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rir les cinq mille hommes qui l'avaient suivi dans On dit que le corps de notre Saint est à Rome,
le désert, il s'adressa à Philippe, comme pour le dans l'église qui y fut dédiée, en 560, sous l'invoca-
consulter sur le moyen de pourvoir au besoin de tion de saint Philippe et de saint Jacques. En 1204,
cette multitude, et pour lui fournir l'occasion de on porta de Constantinople à Florence un bras de
donner une preuve de sa foi (1). Nous lisons encore saint Philippe. Les Bollandistes ont donné l'histoire
que peu de temps avant la passion du Sauveur, authentique de cette translation.
quelques gentils, curieux de le voir, prièrent Phi- Apprenons de saint Philippe à aimer Dieu; comme
lippe de leur procurer cette satisfaction, ce qu'il lui, désirons de voir le Père céleste. Il ne demandait
leur accorda, de concert avec saint André.

que celle bienheureuse vision, parce qu'il ne désiJésus-Christ ayant promis à ses disciples, dans rait qu'elle. Sommes-nous dans la même disposition? le discours qu'il leur fit après la dernière scène, de Dieu est-il le seul objet de tous les mouvements de leur donner de son Père céleste une connaissance notre cæur? Ne soupirons-nous qu'après lui? Si plus claire et plus parfaite que celle qu'ils en notre conscience ne nous rend point ce consolant avaient eue jusque-là, Philippe s'écria dans un témoignage, prions le saint apôtre de nous obtenir transport d'impatience : Seigneur, montrez-nous vo- un parfait détachement de toutes les choses créées, tre Père, et cela nous suffit. Jésus prit de là occasion afin que par nos désirs nous devenions déjà les cid'inculquer de nouveau la croyance de sa divinité

toyens du ciel. et de montrer qu'il était une même chose avec son Le vrai chrétien se regarde comme étranger sur Père. Il y a si longtemps, dit-il, que je suis avec vous, la terre; il ne voit dans le lieu de son pèlerinage que je vous instruis par mes paroles et par mes ac- qu'un abime de misères, que des sujets de componctions, et vous ne me connaissez pas ! Si vous me re- tion, de douleur et de crainte; mais d'un autre côté, gardiez des yeux de la foi, vous connaitriez qui je il s'élève jusqu'à Dieu par la foi; il contemple la suis, et me voyant, vous verriez mon Père, puisque beauté et la magnificence de son royaume éternel; je suis dans mon Père, et que mon Père est en moi (5). il admire en soupirant les délices pures et la paix

Les apôtres, destinés à conquérir l'univers à inaltérable que l'on y goude; alors il s'écrie dans Jésus-Christ, se dispersèrent, après la descente du un transport d'amour : 0 joie, qui surpasse toutes Saint-Esprit, dans les différentes parties du monde, les joies, et sans laquelle il n'en est point de vériafin de remplir plus parfaitement leur vocation, et table sur la terre! quand est-ce que je te possédede répandre avec plus de promptitude la lumière de rai? Daignez, Seigneur, faire briller à mes yeux l'Évangile. Saint Philippe alla prêcher dans les quelque rayon de votre gloire, enflammez mon caur deux Phrygies, comme nous l'apprenons de Théo- de votre amour. Que mon âme languisse du désir doret et d'Eusèbe, dont le récit est fondé sur les de vous être unie à jamais, de vous voir face à face, monuments les plus authentiques. On ne peut dou- de chanter vos louanges nuit et jour, de s'enivrer ter qu'il ne soit parvenu à un âge fort avancé, puis- dans le torrent de vos chastes délices, et d'être en que saint Polycarpe, qui ne se convertit que dans quelque sorte transformée en vous! l'année 80 de Jésus-Christ, eut quelque temps le Le chrétien, tel que nous venons de le dépeindre, bonheur de converser avec lui (6). Un passage de cherche à mener une vie inconnue. Renfermé dans Polycrate, cité par Eusebe (7), semble prouver qu'il la retraite, il ne s'y occupe que des choses à venir. fut enterré à Hiéraple en Phrygie. Cette ville se Tout ce qui charme les mondains lui est insupporcroyait redevable de sa conservation aux miracles table; il ne trouve de consolation que dans ses larcontinuels qui s'opéraient par la vertu des reliques mes et dans l'accomplissement de la volonté divine. du saint apôtre (8). Les Orientaux l'honorent le Sans cesse il prie le Seigneur de régner par sa grâce

