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endroit facile à garder, & qui est tel que si les Ennemis avoient quelques jours pour y faire des Lignes le Poste seroit très fort; ainsi il ne faut pas les y laisser retrancher, & il faut passer diligemment à Philisbourg , en ayant donné l'avis à l'Armée de Baviere , pour qu'elle y ait attention, dans la crainte que les Ennemis ne se rassemblassent pour y faire un effort; & quoique la Place soit difficile à secourir, toutes les difficultés font pour avoir des Troupes suffisamment, & c'est pour ce sujet que V. M. doit avoir une grande attention pour examiner ce qui peut approcher le plus de la paix, afin qu'Elie puisse profiter du bien présent sans attendre le bien à venir, & sur ce fondement qu'Elie prenne des Troupes foù elles sont le moins nécessaires, pour les porter où elles le font le plus.

Si V. M. veut bien faire un effort sur le Rhin, il est à propos de n'en donner aucune connoissance, pour que les Ennemis demeurent dans la croyance où ils font, qu'il n'y aura qu'une foible Armée.

II y a une chose à craindre pour l'Armée du Rhin, qui est que l'Infanterie ne soit pas rétablie pour la Campagne, & les Régimens étrangers qui se sont faits complets par les Prisonniers, courent

Tome I. N

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nemis sur la Wernitz, qui ont décampé aujourd'hui, & paroissent prendre la route de Neubourg, où il y a lieu de croire qu'ils passeront le Danube, s'ils prennent la résolution de quitter la Baviere, comme on peut l'espérer, ne l'ayant pas traitée comme un Pays, où ils ayent eu dessein de demeurer, l'ayant brûlée & devastée autant qu'il leur a été possible, & n'y ayant encore aucun Etablissement que Donnawert, Rha'm & Neubourg , qui sont trois Places fortifiées à peu près comme St. Denis. Je suis persuadé, comme Mr. le Maréchal de Tallard, que fi nous pouvions les devancer fur la Wernitz , & nous placer entre Nordlingen & eux, nous les embarasserions extrêmement pour les subsistances, qu'ils tirent toujours de Nuremberg & de ìa Franconie, dont la Communication leur deviendroit, par ce moyen, très difficile, ainsi qu'avec le Pays de Wirtemberg; de forte que , si après cela ils prenoient le parti de rester en Baviere, ce seroit nous abandonner toute ^Allemagne. Le Prince Eugene cependant s'est avancé à grandes journées, suivi de 20 Bataillons, & de 39 ou 40 Escadrons. Nous croyons que la plus grande partie de ce Corps, est composée des Détachemens que Mr. le Prince Louis N a

risque de ne l'être pas longtems en Campagne, servant sur le Rhin.

Si V. M. fait prendre le chemin des Montagnes, il faut que tous les préparatifs pour le siege de Philisbourg soient faits, & les ordres donnés avant de sortir de l''Alsace, sous prétexte de celui de Mayence, pour ne pas perdre un moment de tems.

Mr. de Maksin à Mr. de Chamtllart , au Camp près «TAuslsourg, le j Août 17 04.

Je dépêche cet Exprès à Huningue, Monsieur, pour vous faire passer ces Lettres plus surement & pins promptement que par le Courier que le Sr. Foulon vous enverra au plutôt, pour vous informer que la Jonction de Mr. le Maréchal de Tallard se fit le 2 de ce mois , étant à portée dès ce jour de n'être plus séparée d'avec la nôtre par les Ennemis, qui n'ont fait aucune démarche pour s'y opposerMr. le Maréchal de Tallard est venu depuis voir S. A. E. hier & aujourd'hui, asvec qui il a été résolu de marcher demain pour s'approcher du Danube , le passer à JLaîvingen, & tâcher de prévenir les Earemis sur la Wernitz, qui ont décampé aujourd'hui, & paroissent prendre la route de Neubourg, où il y a lieu de croire qu'ils passeront le Danube, s'ils prennent la résolution de quitter la Baviere, comme on peut l'espérer, ne l'ayant pas traitée comme un Pays, où ils ayent eu dessein de demeurer, Payant brûlée & devastée autant qu'il leur a été possible, & n'y ayant encore aucun Etablissement que Donnamert, Rha'm & Neubourg , qui sont trois Places fortifiées à peu près comme St. Denis. Je suis persuadé, comme Mr. le Maréchal de Tallard, que fi nous pouvions les devancer sur la Wernitz , & nous placer entre Nordlingen & eux, nous les embarasserions extrêmement pour les subsistances, qu'ils tirent toujours de Nurembcrg & de la Franconie, dont la Communication leur deviendroit, par ce moyen, très difficile, ainsi qu'avec le Pays de Wirtetnberg; de forte que , si après cela ils prenoient le parti de rester en Baviere, ce seroit nous abandonner toute Y Allemagne. Le Prince Eugene cependant s'est avancé à grandes journées, suivi de 20 Bataillons, & de 39 ou 40 Escadrons. Nous croyons que la plus grande partie de ce Corps, est composée des Détachemens que Mr. le Prince Louis

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