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les fidéles qui ne communioient pas, pouvoient néanmoins trouver de l'utilité à entendre alors la A N. 1540 messe. Touchant le mariage, on déclara que Dieu l'avoit insticué, & que Jesus-Christ l'avoir sanctifié. Quant aux ordres, on dit, qu'il falloit les conserver dans l'église ; qu'aux deux ordres de prêtres & de diacres done l'écriture fait mention, l'église ancienne avoit ajoûté d'autres ordres inferieurs, dont l'institution ne devoit pas être negligée. Mais on y trouve une longue disgression pour combattre les droits & prétentions du fiége de Rome , & pour montrer en quel sens le roi étoie le souverain chef de l'église. On y parle de la confirmation comme les Catholiques ; & l'extrême-onction fut reconnuë pour un sacrement , qui , suivant le témoignage de l'apôtre saint Jacques, conferoic la santé spirituelle & corporelle. : On palla ensuite à l'explication du décalogue, Sur le decalogues & sur le premier & second commandement, on marque que les images étoient uciles , parce qu'elles rappellent dans notre memoire les idées des graces de Jesus-Christ , & celles de la bonne vie & de la vertu des Saints ; qu'ainsi l'on ne devoit pas les mépriser, & l'on ne défendit ni de leur offrir de l'encens, ni de se mettre à genoux devant elles, pouryû que le peuple fut inftruit que c'écoit à Dieu , & non pas à l'image qu'il falloit rendre cet honneur. Par le croisiéme, il étoit permis, suivant la doctrine de l'église catholique, d'adresser des prieres aux Saints, comme à des intercesseurs. On dit sur le quatrieme , que le repos du septiéme jour pour les Chrétiens doit

AN. 1

ve Maria & la li. berté

- être spirituel & consister dans l'abstinence du 1940. peché & des plaisirs. Ce qui n'empêche pas quc

ce commandement n'impose l'obligation d'interrompre son travail pour servir Dieu en public & dans le particulier. On expliquoit de même tous les autres commandemens , on en tiroit de salucaires exhortations pour exciter tout le monde à la pratique des devoirs du christia

nisme. Sur le Pater, l'A- On parle ensuite de l'oraison dominicale com

me du modéle de nos prieres , on passe à la salutation angelique , où l'on explique le mistere de l'incarnation de Jesus-Christ & l' Ave Maria. On traite du libre arbitre , qu'on définit une puissance de la volonté accompagnée de raison, par laquelle une créature raisonnable discerne & choifit le bien & le mal dans les choses morales , le bien avec l'aslistance de la grace de Dieu , & le mal par elle même. Que cette liberté étoit parfaire dans l'état d'innocence , & qu'elle a été affoiblie par le peché du premier homme, mais qu'elle a été rétablie par la grace qui est offerte à tous les hommes , quoique ceux-là seuls en ressentent l'efficace , qui la reçoivent volontairement & de bon cæur. Que Dieu n'est point auteur du peché ni cause de la damnation des hommes, que ce sont eux à qui l'on doit reprocher leur propre perte. A ce discours étoit jointe une exhortation aux prédicateurs, de se menager de celle sorte dans l'explicațion d'un dogme si difficile , qu'en établissant l'operation de la grace , ils n'ôrassent point à l'homme les droits de son libre arbitre, & qu'en

& des bonnes au

élevant le libre arbitre , on ne fic point de tort à a la grace.

A N. 1540. Dans le dogme de la justification, l'on parle de la justification de la malheureuse condition de l'homme depuis ress fa chûte, de l'énormité & de la coulpe du peché, & de la bonté infinie que Dieu a cuë de nous envoïer son fils pour nous rachêter par sa mort , & pour être mediateur entre le ciel & la terre. On montre ensuite de quelle maniere nous avons parc aux fruits de la mission du Sauveur ; que Dieur étant la cause principale de notre justification ; l'homme prévenu par la grace travaille lui-même à sa propre justification par l'obéissance & le confentement libre qu'il y apporte ; que quoiqu'elle foit le fruit de la mort de Jesus-Chrift & de ses merites , il faut toutefois de notre part une foi solide, une repentance sincere, une veritable resolution de reformer notre vie par la penitence , le jeune, les aumônes, la pricre & d'autres bonnes. euvres , pour assurer notre prédestination. Car enfin, dit-on, il n'y a point de certitude de l'élection , fi-non lorsqu'on sent dans son cæur les infpirations de l'efprit de Dieu , qu'on vit chrétiennement, & que l'on a la grace de l'esperance finale. Enfin les bonnes æuvres furent déclarées enrieremene necessaires pour le falut ; mais on marquoit qu'il falloit entendre par ces bonnes æuvres, des æuvres interieures & fpirituelles, comme la crainte & l'amour de Dieu, la patience , l'humilité, & d'autres actions de cette nature,non pas feulement de simples actions exterieures. On ajoûra que ces: bonnes æuvres étoient les fruits de la charité

dre du roi.

