Images de page
PDF
ePub

le même temps le romescot, ou tribut annuel qui se payoit au saint siége (a).

Olaus fit venir d'Angleterre des ecelésiastiques et des moines recommandables par leur science et leur piété. L'un d'entre eux se nommoit Grimkele; il fut élu évêque de Drontheim, capitale des états d’Olaüs. Ce prince n'entreprenoit rien sans le consulter. Ce fut par son conseil qu'il porta plusieurs lois pleines de sagesse , et qu'il abolit toutes celles qui étoient contraires à l'évangile, non-seulement dans la Norwege , mais encore dans les îles d'Orkney, dont il s'étoit emparé, et dans l'Islande.

La paix étant établie dans tous les pays de son obéissance, il travailla à en extirper les superstitions de l'idolâtrie. Il parcouroit les villes en personne, pour exhorter ses sujets à ouvrir les yeux à la lumière de l'évangile que leur préchoient les missionnaires dont il étoit suivi. Il fit démolir en plusieurs endroits les temples érigés aux idoles. Les païens se révoltèrent, soutenus cours que Canut leur avoit envoyés d'Angleterre, ils attaquèrent le saint Roi, le vainquirent, et le chassèrent de ses états. Olaüs se sauva dans la Russie, d'où il revint quelque temps après. Il leva une armée pour recouvrer son royaume; mais il fut tué dans la bataille qui se livra le 29 de Juillet 1030 à Stichstadt, dans la province de Drontheim. Il avoit régné seize ans.

On croit que les rebelles étoient dans les intérêts de Canut-le-Grand. En effet, ce prince vint d'Angleterre prendre possession de la Norwege. Il y laissa Hackin son neveu en qualité de vice

(a) Scot et lot sont des mots originairement suédois ou teu. toniques, qui signifient taxe ; ainsi romescot veut dire , taxe pour Rome.

par

les se

roi. Gelui-ci s'étant noyé peu après, Canut donna la vice-royauté de Norwège à son fils Suénon.

Saint Olaüs fut enterré à Drontheim. L'année suivante, l'évêque Grimkèle le fit honorer dans son église d'un culte public, avec le titre de martyr.

Magnus , fils du saint roi , lequel étoit en Russie, fut rappelé en 1035, et rétabli sur le trône de Norwege. Le vice-roi Suénon se voyant entièrement abandonné , s'enfuit dans la Suède. Magnus contribua beaucoup à étendre la dévotion des peuples envers son père, que la cathédrale de Drontheim choisit pour patron titulaire. Cette église fat rebâtie avec une magnificence qui la rendit la gloire de tout le nord (6).

Le corps de saint Olaüs fut trouvé sans aucune marque corruption en 1098. Il étoit encore dans le même état, lorsqu'en 1541 les Luthériens pillèrent la châsse qui le renfermoit. Cette châsse étoit d'un prix et d'une richesse inestimables. Le vaisseau qui portoit en Danemarck la plus grande partie de ce batin sacrilége, périt sur mer, le reste fut volé sur terre, en sorte qu'il n'en vint rien au roi de Danemarck. Les Luthériens traitèrent, avec respect le corps du Saint , et le laissèrent à l'endroit où avoit été la châsse, dans le coffre de bois qu'ils trouvèrent au-dedans de cette châsse. En 1568, ils l'enterrèrent avec decence dans la même cathédrale. On montre à l'abbaye de Saint-Victor à Paris me chemise de notre Saint.

Il s'opéra plusieurs miracles à sa châsse, et l'on venoit la visiter , avec une dévotion extraordinaire , de tous les royaumes

du nord. (6) Munster en a donné une description détaillée après que le lutherianisme y a été introduit.

Saint Olaüs étoit autrefois patron d'un grand nombre d'églises en Angleterre et en Ecosse, où il étoit honoré sous les noms de saint Olave, et de saint Tooley. Il est nommé dans les chroniques de Norwege. Olaf Haraldson, et Olaf Elge ou le Saint.

(Voyez Saxon le Grammairien , Hist. Dan. l. 10, fol. 94, 95, 96; Adam de Brême , Hist. ecclés. l. 2, c. 43; les historiens islandais, que M. Mallet regarde comme fort exacts, sur-tout Torfæus, dans sa Siries regum Daniæ , et Snorro Sturleson ; le P. Bosch, Act. Sanct. t. VII, Jul. p. 87; Mallet , Hist. de Danemarck, etc. )

On compte aussi parmi les Saints un autre Olaüs , roi de Suède. Il avoit été converti par saint Anschaire. Il montra beaucoup de zèle pour la propagation de l'évangile. Ayant refusé dans un temps de famine d'offrir un sacrifice aux idoles d'Upsal , il leur fut sacrifié lui-même par les habitans de Birca' où les rois de Suède faisoient leur résidence ordinaire. C'est des ruines de cette ville que celle de Stockholm a pris naissance, quoiqu'elle en soit à une distance considérable.

