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LXXVIII. Les commistaja

Il

leurs demandes, & la conference le

étoit auparavant. Le septiéme , que les monasteres supprimez seroicnt rétablis dans leur premier état. An. 1536. Le huitiéme , que les Lutheriens & tous ceux qui tâchoient d'introduire des nouveautez dans la religion , seroient severement punis. Le neuviéme ; que Thomas Crom wel & le grand chancelier seroicnt chassez du conseil, & exclus du premier parlemene qui s'assembleroit. Le dixiéme , que Lée & Leighton commissaires pour la fuppreffion des monasteres , seroient mis en prison pour s'être laissé corrompre dans leur visite, & avoir usé de violence.

Les commissaires de Henri qui sçavoient bien que ce prince ne signeroit pas de semblables pro- re positions, les rejetterent absolument : ce qui irrita si fort les rebelles , que la conference fut rom- rompe. puë. Le duc de Norfolk fâché que cette affaire Different him prit un train qui lui faisoit craindre, qu'il ne fallut 3.p.316. Juiv. enfin la décider par les armes , écrivit au roi que le nombre des rebelles augmentant tous les jours, il étoit dangereux qu'ils ne fiffent quelque effort, auquel il seroit difficile de resister ; qu'ainsi pour prévenir le inal qui pourroit arriver, son avis étoit, si le roi le trouvoit à propos , qu’on lcůr accordât quelques-unes de leurs demandes. Sur cette lettre le roi lui donna pouvoir de leur offrir une amnistie sans exception , & de leur promettre de sa part , que le premier parlement s'assembleroit dans le Nord, où l'on examineroit leurs autres demandes. Mais au même temps, il lui ordonna de ne se fervir de ce pouvoir que dans la derniere extrémité,

Tome XXVIII.

Burnet hist. de la reform.tom.i lica

N

LXXIX.

ceptent une amailtic.

- & lorsqu'il ne verroit plus d'autre ressource pour An. 1536. terminer l'affaire.

Le duc aïant reçu ce pouvoir , ne jugea pas à Les rebelles ac propos de differer à s'en servir , puisque c'étoit l'u

nique moïen de se tirer de l'embarras où il se trouvoit. Ainsi après avoir porté les chefs des rebelles à se contenter des ordres du roi, l'accommodement fut conclu. L'amnistie qui fut signée.dans le palais de Richemond le neuviéme de Decembre , portoit que le roi pardonnoit aux mécontens ce qu'ils avoient fait contre lui , jusqu'à ce jour, pourvû qu'ils fissent leurs soumissions au duc de Norfolk', & au comte de Schrewsbury, & qu'à l'avcnir ils vécussent en bons & fideles sujets. Et en même temps le roi répondit à leurs plaintes & à leurs demandes , en tấchant de se justifier de tout

ce qu'il avoit fait dans son roïaume , principale{ment dans la suppression des monafteres , mais par

des raisons si mauvaises, qu'elles découvroient de plus en plus la haine qu'il portoit à la cour Romaine , & son irreligion.

Ce prince ne fut pas si indulgent à l'égard de Commencement Renaud Polus ou de la Pole qu'il persecuta vive

ment , quoiqu'il fut du sang royal. Polus avoit

commencé à aigrir Henri contre lui dès le temps 70. 71. qu'il étoit à Paris pour s'y perfectionner dans les

sciences. Car ce prince l'aïant prié de lui aider à obtenir les décisions des universitez de France, touchant la nullité de son premier mariage avec Catherine, il s'en excusa , ne voulant pas contribuer à un divorce si injuste. Il ne laisa pas dans

LXXX.

de la disgrace de Polus.

Sanderus de schism. lib. 1. pag.

LXXXI.
Le roi le rappelle

il refule d'y aller,

la suite de retourner en Angleterre , où il assista – comme doren d'Excefter à la convocation du cler- An. 1536. gé, qui donna au roi le titre de chef suprême de l'église Anglicane. Polus fit ensuite le voïage d'I-. talie , & sejourna quelque-temps à Padouë, où il lia un commerce d'amitié avec Bembo, Sadolet & quelques autres beaux esprits qui étoient alors en grande reputation. Tous ces grands hommes lui cedoient pourtant l'avantage de l'éloquence , & Polus a passé pour un des plus illustres orateurs de son siécle. La reputation qu'il s'étoit acquise , fit naître au roi l'envie de le rappeller, voulant se servir de lui dans ses affaires , & recompenser son merite qui étoit generalement reconnu. Mais Polus le chercha toûjours des prétextes pour ne se pas ren- en Angleterre, & dre aux ordres de ce prince ; & comme toutes ses raisons n'étoient pas reçues à l'a cour , il écrivit enfin au roi qu'il n'approuvoit point ce qui avoit été fait en Angleterre , soit dans l'affaire du divorce , soit dans la rupture avec la cour de Rome & le pape..

