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ciennement Nandesi. ( Voyez Userius et les Bollandistes. )

S.te SIGOULEINE, Veuve, ABBESSE DE TROCLAR, EN ALBIgEOIS.

SEGOLÈNE OU SIGOULEINE, issue d'une illustre famille de l'Aquitaine, naquit dans la ville d'Albi, vers la fin du septième siècle. Elle fut mariée à un seigneur du pays , nommé Gislufe , qui lui laissa la liberté de suivre son goût pour la retraite, et de vaquer à toutes ses pratiques de piété. Devenue veuve, elle rompit tout commerce avec le monde , et fut ordonnée diaconesse par son évêque. Elle fut depuis établie abbesse du monastère de Troclar, qui avoit été fondé par son père, sur le Tarn, à'sept ou huit lieues au-dessous d'Albi. Le reste de sa vie ne fut qu’un tissu d'exercices de charité, de pénitence et de toutes sortes de bonnes cuvres. On ignore l'année de sa mort, qui est marquée au 24 de Juillet dans les martyrologes modernes. Elle fut enterrée dans une église voisine de son monastère, laquelle avoit été bâtie pour la sépulture des religieuses de Troclar. Son corps se garde aujourd'hui dans la cathédrale d'Albi , et elle est honorée parmi les patrons titulaires de cette ville.

Voyez sa vie écrite par un anonyme dans le huitième siècle, et publiée par Labbe, Bibl. nov. Ms., et par D. Mabillon, sect. 3 , Bened. part. 2.

p. 542;

le Gal. Christ. nov. t. I, p. 57, et Baillet, sous le 24 de Juillet.

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S. ROMAIN ET S. DAVID,
PATRONS DE MOSCOVIE, MARTYRS.

L'histoire de la conversion des Russes , appelés aujourd'hui Moscovites (a), a été jusqu'ici fort

(a) Quelques auteurs font venir la race et le nom des Moscovites, de Mosoch, fils de Japhet , qui avec ses frères Magog, Tubal , Gomer et leurs enfans, peupla les royaumes du nord. (Ezech. XXXVIII, 6, etc.) On regarde ces premiers descendans de Noé, comme les patriarches des Cappadociens, des Tartares, des Scythes, des Sarmates, etc. (Voyez Bochart, dans son Phaleg: 1.3, c. 12, et D. Calmet,) Il paroît du moins très-probable que les Moschi dont parlent Strabon et Pomponius-Mela , et qui habitoient le pays situé entre la Colchide et l'Arménie, près des montagnes appelées Moschici , descendoient de Mosoch. Les Scythes, au rapport de quelques savans , quittèrent les côtes du Pont-Euxin et de la mer Caspienne, puis, tirant vers le nord , pénétrèrent dans l'Asie et l'Europe. Les Cimmériens, enfans de Gomer, abandonnèrent aussi leur premier établissement, et vinrent se fixer vers le Bosphore et les Palus Meotides. Les Moschi , à l'exemple de ces peuples , passèrent en Europe, et s'établirent sur les frontières des Scythes et des Sarmatęs.

Les Moscovites tirent leur nom de la ville de Moscow , qui fut bâtie vers l'an 1149. Quant au nom de cette ville, il vient, non de la rivière de Moscow, anciennement appelée Smorodina , mais d'un monastère nommé Moskoi , terıne qui signifie demeure d'hommes. ( Voyez Bayer, Orig. Russicæ, t. VIII, Comm. academ. Petrop: p. 390.) Le nom de Moscovites ne fut donné à la tribu des Russes qui le porte , qu'à la fin de treizième siècle. Voici quelle en fut l'occasion.