8 14 novembre; mais l'Église latine célèbre sa fête, sur toutes les affections de son cœur, et de le tirer ainsi

que celle de saint Jacques, le 1er mai. au plus tôt de cette Babylone où tout ce qu'il voit Nous apprenons de Théodoret (9) que saint Jean l'attriste et semble lui dire : est ton Dieu? l'évangéliste et saint Philippe apparurent, en 394, à l'empereur Théodose, le matin du jour qu'il devait livrer bataille au tyran Eugène, et qu'ils lui promirent la victoire qu'il remporta sur son ennemi.

1

(1) Joan. VI, 5.
(5) Joan. XIV.
(6) Voyez Tillemont, l. I p. 384.
(7) Hist, I. 3, c. 31.

(8) Voyez le discours sur les douze apoires, attribué à saint Chrysostome, t. VIII, edit. Ben.

(9) Hist. I. 5, c. 24.

SAINT JACQUES-LE-MINEUR, APOTRE. saint Marc (10). Il est probable que cela se fit à

l'imitation du grand-prêtre des juifs. Voyez Tillemont, i. I p. 405, el Ceillier, t. I p. 422.

Le saint évêque de Jérusalem força les juifs à le L'AX 61.

respecter, malgré la fureur avec laquelle ils per

sécutaient les chrétiens. Voici le portrait qu'EuSAINT JACQUES, que l'on appelle le Mineur (1) pour sebe (11) et saint Jérôme (12) font de sa sainteté, le distinguer de saint Jacques, fils de Zébédée, est d'après Hégésippe. « Il vécut toujours dans la viraussi connu sous le titre de Juste. Ce dernier sur- » ginité. Il était Nazaréen, c'est-à-dire consacré au nom lui fut donné, au rapport d'Hégésippe (2) et de » Seigneur, et, en cette qualité, il ne but jamais de Clément d'Alexandrie, à cause de son éminente » vin, ni de toute liqueur capable d'enivrer, et ne sainteté. Il était fils d’Alphée et de Marie, sæur de » coupa jamais ses cheveux. Il s'interdit l'usage du la Sainte-Vierge (3).

» bain et des parfums, et ne mangeait de rien qui On ne peut guères douler qu'il ne fût avec Jésus, > eût eu vie, excepté l'agneau pascal, qui était de lorsqu'au commencement de son ministère, il alla » précepte. Il ne portait point de sandales, et n'aà Capharnaüm avec ses frères (4). L'année suivante, » vait d'autre vêtement qu'un manteau et une tuniil fut appelé à l'apostolat avec Judé son frère. Le » que de lin. Il se prosternait si souvent pour prier Sauveur, étant ressuscité, le favorisa d'une appari- » que ses genoux et son front étaient devenus aussi tion particulière (5). Il lui communiqua aussi, selon

» durs

que

la peau d'un chameau. » Saint Épiphane saint Clément d'Alexandrie, ainsi qu'à saint Jean et ajoute (13) qu'il priait encore quelquefois les bras à saint Pierre, le don de science, qu'ils communi- étendus vers le ciel, et que ce fut ainsi qu'il obtint quèrent à leur tour aux autres apôtres.

de la pluie durant une grande sécheresse. Nous apprenons de saint Jérôme (6) et de saint Une sainteté aussi éminente lui mérita de la part Épiphane que le Seigneu au moment de son des juifs le surnom de Juste (14); aussi avait-il le ascension, recommanda à saint Jacques l'église de privilege d'entrer, lorsqu'il le voulait, dans cette Jérusalem, et qu'en conséquence les apôtres l'éta- partie du temple dont la loi ne permettait l'entrée blirent évêque de cette ville, lorsqu'ils se dispersè- qu'aux seuls prêtres (15). Les juifs, au rapport de rent pour aller prêcher l'Évangile.

