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le martyr

» que saint Pierre et saint Paul. » Il ajoute que les mariniers de la plupart des mers chantent des hymnes à sa gloire ; que souvent il les a délivrés du danger; qu'ils réservent pour les

pauvres une partie du gain qu'ils font, et qu'ils l'appellent la part de Phocas. Il dit encore qu'un roi barbare lui avoit envoyé son diadême tout garni de diamans, avec un beau casque, afin qu'il les mit dans l'église de saint Phocas, pour que les offrit à Dieu en reconnoissance de ce qu'il l'avoit fait roi.

Saint Chrysostôme reçut à Constantinople (a) une portion des reliques de saint Phocas. La ville, en cette occasion, fêta deux jours de suite; et saint Chrysostôme prononça deux sermons, dont l'un se trouve encore parmi ses ouvrages (2). Il y est dit que les empereurs quittoient leurs palais pour venir honorer les reliques du saint martyr, et qu'ils tâchoient de participer aux grâces que ce culte procuroit aux hommes.

L'empereur Phocas bâtit depuis à Constantinople une belle église sous l'invocation du Saint , et y fit transférer une partie considérable de ses reliques. Les Grecs appellent souvent saint Phocas hiéro-martyr ou martyr sacré, épithète qu'ils donnent quelquefois aux illustres martyrs qui n'étoient point évêques (6). Ce Saint est honoré par les Grecs le 21 de Décembre , et par

les Latins le 14 de Juillet; mais quelques hagiographes parlent de lui sous le 3 de ce dernier mois.

De tous les travaux, le plus utile, le plus na(a) Et non à Antioche, comme Baronius la pensé , et comme Fronton le Duc et Baillet le soupçonnent. Voyez le P. Montfaucon , not. ibid. t. II, Op. S. Chrys. p. 704.

(2) T. II, p. 704 , edit. Ben.
(6) C'est ce que Ruinart a démontré contre Baronius.

turel, le plus propre à maintenir dans l'homme la vigueur de l'ame et la santé du corps, est la culture de la terre en général; mais celle d'un jardin procure des charmes particuliers par le spectacle qu'elle offre à tous les sens. Combien n'est-il pas agréable de se trouver souvent dans un lieu qu'embellissent des fleurs odoriférantes , des fruits aussi variés par leur espèce que par leur goût et leur beauté, mille sortes de richesses qui font admirer la fécondité de la nature ? Quelle satisfaction pour un philosophe chrétien, de se trouver au milieu d'une multitude d'objets qui , par la vivacité de leurs couleurs , semblent le disputer en éclatà la voûte des Cieux ! de se rappeler qu'un simple lis éclipse tout le lustre dont Salomon étoit environné dans le sein de sa gloire ! Que de motifs d'amour et de reconnoissance envers Dieu, lorsqu'il considère la fertilité de la terre, qui le dédommage de ses peines avec tant d'usure , et qui lui rend au centuple les semences qu'il lui a confiées! Que de raisons de gémir sur son insensibilité pour le Seigneur, à la vue de cette même terre, qui resteroit stérile, s'il n'employoit; pour la fertiliser, une culture continuelle

S. GUNTHIERN, ABBÉ EN BRETAGNE, Ce Saint , qui florissoit dans le sixième siècle, étoit un prince du pays de Galles, qui, ayant quitté dès sa jeunesse le lieu de sa naissance, se retira dans l'Armorique pour y mener la vie d'un anachorète. Il s'arrêta dans l'ile de Groie , qui est environ à une lieue de l'embouchure de la Blavet. Grallon , comte du territoire où l'ile étoit située , fut si édifié d'une conversation qu'il eut avec lui, qu'il lui donna , pour fonder un monastère, la

terre qui est auprès du confluent des rivières d'Isol et d’Ellé. C'est pour cela que l'abbaye est encore appelée aujourd'hui Kemperlé (a).

Une année qu'une prodigieuse quantité d'insectes mangeoit le blé, et faisoit craindre la famine , Guérech I, comte de Vannes , députa trois personnes de considération vers le Saint, afin de l'engager à prier Dieu pour obtenir

la délivrance du fléau dont on étoit menacé. Gunthiern envoya de l'eau qu'il avoit bénite; on la répandit dans les champs, et les insectes périrent. Le comte, en reconnoissance de ce bienfait, lui donna une terre située auprès de la rivière de Blavet , laquelle se nommoit Vernac (6). Il paroit que le saint abbé mourut à Kemperlé. Durant les incursions des Normands, on cacha son corps dans l'ile de Groie. On le découvrit dans le onzième siècle, et on le mit dans le monastère de Kemperlé , qui appartient aujourd'hui à l'ordre de saint Benoît (c).

