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AUX SPEC I Å TEUR S.

Vous êles enchantés ! jo le lis dans vos yeur ,
Ei n'en suis point surpris; mais, Mesdames,

de grâce,
L'éloge , quoique dû, nie gêne et m'embarrasse :

Attendez que je sois éloigné de ces lieus. Cette plaisanterie , qui porte sur toutes les parties du grand opera , a beaucoup rejoui les personnes,qui cherchent encore la gaieté à nos spectacles; mais il fallait un acteur comme Thomassin

pour

la faire valoir. ADIEUX DU GOUT (les ), comédie en un acte, en vers libres, par Patu et Portelance, au Théâtre Français, 1754.

Le Goût, en faisant la revue de ses États, arrive à Paris, et rencontre Momus qui, sous la figure d'un petit-maître, le raille sur sa forme antique. Les Sciences et les Arts se présentent tour-à-tour devant eux; et ils font, chacun à sa manière, la critique des ouvrages des auteurs et des artistes, ou plutôt du mauvais goût, répandu sur tout ee qui se fait actuellement. Le Goût s'enfuit , et proteste qu'il ne peut demeurer dans un pays, où il est si maltraité.

Le fond de cette pièce épisodique n'était pas neuf: il avait déjà été traité sur deux théâtres ; mais les détails en sont agréables , et renferment une critique légère et judicieuse.' Elle eut douze représentations.

Quelque tems après que les Adieux du Goût furent imprimés, Patu fit avec Palissot un voyage à Ferney, pour y voir l'auteur de Zaire. Une des particularités de ce voyage fut, que les deux jeunes auteurs , pour répandre plus d'agrémens sur leur route, firent, en chansons, le caractère et le portrait de tous les acteurs et actrices,qui jouoient alors la comédie.

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connu

ADMETE ET ALCESTE, tragédie en cinq actes, de Boissy.

Boissy débuta dans la carrière dramatique par cette tragédie , qui fut sifflée.

ADMIRATION. Cet enthonsiasme momentané, qui élève et transporte l'âme, à la vue d'une belle action ou d'un beau sentiment , est devenu parmi nous un des premiers ressorts de la tragédie. Il n'a pas été tout-à-fait in

aux anciens : on peut s'en convaincre par quelques traits du Philoctète de Sophocle. Mais ils paraissent en avoir fait peu d'usage, et lui ont préféré, avec raison, les deux grands ressorts de la tragédie, la terreur et la pitié. C'est Corneille qui a créé, parmi nous, ce moyen tragique. Nourri de la lecture de Lncain, de Sénèque et des poètes Espagnols, dans lesquels on trouve toujours de la grandeur, il a fait de ce sentiment l'âme de son théâtre. Il entre dans le Cid, qui préfère son honneur à sa maîtresse ; dans Cinna, où tine amante expose son amant pour venger son père, où un Empereur pardonne à son assassin, qu'il avait comblé de bienfaits : dans Połyeucte , où une femme se sert du pouvoir qu'elle a sur son amant pour sauver son mari ; dans Héraclius, où deux amis se disputent l'honneur d’être fils de Maurice, non pour régner, mais

pour

mourir. Il a même soutenu des pièces entières avec ce seul ressort : tels sont Sertorius, et surtout Nicomède, où l'on voit un jeune prince opposer une âme inébranlable et calme à l'orgueil despotique des Romains, à la perfidie d'une marâtre , et à la faiblesse d'un père qui le craint, et qui est prêt à le haïr. Le caractère de Nicomede, dit M. de Voltaire, combiné avec une intrigue terrible, comme celle de Rodogune, aurait été

ADN un chef-d'ouvre. Il paraît que l'exemple de Corneille est trop dangereux, pour pouvoir être imité. L'admiration est un sentiment qui s'épuise, et qui demande à finir. Corneille lui – même, malgré son génie , n'a pu éviter la longueur dans les pièces, où il a fait de l'admiration la base du tragique. L'adresse consiste à combiner le ressort de l'admiration, avec ceux de la terreur et de la pitié. Quand ces trois moyens sont réunis ensemble, l'art est porté à son comble. Racine semble avoir, à l'exemple des Grecs, négligé d'exciter le sentiment de l'admiration , excepté dans Alexandre, où il imitait encore Corneille.