Henri qui souhaitoit fort de le gagner & de le mettre dans ses interêts , croïant rendre par-là sa cause moins mauvaise , lui envoïa un écrit qui contenoit son apologie, & qu'un nommé Sampson avoit composé. Polus répondit à cet ouvrage par un livre intitulé de l'union ecclefiaftique , qu'il un traité de rus adressa au roi même, & qu'il fit imprimer peu de nion. temps après. Dans ce livre, il censure fort la contro duite de Henri, & déclame beaucoup contre la Polus de unio conduite. Il le presse de se remettre sous l'obéissance du saint siége , & se sert d'expressions fort

LXXXII. Polus compose

Sanderus de Schism.lib.1.p.70.

ne lib. 3.

vives: il le compare à Nabuchodonosor , & exhor: AN. 1$36. te l'empereur à tourner ses armes contre ce prince,

plûtôt que contre le Turc. Il reproche à Henri qu'il n'avoit pu trouver en Angleterre que des approbateurs mercenaires & intereffez : il n'y avoit pas de doute , lui dit-il , que votre cause étant appurée de votre autorité, ne manqueroit pas de défenseurs ; elle en a trouvé aussi ; mais qui sont-ils : Des docteurs moins sensibles à l'honneur qu'à l'interêr : encore ne se sont-ils pas declaré pour vous, ' fi-tôt que vous l’esperiez ; parce que votre causo avoit été condamnée par toutes les écoles d’Angleterre, & qu’on avoit couvert ses protecteurs de divers opprobres. Ausli aucune des universisez Angloises n'auroit embrasle votre parti , sans vos menaces , qui le plus souvent sont plus puisfantes sur les efprits, que les prieres. Que fi dans votre roïaume vous avez été contraint d'en venir à ces remedes violents ; je laisse à penser ce que vous avez pu mettre en usage dans les païs étrangers.

Henri choqué de cette liberté, ne le fit pas ceI:XXXIII. . Colere du roi pendant paroître d'abord, mais il manda à Polus d'Angleterre cona

de se rendre à Londes pour l'éclaircir sur quelques endroits de son livre , qu'il eftimoit beaucoup, mais dans lequel il trouvoit , dit-il, certaines difficultez , dont il souhaitoit d'avoir la folution de sa propre bouche. Polus n'eut garde de se laisser prendre à un tel piege ; & le roi vosant que ses artifices n'avoient eu aucun succès , eut recours à la rigueur, le depoüilla de tous ses benefices & de toutes ses dignitez, & poussa sa ven

ire Polus & son li- o vre.

Création d'onze

geance jusqu'à promettre cinquante mille écus à celui qui lui apporteroit la tête. Mais en même

An. 15:36. temps, il chargeales évêques de refuter le traité de l'union. C'eft ce que firent Stockelley & Tonstal , qui écrivirent à Polus une longue lettre , pour la défense de ce qui avoit été fait en Angleterre. Gardiner donna aussi au public dans le même esprit son livre de la vraïc obéissance , auquel Bonner fit une preface. : Le papc voulant dédommager Polus des portes CİXXXW. qu'on lui faisoit souffrir en Angleterre , le crca cardinaux, par

Paul III. cardinal dans la promotion qu'il fit le mercredi

Ciaconius in vit. vingtiéme de Decembre de cette année 1936. pontif, tom. 3.pl

600. feq. Certe promotion fur d'onze cardinaux. 1°. Jean Maric de Monti , du mont dc Sansovin dans le territoire d'Arezzo. Il avoit été d'abord audireur de la chambre apostolique , ensuite archevêque de Siponte. Il eut le titre de cardinal pretre de saint Vital. 2o. Jean-Pierre Caraffe Napolitain , archevêque de Chieti, puis de Naples*; il fût prêtre cardinal des titres de faint Clement , & de sainte Maric au delà du Tibre. Ce fut lui qui s'unit avec Gaëtan de Thiene , pour établir la congregation des Theatins. 3°. Ennius Philonardi Italien, il étoit né à Bucca, ville de l'Abruzze, dans le roïaume de Naples, d'une famille trèsobscure : il étoit évêque de Veruli lorsqu'il fus fait cardinal. 4°. Christophle Jacobacii Romain, évêque de Caffano , prêtre cardinał du titre de sainte Anastasie: go. Charles Hemard de Denonville François , évêque de Mâcon, puis d'Amiens, prêtre cardinal du titre de saint Mathieu in Me

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