Gedimidius , grand-duc de Lithuanie , ayant vaincu, en 1319, Daniel, duc russe de Kiow, l'archevêque Pierre transféra son siège à Moscow. Le duc Jean , fils de Daniel, suivit bientôt le prélat, il établit aussi dans la même ville le siège de sa puissance, qui étoit précédemment à Uladimiria. Les Russes prirent alors le nom de Moscovites, qu'ils ont toujours porté depuis. L'archevêque continua de prendre le titre de métropolitain de toute la Russie : de là vient que le nom de Moscovites ne se trouve que dans Chalcondyle et les autres historiens grecs qui florissoient vers le même temps. Voyez Herbersteinius, Chorogr. principatûs ducis Moscoviæ et rerum Moscovit. commentar. et sur-tout Ignace Kulczynski ( en latin Kulcinius ), célèbre moine de saint Basile à Rome , Specimen ccclesiæ Ruthenicæ , Romæ, 1733. It. Catalog, archiep.

embrouillée, à cause des différentes méprises où sont tombés ceux qui ont traité ce point de critique ecclésiastique (b). Nous suivrons les auteurs Kioviensium , et Series chronol. magn. Russiæ seu Moscoviæ ducum.

Nous apprenons de Chalcondyle, des autres bistoriens grecs et de Herbersteinius , que les Russes dont il s'agit furent tributaires du roi tartare d'Agora, en Asie, depuis l'an 1125 jus. qu'à l'an 1506; mais ayant secoué le joug , ils soumirent les Russes de Novogorod et de plusieurs autres pays de l'Europe, et étendirent leur domination presque jusqu'aux extrémités de l’Asie, dans la grande Tartarie. Voyez Bayer , Dissert. de Russorum primâ expedit. Constantinop. t. VI, Comm. academ. Petrop. et Orig. Russic, ibid, t. VIII; M. Jos. Assémani, de Calend. univ. t. I, part. 2, c. 4, p. 275.

Le nom de czar est esclavon, et signifie roi. Il n'est connu que depuis le duc Jean Wasieliwitz, qui le prit au commencement du seizième siècle, après la conquête du royaume de Casan. Le premier souverain des Russes que l'on connoisse , est Ruric, qui vivoit vers l'an goo. Voyez l'état de l'empire russe , par Stralemberg.

(6) Le savant P. Possevin, jésuite, l. de rebus Moscovitis, a écrit plusieurs faussetés touchant les Moscovites. Quelques auteurs se fondant sur son autorité , ont prétendu que ces peuples avoient reçu la foi des Grecs schismatiques , et qu'en même temps ils avoient adhéré à leur schisme; mais cette prétention n'est appuyée sur aucun fondement, comme l'ont prouvé le P. Henschénius et le P. Papebroch, Præf. ad Ephes mer. Græcos-Moscas , n. 11, p. 3. Le P. Stilting , autre savant bollandiste, a composé une dissertation in Act. Sanct. t. XLI, seu vol. 2 , Septemb. dans laquelle il a démontré que les Moscovites furent d'abord catholiques, et que même au temps du concile de Florence, il y avoit en Russie autant de catholiques que de schismatiques. Le schisme des Grecs fut formé par Cérularius , en 1053, plusieurs années après la conversion des Russes, A la vérité, celui de Photius avoit précédé, mais il n'avoit pas eu les mêmes suites.

On lit dans Zonare, Cédrénus, etc. qu'une armée de Russes assiégea Constantinople sous le règne de l'empereur Michel III, et le patriarcat de Photius, et que ces peuples ayant été obligés de lever le siége , obtinrent, en se retirant, des prêtres grecs de Constantinople, qui les instruisirent de la religion chrétienne. Baronius met cette mission en 853, et le P. Pagi en 861 ; mais ceci ne forme point une objection solide. 1.° Le récit de Zonare et de Cédrénus peut s'entendre de quelque tribu de Russes établis dans la Bohême, où saint Cyrille prê'choit alors l'évangile. 2.° Si cette solution est rejetée , nous

Tome VI.

S'*

qui ont le mieux approfondi cette matière , et dont le mérite est confirmé par le suffrage des savans.