chrétienne, pourvû qu'elles sortissent d'un cour AN. 1940.

pur , qu’une bonne conscience les secondât , & .
qu'ils fussent appurez d'une foi solide. Le dernier
chapitre est touchant la priere pour les morts,
qu'on reconnoîc utile & bien fondée. En sorte que
dans cette exposition tout paroissoit conforme à
la foi catholique, à l'exception de la primauté du

pape. LXXI. Les commissaires aïant achevé cet ouvrage , le Cette exposition est publiée par or- presenterent au roi qui en ordonna la publica

tion. Quoique cette exposition corrigeât divers
abus , les reformez n'y trouverent que du desavan-
tage, néanmoins ils se consoloient dans l'efpe-
rance de pouvoir un jour abuser des principes qui
y écoient établis, pour détruire ce qu'ils appelloient
crreurs, comme l'ancien nombre des sacremens,
le merite des bonnes æuvres , l'invocation des
faints , le culte des images & d'autres. D'un autre
côté les Catholiques croïoient avoir beaucoup
gagné, parce qu'ils y voïoient établis des dogmes.
auxquels vrai-semblablement lesProtestans ne vou-
droient jamais se conformer, & qu'ils esperoient
que cette resistance attireroit la colere du roi sur
tout leur parti. Quant à ce qui les regardoit eux-
mêmes, comme ils avoient toûjours eu beaucoup
de complaisance pour leur roi, ils se proposoient
de suivre la même route, afin d'achever de le met-
tre dans la disposition où ils le souhaitoient , tandis
que la rélistance des reformateurs l'aigriroit , &
que les trouvant sans déference à son jugement
& à ses ordres , il en seroit dégoûté & les aban-
donneroir. Aussi l'humeur fâcheuse de ce prince

augmentant

LXXII.

augmentant de jour en jour, beaucoup de ceux qui favorisoient la reforme sans s'arrêter à la nouvelle AN. 1540. exposition, tomberent dans le piege. . D'autres commissaires chargez de réformer les

Reformation missels y firent si peu de changement qu'excepté qu'on fait des mir

fels & autres oftea quelques endroits où il étoit parlé du pape , il n'y ces publics. eut rien d'alteré, en sorte qu'on ne fut point obligé de faire imprimer de nouveau ni les breviaires ni les missels , ni aucun office ecclesiastique. Tout ce qu'on fit donc fut d'effacer quelques collectes, où l'on prioit pour le pape, & de retrancher l'office de : saint Thomas de Cantorberi, & celui de quelques autres saints. De cette forte on épargna les frais d'une nouvelle impression des livres d'église , pour ne point faire murmurer le peuple qui auroit refusé de fournir à cette dépense , ou peut être dans l'apprehension qu'en voïant un changement general dans l'office divin, on n'eût cru d'abord que toute la religion étoit renversée ; par-là les ceremonies & les rites demeurerent conformes à l'ancien usage fans y rien changer à l'exterieur.

Ignace. & ses neuf compagnons étant arrivez à LXXIII. Rome , projetterent en 1539. d’établir un nouvel au pape le projet institut dans lequel ils feroient les trois væux or- fticuero dinaires des autres religions, & un quatriéme sur- Orlandin in hif. numeraire par lequel ils s'engageroient d'aller pre- romantico in via

Societ. lib. 2. n. 58. cher la religion chrétienne chez les fideles , & chez Ignari lib. 2.6.6. les infideles, dans tous les endroits où il plairoit au pape de les envoïer, sans pouvoir refuser, sans esperer aucune récompense, & même sans demander de viatique ; ils convinrent encore qu'ils auroient un general qui demeureroit dans sa di: Tome XXVIII.

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Ignace prelente

de fon nouvel in

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