saint Jérôme (16), lui donnaient encore des preuves Saint Épiphane rapporte (8) qu'il portait sur sa de leur vénération, en s'empressant à l'envi de louléte une lame ou plaque d'or. C'était apparemment cher le bord de sa robe. une marque distinctive de la dignité épiscopale. Po- Saint Jacques assista, l'an 51 de Jésus-Christ, au lycrale, cité par Eusébe, rapporte (9) la même chose concile qui se tint à Jerusalem touchant la circonde saint Jean, et quelques autres le disent aussi decision et les autres cérémonies légales : là, après

(0) Le surnom le Mineur parait avoir été donné à cel apo- y lit celui de Marie son épouse au 9 avril. Cette sainte femme, tre, ou parce qu'il fut appelé à l'apostolat après saint Jac- après avoir servi Jésus-Christ dans la Galilée, l'accompagna qués le Majeur, ou parce qu'il était de petite taille, ou enfin jusqu'au tombeau, et mérita, par son amour, de le voir resà cause de sa jeunesse. On pense communement qu'il était suscité des premières. né quelques années avant Jésus-Christ.

(4) Joun. II, 12. (2) L. 2, c. 1, 23.

(5) I. Cor. XV, 7. (3) Quelques auteurs ont cru qu'Alphée et Cléophas étaient (6) In Gal. p. 164. deux différents noms de la même personne; d'autres ont (7) Hæres. 87. penséque Cléophas était le père de Marie, ou que Marie avait (8) Hores. 29. cpousé Cléophas après la mort d'Alphée. Joseph, que le texte (9) L. 3, c. 24. original appelle José, était frère de saint Jacques, et par con- (10) C'est la seule marque extérieure que l'histoire ecclésequent fils de Marie, Marc. XV, 40. Saint Jude se nomme siastique nous apprenne avoir été portée par les évêques lui-même frère de Jacques (Jud. v. 1). Notre Saint avait en- dans les premiers siècles, encore ne parait-elle pas avoir été core pour frère Simon ou Siméon, évêque de Jérusalem, dont fort usilée. La raison en est que les ministres de l'Évangile, nous avons donné la vie sous le 18 février. Tous ces Saints étant recherchés par les païens avec une sorte de fureur, se étaient appelés frères du Sauveur, conformément à l'usage donnaient de garde de se distinguer au-dehors du reste des reçu parmi les juifs de donner ce nom aux proches parents. chrétiens. ils avaient aussi des sæurs. Saint Épiphane parle de deux, (11) L. 2, c. 23. Marie et Salomé.

(12) In Jovin. I. 2, c. 24. Les fils de Cléophas étaient également cousins-germains (13) Hæres. 78. du Sauveur par saint Joseph, que l'on regardait comme son (14) Origène observe, in Cels. I. 1, p. 53, que celle épitbèle père, et qu'Hégésippe assure avoir été frère de Cléophas. lui était donnée par Josephe, mais on ne trouve plus auCe dernier était un des deux disciples auxquels Jésus-Christ jourd'hui dans les écrits de cet auteur. apparut sur le chemin d'Emmaüs, Luc. XXIV. Son nom est (15) Hégésip. ap. Euseb. ibid. marqué au 23 septembre dans le martyrologe romain. On (16) In Gal. I, 19.

avoir confirmé ce qu'avait dit saint Pierre, il forma , l'apôtre d'avoir violé la loi, et on le livra au peuple la décision qui fut approuvée par les apôtres et en pour être lapidé (20). voyée aux chrétiens que les juifs convertis avaient On le porta, selon Hégésippe (21), sur la platevoulu inquiéter.