Quoique Bajazet se montre généreux, quoiqu'Iphigenie s'apprête à recevoir la mort avec courage, cette générosité, indispensable dans un héros de tragédie, ne fait. le fond d'auçune pièce de Racine. Voltaire paraît un de. ceux qui ont le mieux connu la puissance du sentiment de l'admiration ; mais il l'a toujours combiné avec un intérêt plus théâtral. Voyez au cinquième acte d'Alzire le retour de Gusman, qui pardonne à son rival et à son meurtrier. C'est une beauté du genre admiratif; mais elle serait beaucoup moins dramatique , si le fonds était moins. intéressant. La scène, où Mahomet révèle à Zopire tons ses grands projets, est une beauté à-peu-près du même genre, comme l'entrevue de Pompée et de Sertorius dans la tragédie de Corneille ; mais celle-ci est bien moins théâtrale ; c'est qu'elle n'excite que l'admiration sans intérêt, et que ce sentiment cesse avec la surprise qui l'a produit.

ADNET (N.), acteur de province, 1808. Il a joué long-tems les premiers rôles, les Amoureux et les Pères pobles , aux théâtres de l'Odéon et de la Porte-St.-Martin. On a de lui plusieurs essais dramatiquçse

ADOLPHE ET CLARA , opéra-comique en un acte, paroles de M. Marsollier, musique de M. d'Aleyrac.

Le poëme et la musique de ce petit opéra ont obtenu tous les suffrages. C'est une de ces pièces, que le public voit toujours avec un nouveau plaisir. Il serait difficile de dire le nombre de ses représentations à Paris et en province. Partout il a été accueilli avec le même empressement; mais nulle part on n'a trouvé un Elléviou, chargé du personnage d'Adolphe , et une madame St.-Aubin, de celui de Clara.

ADRASTE, tragédie de Ferrier, 1680.

Atys, fils de Crésus, promis par son père à Erixène, reine de Cilicie, fait naitre divers prétextes pour éloigner cette alliance : sa véritable raison esť qu'il adore une jeune inconnue , qu'il tient soigneusement cachée dans un appartement du palais. Il fait confidence de sa passion à Adraste , fils du roi de Phrygie, réfugié à la cour de Lydie. Adraste reconnait dans cette inconnue Hésione, princesse phrygienne, qu'il aime depuis long-tems, et dont il est aimé. Ces deux amans conviennent de feindre aux yeux d'Atys. Quelque pen pénétrant que soit ce dernier, il découvre cette iotrigue, s'emporte d'abord, se plaint qu'on le trahit, et enfin prend des sentimens plus généreux. Erixène, craignant qu'il ne retombe dans sa première faiblesse , fait érader Hésione. Le prince, au désespoir, demande au roi la permission d'aller combattre un sanglier, qui désole les campagnes de Lydie. Crésus ne la lui accorde qu'avec peine, et prie Adraste de veiller sur les jours de son fils. Crésus se livre à la joie, en apprenant que le monstre a succombé sous les coups d’Atys: mais nin second courrier lui annonce qu'un dard, lancé après coup sur

le monstre, a fait perdre la vie à ce prince. Adraste vient ensuite s'avouer l'auteur de ce crime involontaire, et en demande le châtiment: mais Crésus se contente de l'abandonner à ses remords.

ADRIEN (Elius), empereur romain , successeur de Trajan. Il aimait les Lettres et le spectacle. Trajan avait supprimé les théâtres, que Néron avait rétablis : Adrien en fit bâtir un magnifique auprès d'Antioche, à la fontaine de Daphné. Il le fit environner d'un grand réservoir ; il imagina, pour mieux dépeindre les Naïades, d'y faire nager ses femmes nues ; ce que St.-Chrysostôme condamna avec une sévère éloquence.

ADRIEN, tragédie tirée de l'histoire de l'Église, par Campistron, 1690.

Campistron rejette, sur l'envie et la cabale de quelques rivaux, jaloux de sa gloire , l'indifférence que le public témoigna' pour cette tragédie. Il devait n'accuser que le froid glaçant de sa pièce. Un poëme dramatique ne se soutient point par des traits à demi exprimés , ni par quelques situations, heureuses à la vérité, mais mal soutenues, et des caractères sans énergie.

On trouve dans cet ouvrage , qu'on ne donne plus, un morceau, dont Voltaire paraît avoir profité dans Alzire. Adrien converti dit à Dioclétien :

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Elle ne se soutient que par la violence:
La mienne , par la paix et par

l'obéissance. La vôtre vous prescrit l'ordre de me pudir:

des noeuds sacrés à vous doivent unir,

Aloi, que

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