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«LE CHEVALIER. Ce modeste discours me prouve que vous l'êtes: c. Et vous voyez dans ces retraites: Lao

..! Un Gentil-homme d'Avignon,
Rempli de zéle&o d'admiration

Pour tant de qualitez parfaites; 911 .:: Le Chevalier de vos vertus, indi ül

Er le déffenseur de vos charmes;

Contre les esprits prévenus ; - .io A pied comme à cheval prêt à prendre les armes,

. . . PAM E LA. C'est, pour mes intérêts j montrer trop de chaleur,

$:! La Critique me faier honneur, Elle fait soupçonner que j'ai quelque mérite ; Mais il ne convient pas à Paméla ; Monsieur,

· Déstecevoir ici seule votre visite, Et je vais avestir : Madante en ces instans. **; 's abi LE CHEVALIER. -;!;!

Non, non, ne partez pas si vite, .. !"n, Je fuis depuis un très longtems

Ami de la Comtesse & du Marquis son frerer Mais c'est vous qu'en ces lieux je viens voir la pre

miere di un vero e un Elle aura tout au plus les seconds complimens.

Ayant appris votre attivée en France

Par les nouvelles à la main,

J'ai pris la poste en diligence,

· Le hazard m'a fait en chemin Joindre un détachement de musique & de danse, Qui vient pour célébrer dans ce lieu reculé

Votre bienvenuë en cadence. Moi, j'ai voulu vous rendre un hommage isolé, Et vous faire tout seul mon humble révérence.

27. COM PAME'L A. Moi, je vous fais la mienne. . ...to Á T - LE-C-HE:VALIER.:.

Ah! vous fuyez à tort.

.PAME'.L:A. ., Je n'entretiens jamais les hommes tête à tête.

LE' CHE V ALIE Rool:1
Ne crāignez rien de mon transport, I

Me prenez-vous pour un Milord ?
Les gens de mon pays one l'abord plus honnête,
Des faveurs, du beau sexe ils sont friands: d'accord;

- Mais lorsqu'ils en font la cobquête, C'est toûjours poliment, & du con qui convient. Un Anglois les arrache ; un François les obtierit. :.::. ... PAMEL A. "L",

Plus vos manieres sont aimables,

Plus nous devons vous éviter, Et plus pour nous vous êtes redoutables ;

Nouveau motif de vous quitter,

LE CHEVALIER

Il doit plûcôt vous porter à rester's Votre gloire l’éxige , & pour vous en convaincre ,

Jusqu'à présent vous n'avez eû Que la force à combattre , & l'intérêt à vaincre.

Pour une vulgaire vertu, Ces deux efforts sont puissanış , je l'avoue, Et sur-tout le dernier où le grand nombre échoue,

Mais pour la vôtre ils ne suffisent pas, Elle doit à nos yeux, livrer d'autres combats, Il faut pour fon triomphe , il faut, Mademoiselle, Qu'elle éprouve & résiste a la séduction, Des fêtes ; des plaisirs, de tout ce qu'on appelle

Fine galanterie , ou belle pallion; Soit en bute aux douceurs, aux soins, au tendre

zéle. .. . . Aux charmes différens d'un hommage qui plaît. Et que pour en sortir plus brillance & plus belle ,

Elle passe par la coupelle D'un jeune Amant François , & Gascon, qui plus est.

PAMELA.
Ah! ma sagesse a fait ses preuves,
Er s'en tient prudemment aux premieres é

LE CHEVALIE R.
. . Elle a besoin de celle la ,..
..ii

. Bij

Sans quoi toûjours on la chicannera,
Et l'on dira tout haut qu'elle est mal éprouvée.
D'un reproche fi vrai vous ne ferez lavée :

Qu'en profitant de mes aviş.
En ces lieux à propos yous êres arrivée. CDs

C'eft à leurs habitans polis

Quie cette gloire elt refervée ; ii i . C'est là leur talent le plus beau ; : * Is Interrogez fur ce chapitreisen

La Concierge de çe Château ,' " . On peut la prendre pour arbitre, i Elle eft femme & d'efprit &-de ggàr;

La Comteffe la croic en tout on ?,?.

C'est l'Oracle de la famille, n. I
Elle va comme noi vous repeter Sangdis :)
Que pour bien éprouver la vertu d'une fille;
Il faut absolument le creuset de Paris...)

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SCENE V.
LE MARQUIS", PAME’LA , NE'RINE.

NERIN E.
Il est vrai noś Amans font un peu mieux apprist,
..,-' Que celui de Mademoiselle.
Pardonnez-moi ce trait il échappe à mon zéle,
Votre cour ne pouvoit être plus mal combé;
J'en ai senti pour vous une peine mortelle.

PAMELA. i;

Hélas, sous sa ruse cruelle, ..., Il est trop sûr qu'une autre eut succombé.

NE'RINE. Non, la victoire au fonds n'est pas si furprenante ; Dans vos climats vous n'avez éprouvé, Que les combats grossiers & la hauceur choquante, D'un Gentil-homme brusque & des plus mal appris,

Qui toûjours vous traigo en servante,

Et vous prodigue à tout propos Les agréables noms , les doux & tendres mots,

Et de fotte & d'impertinente.
Pour criompher d'un ceur , l'aimable & joli ton!
Si l'on est sage auprès d'un pareil Maître :

Mlle, avouez sans façon, :
Qu'on n'a pas grand' mérite à l’être.

PAMELA..."
Il m'aimoit cependant, il étoit même bon. - :

.. LE CHEVALIER.
Bon à jerrer par la fenêtre.

S'il eut embrassé vos genoux,
Si vous baisant la main d'une bouche pressante...:

ini" - PAMĖL A.'-.. ' Arrêtez... donc Monsieur.....

:
LE CHEVALIER...
:: Peint de couroux

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