forme du temple, et on voulut l'obliger à renoncer Quant au saint évêque de Jérusalem, il tolérait à sa foi, en sorte que sa voix fût entendue de tout l'usage des observances de la loi mosaïque : son le peuple. Ce sera là, lui dit-on, le moyen de dééglise en effet n'était guères composée que de juifs tromper ceux que tu as séduits. Le Saint, au lieu qui tenaient encore à leurs anciennes cérémonies, de faire ce qu'on exigeait de lui, se mit à confesser et pour lesquels cette condescendance devenait né- Jésus-Christ de la manière la plus solennelle; levant cessaire. Nous voyons aussi que les fidèles conseil ensuite la voix pour être entendu d'une grande mullèrent à saint Paul de se purifier et d'offrir un sa- titude de juifs que la fête de Pâques avait attirés à crifice (17).

Jérusalem, il dit que ce Jésus, fils de l'homme, qui Ce fut vers l'an 59 que saint Jacques écrivit en avait été crucifié, était assis à la droite de la Majesté grec l'épître canonique qui porte son nom (18). Elle souv ine comme Fils de Dieu, et qu'il viendrait a le titre de calholique ou universelle, parce qu'elle un jour, porté sur les nuées du ciel, pour juger tout ne fut point adressée à une église particulière, mais l'univers. Les scribes et les pharisiens, transportés à tout le corps des juifs convertis qui étaient dis- de fureur, s'écrièrent : « Quoi donc! l'homme juste persés dans les différentes parties de l'univers. s'est égaré aussi! » Ils montèrent aussitôt à l'endroit L'apôtre s'y propose de réfuter de faux prédicateurs où il était, et le précipitèrent en bas. qui, abusant de quelques expressions de saint Paul, Saint Jacques ne mourut point de sa chute; il eut enseignaient que la foi seule suffisait pour la justi- encore la force de se mettre sur ses genoux. Dans fication, et que par conséquent les bonnes euvres celte posture, il leva les yeux au ciel, et pria Dieu étaient inutiles. Il donne aussi des règles excellentes de pardonner à ses meurtriers, en disant, comme pour mener une vie sainte, et il exhorte les fidèles son divin Maitre : Ils ne savent ce qu'ils font. La à recevoir le sacrement de l'extrême-onction dans populace fit pleuvoir sur lui une grêle de pierres, leurs maladies (19).

jusqu'à ce qu'enfin un foulon l'acheva, en lui déSaint Paul ayant éludé, par son appel à l'empe-chargeant sur la tête un coup du levier dont il se reur, les mauvais desseins des juifs, ceux-ci résolu- servait pour fouler les draps. Ceci arriva le jour de rent de faire tomber toute leur rage sur le saint Pâque, qui était le 10 d'avril de l'an 61 de Jésusévêque de Jérusalem. Comme le gouverneur Festus Christ. Le Saint fut enterré près du temple, à l'enmourut avant l'arrivée d'Albin, son successeur, ils droit même où il avait été martyrisé. On éleva une profilèrent de cette circonstance pour exécuter leur petite colonne sur son tombeau. Les juifs attribuédétestable résolution. Le grand-prêtre Ananus, digne rent à sa mort injuste la destruction de Jérusafils du fameux Anne, dont il est parlé dans l'Évan- lem (22). gile, assembla le sanhédrin et fit comparaitre saint Ananus fit périr aussi quelques autres chrétiens. Jacques avec plusieurs autres chrétiens. On accusa Albin désapprouva hautement sa conduite, et le

(17) Act. XXI, 23 et suiv.

c. 27. Saint Justin dit qu'on priait dans la liturgie pour les (18) Sa dale au moins est postérieure à celle des épitres de empereurs, pour les différents élats, etc. Saint Cyrille a donné saint Paul aux Galates et aux Romains, dont l'une est de 55, une explication assez étendue de celle que l'on suivait dans et l'autre de 58.

