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risconsulte, & fut lui-même professeur en droit

AN. 1539 à Padouë. Après la mort de fà femme étant cn- A tré dans l'état ecclefiaftique , il eut des emplois considerables, & contribua beaucoup à la réduction de la ville de Boulogne. Jules II. lui donna un office d'auditeur de Rote, le nomma à l'évêché de Feltri , & ensuite l'envora nonce en Allemagne. Leon X. le créa cardinal le premier de Juillet 15 17. sous le titre de saint Thomas, qu'il changea depuis pour celui de sainte Marie de delà le Tibre, & pour les évêchez d'Albe, de Palestrine & de Sabine. Il revint à Rome dans le mois de Janvier 1918. & l'année d'après on l'envoïa légat en Angleterre afin d'y lever les decimes pour la guerre contre les Turcs ; il y obtint l'évêché de Salisburi l'an 1524. Sous le pontificat du pape Clement VII. il fut envoïé legat en Allemagne pour s'opposer aux Lutheriens, & tâcher de ramener Luther ; mais ce fur sans succès, & il se contenta de faire des ordonnances pour la reforme des mæurs. En 1528. il fut encore envoïé légat en Angleterre pour être juge du divorce de Henri VIII. il se trouva au couronnement de Charles V. d'où étant repassé en Allemagne en qualité de légat; il . , assista à la diéte d'Ausbourg. Il mourut à Rome le dix-neuviéme de Juillet 1539.

Le troisiéme fut Jacques Simonette d'une famille noble de Milan , fils de Jean Simonetta se- na Mirne cretaire de François Sforce duc de Milan , & de Ciacon. ut fuCatherine Barbarera d'une grande naissance. Il prà tom. 3 P.570. fut si bien instruit dans les lettres , qu'étant fort jeune, il composa un traité des reserves des be

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XXXII. . Mort du cardi

rette,

nefices qui fuč ensuite augmenté par Paul GranuAN. 1539. tius. Julcs II. informé de son mérite le fit avocat

consistorial en isos. & ensuite auditeur de Rote. Ce fut en cette qualité qu'il assista au concile de Latran. Leon X. l'envoïa à Florence pour appaiser les troubles qui s'étoient élevez dans cette ville. Clement VII. lui donna l'évêché de Pesaro en la place de Paris de Grassıs;& Paul III. le créa cardinal le vingtiéme de Mai 1535. & le nomma un de ceux qui devoient regler les matieres qu'on devoit traiter dans le concile indiqué à Vicenze. Il eut l'évêché de Perouse dont il le demit ensuite en faveur de François Bernardin son neveu avec l'agrément du pape. Il mourut le premier de Novembre 1939. & fut enterré dans l'église de la Trinité dans laquelle il avoit fait bâtir une chapelle magnifi

que. XXXIII. Environ trois mois avant la mort de ce cardiMort de Jean Lansperg.

can nal , c'est-à-dire, le troisiéme d'Août les Char

101, led-11c, Petreius billiot. treux perdirent un auteur celebre par sa pieté & aborlandus in par ses écrits. Ce fut Jean-Juste Lanspergius ou

de Lanfperg , ainsi nommé du lieu de la naissance Pollevin in ap

en Baviere. Il fit ses études à Cologne, & s'engain 4.-16. sieclep: gea dans l'ordre monastique chez les Chartreux,

où il fut prieur d'une maison proche de Juliers. Il vint mourir à Cologne dans la trentiéme année de sa profession religieuse. Comme il étoit fort appliqué à la meditation & à la priere, il est surprenant qu'il ait pu composer un si grand nombre d'ouvrages moraux & spirituels : car on a de lui deux volumes in folio imprimez à Cologne en 1535. qui contiennent les traitez suivans. Ma

Carth.

chron.

parat.

Dupin. tom. 14.

199.

nuel de la milice chrétienne. Entretien de Jesus- a Christ avec l'ame fidéle ; cet ouvrage a été traduit AN. 1539. en françois dans le siécle passé, & imprimé à Paris. Exercices & prieres pour les malades. Deux livres de lettres. D'autres exercices spirituels. Une vie de notre Seigneur. La fleche de l'amour divin. Differentes hymnes. Des méditations soliloques. Cinquante-six homelies sur la paflion de JesusChrist. Démonstration de la religion évangelique. Dialogue entre un Lutherien & un moine. Miroir de la vie chrétienne ; & des sermons prononcez dans des chapitres , outre des paraphrases sur les épitres & les évangiles de toute l'année, avec des fermons pour chaque Dimanche : ouvrage qui fut imprimé aussi à Cologne en 1545. & en 1553.& à Anvers en 1975. Tous ces ouvrages ont été recueillis en cinq volumes in 4o. & imprimez plus correctement à Cologne en 1693. Lanspergius travailla aussi avec beaucoup de zéle à retirer ceux qui étoient engagez dans les nouvelles opinions de Luther , ou à empêcher que ceux qui pouvoient être seduits ou qui avoient quelque penchant à les suivre, ne devinssent la proie de ces ennemis de . l'église.

