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Gaule, opéra de Quinault. On y "remarqua plusieurs morceaux, dignes de la scène lyrique ; mais les ouvrages de Back ont peu de mélodie et d'expression.

BACON (Jean-Baptiste-Pierre), né à Paris , professeur de belles-lettres.

On a de lui la Mahonnaise, comédie, en un acte et en prose ,' 1756 ; et Belphégor dans Marseille , comédie en un'acte , en vers, 1757.

BACQUOI GUERDON danseur de la ComédieFrançaise , a donné au théâtre : le Triomphe de l'Amour, ballet-pantomime. La chorégraphie lui doit les Considerations sur la danse du Menuet , 1784 , et une Méthode , pour exercer l’Oreille à la Mesure, dans l'Art de la Danse, 1787.

BADINAGE (le), comédie en vers libres, par Boissy, aux Français', 1733.

On trouve dans cette pièce de jolies tirades, et une critique dure et fausse de l'opéra d'Hippolyte et Aricie. Les vers suivans prouvent que Boissy ne se connaissait point en musique.

Les airs, d'ailleurs nouveaux dans leur espeçe,

Sont plas tartares que françois.

On leur fait politesse ,
Comme à des gens, qu'on voit pour la première fois.

Le public éclairé rendit plus de justice aux talens supérienrs de Rameau. Les yers indécens, que l'auteur met dans la bouche d'un abbé, seraient à peine soufferts dans un lieu de prostitution.

BADINAGE DANGEREUX (le), comédie, en un acté et en prose, de M. Picard, au Théâtre de Monsieur, 1789.

Cet ouvrage est tiré d'une pièce espagnole de Calderon, intitulée : On ne badine point avec l’Amour. Un jeune. officier , qui regarde l'amour , comme une passion funeste et ridicule , consent néanmoins, pour servir son ami , à feindre ce sentiment pour l'aînée des deux scurs, dont son ami aime la cadette. Cette aînée annonce la même antipathie contre l'amour : mais, pour en bien juger, il faudrait le connaitre. Ces deux ennemis de la tendresse, d'abord

pour s'amuser , répètent uue scène amoureuse ; mais ce badinage devient dangereux , et ils finissent par éprouver ce qu'ils avaient voulu feindre.

On trouve dans cette pièce, qui fut le coup d'essai de M. Picard , plusieurs situations: agréables ; mais , soit qu'elles aient été trop longuement dialoguées, soit qu'elles n'aient pas été rendues avec assez d'adresse et de chaleur, elles ne produisirent pas tout l'effet qu’on- en de vait attendre.

L'auteur, dit un critique du tems, annonce un talent, qui mérite d'être encouragé. Sa pièce a été présentée par. un de ses amis, M. Andrieux, très-avantageusement . connu , par de charmantes, productions sur d'autres théâtres.

BAGARRE (la), comédie en un acte, mêlée d'ariettes, par Poinsinet, musique de Val-Malder , aux Italiens 1763; pièce tombée.

Le lendemain de cette chute , on fit paraître sur le Théâtre de la Foire , un âne dont on vantait la gentillesse, ci surtout la netteté. Au milieu de ces éloges , l'anima! fit quelques malpropretés ; et aussitôt toute la salle retentit de ces mots : point si net, Poinsinet.

BAGATELLE (la), ou LE BILBOQUET PERDU , vaudeville en un acte, par MM, Radet , Barré et Bourgueil , au Vaudeville , 1799,

C'est en effet une très-jolie Bagatelle, que cette parodie de l'opéra de Praxitelle. Cet ouvrage est parodié d'une manière très-ingénieuse. Plusieurs couplets sont dignes de ses charmans auteurs; en voici un très-plaisant :

Dans Paris, le pauvre Colas
Vient par la diligence,
Pour épouser avec fracas
Tendron plein d'innocence ;
Mais bientôt certain embarras,
Suirant de près la noce ,
Hélas ! se diť tout bas

Le Colas,
J'ai donné dans la kosse.