son église. (19) Il y a une liturgie ori tale qui porte le nom de saint Les monuments les plus authentiques prouvent que dès Jacques, et dont parle saint Procle, patriarche de Constan- la naissance du christianisme, il y avait une liturgie, et que tinople, ainsi que le concile in Trullo. Quel qu'en soit l'au- les premières formules de prières dont elle était composée teur, elle est au moins d'une très-haute antiquité. (Voyez le furent établies par les apôtres. C'est ainsi que saint Jacques père Le Brun.) Peut-être saint Jacques aura-t-il donné seu- fut le premier auteur de celle de Jérusalem. On y ajoula lement la direction générale de cette liturgie; on aura en- depuis quelques nouvelles prières, mais on ne toucha point suite travaillé sur le même plan, et on y aura fait des ad- à la partie essentielle : de là vient que les liturgies des églises ditions. Clément d'Alexandrie, ap. Euseb. I. 2, c. 1, et saint fondées par les apôtres ont toujours porté leurs noms. Jérôme, l. contra Jovin., louent la grande babileté du même (20) Voyez Josephe, Antiq. 1. 20. apôtre dans les matières qui ont la religion pour objet. (21) Ap. Euseb. I. 2, c. 23.

Dans les premiers temps, on n'écrivait que quelques par- (22) C'est ce que nous lisons dans saint Jérôme, in Jovin. ties de la liturgie. Jusqu'au quatrième siècle, on ne sut que 1. 1, c. 24; dans Origène, contra Cels. I. 1, et in Matt. p. 223, par tradition les paroles de l'Invocation sacrée ou de la con- et dans Eusébe, I. 1, c. 23. Ce dernier nous assure que Josécration du pain et du vin, et l'on en agissait de la sorle par sephe le disait expressément. On ignore la cause pour laun motif de respect. Voyez saint Basile, l. de Spir. Suncto, I quelle ce passage ne se trouve plus dans les écrits de Josephe.

menaça de le punir d'avoir trempé ses mains dans cathédrale, qui y établit, en 1145, une communauté le sang de tant de personnes innocentes. Il encourut de chanoines réguliers. L'abbaye de Saint-Acheul aussi, pour la méme raison, l'indignation du roi était, avant la révolution, possédée par la congréAgrippa, qui le dépouilla de la souveraine sacrifi- gation réformée de Sainte-Geneviève. On y a trouvé, cature.

en creusant les fondements d'une nouvelle église, La chaire épiscopale de saint Jacques se voyait cing tombeaux fort anciens, qui ont donné lieu à encore à Jérusalem dans le quatrième siècle. On dit plusieurs écrits. Il était question de savoir si un de que ses reliques furent portées à Constantinople vers ces tombeaux n'était pas celui de saint Firmin, évêl'an 572.

que et confesseur, dont les reliques se gardent dans

la cathédrale. SAINT ANDÉOL, MARTYR EN VIVARAIS. L'AN 208 (*).

SAINT ORIENCE, Saint ANDÉOL (1), que l'on croit avoir été disciple VULGAIREMENT SAINT ORENS, ÉVÊQUE D'AUCH. de saint Polycarpe, ayant été envoyé dans les Gaules,

L'AN 364. précha l'Évangile à Carpentras et dans les lieux voisins de cette ville. L'empereur Sévère, qui le On ne sait presque rien de la vie de saint Orens. rencontra en 208, lorsqu'il se préparait à passer en Il gouverna l'église d'Auch, en Gascogne, depuis Angleterre, lui fit fendre la tête avec une épée de l'an 323 jusqu'à l'an 364. Il travailla avec beaubois. Ce fut au bourg de Bergoiate, près du Rhône, coup de zèle à la conversion des ariens et à celle dans le Vivarais, que le saint apôtre reçut la cou- des idolâtres qui habitaient au pied des Pyrénées. ronne du martyre. Ses reliques sont dans la ville de Les peines et les persécutions qu'il eut à souffrir ne Saint-Andéol, au diocèse de Viviers. Saint Germain, servirent qu'à purifier son cæur et à faire éclater évêque de Paris, engagea le roi Childebert à fonder, l'amour dont il était embrasé pour la gloire de sous l'invocation du saint martyr, une chapelle qui Jésus-Christ. Son culte a toujours été fort célèbre fut soumise à l'abbaye de Saint-Vincent, aujour dans la ville d'Auch, qui l'honore parmi ses pad'hui de Saint-Germain-des-Prés. Dans la suite des trons. On y gardait son corps dans le monastère de temps, cette chapelle devint une église paroissiale: son nom. En 1354, la ville de Toulouse obtint une c'est celle de Saint-André-des-Arts. Elle reconnait partie des reliques du saint évêque d’Auch. Il est encore saint Andéol pour son premier patron.

nommé dans les plus anciens martyrologes, mais Voyez Henschenius, Acta SS., t. I Maii, p. 35; Tillemont, sous différents jours. 1. III p. 123, etc.

