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Staveren. Plusieurs églises et plusieurs chapelles portent son nom (*).

Voyez la vie de saint Odulphe , dans les Bollandistes, t. II, Junii, et la Batavia Sacra ,

p. 106.

pape

S. BRUNON, ÉVÊQUE DE SÉGNI, EN Italie.

SAINT BRUNON, issu de l'illustre famille des seigneurs d'Asti, en Piémont, comprit, dès son enfance, qu'il n'y a de vrai bonheur

que

dans le service de Dieu. Il fit ses études dans le monastère de Saint-Perpétue , au diocèse d'Asti. Nous apprenons de lui-même qu'il fut chanoine quelques années à Sienne (a).

La solidité avec laquelle il défendit contre Bérenger la doctrine catholique touchant l'eucharistie, dans un concile tenu en 1079, le fit singulièrement estimer de Grégoire VII. Ce le nomma deux ans après évêque de Ségni dans l'état ecclésiastique. Le Saint , qui n'accepta cette dignité qu'avec beaucoup de peine, se montra très-zélé pour la sanctification de son troupeau; il rendit aussi des services importans à l'église universelle en plusieurs circonstances. Il ne fut pas moins considéré des

papes

Victor III et Urbain II, que de Grégoire VII (b). En 1095, il accompagna Urbain en France, et assista au con

(*) La chapelle qui est à Amsterdam , et qui est connue sous le nom d'Olofs-Kapel, n'est point dédiée sous l'invocation de saint Odulphe, comme les Bollandistes et d'autres auteurs l'ont avancé, mais suus celle de saint Olaüs , roi de Norwege et martyr. Elle a été bâtie par des mariniers de Danemarck.

(a) Bosch a prouvé que le Saint' ne fut jamais chanoine d'Asti.

(6) Victor III, d'abord abbé du Mont-Cassin, mourut en 1087. Urbain II, qui de moine de Cluny étoit devenu évêque d'Ostie, puis pape, avoit été à Rheims disciple de saint Bruno, fondateur de l'ordre des Chartreux. Tome VI.

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cile qui se tint à Tours l'année suivante. Lorsqu'il fut retourné en Italie, il reprit ses fonctions avec son zèle ordinaire; mais il ne put tenir davantage contre l'attrait qu'il se sentoit

pour

la solitude. Il se démit de son évêché, se retira au Mont-Cassin, et y prit l'habit. Ses diocésains redemanderent leur pasteur; mais le pape laissa Brunon dans sa retraite; il s'y détermina en conséquence des sollicitations qui lui furent faites sur ce sujet par plusieurs cardinaux, et par Odérise, abbé du Mont-Gassin. Ce dernier étant mort en 1105, Othon lui succéda; mais il ne vécut que deux ans après son élection. Les moines choisirent Brunon pour le remplacer.

Le Saint fut d'une grande utilité au pape pour plusieurs affaires ; il composa aussi divers écrits pour défendre la discipline ecclésiastique, et pour extirper la simonie (). Il regardoit ce vice comme la source principale de tous les désordres qui souilloient la sainteté du sanctuaire. Que n'auroit-il point dit de beaucoup d'autres abus qui affligent aujourd'hui l'église , et qui ont pour principe l'ambition ou l'avarice?

Il y avoit environ quatre ans qu'il gouvernoit le Mont-Cassin, lorsque Paschal II (d), successeur d'Urbain II, le renvoya à son évêché. Il reprit ses

(c) Les cuvres de saint Brunon de Ségai ou d'Asti, sont des commentaires sur différentes parties de l'écriture, des sermons au nombre de cent quarante-cing, des lettres, tés dogmatiques, deux vies, l'une du saint pape Léon IX, et l'autre de saint Pierre d'Anagnie. D. Maur Marchési les fit imprimer à Venise, en 1651, 2 vol. in-folio. On les trouve aussi dans la bibliothèque des Pères , Lugd. 1677, t. XX.

Saint Pierre d'Anagnie , dont saint Brunon a donné la vie , fut canonisé par le pape Paschal II. Voyez les Bollandistes qui ont publié, sous le 3 d'Avril, sa vie écrite par le saint évêque de Ségni.

(d) Paschal II , moine de Cluny, succéda à Urbain II ,

des trai

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en 1099

fonctions avec une nouvelle ardeur, et les exerça jusqu'à sa mort, qui arriva à Ségni, le 31 Août 1125. Le pape Luce III le canonisa en 1183. On célèbre sa fête en Italie, le 18 Juillet.

Voyez la vie de saint Brunon, avec ce que disent de lui Léop d'Ostie, et Pierre, diacre , dans leurs chroniques du Mont-Cassin. Sollier a publié ces pièces avec des notes, t. IV, Julii , p. 471. Voyez aussi D. Maur Marchési, doyen du MontCassin, dans l’Apparatus qu'il a mis à la tête des ouvres du Saint, imprimées à Venise en 1651; D. Mabillon, Annal. Ben.; Ceillier , l. XXI, p. 101.