Voyez l'Histoire de Suède, par Puffendorf, t. 1.

S. GUILLAUME, ÉVÊQUE DE SAINT-BRIEUC EN BRETAGNE. SAINT GUILLAUME , né en Bretagne, se rendit recommandable par l'innocence de ses meurs, par sa douceur, sa charité et son amour pour

la mortification. Josselin, évêque de Saint-Brieuc, lui donna les ordres sacrés, et l'attacha au service de son église. Guillaume travailla dans le diocèse avec beaucoup de succès et d'édification , non

seilement sous Josselin , mais encore sous Pierre et Sylvestre ses successeurs immédiats. Il fut élu, vers l'an 1220, pour remplacer Silvestre. Il fit les pauvres ses trésoriers , et non content de leur distribuer ce qu'il possédoit, il 'empruntoit souvent aux autres de quoi les assister. Ordinairement il couchoit sur la dure , quoiqu'on lui préparât tous les jours un bon lit. Assidu aux fonctions de sa charge, il ne négligeoit aucun des moyens propres à nourrir en lui l'esprit de recueillement. Il mourut vers l'an 1234 , le 29 de Juillet, jour auquel il est nommé dans le martyrologe romain. On l'enterra dans sa cathédrale et son corps fut levé de terre en 1248. Innocent IV le canonisa cinq ans après, selon Baronius.

Voyez Lobineau, Vies des Sains de Bret. p. 235.

[ocr errors]

S. ABDON ET S. SENNEN, MARTYRS. SAINT ABDON et saint SENNEN étoient Persans. Ils vinrent à Rome, où ils confessèrent généreysement la foi, en 250, durant la persécution de Dèce. Ils furent appliqués à de cruelles tortures; mais plus on déchiroit leurs corps, plus la grâce embellissoit leurs ames. Les Chrétiens de Rome les traitèrent , non comme des étrangers , mais comme des frères qui leur étoient unis par l'espérance du même bonheur. Ils enlevèrent leurs corps, et les déposèrent dans la maison d'un sousdiacre nommé Quirin.

Sous le règne de Constantin-le-Grand, les reliques de ces Saints furent transportées dans le cimetière de Pontien, ainsi appelé de celui qui l'avoit fait fait bâtir : on l'appeloit encore ad Ursum Pileatum', de quelque signe qu'on y yoyoit ; il prit ensuite le nom des deux saints

martyrs. Il étoit auprès du Tibre, sur le chemin de Porto, et à peu de distance de Rome. On y voit encore sur un ancien morceau de sculpture , les noms et les figures de nos Saints, ayant sur la tête une couronne et un bonnet persan (1).

Saint Abdon et saint Sennen sont nommés dans l'ancien calendrier de Libère, et dans plusieurs martyrologes. Leurs actes, qui sont modernes, méritent

peu de créance, comme l'a démontré le cardinal Noris (2).

Les martyrs aimèrent mieux souffrir les tourmens et la mort, que de consentir au péché, parce que l'amour de Dieu régnoit dans leurs cours. « Nous nous avouons chrétiens , disoit » Tertullien (3); nous le confessons publique» ment, même sous la main des bourreaux, et au » milieu des tortures

que

l'on emploie pour nous » le faire nier. Déchirés et baignés dans notre > sang, nous crions de toutes nos forces

que > adorons Dieu par Jésus-Christ. » Il n'y a que la vraie religion qui ait pu produire tant de martyrs. Où trouver une génération d'hommes si avide de verser son sang, si tranquille sur le chevalet , si patiente, si courageuse au milieu des plus effroyables tortures ? De tous les philosophes de l'antiquité, Socrate est le seul qu'on puisse dire être mort pour sa doctrine; mais quelle perplexité ne remarqua-t-on pas dans celui qui a été regardé comme le plus sage et le plus vertueux des païens? Quels doutes, quelle incertitude ne fait-il pas paroitre dans ce fameux discours qu'on suppose qu'il tint peu avant sa mort, sur une autre vie (4) ? Ses plus zélés partisans, qui ne le quittèrent point

(1) Aringbi, Roma subtarranea , l. 1, C. 25.
(2) Diss. 3 de Epochis Syro-Macedonum.
(3) A pol. c. 21.

(4) Plato in Phædone.

nous

« PrécédentContinuer »