La reine Hélène, honorée parmi les Saints, fut la première qui se convertit chez les Russes. Cette princesse se nommoit Olga avant son baptême. Elle étoit femme d'Ihor ou Igor , qui entreprit une expédition contre la ville de Constantinople (©). Ce prince ayant été repoussé par les généraux des empereurs Romain et Constantin, se retira avec son armée ; mais il fut tué par les Dreulans lorsqu'il retournoit dans son pays. Olga sut venger la mort de son mari; elle vainquit les Dreulans , et gouverna l'état plusieurs années avec une sagesse et un courage extraordinaires. Etant

parvenue

à l'âge d'environ soixante-dix ans, elle laissa le gouvernement à son fils Suatoslas , puis se rendit à Constantinople, où elle reçut le baptême, et prit le nom d'Hélène (d). De retour dans sa patrie , elle s'appliqua de toutes ses forces à y répandre la lumière de l'évangile. Elle ne put cependant dirons que les auteurs qu'on nous objecte ont confondu des choses arrivées en différens temps. En effet, l'empereur Cons. tantin Porphyrogénète, qui vivoit dans un temps peu éloigné de celui dont nous parlons, et devoit savoir ce qui s'étoit passé, dit dans la vie de Basile le Macédonien , son aïeul, et dans son livre du gouvernement de l'empire, que les Russes assiégèrent Constantinople sous le patriarcat de Photius , mais qu'ils furent convertis à la foi par des prêtres qu'on leur envoya de Constantinople , à leur prière, sous l'empereur Basile le Macédonien et sous le patriarche saint Ignace, auquel Basile rendit son siége lors de son avènement à l'empire, en 867. Ceci pourroit encore se prouver par l'autorité même de Zonare.

(c) Ceci est rapporté par Siméon Métaphraste , le moine George, Cédrénus , Zonare et Curopalate.

(dl) Plusieurs auteurs mettent cet événement en 952, ce qui paroit bien s'accorder avec le récit des historiens grecs ; mais Kulcinius et le P. Stilting prouvent par la chronologie des ducs de Russie , qu'Olga fut baptisé en 945.

obtenir la conversion de son fils , qui , sans doute, étoit retenu par des raisons de politique. Elle mourut en 970 ou 978.

Uladomir, fils et successeur de Suatoslas, en voya une ambassade solennelle pour demander en mariage Anne , seur des empereurs Basile et Constantin. L'ambassade eut un heureux succès Nicolas Chrysoberge, patriarche orthodoxe de Constantinople, accorda aussi au même prince un certain nombre de prédicateurs qui lui avoient été demandés. Michel étoit le chef des missionnaires qui partirent pour la Moscovie. Il baptisa Uladomir, et fit la cérémonie de son mariage avec la princesse Anne , vers l'an 988 (1). On met là mort d'Uladomir en 1008.

Ce prince laissa trois fils, savoir Boris, Hliba ou Cliba, Jaroslas, et une fille nommée Anne, comme sa mère, laquelle fut mariée à Henri I, roi de France, et fonda l'église de Saint-Vincent de Senlis. Les deux premiers princes , qui sont honorés d'un culte public et connus sous les noms de saint Romain et de saint David , furent massacrés en 1010 (e) par l'usurpateur Suatolpelch. Ce fut leur zèle pour la foi de Jésus-Christ qui leur coûta la vie. Jaroslas redevint maître de la souveraineté dont avoient joui ses pères.

Saint Romain et saint David sont honorés en Moscovie le 24 de Juillet. En 1072, on transféra leurs reliques dans l'église qui avoit été bâtie sous leur invocation à Vislegorod. La cérémonie de cette translation fut faite par George, cinquième archevêque de Kiow, accompagné de plu

(1) Voyez les annales des Russes , ap. Herbersten. in rer. Moscov. Comment. et M. Jos. Assémani, in Calend. univ. t. II, p. 265, et t, 111.

(e) En 1015, selon le P. Stilting.

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