BAGUE DE L'OUBLI (la), comédie en cinq actes, en vers, par Rotrou, 1628.

Un talisman, caché sous le diamant d'une bague , ôte la mémoire à Alphonse , roi de Sicile : il méconnaît ses officiers, donne des ordres contraires à tout ce qu'il venait de prescrire , et porte le désordre dans ses affaires et dans ses amours. Il quitté sa bague , aussitôt la mémoire sui revient, et il rétablit toutes choses dans leur premier état. Il reprend son anneau; il oublie tout, jusqu'à luimême. Léandre, auteur de cette aventure, en profite selon ses vues: il obtient pour épouse Léonore , søeur d'Alphonse, prend le titre de vice-roi de Sicile, crée de nouveaux officiers, et dispose absolument de l'État, Un plaisant découvre le talisman , et en instruit le roi , qui se contente d'éloigner , pour quelque tems , de la cour Léonore et Léandre, et répare, en un instant, tous les maux qu'ils avaient causés.

BAGUETTE DE VULCAIN (la), comédie en un acte, en prose et en vers, par Regnard et du Fresny, aux Italiens, 1693.

Le nommé Jacques Aymar , qui faisait alors du bruit à Paris, par sa Baguette, avec laquelle il prétendait découvrir bien des choses, donga lieu à plusieurs dissertations physiques,

et fournit l'idée de cette comédie. Elle eut un succès prodigieux dans sa nouveauté. Les auteurs ajoutèrent , pendant le cours des représentations, trois scènes nouvelles, sous le titre d'Augmentation à la Baguette de Vulcain ; et Roger ou Arlequin débitait, à cette occasion, la fable d'un cabaretier, qui, pour perpétuer un muid de vin vieux, que ses pratiques avaient trouvé de leur goût, le remplissait de vin nouveau,

à

mesure qu'il se vidait. BAÏF (Jean-Antoine), fils naturel de l'abbé de Grenetière, né à Vénise , en 1532, pendant l'ambassade de son pere, fit ses études avec Ronsard. Ils s'adonnèrent l'un et l'autre à la poésie française; mais ils la défigurèrent tous, les deux, par un mélange barbare de mots tirés du grec et du latin. Baïf voulut introduire dans les vers français, la cadence et la mesure des vers latins et grecs : mais, ses efforts furent inutiles. Ce rimeur était un fort bon homme, suivant le cardinal du Perron, mais un fort mauvais poëte: sa versification est dure, incorrecte et rampante ; c'est le premier qui établit, à Paris, une espèce d'académie de musique. On faisait chez lui des, concerts, assez bons pour le tems : les rois Charles IX et Henri III s'y trouvèrent très-souvent. Baïf mourut en 1592;.il y a de tout dans ses ouvrages, du sérieux, du comique, du sacré, du profane, mais personne, depuis la mort de l'auteur, n'a eu certainement le courage de les lire en entier.

Nous avons avancé que Baïf avait introduit le mètre latin dans les vers français; mais il n'est, ni le seul, ni peut-être même le premier. Le Père Rapia s'était exercé dans ce genre. En voici un échantillon assez curieux, tiré d'une ode de ce jésuite, adressée à Sainte-Marthe :

Sainte Marthe, enfin je me sais avancé
Sur le train des vieus, et premier commencé
Par nouveaux sentiers, m'approchant de bien prés

Au mode, des Grecs.

On voit que ces vers doivent se scander comme les suivans d'Horace:

soľ Jam'satis terris nivis atque dirce

Grandinis, misit pater, et rubente
Dexterá , sacras jaculatus arces, 13

Terruit urbem.

BAILLI (Jacques), garde des tableaux du roi, né à Versailles en 1701, et mort en '1768, travailla dans le genre comique, et fit quelques parodies, qui eurent un succès passaget. Son théâtre parut en 1768, en deux volumes in-8.

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BAILLI DU ROLLET (le), auteur lyrique, a donné plusieurs opéra, parmi lesquels on remarque Iphigénie en Aulide.

BAPOCO ET SERPILLA, parodie du Joueur , inter

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