arrivé , ou même à Neuhourg, s'il n'y étoit pas, tâchera cte lui remettre votre Lettre, & en retirer fa réponse que vous desirés.

Je suis très mortifié, Monsieur, que je me vois employer dans une occasion si fâcheuse, pour laquelle je m'intérefle par rapport à ma reconnoissance, & à la passion que j'ai pour tout ce qui regarde le Roi; cependant j'ose vous asTûrer que je répondrai toujours avec plaisir à la confiance, que vous me faites l'honneur de me marquer par rapport à mon attachement à votre personne, étant seulement fâché que je n'aye pas assez d'amisj dans ce Pays-là, pour m'en pouvoir servir utilement dans ces occasions. Soyez, en persuadé, Monsieur, de même que du sincere attachement, &c. ,

Mr. de la Frezeliere à Mr. de Ch Amillart, au Camp d'Oífeiabourg, le $oAoût 1704.

^íonseigneur , je n'ai pu plutôt me donner l'honneur, de vous rendre compte de ce qui s'est passé, concernant l'Artillerie, depuis notre jonction avec l'Armée de Baviere. L'Electeur ayant passé le Danube, à La.> wingen, Mr. le Maréchal de Tallard me détacha avec un Corps de Troupes & 4 pieces de Canon, pour attaquer le Château de Dillingen, où le Prince Eugene avoit laissé 200 hommes. Je les obligeai à se rendre Prisonniers de guerre, après avoir souffert 3 à 4 heures de Canon.

Le Sr. de Menon Commissaire d'Artillerie & 8 Canonniers & autres Soldats y surent tués & quelques-uns blessés.

Mr. le Maréchal de Tallard étant content de la diligence avec laquelle je m'étois rendu maître du Château de DHlingen, voulut bien encore me confier celui d'Hochftett, où je marchai aprés un jour de séjour, j'arrivai devant à 7 heures du matin, & à 10 je fis tirer le Canon: la Garnison se rendit le soir' Prisonniere de Guerre: elle étoit composée de 100 hommes; je pris toutes les mesures nécessaires pour la garde du Château & des Prisonniers, après quoi je rejoignis l'Armée qui s'étoit'avancée presque sur le Ruisseau de Pleintheim.

Je perdis à cette petite expédition le Sr. de laCarnoy, Commissaire d'Artillerie, avec 5 ou 6 hommes.

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