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saint Hygin en 142. Il condamna l'hérésiarque Valentin , et ne voulut point recevoir Marcion, qui l'amour de leurs sujets. Les trois derniers s'acquirent une grande réputation par leurs vertus morales. Les Antonins se distinguèrent par leur savoir , et firent profession de la philosophie stoïcienne. Arrius-Antoninus , qui avoit montré beaucoup de modération et d'amour pour la justice en gérant plusieurs places de magistrature, fut adopté, en 130 , par Adrien, auquel il succéda dans la même année. Il fut véritablement le père du peuple durant un règne de vingt-deux ans. Il mourut en 161, presque octogénaire. On lui donna le surnom de Pius, à cause de sa reconnoissance envers Adrien, ou plutôt à cause de sa bonté et de sa clémence. Il disoit souvent, comme Scipion l'Africain, qu'il aimeroit mieux sauver la vie à un seul citoyen, que de l'ôter à mille ennemis. Il ne fạt point possédé de la passion des conquêtes. Cependant il sut réprimer, par ses lieutenans, l'humeur inquiète des Daces, des Alains et des Maures; il retint aussi dans le devoir , par le moyen de Lollius Urbicus, les Bretons, voisins des Calédoniens, en faisant élever une nouvelle muraille. Malheureusement toutes ces vertus morales furent souillées par la superstition, par la foiblesse et par plusieurs vices. Le sénat ayant refusé de mettre aux nombre des dieux, Adrien, justement détesté pour sa cruauté et ses crimes, Antonin employa les larmes et les prières, et vint à bout d'arracher un décret, par lequel on décerna les honneurs divins à son prédécesseur, et on ordonna qu'il auroit un temple avec des prêtres pour lui offrir des sacrifices. Il 'fit'aussi honorer Faustine, sa femme, comme une déesse , après sa mort. Oa: lui a reproché la vie licencieuse de Faustine la jeune , sa fille, qu'il donna en mariage à Marc-Aurèle-Antonin, son fils adoptif.

On lit dans Xipbilin, que les Chrétiens se ressentirent de la douceur de son gouvernement. Il est sûr qu'il ne publia point de nouveaux édits, et qu'il n'excita point de persécution ouverte. Mais on auroit tort d'en conclure avec Dodwell et quelques autres écrivains , qu'il n'y eut point de Chrétiens-martyrisés sous son règne , du moins par son ordre. Selon Tertullien, l. ad Scapul. c. 4, Arrius-Antoninus étant proconsul d'Asie, fit exécuter l'ancien rescrit de Trajan, malgré son injustice, et après avoir condamné quelques Chrétiens à mort, il renvoya les autres, en leur disant : « Malheureuk, si vous » avez tant d'envie de mourir , manquez-vous de cordes ou de, » précipices pour finir vos jours ? ö Saint Justin, dans sa première apologie adressée à Antonin-le-Pieux, pour lors mpereur, dit que les Chrétiens furent tourmentés de la mar nière la plus barbare , quoiqu'ils n'eussent été convaincus d'aucun crime. Saint Irénée, l. 3, c. 3, Eusébe', 1.4, c.

du Pont étoit venu à Rome après la mort de saint. Hygin, comme nous l'avons rapporté ailleurs. Les combats qu'il eut à soutenir lui ont mérité le titre. de martyr, qui lui est donné non-seulement par Usuard, mais par d'autres anciens martyrologistes. Fontanini, critique aussi savant que judicieux, soutient contre Tillemont', que le Saint termina sa vie par le glaive. Il mourut en 157, et fut enterré au pied du Mont-Vatican, le 11 de Juillet.

Voyez Tillemont, t. II, p. 312, et sur-tout Fontanini, qui discute avec beaucoup de sagacité tout ce qui concerne ce saint pape, dans son Historia litteraria Aquileiensis , c. 3 et 4.

1.21

S. HIDULPHE, ÉvêQUE ET ABBÉ. SAINT HIDULPAB , issu d'une des plus illustres familles de Bavière , naquit à Ratisbonne. Il renonça 10, et l'auteur de l'ancien poëme publié parmi les cuvres de Tertullien, assurent que ce prince , appelé par Jule Capito lin. l'adarateur le plus zèle des dieus , fit souyent couler le , sang, des fidèles. On voit par les actes de sainte Félicité et de ses sept fils , quels artifices les prêtres païens employoient pour animer les empereurs et les magistrats contre les Chrétiens.

Antonin cependant écrivit, selon Tillemont, en 152, aux états de l'Asie, pour ordonner que l'on mît en liberté ceux qui seroient simplement accusés de christianisme, et que l'on punît leurs accusateurs suivant la rigueur des lois portées contre les délateurs. « Tout ce que vous faites, dispit-il , pe » sert qu'à attacher (les Chrétiens) à leur opinion avec plus » d'entêtement, et vous ne pouvez leur causer plus de plaisir, » que de les condamner à mort pour leur religion; ainsi ils

triomphent de vous, en choisissant plutôt de mourir que de » se prêter à ce que vous exigez d'eux. » ( Voyez Eusebe , 1.4, c. 26.) Le même auteur parle encore d'un semblable rescrit d’Adrien à Minutius-Fundanus. Cependant le rescrit d'Antonin n'empêcba pas qu'il n'y eut encore plusieurs Chrétiens martyrisés. Le prince, foible et timide, n'avoit pas le courage de se déclarer le protecteur des fidèles , tout innocens qu'ils étoient, ni de prendre leur défense contre la fureur de populace, ou la malice des gouverneurs de province.