S. VINCENT DE PAUL, FONDATEUR DE LA

CONGRÉGATION DES PRÊTRES DE LA MISSION

COMMUNÉMENT APPELÉS LAZARISTES. Tiré de ses deux vies , l'une par M. Abelly, évêque de Rodez, et l'autre par M. Collet, continuateur de Tournély, et auteur de plusieurs ouvrages estimés. Cette dernière vie fut imprimée à Nancy , en 1748, deux vol. in-4.• Voyez aussi Perrault, Hom. illust. , Hélyot, Hist. des Ordres relig.

t.VIII, p.64; la bulle de la canonisation du Saint, donnée par Clément XII, en 1737, et publiée par Benoît XIV, de Canoniz. t. IV, Append. p. 363.

L'AN 1660. Dieu ménage de fidèles ministres à son église dans les temps mêmes' où l'esprit de foi paroit presque universellement anéanti; ces hommes privilégiés se préparentà devenir des vases de grâces, par l'exercice de la prière et par le crucifiement des inclinations de la nature corrompue; une fois bien pénétrés des maximes de Jésus-Christ , ils paroissent dans le monde comme de nouveaux apôtres, et conduisent les autres dans les voies de la piété , où le Saint-Esprit leur servit luimême de maître et de guide. Saint Vincent de Paul fut un de ces instrumens dont la divine miséricorde se sert pour ranimer la piété sur la terre.

Il naquit, en 1576, dans le village de Poy, au diocèse d'Acqs, en Gascogne, vers les Pyrénées. Son père se nommot Guillaume de Paul, et sa mère Bertrande de Moras. Ils faisoient valoir

par eux-mêmes une petite ferme qui leur appartenoit en propre, et ils tiroient du travail de leurs mains de quoi subsister avec leur famille. Ils avoient six enfans , quatre garçons et deux filles ; ils les élevoient dans la piété et dans l'exercice des travaux de la vie champêtre.

Vincent , qui étoit le troisième des fils de Guillaume de Paul, donnoit des preuves singulières d'esprit et de capacité. Il avoit un maintien grave et un amour pour la prière qui étoient au-dessus de l'âge d'un enfant. Ses premières années se passèrent à garder le troupeau de son père. Souvent il lui arrivoit de se priver d'une partie de son nécessaire pour en assister les pauvres, dans la personne desquels il envisageoit Jésus-Christ. C'étoit là comme autant d'indices de cette ardeur extraordinaire avec laquelle il se mit à chercher Dieu lorsque sa raison fut entièrement formée. On peut aussi assurer que sa fidélité à correspondre aux grâces qu'il recevoit dans son enfance, lui en mérita de nouvelles, et devint le principe de ces bénédictions dont il fut depuis comblé.

Guillaume de Paul, qui voyoit en son fils de rares dispositions pour les sciences et la piété, résolut de le faire étudier. Il le mit en pension chez les Cordeliers d'Acqs , qui se chargeoient de l'éducation des jeunes gens. Au bout de quatre années, Vincent fut en état d'instruire les autres, M. de Commet, avocat de la ville d'Acqs, et juge de Poy, le fit précepteur de ses enfans; par-là le jeune Vincent se vit en état de continuer ses études sans être à charge à sa famille. A l'âge de

vingt ans, il se rendit à Toulouse, y fit son cours de théologie, et y prit le degré de bachelier. Il reçut le sous-diaconat , ainsi

que

le diaconat, en 1598, et la prêtrise deux ans après.

Déjà on admiroit en lui les vertus qui font un digne ministre de Jésus-Christ, sans qu'il connût cependant encore ce parfait crucifiement sur lequel porte tout l'édifice de la sainteté. Il avoit appris la théologie et les autres sciences ecclésiastiques ; il s'étoit pénétré des maximes de l'évangile par la lecture des livres divins, par celle des vies des Saints et des meilleurs ouvrages

de spiritualité : mais il lui restoit encore une science à apprendre, et celle-ci demandoit plus qu'une étude et une application ordinaires. Elle consiste dans de vifs sentimens, et dans la connoissance pratique de l'humilité, de la patience, de la douceur et de la charité, et elle ne peut s'acquérir que par le bon usage des épreuves intérieures et extérieures : c'est là ce mystère de la croix, inconnu à tous ceux que le Saint-Esprit n'a point initiés dans les secrets importans de la conduite qu'il tient, quand il prépare les ames aux merveilleuses opérations de la grâce. Au dernier jour, la prospérité des méchans paroîtra l'effet du plus redoutable jugement du Seigneur, tandis que les afflictions des Saints feront exalter ses miséricordes. Ce fut donc par un enchainement de tribulations que Dieu conduisit Vincent à ce haut degré de vertu auquel il l'éleva depuis par sa grâce.

En 1605, Vincent fut obligé de faire un voyage à Marseille, pour recevoir un legs de quinze cents

que

lui avoit fait un de ses amis mort dans cette ville. Etant sur le point de retourner à Toulouse, il accepta la proposition qu'on lui fit de prendre la voie de la mer jusqu'à Narbonne : mais

livres,

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