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MATHURIN à part. Je n'y manquerons pas , j'ons les sens tout ravis,

LE CHEVALIER continue, Je sçai que lui & votre tante sont des gens de bien, ils aurint pitié de ma jeunesse ; je les laisserai les maît: es de mon fort.

MATHURIN.
Rendez-moi ce Biller Ah ! vartu de ma vie,

Vous vous êtes gausse de nous ;
Mais j'allons à mon tour me gobarger de vous ;
Je voulons tour du long vous faire l'avanie.

LE CHEVALIER à part.
Peste soit du mâtin ! payons d'effronterie

Haut.
re Quel est cet insolent : il est ivre, je croi.

MATHURIN.
Non, je ne le fis pas, mon action le prouve.

LE MAR QUIS à Mathurin.
Comment ! cette L.ettre est à toi ;

MATHURIN.
Oui , Monsieur, par la carigoy,
Et je reprans mon bian par tout où je le trouve. .
Pour ce biau Chevalier , qui m'a lû de cravars
Je vous en avartis , c'est un fripon insigne,
Qui torne devant nous nos Billets à l'envars,

En défigure chaque leigue,

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Pis après aux premiers qu'il voit,
Il les fait voir en plein , & par le bon endroit,

LE MARQUIS.
A ce discours je ne puis rien comprendre.

LE CHEVALIE R.
Il ne sçait ce qu'il dit, rens-moi ce Billet tendre,

Ou..

MATHURIN.
Je mourrons, morgué, plûtôt que de le

rendre.
Pamela nous l'acrit , & c'est eune faveur ,
Qu'au péril de ma vie, on me vería défendre.

LE MARQUIS.
Tu l'aimes? ....

MATHURIN.

Qui de cout mon cæur, Pisque fa trahison me force à vous l'apprendre.

NERIN E au Chevalier. Quoi, des Billets d'autrui vous vous faites hons neur ?

LE CHEVALIER. Aux discours du Faquin ne prêtez point croyance,

: Ce poulet-là, s'il disoit verité, Comment entre mes mains seroit-il donc restés

MATHURIN.
C'est par surparcherie, & par mon ignorance,

Dont vous avez abusé mechamment, Je lui baillons ma Lettre à lire bonnement,

Et le trigaut, queulle malice noire !

Du Biller le plus obligeant

Nous en fabrique un de mémoire,
Si malhonnête & fi fort outrageant,
Que je sommes partis de rage sur le champ,
Et que de ce papier je l'ons laissé le maître.

Là,peut-on contre un ignorant

Imaginer rian de plus traitre ? A ma place , jarni , qui n'en eut fait autant ? . LE CHE VALIER à part.

Par le vrai je me sens confondre,
Avec tout mon esprit , je reste sans répondre,

NE' RINE au Chevalier.
Je ris du trait , il est bien du pays.

C'est dommage qu'on air sangdis,

Demasqué votre tromperie,
Le Comte d'Asbarrac qui demeure à Paris

Je ne l'oublirai de ma vie.
LE MARQUIS au Chevalier.
Il faut que tu sois bien hardi,
.... On n'a jamais poussé l'audace,

LE CHEVALIER.
Pardonne, c'est un tour dami,
Je ne boulois d'honneur , je te le jure ici,

Ne

Oh, pour

COME DI E.
Me substituer à la place
Que pour te conserver le bien qu'il t'eut ravi,
Pour te le rendre après & de meilleure grace.

LE MARQU IS.
Je sens comme je dois ce procédé poli.

-MATHURIN.

le

coup , par la sambille, Je m'étions confié justement au renard, La péste qu'eu malin ! c'est li qui met son art

A surprendre eune honnête fille , Mais g’allons de ce pas fans attendre plus tard,

, Mettre à l'abri du vent une fleur si gentille.

Quand j'en serons le possesseur, Chacun l'appellera la belle Jardiniere :

Qu'il vianne alors le suborneur

Roder autour de mon parterre,
Je vous l’élaguerons de la bonne maniere.

LE MARQUIS.
Arrêre-toi , Mathurin , fors d'erreur ,
Et vois en moi ton véritable maître.

De Pamela je suis adorateur ;
Tu dois y renoncer , quand je me fais connoître.

MATHURIN. Nennin , dans ce Châtiau je ne reconnoissons, Que l'ordre

que prascrit Madame la Comtesse. Depuis dix jours je la farvons ,

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Alle seule est notre Maîtresse.

LE MARQUIS. Mais apprens qu'elle & moi ne faisons qu’un ici. Et regarde-moi bien, .

MATHURIN.

Je vous regarde aussi.
Et vous avez biaucoup de l'air de son visage ;
Mais fulliez-vous son frére, en cette affaire-ci,

Je nous moquons du parentage ,

Et nous allons li conter tout ceci ; Alle aime Paméla comme une fille sage ,

Qui ne veut point de favori ;
Maugré vous & vos dents je serons son mari.
Vous ne la recherchez qu'à son désavantage;

Madame prendra mon parti,
Vous allez voir un biau

tapage.

Il fori

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