La faculté de théologie de Paris fit aussi quelques censures dans cette année. Le dernier de Jan- La faculté de

XXXIV.

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théologie censure le inanuel du fol

rasme.

fantez par le docteur Merlin, elle en ordonna la dat chrétien d’Esuppression, & le même jour à la requête de mef- D' Argentré cola fire Louis Guillard évêque de Chartres , sur le rap- 10.1. judic.de nou, pore des commissaires nommez pour l'examen cemp. 10.6 t. .

cu p. 130. d'un livre d'Erasme intitulé : Manuel du foldas"

error. t. 1. ad sala

chrétien ; La faculté jugea qu'il falloit supprimer cet An. 1539. ouvrage comme pernicieux à la religion chrétien

ne. Elle condamna encore un autre livre intitulé instruction des jeunes gens; par Melanchton, pour regler leurs études , publiée par Hengcuderphe, avec des additions sur la doctrine & l'instruction des enfans, par Bronsfelsius. Après en avoir rapporté quelques propositions qu'elle jugea capables de détourner les jeunes gens de la maniere ordinaire d'étudier, elle opina qu'il falloit supprimer ces ouvrages comme pernicieux à la jeunesse. Le même jour la faculté assemblée chez les Mathurins après la messe du Saint-Esprit, dit son avis sur une difficulté qui s'étoit élevée à l'occasion d'Erasme touchant la regle du tiers ordre de saint Augustin. C'étoit à la requête des chanoines reguliers de faint Victor. Erasme disoit, qu'il y avoit lieu de douter fi du temps de saint Augustin les moines faisoient des væux. La faculté entreprit d'examiner cette question, & conclut contre Erasme que les moines de ce temps-là faisoient des væux, que la proposition d'Erasme étoit scandaleuse & la contraire vé. ritable.

· En Ecosse le roi Jacques V. voulant fermer l'enXXXV. Le roi d'Ecofle trée à l'héresie dans les états , poursuivoit avec fait mettre Buchanan en prison. zéle tous ceux qui débitoient les nouvelles erreurs. Buchanan in bist. Un chanoine regulier, deux religieux de l'ordre

Jacob. Laingaus de saint Dominique , & un cordelier qui avoient in vità Calvini with love hohirt e, mini anlaisen p..39. edit. Paris. in 8. 168. me i ranisme, furent punis de mort ; quelques laïques reform. Isb. 3. p. furent compris dans ce supplice : ce qui arriva sur la fin de Février. Beaucoup d'autres furent

mis

Burnet hist. de la

47.

mis en prison, & parmi eux se trouva Georges Buchanan homme d'esprit, poëte, historien, A

in A N. 1539. mais d'une famille qui n'étoit rien moins que riche & aisée. Son oncle maternel l'envoïa à Paris où il passa deux ans, après lesquels il fut contraint par la misere & par son peu de santé, de retourner en Ecosse. Il alla étudier en logique à faint André sous le bon vicillard Jean Major, qui le mena en France où il passa cinq ans, & s'y trouvant aux prises avec la mauvaise fortune, il fut contraint de regenter la grammaire à Paris dans le college de sainte Barbe. Il le fit pendant près de trois ans , mais ennuïé de ce métier, un jeune comte appellé Gilbert Kennede ou Kedned le ramena dans son païs, ou Jacques V. le prit pour preceptcur de son fils naturel, qui fut dans la suite le fameux Jacques comte de Murray. Buchanan s'attira bien - tôt de fâcheuses affaires par ses vers satiriques , sur-tout par ceux qu'il fit contre les cordeliers, d'abord par son propre mouvement, & ensuite par les ordres du roi d'Ecosse , qui soupçonnoit ces religieux d'être entrez dans une conspiration contre la personne. Le cardinal David Beton archevêque de saint André se rendit le protecteur de ces religieux, & porta leurs plaintes au roi, & les ordres furent donnez pour arrêter Buchanan `comme suspect des nouvelles hérésies. Buchanan le sçut, & songea à se retirer , Buchanan in visd mais il fut découvert & mis en prison. Il n'y de- suá. meura pas néanmoins long-temps : car persuadé qu'il avoit tout à craindre, il tenta de se fauver par la fenêtre pendant que ses gardes dormoient, & Tome XXVIII.

Nn

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