Saint Gunthiern est patron de l'abbaye de Kemperlé, ainsi que de plusieurs églises et chapelles de Bretagne. Les anciens calendriers le nomment

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de Juin; mais les modernes remettent sa fête au 3 de Juillet.

Voyez Lobineau, Vies des Saints de Bretagne , p. 49.

sous le

S. BERTRAN, Évêque du Mans. Saint BERTRAN (a), qui semble être né dans le Poitou, se consacra au service de Dieu dans la ville de Tours, et y reçut la tonsure cléricale. Saint Germain , évêque de Paris, le fit venir dans

(a) Mot breton qui signifie confluent d'Ellé. (6) Aujourd'hui Hervegnac ou Chervegnac.

(c) L'abbaye de Kemperlé est à trois lieues de Port-Louis , et à huit de Quimper.

(a) En latin Berti-Cramnus, Bertrannus, et non Bertrandus.

son diocèse, le forma lui-même à la vertu, et lui conféra la dignité d'archidiacre.

Après la mort de Baldégisile, qui avoit gouverné en pasteur mercenaire l'église du Mans, saint Bertran fut élu pour lui succéder en 586. Il éprouva d'abord quelques contradictions; mais il sut en triompher, et il ne pensa plus qu'à conduire son troupeau dans les voies de la sainteté. Sa prudence délivra l'état d'une guerre dont le menaçoient Waroc et Windimacle, princes bretons. Il fut appelé à la cour de Gontron, roi d'Orléans et de Bourgogne , pour terminer quelques affaires qui regardoient le bien de l'église. Il bâtit et dota un grand nombre d'hôpitaux, construisit et répara beaucoup d'églises. Il fit , en 615, un testament que nous avons encore , et qui est devenu célèbre dans l'antiquité ecclésiastique. On y trouve plusieurs legs considérables aux églises et aux monastères. Ce qu'il y a de singulièrement remarquable, c'est qu'on y voit que Frédégonde favorisa et protégea le saint évêque en toute occasion.

Bertran fut chassé trois fois de son siége durant les troubles occasionnés par les guerres intestines de la France. Aidé de la protection de Clotaire, qui réunit enfin à son royaume ceux de Bourgogne et d'Austrasie, il répara les désordres qui s'étoient introduits dans son troupeau. On croit qu'il mourut le 30 Juin 623. On l'honore le 3 de Juillet , qui fut le jour de la translation de ses reliques.

Voyez saint Grégoire de Tours, Hist. I. 8, c. 39, et l. 9. 6. 18; le testament du Saint, publié avec d'excellentes notes, par Papebroch , ad 6 Jun. , et Baillet sous le 3 de Juillet.

S. GUTHAGON, RECLUS. Ce Saint , Ecossais ou plutôt Irlandais de naissance , étoit du sang royal. Il renonça au monde, et mena une vie austère, uniquement occupé des exercices de la pénitence et de la prière. Etant passé depuis en Flandre , il y vécut en reclus avec le B. Gillon , qui s'étoit attaché à lui. Ils fixerent l'un et l'autre leur demeure au village d'Ooskerk, situé sur le canal de Bruges à l'Ecluse. Saint Guthagon mourut dans sa cellule près de Knocken, du côté de la mer. On l'enterra dans le cimetière d'Oostkerk. Il s'est opéré plusieurs miracles par son intercession. Le 3 Juillet 1059, Gérard , évêque de Tournai , fit la translation des reliques du Saint en présence des abbés de Dun, d'Oudenbourg et d’Ececkout; elles furent encore visitées le premier Octobre 1444 par Nicolas, évêque suffragant de Tournai.

Voyez la vie du Saint dans Colgan, Mss. Sanctor. Hibern. , et Molanus , Nat. Sanct. Belgii, ad 3 Julii.

S. ULRIC, ÉVÊQUE D'AUSBOURG. Tiré des trois différentes vies du Saint; la première écrite

avec fidélité par Gérard d'Ausk rg, que saiat Ulric or. donga prêtre ; la seconde , par Gébéard , évêque d'Ausbourg , mais que l'auteur n'eut pas le temps d'achever. Mabillon les a données , sect. 2 , Ben. La troisième vie est de Bernon, abbé de Richenow, qui florissoit en 1040 , et elle a été publiée par Surius. Velser l'a donnée aussi, avec un catalogue des évêques d'Ausbourg. Voyez Pinius , des continuateurs de Bollandus, t. II, Julii, p. 73.

un

L'AN 973.

Saint ULRIC ou ULDARIC étoit fils du comte Hubald, et frère de Luitgarde , femme de Burchard II, duc de Suabe et d'Alsace. Il naquit en

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