Voyez les Bollandistes, Baillet, Gallia Christ. nova, l. I

p. 973; et le nouveau bréviaire d'Auch, sous le 5 mai. SAINT ACHE ET SAINT ACHEUL, MARTYRS. VERS L'AN 990.

SAINT AMATEUR, Ces deux Saints (2), dont la vie nous est inconnue, VULGAIREMENT SAINT AMATRE OU AMAITRE, ÉVÊQUE paraissent avoir souffert le martyre à Amiens, vers

D'AUXERRE. l'an 290. Ils sont nommés dans le martyrologe at

L'AN 418. tribué à saint Jérôme et dans tous ceux de l'église gallicane, sous le fer mai. Ce n'est que le 4 de ce AMATEUR, issu d'une des meilleures familles de mois que l'on célèbre leur •fête à Amiens. Voyez l'Auxerrois, se montra, dès sa jeunesse, fort zélé Molanus, in Aucluario Usuardi, et Henschenius pour le service de Dieu. Il étudia les saintes lettres sous le 1er mai, et le nouveau bréviaire d'Amiens. sous la conduite de Valérien, son évêque. Comme il

L'église de Saint-Acheul, située hors des murs était fils unique, ses parents lui cherchèrent de d'Amiens, était anciennement la cathédrale; mais bonne heure un parti digne de lui. Ils le trouvèrent saint Salve transféra ce titre à celle de Notre-Dame dans la personne de Marthe, qui était de Langres, qui était dans la ville. La première est de la juri- et qui joignait une naissance illustre à de grandes diction spirituelle et temporelle du chapitre de la richesses. Amateur n'avait que de la répugnance

(*) On pourrait placer le martyre de saint Andéol en 202, (1) On le nomme encore saint Andiol, saint Andeur et comme celui de saint Irenée. Voyez sa notice sous le saint Anduel. 28 juin.

(2) En latin Acius et Acheolus.

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pour l'état du mariage; mais il crut devoir se con- riche seigneur nommé Conan, qui lui fournit des former aux intentions de ses parents.

fonds pour bâtir un monastère dans la partie sepAu reste, les choses tournèrent comme il l'avait tentrionale de l'Armorique. Sa communauté fut désiré. Le jour même de la célébration du mariage, bientôt très-nombreuse : il la gouverna quelques il prit à part son épouse, et lui fit un discours fort années, puis nowma un abbé en sa place; il se retouchant sur les avantages de la virginité. Marthe tira ensuite chez Riwallon ou Rigald, son parent et entra dans les vues d'Amateur. Ils résolurent mu- son ami, qui anciennement était prince de Domnotuellement d'embrasser la continence, et firent nie, dans la Grande-Bretagne. même vou de passer toute leur vie dans cet état. Riwallon s'était depuis peu établi dans l'ArmoriPeu de temps après, Marthe prit le voile dans un que avec ceux de ses sujets qui l'avaient suivi. Il monastère, et Amateur reçut la tonsure cléricale. donna au Saint une maison avec un emplacement Il fut depuis élu évêque d'Auxerre, et il gouverna pour bâtir un monastère, et une église qui fut déson église depuis l'an 388 jusqu'à l'an 418. Il s'em- diée sous l'invocation de saint Étienne. Brieuc se ploya tout entier à la sanctification de son trou-chargea du soin de conduire ses religieux à la perpeau; en quoi il réussit d'autant plus efficacement, fection. Il mourut en paix dans son monastère vers qu'il ajoutait la force de l'exemple à la solidité l'an 502, dans un âge fort avancé. des instructions. Sa bienheureuse mort arriva le Il n'est point dit dans sa légende qu'il ait été 1er mai 418. On l'honore à Auxerre le 2 de ce mois. honoré du caractère épiscopal; mais il est qualifié