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dès sa jeunesse aux espérances flatteuses qu'il pouvoit avoir dans le monde, et se consacra au service de Dieu en embrassant l'état ecclésiastique. Son exemple fut imité par Erard son frère, qui devint depuis évêque régionnaire à Ratisbonne et dans la Bavière. Ce dernier est honoré comme Saint le 8 de Janvier. Il mourut à Ratisbonne, suivant l'ancien martyrologe de Moyen-Moutier (1). Ce furent Hidulphe et Erard qui tinrent sur les fonts de baptême la fille d'Adalric, dac d'Alsace, laquelle étoit aveugle; ils lui donnèrent le nom d'Odile, parce qu'elle avoit reçu la grâce de la vue avec celle du baptême (2).

Saint Hidulphe ayant été fait archevêque de Trèves , remplit tous les devoirs d'un pasteur zélé et vigilant. Vers l'an 665, il introduisit la règle de saint Benoît dans le monastère de Saint-Maximin, qui avoit été fondé dans le quatrième siècle, et où sans doute l'on suivoit les observances des moines de l'Orient. Il en augmenta considérablement les revenus , et y établit une régularité si parfaite , qu'il devint l'admiration de ce siècle. Cette abbaye est encore aujourd'hui une des plus célèbres de l'Allemagne.

L'archevêque de Trèves portoit une sainte envie aux religieux de Saint-Maximin , qui avoient l'avantage de vivre dans la retraite, de pouvoir se livrer sans interruption aux exercices de la prière et de la pénitence, de s'appliquer sans partage à la contemplation des choses célestes. Il aimoit à considérer l'exemple, et à jouir de l'entretien de plusieurs grands hommes qui faisoient alors l'ornement de l'église, qui y maintenoient le véritable esprit de Jésus-Christ par

l'odeur de sainteté que répan(1) Hist. Mediani monasterii, p. 68. (2) Hist, de l'église de Strasbourg , t. I, p. 343,

doit leur vie toute angélique, et qui étoient arrivés à la perfection par les pratiques de l'état monastique. Il eût bien voulu partager leur bonheur; mais il ne le pouvoit à cause des obligations attachées à sa place, qu'il ne lui étoit pas permis de quitter sans у être autorisé par son supérieur dans l'ordre hiérarchique. A la fin il trouva le moyen de résigner son siège à saint Véomade, abbé de Saint-Maximin ,'après quoi il alla se renfermer lui-même dans le monastère de ce nom (a).

Mais voyant qu'il ne pourroit trouver dans son propre

diocèse l'obscurité qu'il cherchoit , il se retira secrètement vers l'an 671, au milieu des montagnes des Vosges, sur les frontières de la Lorraine. Il y bâtit le monastère de Moyen-Moutier, qui fut ainsi nommé à cause de sa situation. Il avoit l'abbaye de Senones à l'Orient, celle de Saint-Dié au midi , celle d'Estival à l'Occident, et celle de Bon-Moutier au nord. Saint Hidulphe voyant sa solitude remplie d'un grand nombre de religieux, se démit du gouvernement de l'abbaye entre les mains de Leutbald. Celui-ci étant mort en-704, Hidulphe le reprit et le conserva jusqu'à sa mort, qui arriva en 707. Ses reliques renfermées dans une châsse d'argent, se gardent dans son monastère , qui, conjointement avec celui de Saint-Vannes de Verdun, a donné naissance à une réforme ou congrégation de Bénédictins très-connue en Lorraine et en Franche-Comté par les vertus et les lumières de ses membres. Le nom de saint Hidulphe n'est point dans le martyrologe. romain; mais on le

(a) Quelques écrivains ont avancé que saint Hidulphe n'avoit été que chorévêque , ou vicaire revêtu du caractère épiscopal pour l'administration d'une partie du diocèse; mais les plus habiles critiques soutiennent, d'après les auteurs ori: ginaux de la vie du Saint, qu'il fut lui-même archevêque de Trèves. Tome VI.

G*

trouve dans les calendriers de France, d'Allemagne, et de l'ordre de Saint-Benoit.

Voyez les trois vies du Saint, que le P. Sollier a publiées avec des notes, Act. SS. t. III, Julii, p. 205. L'ane, qui est imparfaite, fut écrite vers l'an 964. Voyez aussi l'ancienne chronique de Moyen-Moutier , celles de Richer de Senones et de Jean de Bayon (cette dernière fut composée en 1326), et sur-tout l'histoire de Moyen-Moutier, écrite en latin par D. Belhomme, abbé régulier de ce monastère, et imprimée à Strasbourg en 1724 , in-4.•

S. JEAN GUALBERT, ABBÉ, FONDATEUR DE

L'ORDRE DE VALLOMBREUSE. Tiré de sa vie, écrite avec beaucoup d'exactitude par Blaise Mélanisius, général du même ordre, et publiée avec de longues notes par Cuper, un des continuateurs de Bollandus. Voyez aussi deux autres vies du Saint, et l'histoire de ses miracles , Act. Sanc. t. III, Julii , p. 311.

L'AN 1073. SAINT JEAN GUALBERT sortoit d'une famille riche et noble établie à Florence. Il fut élevé avec soin dans les maximes de la piété et dans la connoissance des lettres; mais à peine fut-il entré dans le monde , qu'il en prit l'esprit avec le goût des vanités. L'amour des plaisirs le subjugua tellement, que ce qui lui avoit paru criminel ne lui offrit plus rien que de légitime et d'innocent. Il s'imagina que la dissipation et le faste devoient être un privilege dès sa naissance. La doctrine évangélique ne s'accordoit point avec sa conduite; mais il chercha à s'étourdir sur ce point , et bientôt les plus puissans motifs de vertu perdirent toute leur force à son égard. C'en étoit fait de lui , si Dieu n'eût ménagé les circonstances pour lui ouvrir les yeux, et le tirer de l'état deplorable où il étoit réduit. Voici comment la chose arriva.

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