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les spectacles, depuis que le roi s'en était privé, vint à celte première représentation, et parut prendre un plaisir extrême à tous les applaudissemens que je reçus.

ADIATOR , roi de Numidie , tragédie d'un anonyme, jouée vers l'an 1623.

Cette pièce a fourni plus d'une situation à plus d'un auteur, qui ne s'en est pas vanté.

ADIEUX DE MARS ( les ), comédie en un acte, en vers, par Lefranc de Pompignan, au Théâtre Italien , 1735.

C'est une de nos bonnes pièces épisodiques. Les détails sont valoir ces sortes d'ouvrages, et chaque scène de celui-ci en offre de brillans. Rien de plus ingénieux que la scène des Grâces, ni de mieux exprimé que le récit de leur voyage. On pourrait être choqué de la manière dont Mars traite Vulcain : l'auteur fait parler les dieux, comme dans les dialogues de Lucien; ou plutôt, Mars est un de nos officiers petits-maîtres, et Vulcain, un de nos maris dociles et commodes.

La septième scène de cette comédie se passait entre Mars et Vulcain. Mars commandait un bouclier; et, après avoir ordonné qu'on y gravật le portrait du roi, il ajoutait les vers suivans , qui furent retranchés par ordre supérieur

, et n'ont été, ni imprimés depuis, ni récités au théâtre,

Qu'un burin immortel y trace l'Ausonie,
Expirant aus genoux d'un maitre impérieux :
Vers les climais français qu'elle tourne les yeux;
Qu'un soleil bienfaisant la rappelle à la vie.
Que de ses protecteurs les bataillons nombreux,
Conduils par le secret, la prudence et l'audace,

Malgré des montagnes de glace,
Volent à son secours, et reçoivent ses vous..

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Qu'elle ouvre à son aspect ses villes consternées,
Et bénisse le jour qui vit leurs étendards
Briser, franchir les eaux, par l'hiver enchaînécs;
Et, du sommet glacé des Alpes étonnées,
Da superbe Germain effrayer les regards.
Que bientôt l'Éridan, témoin de tant de gloire,
D'on peuple redoutable admire les exploits;
Et que ses flots, soumis à de nouvelles lois,
Reconnaissent la France, en voyant la Victoire.

Portez ailleurs vos yeur surpris ;
Et qu'un nouveau spectacle enchante les esprits.

Peignez la fière Germanie,
Aus armes du vainqueur à son tour asservie ;
Que du Rhin mutilé le Dieu présomptueus
Répande loin des bords ses flots impétueux;
Qu'aussitôt. à sa voix, les vents et les nuages
Excitent dans les airs la foudre et les orages;
Que l'on voie, au milieu des plus affi eux hasards ,
Dans le noble désir de venger leur patrie,
Malgré l'airain en feu tonnant de loutes parts,
Des bataillous français l'invincible furie
Braver des élémens la force réunie;
Le fleuve consterné murmurer sur ses bords,
Du malheureux succès de ses faibles efforts ;
Les murs et les remparts tomber , réduits en poudre;
Et l'aigle, en frémissant, abandonner la foudre.

ADIEUX DE THALIE (les).

Cette petite pièce fut jouée pour la clôture du Théâtre Italien, en 1778. Nous en citerons un épisode qui a été fort applaudi , et qu'on lira sans doute avec plaisir.

Les comédiens sont assemblés pour complimenter les spectateurs : arrive un musicien qui veut faire entendre un opéra tout entier.

J'apporte un opéra , qu'on doit trouver sublime;
Car il vient de fort loin ; des cris, des passions,

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Ce genre , je le sais, n'est point du tout le vôtre;

Mais enfin je ne l'offre ici,
Que pour faire juger de mes talons dans l'autre.
Ce n'est que par degrés qu'on peut arriver-là.
Malheur à qui trop tôt prend son essor lyrique !

Moi, pour atteindre à l'Opéra-Comique;
J'ai voulu m'essayer par un grand opéra.
Cette tournure épigrammatique est piquante, et l'on
sent l'allusion : elle est gaie sans méchanceté.

Le musicien expose le sujet de son grand petit-opéra, en trois actes, et qui n'a que

six vers :

Un jeune prince Américain
Est amoureux d'une jeune princesse.
Cet amant , qui périt au milieu de la pièce ,
Par le secours d'un Dieu ressuscite à la fin.
Le sujet est tout neuf...

Il va vers la coulisse, et fait signe à sa troupe d'entrer,

Vous , peuples., entrez, qu'on s'avance!

Aux chanteurs ,

Vous, lâchez de prendre le lon.

Aux danseurs,

Vous, le jarret tendu, partez bien en cadence;

Enfin, suivez tous mon bâton.

Il tire son bâton de commandement ; l'ouverture de.

l'opéra commence. Le tout ne dure pas douze minutes. Il est bon d'observer que le musicien, représenté par Thomassin , jouait seul les rôles de son grand petit-opéra, et qu'il n'a pas manqué d'y mettre toute la charge dont il était capable , et dont chaque rôle était susceptible.

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Chantons, dansons, montrons notre allégresse !

Fin du premier Acte.

ACTE DEU XI È M E.

LA

PRINCESS E.

Amour !

Bruit de guerre qui effraie la princesse; elle va s'évanouir dans la coulisse. Le prince revient, poursuivi par les ennemis, il combat et est tué : La princesse arrive.

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Peaples, chantez, dansez, montrez votre douleur!

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Il commence par un compliment, que le musicien adresse à l'orchestre. Faisant un bouclier avec son cha, peau, et prenant une canne pour lui servir de lance, it monte sur un fauteuil, et chante :

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Vite , il descend et revient auprès du fauteuil , ou devait être la princesse.

Ah ! quel moment!

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Qù suis-je ?
Peuples, chantez, dansez, célébrez ce prodige!

CHUR.

Chantons, dansons, célébrons ce prodige !

Fin du troisième Acte.

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