Voyez sa vie et celle de saint Germain, avec les pièces qui évêque dans une inscription qui est sur un morceau ont été recueillies par Henschenius, tom. I Maii, p. 50. Voyez de marbre que l'on trouva dans sa châsse en 1210. aussi le nouveau bréviaire d'Auxerre.

Au reste, il parait qu'il n'était qu'évêque régionnaire, et qu'il fut sacré avant de quitter sa patrie

pour toujours. SAINT BRIEUC, ÉVÊQUE.

Le monastère de saint Brieuc donna naissance à VERS L'AN 502,

une ville considérable où l'on érigea un évêché

en 844. Les reliques du Saint furent transférées à Saint Brieuc (1), issu d'une famille illustre de la l'abbaye de Saint-Serge d'Angers durant les incur-Grande-Bretagne, naquit dans la province appelée sions des Normands (*). L'église de Saint-Brieuc en Coriticiana (2). Son père se nommait Cerpus, et sa oblint une partie en 1210. mère Eldrude (3).

Voyez les Vies des Saints de Bretagne, par D. Lobineau, Saint Germain d'Auxerre étant venu de la Grande- qui a retrouvé une grande partie des actes de saint Brieuc. Bretagne en 429, Brieuc, alors àgé d'environ vingt ans, devint un de ses principaux disciples; il le suivit même en France, et y fut quelque temps

SAINT SIGISMOND, après élevé au sacerdoce. Il fit ensuite un voyage

ROI DE BOURGOGNE, MARTYR. dans sa patrie, où il convertit ses parents. Aidé de

L'AN 524. leurs pieuses libéralités, il fonda la célèbre église connue sous le nom de Grande-Lann, et donna Rien n'est plus admirable que ce choix de moyens d'excellentes leçons de vertu à ceux qui vinrent se dont se sert la Providence pour opérer la sanctificamettre sous sa conduite.

tion des élus. Nous l'allons voir dans la vie de saint Plusieurs années après, il passa dans l'Armori- Sigismond. que. Il convertit dans le territoire de Tréguier un Il était fils de Gondebaud, roi des Bourguignons (t).

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(1) En latin Briocus.

le Bæuf prétend qu'il devait aussi s'en trouver dans l'église, (2) Les uns la prennent pour la Cérétique, aujourdhui le aujourd'hui détruite, de Saint-Barthélemi à Paris, qui rencomté de Cardigan; les autres pour le pays de Cornouaille; fermait une chapelle dédiée à saint Brieuc. L'église de la d'autres enfin pour un canton présentement situé dans les ville qui porte son nom est encore en possession des ossecomtés de Stafford et de Derby.

ments qu'elle recouvra en 1210. (3) Ce mot n'est pas seulement saxon comme le prétend (1) Les Bourguignons étaient une des principales tribus Henschenius, il est aussi breton, et est composé de Ell et de des Vandales, suivant Pline et Zozime. Ce point d'histoire a Drud. Il signifie illustre ou bien-aimé.

été fort bien éclairci par M. Mille. (*) Cette abbaye ne paraît pas avoir conservé longtemps Les Bourguignons s'établirent d'abord le long de la Vistule entier ce précieux dépôt, car en l'année 878, ou environ, dans la Prusse. En 407, ils passèrent le Rhin et entrèrent l'église de Saint-Aubin de Crépy, en Valois, possédait une dans les Gaules. En 413, Gondicaire, leur premier roi, conpartie des reliques du saint évêque; une autre parlie ful quit le pays situé entre le Haut-Rhin, le Rhône et la Saône. portée à Saint-Benoit-sur-Loire, où elles sont encore. L'abbé Peu après il éleudit sa domination, et l'état qu'il forma com

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